Le Syndicat

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Comme le syndicat, c'est à plusieurs mains que nous vous le présentons. L'une écrit que c'est l'histoire d'un syndicat avorté dans la douleur, l'autre nous dit que c'est l'histoire d'un manuscrit qui prend des ambitions littéraires et politiques, la troisième nous dit que c'est un polar dans le milieu médical marseillais. Et ce qu’en dira la vôtre sera encore différent.
Publié le : jeudi 26 janvier 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748375688
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748375688
Nombre de pages : 138
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Du même auteur
La Vierge réaniméé, 2009 La Coliopast, 2009
Olivier Silvestre
LE SYNDICAT
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117165.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
Chapitre 1. (Églantine) Quest-ce qui ma pris ?
Jai cru pouvoir atterrir sur un vol détourneaux comme sur un matelas à bulle ? Ne jamais tomber ? Quun beau pompier serait en bas pour me réceptionner dans ses bras, ou dans un grand tissu rouge tendu à mon effet car tous sauf moi savaient depuis longtemps que je navais pas dautre alternative. Jai cru échapper au pire certain, par le pire incertain ? Pourquoi saute-t-on par la fenêtre du troisième ? Le temps de tomber et hop il est déjà trop tard, tout fut trop court pour y penser. Là en lair jaurais réfléchi à ma condition, à lair du temps, aux marguerites, aux petits oiseaux, jaurais volontiers inversé le temps, lespace, alors je serais certainement remontée, à chaque étage jaurais fait un petit coucou par la fenêtre aux occupants, je nen ai pas eu le temps, juste le temps de tenter de calculer pour minimiser limpact ; je nai jamais été bonne en calcul. Cest sur le parvis que jai atterri, en plein sur mes pieds avant de basculer cul par-dessus tête. Une fois arrivée, plus la matière pour réfléchir aux raisons de ma chute, ni même de moccuper que ma jupe dissimule juste assez mon string. Il ne reste plus que cette douleur atroce dans les pieds qui menvahit,
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membrume lesprit et les larmes incontrôlables qui déferlent et font un ballet de loupes déformantes devant mes yeux. Il serait là devant moi, avec sa folie criminelle, ses coups, poings, pieds, coudes, tête, genoux, balais, cendriers, casseroles, téléphones, la douleur qui me monte des talons effacerait ma peur de sa démence. Peut-être la peur serait telle quelle reléguerait la dou-leur au fin fond de mon crâne, cette peur forte telle quelle ma fait sauter de cette satanée fenêtre, quelle pourrait mévanouir, évanouir ma douleur qui me brouille la vue avec ces flots la-crymaux et ces spasmes incontrôlables. Si je pouvais mévanouir et me réveiller juste comme si tout ça, le saut, la chute, la dou-leur navaient été quun mauvais cauchemar. Mais pourquoi ai-je choisi un amant, futur mari, jai telle-ment envie dun mari blanc, habitant au troisième étage. Il y en a probablement tant de possibles, aussi bien, voire meilleur au second ou premier étage, même peut-être dans des rez-de-chaussée. Et si je lavais choisi au sixième ou au dix-huitième je serais tranquille avec mon père et pas là à me plaindre et à pleu-rer. Quand tous autour de moi, visages agglutinés vers un seul objectif comme sur une photo déquipe commerciale, une fois les secours prévenus, sinterrogeaient sur le pourquoi du com-ment de ma chute, jétais bien contente que ma douleur rende leurs questionnements incongrus, comme hors du temps, de lespace, de mon temps, de mon espace limité à la douleur de deux talons hachés, écrasés. Les secours arrivent, une piqûre, un brancard, la douleur sévapore, se dissout dans linjection, aucun « où », « quoi », « comment », juste « connaissez-vous votre groupe sanguin », « faut-il prévenir quelquun » rien qui ne suscite la honte ou le remords qui pourtant sinstallent, grandissent avec la douleur
