Le tatouage

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Un geste somme toute banal transforme pourtant la vie jusque-là tranquille de Zoé, une jeune Montréalaise de 22 ans. Celle-ci se fait un jour tatouer, sous le nombril, une rose jaune qui se développe par la suite jusqu’à devenir un rosier qui envahit son torse. À quoi tient ce phénomène étrange? Le tatoueur n’en sait rien, et les nombreuses personnes que Zoé consulte à ce sujet proposent des explications qui varient en fonction de leurs intérêts et de leurs perceptions. Zoé se voit dès lors entraînée dans une série d’aventures qui la conduisent de Montréal jusqu’en Côte d’Ivoire.
Dans ce roman qui tient à la fois du thriller et du conte philosophique, Pan Bouyoucas jette un regard lucide sur notre monde et ses illusions. De quoi méditer longtemps.
D’abord paru en anglais sous le titre The Tattoo (Cormorant, 2011), le roman a été traduit par Hélène Rioux.
Publié le : jeudi 15 novembre 2012
Lecture(s) : 32
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782892617252
Nombre de pages : 200
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Pan Bouyoucas Le tatouage
roman
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Le tatouage
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du même auteur
Romans Le dernier souffle, Éditions du Jour, 1975. Une bataille d’Amérique, Quinze, 1976. L’humoriste et l’assassin, Libre Expression, 1996. La vengeance d’un père, Libre Expression, 1997. L’Autre, Les Allusifs, 2001. Anna Pourquoi, Les Allusifs, 2004. L’homme qui voulait boire la mer, Les Allusifs, 2005. Portrait d’un mari avec les cendres de sa femme, Les Allusifs, 2010. Cocorico, Les Éditions XYZ, 2011.
Nouvelles Fuites et poursuites, collectif, Quinze, 1982. Docteur Loukoum, Trait d’union, 2000. Musings, collectif, Véhicule Press, 2004.
Théâtre Nocturne, Dramaturges éditeurs, 1998. Le cerf-volant, Trait d’union, 2000. Hypatie ou La mémoire des hommes, Dramaturges éditeurs, 2005. Lionel, Dramaturges éditeurs, 2011.
Littérature jeunesse Thésée et le Minotaure, Les 400 coups, 2003.
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Pan Bouyoucas
Le tatouage
Traduit de l’anglais par Hélène Rioux
éditeur
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Bouyoucas, Pan [Tatoo. Français] Le tatouage Traduction de : The tattoo. ISBN 978-2-89261-701-6 I. Rioux, Hélène, 1949- . II. Titre. III. Titre : Tatoo. Français. PS8553.O89T3814 2012 C813’.54 C2012-942093-X PS9553.O89T3814 2012
Les Éditions XYZ bénéficient du soutien financier des institutions suivantes pour leurs activités d’édition : – Conseil des Arts du Canada ; – Gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada (FLC) ; – Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) ; – Gouvernement du Québec par l’entremise du programme de crédit d’impôt pour l’édi-tion de livres. Nous remercions le gouvernement du Canada de son soutien financier pour nos activités de traduction dans le cadre du Programme national de traduction pour l’édition du livre.
Conception typographique et montage : Édiscript enr. Montage de la couverture : Nathalie Tassé Photographie de la couverture : iStockphoto.com Photographie de l’auteur : Martine Doyon Traduction : Hélène Rioux
Titre original :The TattooCopyright © 2011, Pan Bouyoucas By arrangement with Transatlantic Literary Agency Inc. Copyright © 2012, Les Éditions XYZ inc. pour l’édition en langue française
ISBN version imprimée : 978-2-89261-701-6 ISBN version numérique (PDF) : 978-2-89261-702-3 ISBN version numérique (ePub) : 978-2-89261-725-2
e Dépôt légal : 4 trimestre 2012 Bibliothèque et Archives nationales du Québec Bibliothèque et Archives Canada
Diffusion/distribution au Canada : Distribution HMH 1815, avenue De Lorimier Montréal (Québec) H2K 3W6 www.distributionhmh.com
Diffusion/distribution en Europe : Librairie du Québec/DNM 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris, FRANCE www.librairieduquebec.fr
www.editionsxyz.com
Extrait de la publication
1
C’était le 24 avril. Le soleil essuyait les dernières traces de neige sur l’île de Montréal, l’air était plus chaud qu’il ne l’avait été depuis des mois, les parcs, les rues et les ter-rasses des cafés bourdonnaient de gens qui célébraient la fin de l’hiver en exhibant autant de peau que les convenances le permettaient. Zoé buvait unlatte avec ses amies, Ève et Nadia. Les trois jeunes filles se racontaient les derniers potins et faisaient des projets pour l’été lorsque leur imagination fut soudain tellement enflammée par cet étalage de chairs et les tatouages qui les ornaient qu’elles se dirigèrent vers le salon de tatouage le plus proche aussitôt leur café terminé. Marco, le tatoueur, un colosse d’une quarantaine d’an-nées, avait la tête rasée, un cou de taureau, des bras massifs couverts de tatouages énigmatiques des poignets jusqu’à ses larges épaules ; le genre de gars qu’on imagine mieux avec une tronçonneuse qu’avec une aiguille. Mais il avait de belles mains ; Zoé, Ève et Nadia ne résistaient pas aux mains, et celles de Marco étaient grandes et élégantes, avec des doigts fins qui manipulaient les motifs qu’il leur montrait avec la même douceur que s’il leur avait présenté des photos de ses enfants. Ève fut la première à choisir son dessin. Avait-elle fait son choix en réaction aux tatouages morbides qui couvraient les bras de Marco comme une cotte de mailles ? Parce que, bien qu’elle eût, quelques moments plus tôt, imaginé son corps marqué d’images et de slogans farfelus, elle opta pour
