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Le SphynX ToniTruand

De
205 pages
L'ami Tilleul a disparu : et quel cirque ! Ce comptable innocent et un client tel Cason caoutchoutesquement intéressé, et voilà que Toni Truand s'emmêle les assauts dans des des péripéties britanniques, s'entremêle dans des quiproquos cubains très moussants. Le flair de Toni, un coup de pouce de Al Géco et ces voyages qui n'en finissent pas de nous étourdir la callebasse. Ingrédients suffisants pour retrouver Tilleul ? A moins que ce dernier soit déjà transformé en civet. Vignoble hypothèse. Le Sphynx n'y croit pas une seule seconde.
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Le SphynX
ToniTruand Anthony MICHEL
Le SphynX
ToniTruand
Le cirque du pote disparu
ROMAN
© Éditions Le Manuscrit, 2006
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 08 90 71 10 18
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
communication@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-6539-X (livre numérique)
ISBN : 2-7481-6538-1 (livre imprimé) ANTHONY MICHEL





Partie I

Exil difficile sur l’île des Coups Bas

I.1

Qu’elle est intéressante la théorie de l’inter-
prestation d’la tangente en fonction d’un cercle
trigonométrique. Penchons nous z’y quelques
secondes quant à sa définition : c’est proprement
dit l’ordonnée sur un repère orthonormé (d’un plan
où se situe un cercle de centre O – centre du
repère – et d’rayon un) du point d’inter-sexe-ion
d’la droite (OM), M désignant un point quelconque
du cercle, avec la tangente au point I de coup’de
coordonnées (0,1) sur ce repère. Rien qu’ça
m’sieurs dames !
Ça démarre fort, Nestor. Je voue la corde. Je
compatis. Cette entrée fastidieuse est le fruit d’la ssion dont je suis spontanément empreint.
Payer la conséquence d’une perte prématurée de
lecteurs me désolerait. Je suis en même temps navré
que certains d’entre vous n’ont déjà plus envie de
lire la suite de cette histoire naturelle. Parce que,
naturellement, je continue…
Cette définition, inconsciemment balancée dès le
premier paragraphe, est prononcée par la même
11 LE SPHYNX TONI TRUAND
eau-case-ion, à mes élèves. Ceux-ci - doux comme
des agneaux bien que peu silencieux et
généralement pas très curieux pour un Yen - restent
bouche D (ce qui change du B) après avoir avalé
cette prose vantant un particularisme géométrique.
Certes, y en a toujours au moins un qui a compris.
Du moins, il en a maxi l’air. C’est le premier de la
classe. Ceci dit, c’n’est pas Bézu, et je n’suis pas
Fabrice.
Puis, tu as toujours ceux qui ont des
préoccupations toutes autres que de tarder sur de la
mathématique. Que de cogiter la langue de Euler.
Me concernant, l’étuve de cette dernière m’a
toujours botté. Paraît-il que c’est parce qu’aux
astres hauts logis, je suis Câpres et Cornes a sang et
dents d’Taureau, comme Le Comte Auguste et
Maurice Au Trio : deux déprimés d’la life, en
somme.
En parlant de somme, et sans aucune allusion à
la science mathématique, en voilà un au fond d’la
salle à qui ça l’connaît. Ce coquin a au moins
l’mérite de pas m’déranger. Un vilain à ct’âge là, ça
risque de finir vaurien mais un vaurien, à tout âge,
ne vaut pas grand chose. C’est une question
d’étymologie.

Pour en revenir à la destination de laisse-prix de
mes jeunots assis devant moi gentiment mais
passivement, queue dire ? Si c’n’est qu’leur cerf-
veau de boutonneux et de rouleuses de gommes à
mastiquer est tourné note-amant vers des rêveries
associant éléphant et carré roses. Tout cela est
12 ANTHONY MICHEL
mimi. Car ah tension : je ne critique pas, moi qui à
leur âge ou plus jeune n’excluais pas dans mon
imaginaire que celles que je côtoyais au village
comme la boulangère ou encore la marchande de
gaufre me rejoignent dans des rêveries éprouvantes,
naturellement non épouvantables. Il est inutile de
préciser que ceci n’était cependant pas le cas avec
toutes les femmes que je croisais dans le bled. For
exammpeule : halte la vieille voisine aux quatorze
mirons qui avait les cheveux tellement sales qu’on
aurait dit qu’ils étaient collés comme des
autocollants d’albums de Foot que j’collectionnais
d’ailleurs à l’époque.
Tout ça pour dire qu’on naît tous pour ça, puis
qu’on est tous passé par là, par ces premiers
chemins fantasmagoriques dans lesquels on se
surpasse ! OK, ça suffit de parler sexe ; si bien que
c’est la seule chose importante dont on ne doit pas
causer. Va chercher l’intrus. Non n’y va pas,
j’déconnais.