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qui diminue, comme des vases communicants, la faute remplit la baudruche qui contenait la douleur au fur et à mesure que celle-ci sévacue. Faut être con pour sauter du troisième, pour reculer face à un avorton blanc, jai un cul à faire se pâmer des saints paraît-il, il maurait suffi de tendre ma main vers sa braguette : les mecs on les attrape toujours par la queue, même impuissants ou éja-culateurs précoces. Comme lautre jour, je ne sais plus à la suite de quelle rage il sest jeté sur moi, projetant mon visage, mes cheveux dans le plat de spaghettis, les y maintenant. Au lieu de faire des efforts considérables pour relever la tête, cest sans effort que jai bou-gé mes fesses jusquà leur rencontre de sa braguette, alors jai senti sa prise passer de la rage et la haine à lenvie et au désir, encore deux ou trois mouvements latéraux et de haut en bas de mon cul et mes fesses sentent le gonflement, le pressent, re-montent pour amener son gland à lorée de mon con et déjà son autre main, celle qui ne me tenait plus la tête, baisse ma culotte, sort sa verge, me lenfile. Dans mes pâtes à lail et au basilic je rêvais que Charles Bronson ou Mohamed Ali ou un mélange des deux me chevauchait, cétait leur pénis que je sentais, que jaccueillais dans ma matrice, là à lintérieur, leurs sourires et leurs yeux plissés de plaisir qui se dessinaient au milieu des pâ-tes et exceptionnellement, jai atteint deux orgasmes avant quil ait le temps de se soulager. Souvent sa précipitation me frustre, à peine sest-il introduit en moi que je me sens obligée de gémir pour quil me foute la paix, après quil nait pas honte des deux minutes qui lui ont suffi pour se vider. Ce jour-là jai béni les pâtes, lail et le basilic, qui ont amorti mes râles. Je ne voulais pas quil sache combien son vier et toutes les images et fantas-mes que javais collés dessus me transportaient, même sa précipitation bestiale, vulgaire a participé de mes transports.
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Sauter par la fenêtre au lieu dêtre sautée dans les pâtes ou sur le tapis, personne ne peut comprendre pourquoi jai été aus-si bête, jaurais peut-être encore pu prendre mon pied, même moi je narrive pas à me comprendre, cest le plus stupide des paradoxes. Une histoire de chemise tâchée qui impose une logique dé-mente. Cest tout son être qui risquait dêtre nié, dissout. Fallait que jaccepte son évidence. La tâche juste là sur sa seule belle chemise, cétait la preuve évidente que javais au moins un amant, un bel étalon. La manière que javais de ne même pas entendre cette évidence était une meilleure preuve quun aveu. Non seulement jétais dévoilée, mais en plus je ne voulais pas le reconnaître, jaggravais sciemment mon cas. Cétait pire que deffacer sa virilité. Pour laver ce déshonneur, cet affront, cette humiliation, il fallait quil me broie, me brise, me déchiquette. Par sa colère je nétais déjà plus. Par ses coups, jallais devenir cette femme inconnue qui laime et le comprend, cette effigie figée, ce rêve étrange de madone, de sainte et de pute. Inconnue au rythme dune dégelée tous les trois jours, il est probable que je le lui reste très longtemps. Jaurais dû me faire chatte. Minauder, miauler, ronronner que moi aussi javais du mal lorsquil rivait son regard sur le premier cul venu, le perdait au fin fond de nimporte quel décolleté suf-fisamment profond ou exhibé, que ce nétait rien, que je laimais quand même ; sur le coup, sous les coups, je ny ai plus cru, je nai pas pu, je nai pas su, jai préféré le grand saut au petit sot. Greffes des calcanéums, les pronostics ne sont peut-être pas prometteurs, en tout état de cause pas clairs : je ny ai rien com-pris. À ma question simple : pourrais-je remarcher normalement, remettre des talons aiguilles et si oui, quand la
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