Le Syndrome de Judas

De
Publié par

Alexandre, élève de terminale, vit une existence idéale entre une mère et une grand-mère qui le choient tant qu'il se sent pleinement heureux malgré quelques cicatrices provoquées par la disparition de son père et de son grand-père. Pas encore seize ans, il se partage entre ses études et le football qu'il pratique avec bonheur et réussite. Une nouvelle condisciple, Lucrèce, va attirer le regard du jeune homme et éveiller en lui les premiers émois... À travers ce roman d'adolescent, écrit à l'approche du crépuscule, l'auteur exprime l'amour pour la Femme, aïeule, mère, premier amour, sans qui l'existence n'aurait ni sens, ni saveur...
Publié le : jeudi 17 septembre 2015
Lecture(s) : 2
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342041996
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342041996
Nombre de pages : 62
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Du même auteur
Les Hommes en blanc, Mon Petit Éditeur, 2011 Quarante jours, Mon Petit Éditeur, 2012 Chroniques d’une famille italo-auvergnate, Mon Petit Éditeur, 2013
Georges Villa LE SYNDROME DE JUDAS
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0120633.000.R.P.2015.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2015
« Ce n’est pas le mal, mais le bien, qui engendre la culpabilité. »
Jacques Lacan
À Maxetila Affectueusement
1. Primo Les deux glaces de l’imposante armoire en noyer massif surmontée d’une corniche, trônant parmi un mobilier hétéro-clite mais bourgeois, semblaient offrir un reflet implacable à tout Narcisse à la recherche de son image. Une majestueuse bibliothèque de style anglais, regorgeant de livres reliés aux édi-tions variées, occupait entièrement, du sol au plafond, tout un pan de mur de la spacieuse chambre à coucher ; une échelle que l’on pouvait faire coulisser à son gré était fixée à ce meuble en chêne ciré permettant l’accès aux ouvrages des rayons supé-rieurs. Point de tableaux prestigieux, comme on aurait pu s’y attendre : seule la reproduction de l’équipe de France de foot-ball 1998 détonait dans ce décor cossu. Un bureau imposant de style premier empire, en acajou, ouvrant par trois tiroirs en fa-çade, aux larges pieds fuselés, décoré de bronzes torsadés et flavescents, à la ligne sobre et pure, complétait cet ameublement composite. Recouvert d’un cuir fauve, il était encombré de livres scolaires variés, parmi lesquels on distinguait nettement « Finitude et Culpabilité » de Paul Ricœur, ainsi qu’une minus-cule bible de Jérusalem, édition révisée de 1973. Deux fauteuils art déco récemment rénovés, revêtus de velours multicolore, se faisaient face. Sur une table de travail, près de la fenêtre, un ordinateur portable, écran noir, tel une gueule ouverte, semblait béer avec indécence. La pièce immense était parfaitement ran-gée, ce qui laissait supposer qu’on y faisait un ménage méticuleux. Une cheminée de marbre blanc, surmontée d’un imposant miroir aux fines ciselures dorées, occupait un angle :
9
LE SYNDROME DE JUDAS
sur sa tablette trônait une pendule en bronze très fin aux allégo-ries illustrant le thème de la Guerre et la Paix retrouvée.Plusieurs photographies aux cadres soignés représentaient le même homme d’une trentaine d’années, souriant et offrant un visage heureux. Sur la couette recouvrant le lit aux dimensions généreuses, étaient disposés un survêtement de sport et, délica-tement pliés, un short et un maillot de footballeur. La salle de bains attenante à ce lieu, entraperçue à travers la porte ouverte, témoignait d’un certain confort : une baignoire Jacob Delafon, aux robinets argentés, datant du début du vingtième siècle, re-posait sur ses quatre pieds léonins. On entendait l’écoulement spasmodique d’une douche qui soudain cessa. Quelques ins-tants plus tard, apparut un jeune homme dont la nudité était cachée par une serviette de bains habilement enroulée à la taille. Torse nu, il s’approcha de l’armoire et se contempla à loisir avec une profonde et minutieuse intensité, comme s’il cherchait à découvrir une quelconque imperfection. Le reflet des deux glaces imposantes renvoyait l’image d’un éphèbe d’une grande beauté, une sorte de kouros vivant sorti d’un temple grec. Une chevelure d’un blond soyeux et lumineux encadrait un visage aux contours quasi parfaits. Des yeux d’un bleu intense et pur éclairaient une figure rayonnante et lui con-féraient un charme irrésistible, quoiqu’on pût y percevoir un léger voile de tristesse. Nul bouton d’acné juvénile ne venait ternir la peau légèrement halée de cette physionomie fort gra-cieuse. Un cou long et robuste supportait cette charmante tête comme le plus achevé des piédestaux. Le torse était celui d’un adolescent sportif, aux muscles harmonieusement dessinés par la pratique d’exercices physiques quotidiens. Alexandre s’approcha très près du miroir au point que son nez effleura la glace froide qui se recouvrit d’un halo de buée. Son regard s’obscurcit, on eût dit qu’il détestait ce reflet qui s’offrait à lui, alors que, tel Narcisse, le fils de Céphise, il aurait pu être comblé par le cliché instantané de ce physique fort
10
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.

Diffusez cette publication

Vous aimerez aussi

suivant