Puis quand même à cet âge là, nous n’pensons
pas qu’à ça. Car nous pouvons avoir des soucis de
familles, d’argent, ou encore des inquiétudes liées à
des bêtises subies ou recherchées. Malgré que les
soucis de famille n’aient pu trouver leur essence
(aucun rapport avec Esso) que grâce ou à cause des
règles de vie soit disant équilibrées qui se sont
instaurées au temps du fil, en ne négligeant pas le
rôle de Dame Religion. Notons également que la
place prédominante de ces problèmes est due à la
famille en tant que telle puisque cette dernière, bien
13 LE SPHYNX TONI TRUAND
qu’on n’l’ait pas choisie, nous suit toujours. Même
quand on ne la connaît pas réellement car, dans ce
cas là, on cherche souvent à la rencontrer ou à la
cerner par le biais de documents historiques.
Concernant la monnaie et les ennuis d’oseille, avec
les régimes instaurés actuellement, nous avons la
liberté de s’enrichir et indirectement de frustrer son
voisin pris au piège de sa « bassesse » sociale,
expression associée à celle de l’« échelle sociale » ;
autre expression dont je n’suis pas l’auteur, et
content de n’pas l’être.
Détaillons ces types de problèmes si tu l’veux
bien mon louloutin, toi qui es resté pour lire
adorablement la suite, du moins un peu.
S’agissant des problèmes de famille ; comme je
l’ai dit pressé d’amant : nul d’entre nous ne choisit
sa family. C’est une palissade, je reconnais.
N’empêche que ceci implique plein d’choses : un
père possiblement niais, une mère possiblement
niaise, des frères et sœurs peut êt’plus idiots les uns
que les autres. Ah et les parents divorcés !
Maintenant, t’es pas dans le move (triste move au
passage) si t’as tes parents encore ensemble. Mais le
move, la mode on s’en fout. Celle-ci n’existe que
pour rappeler aux imbéciles que l’temps passe. O
messieurs dames : couchez ensemble, vivez
ensemble puis séparez-vous si vous l’voulez. Mais
alors, à ce moment là : ne faites pas de bambins.
Cependant, il est vrai que si deux parents ne cessent
de se chamailler, p’têt bien qu’il vaut mieux pour les
petiots qu’ils se séparent : c’est une question
d’ambiance et d’équilibre !
14 ANTHONY MICHEL
Au niveau de la caillasse, je vais m’expliquer sur
un ton d’origine politique. Etre libéral c’est une idée
vachement personnelle en fin de compte. Ça n’dit
pas « NOUS aurons tous la même chose » mais
« JE pourrai avoir plus que toi ». Après, que tu ais
ou non autant que moi, j’m’en bats l’œil avec une
queue d’hippocampe gominée ; et si t’es dans la
mouise, faux-nez-gosier. Je n’suis quand même pas
en train de dire que je suis communiste, car c’est
pas parce qu’on critique quek’chose qu’on idolâtre
alors son eau posée. J’ai toutefois une pensée pour
mes cousins cocos qui ont souffert de leur
Marchais qu’un chant impur, qui ont été alarmé du
salle-hue de Robert, et à qui maintenant on sert le
Buffet. Ils sont où les vrais Rouges ? Lénine,
Staline ; Lennon et Stallone pour mes plus
angliches lecteurs.
J’ai conservé le meilleur pour le dessert : la
bêtise. En v’là une chose qui m’exaspère oui et non.
Car c’est simple – et j’pense que j’t’apprends rien
mon poulet – t’as stupide et stupide. T’as les
stupides imbéciles que c’est pas d’leur faute mais ils
sont pas méchants, puis t’as les stupides pas cools.
C’est peut-êt’pas d’leur faute non plus…. Il est bien
connu de dire que si l’on faisait un défilé d’abrutis,
y en aurait peu pour les regarder passer. Pour ma
part, j’avoue que c’est facile de mettre tant de
peuple dans un même panier à salade.
Tout ceci m’amène à penser la chose suivante :
mes élèves à l’épiderme encore tout rosâtre et non
écorché ont parfois malgré eux des atténuations
15 LE SPHYNX TONI TRUAND
circonstanciées, ou si tu préfères, des circonstances
atténuantes, quant à leur « absence de l’esprit ».