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une rose rouge. « Les roses rouges symbolisent l’amour, dit-elle. Et dans la vie, rien n’est plus important que l’amour. » Nadia choisit également une rose. Mais pas rouge. Nadia voulait que sa rose soit jaune. Parce que les roses jaunes sym-bolisaient la liberté, qui, pour elle, était plus précieuse que l’amour. « D’ailleurs, ajouta-t-elle, le jaune ressortira mieux sur une peau bronzée. » Ce dernier argument convainquit aussitôt Ève que la liberté était plus précieuse que l’amour, et elle pressa Zoé de se faire aussi tatouer une rose jaune. « Nous serons les Sœurs de la Rose jaune – pour la vie », dit-elle. Zoé aurait souhaité une fleur plus exotique, mais après avoir comparé leurs préférences, pesé le pour et le contre, elle conclut que leur amitié comptait davantage. Elle pro-testa cependant quand Nadia proposa de faire tatouer cet emblème sur leur poitrine. Pour ses parents, les tatouages étaient réservés aux punks, aux junkies et aux filles qui fré-quentaient les durs à cuire, et elle n’avait pas envie d’en-tendre leurs commentaires sur le sien chaque fois qu’elle porterait une robe décolletée juste parce que Nadia vou-lait afficher ses couleurs. Elle dit donc à son amie qu’un tatouage sur sa poitrine indiquerait un esprit vulgaire plu-tôt qu’indépendant, alors qu’une rose juste au-dessus de sa culotte de bikini symboliserait le mystère et la sensualité, et qu’ainsi plus de garçons lui tourneraient autour à la piscine ou à la plage. Une heure plus tard, Nadia avait une rose jaune tatouée sur la courbe de son bas-ventre. Lorsque Ève eut la sienne, les trois filles, que la carrure et les tatouages de Marco n’intimidaient plus, lui avaient raconté plus de choses à leur sujet qu’il avait envie d’en connaître. Peu loquace, il ne levait les yeux de la rose sur laquelle il travaillait que pour tremper ses aiguilles dans une
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tasse d’encre ou saisir une nouvelle feuille d’essuie-tout et éponger l’excès d’encre sur la peau des filles. Les mains de Marco avaient beau être douces, quand ce fut son tour, Zoé découvrit que les aiguilles faisaient plus mal qu’elle ne s’y attendait. Ève et Nadia étaient sorties pour profiter de ce qui restait de soleil. Afin de distraire son esprit du martèlement des aiguilles qui perforaient sa peau, elle essaya de déchiffrer l’homme qui marquait son corps comme jamais un homme ne l’avait fait. Sous son tee-shirt, ses tatouages semblaient s’étaler dans son dos et sur son torse. Pourquoi une personne décide-t-elle d’endurer ces piqûres et de couvrir son corps entier de dessins aussi noirs ? À quoi ressemblait-il, nu ? Qu’est-ce que ses parents pensaient de ses tatouages ? Et sa femme, son amoureuse, ses enfants – s’il en avait ? Non, se dit-elle, elle ne pourrait jamais aimer un tel homme, un tel corps. Même habillé, ses tatouages brûlaient les yeux de Zoé comme une enseigne au néon proclamant : Tenez-vous loin si vous n’aimez pas souffrir. C’étaient là les pensées qui tournaient dans la tête de Zoé au retour d’Ève et de Nadia. Comme elles n’avaient rien de prévu pour la soirée, celles-ci suggérèrent d’aller célébrer la fondation des Sœurs de la Rose jaune par un souper de homard arrosé de bon vin. En chemin vers le restaurant, les trois filles étaient si excitées par leurs tatouages qu’elles en parlaient comme de la marque d’une transformation prodigieuse, la promesse de jours meilleurs. Le tatoueur ne fut mentionné qu’une fois tandis qu’elles mangeaient, buvaient et jacassaient dans la langue particulière de trois amies d’enfance.Marco avait-il des tatouages sur le pénis ?se demandaient-elles.Et le prépuce, peut-on aussi le tatouer ?Une pensée en entraînant une autre, elles décidèrent de faire ce soir-là une autre chose qu’elles n’avaient jamais faite et, une heure plus tard, après avoir
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vérifiéquilnerestaitpasdeparticulesdenourritureentreleurs dents et appliqué une couche de brillant sur leurs lèvres, elles étaient assises dans un club de strip-tease et essayaient de deviner quel danseur avait la queue tatouée. Mais quand elles rassemblèrent suffisamment de courage pour en inviter un à leur table et que Zoé eut mis un billet de dix dollars dans son slip léopard, elle le regarda dans les yeux et lui dit en rougissant : « Tu sens bon. » Ce fut à peu près tout ce qui se passa le jour où Zoé Lalis se fit tatouer une rose. Il n’y eut pas de rêve prémonitoire, d’ange venu lui annoncer qu’un dieu avait des desseins à son sujet, pas le moindre indice, signe ou présage de ce qui allait sortir de cette rose ; même son horoscope ne prédisait rien d’inédit ou d’excentrique pour ce week-end-là. À Montréal, une fille et un garçon sur deux avait un tatouage, et, en ce samedi fatidique, Zoé, Ève et Nadia avaient décidé d’en avoir un aussi, c’est tout.
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