Ah, c’est la fin du cours, la fée clochette se faisait
tentante, puis s’est faite entendre. Mes gentils élèves
se précipitent aux abîmes des bousculades des cool-
wars. Le silence se replaçant progressivement dans
mon espace que représente ma classe me laisse le
temps d’conter un peu mon amour pour la
mathématique. Il est si abstrait d’expliquer une telle
passion pour un domaine… abstrait lui-même
également ! Suis-je attiré par cet univers de termes
numériques, de droites, de traits. Avec le nombre
d’or, c’est le luxe. Avec le barycentre : t’es au cœur
des choses. Les équations, inéquations : ça change
un peu des énigmes à papa. La mathématique est
un monde à part entière, occupée par une multitude
de formes et d’opérations qui se combinent entre
elles. Nez-en-moins, comme tu n’es pas l’un d’mes
élèves - et tu as finalement peut-êt’de la chance - je
n’vais pas continuer à te bassiner l’cageot aux
fraises jusqu’à l’avoir telle une montgolfière
(comme Artaban).
Sinon, tu sais quoi mon joubi joli ? C’est aussi la
fin d’la journée. Enfin j’parle pour ce qui est du
lycée. Je rentre dans ma modeste demeure, tête
baissée, pas tête de mort vivant bien qu’un peu
fatigué. En passant, j’irai faire un tour chez ma
mum. J’installe mon pot-potin dans ma SM (nul rat
porc avec une communauté qui a tendance à
apprécier se faire du mal). Ma mère s’appelle
Mireille. J’ai pleine conscience que cette dernière
16 ANTHONY MICHEL
information te fait une belle jambe ; et par la même
occasion (voire l’Argus) je t’offre l’atèle. En tous les
cas, Mireille, elle est géniale. Après ma sortie
d’taule, je suis revenu habiter dans mon village
natal, lieu qu’elle n’a jamais quitté.
Avoir mouché une téloche quand j’étais à Cuba -
clin d’œil a m’sieur Fidel et re-serrage de pince à
mes potes les Rouges - c’est bien cela le motif de
mon emprisonnement. Ouais, c’est une drôle
d’histoire tout ça. Parce qu’en fait, il faut que tu
prennes connaissance de la situation suivante le
plus tôt possible : je fricote un peu avec la Police, et
plus précisément avec les services secrets. Mon type
de travail ? Enquête d’espionnage, remises d’indices
pour diverses affaires. Je ne le crie pas sur tous les
mûrs comme dirait Saint-Bonnet. Mais on va dire
que mon boulot de prof, c’est celui qu’est pas caché
– qu’est en revanche cacheté – puis y a l’Autre. Il
est vrai qu’également je ne fais pas ce second turbin
pour une bean box.

Sur cette story de coffrage, merci du cadeau les
services nationaux d’Angleterre pour m’avoir
bestialement lâché aux mains des Cubains que
j’dérangeais. Eh oui, pour faire avancer une affaire
qu’il faut battre tant qu’elle est chaude, je devais
questionner du peuple sur l’île de ces derniers (très
belle géographie en passant). Puis, alors que j’en
étais à un homme qui était là pour conserver du
vieux matériel électroménager (si si, dans ce pays
où le temps s’est arrêté - surtout pour la population
elle-même - y a des trucs a six syllabes !) les
17 LE SPHYNX TONI TRUAND
policiers Cubains, avec leur grande moustache à la
Mario Bros, me saisirent. Comme un steak. Il avait
fallu me trouver un motif. Ils l’avaient donc trouvé
avec cette histoire de tévé volée et hop en cage. Je
m’incline alors devant l’angoisse dont tu es
soudainement victime à cause de ton ignorance au
sujet du réel Pourquoi de cette échauffourée, avec
un grand P. Qui m’a réellement balancé ? Voilà
aussi que tu vas t’demander pour quelle raison j’me
suis frotté aux angliches. Minute libellule. Je vais
t’expliquer l’tout.



I.2

Il arriva une cagade à mon pote Tilleul qui était
alors à Manchester (ouais c’est où Canto a joué au
Foot) pour des affaires financières, étant donné
qu’il est expert comptable pour grandes richesses. Il
se farcit, en l’eau-cure-anse, des nobeuls made in
Rosbif bien comme il faut. Ça lui rapporte de la
tune, c’est sûr. Mais cette fois ci, le collègue s’est
mis dans un drôle de paix-train. De là, j’peux t’dire
que ça a fumé, comme qui dirait l’saumon.
L’une des familles clientes anglo-saxophones de
mon Tilleul, c’est les Cason. Après un bilan
financier de la family dressé par mon ami, ce dernier
en constata (cher tonton) le retrait d’une masse
d’artiche trop importante à son goût, dans la
mesure où il n’avait pas l’habitude de voir de telles
sommes dépensées sur le compte de ces Britishs.
18 ANTHONY MICHEL
D’autant plus que mon pote ignorait à qui avait été
remis ce blé. De ce fait, trouvant cette histoire un
peu trop floue pour qu’il planche sans rechigner, il
osa demander de plus amples informations au père
de la famille. Celui-ci lui avoua son trafic de
caoutchouc dans lequel celle-ci orchestrait des
affaires depuis longtemps. Tilleul avait nié jusqu’ici
que son client pouvait avoir les mains trempant
dans de drôles de manigances. Mon aminche devait
promettre de n’en parler à personne. Seulement,
quelques jours plus tard, plus de nouvelles du
poteau, lui qui auparavant et au bigophone m’avait
raconté ce souci avec les Cason.
Les jours passèrent, et à l’hôtel où il séjournait,
on n’avait non plus de nouvelles de lui. La direction
décida donc de renvoyer tous ses bagages de sa
chambre à sa femme qui elle-même se faisait bien
sûr du sang d’encre de plume. Et moi, me souciant
du devenir de Tilleul, avide d’aventures dans mon
Confisquas, dans l’Ardanche, et toujours partant
pour des voyages à l’étranger parfois à la
bohémienne, je décida (écrit comme ceci, je
l’enclassume formollement) de partir pour le
Royaume Unique… en son genre, ça c’est clair.
En règle générale, mes voyages sont payés par
les services secrets nationaux. Mais cette fois-ci, ce
n’était pas l’cas. Comme je craignais que mon
supérieur, le vieux mister Geco, s’en contrefiche que
j’aille à la recherche de mon ami disparu, je ne lui
en avais point parlé. Al Geco, c’est toutefois un
bonhomme pas méchant. Il exige qu’on l’appelle
ainsi pour faire « mieux ». Tu parles que ça fait
19 LE SPHYNX TONI TRUAND
mieux. De toute façon, tu t’serais bien douté
qu’c’était pas son vrai nom. Bref, comme dirait
Pépin (Jean-Pierre de son prénom) Toni goes to the
Kingdom with his money. Pas grave, tant que j’n’ai pas
d’familles à nourrir.
Dans un avion me menant directement à
Manchester, je pris place à coté d’un nain de Chine.
Nous avions parlé d’un nombre incalculab’de
choses et évidemment de son pays natal. Je m’suis
toujours intéressé à diverses cultures. Bien qu’il soit
Chinois, et bien qu’il me dérange guère d’aborder
des sujets politiques, nous n’parlions pas
d’communisme… Je t’voyais venir avec ta fameuse
couenne si dense que tu voulais m’jeter en plein
dans les yeux comme de la poudre impétueusement
projetée et détenue fourbissement par un bouffon
de tout âge. Non et non : on n’est pas dans « Tintin
au pays des Soviets ». Dans un sens, dommage et
désintérêt : Saint-Môret peut-êt’fait connaît’ne
serait c’qu’un succinct succès avec cette histoire.

Le « petit » monsieur safrané était un envoyé de
l’en-bas-ça-dort de Chine en Angleterre. Il s’était
retrouvé dans l’même avion qu’moi car il était venu
rend’visite à la communauté Chinoise de mon
département qui doit, selon moi, ne pas dépasser
l’nomb’de deux ou trois individus. Pourquoi l’était
venu précis z’aimant là ? Le cousin du numéro deux
de l’Embrassade de Chine en Angleterre était le
mari de la belle sœur de Bol Ho Ri, le chef de la
plus grande famille originaire de Chine qui réside
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