Le Temps du pain noir

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Hiver 43-44. Les temps sont durs ; l’occupant impose cruellement sa loi et ses restrictions. La jeune Aimée parcourt les campagnes à la recherche d’une aide providentielle pour sa famille. Mais, au détour d’un chemin, une rencontre va bouleverser sa vie, celle de David, réfugié sur le causse pour échapper aux miliciens. Et bientôt les maquisards, faisant écho à ses idées de révolte, vont la convaincre de s’enrôler dans la Résistance.


Tout au long de sa vie d’institutrice, Marie-Louise Vaissière noircit les pages de son journal intime enregistrant anecdotes savoureuses et commentaires visionnaires sur les mœurs de son temps et ses contemporains. Après les textes autobiographiques Les Carnets et Marie, fille de cocagne, tous deux parus aux éditions De Borée, Le Temps du pain noir est une version romancée de son existence durant l’Occupation.


Publié le : samedi 1 mars 2014
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782812913624
Nombre de pages : 279
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Tout au long de sa vie d’institutrice, Marie-Louise Vaissière noircit les pages de son journal intime enregistrant anecdotes savoureuses et commentaires visionnaires sur les mœurs de son temps et ses contemporains. Après les textes autobiographiques Les Carnets d’une institutrice et Marie, fille de cocagne, tous deux parus aux éditions De Borée, Le Temps du pain noir est une version romancée de son existence durant l’Occupation.

LE TEMPS DU PAIN NOIR

Du même auteur

 

Aux éditions De Borée

 

Les Carnets d’une institutrice

Marie, fille de cocagne

En application de la loi du 11 mars 1957,
il est interdit de reproduire intégralement ou partiellement
le présent ouvrage sans autorisation de l’éditeur ou du Centre français
d’exploitation du droit de copie, 20 rue des Grands-Augustins, 75006 Paris.

 

© img, 2014

MARIE-LOUISE VAISSIÈRE

LE TEMPS
DU PAIN NOIR

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Avertissement au lecteur

L’originalité de ce roman est d’inscrire le temps de la fiction dans le temps exact de l’écriture. En 1944, l’auteure n’a pas de recul par rapport aux événements racontés, le roman est la forme fictionnelle de ce qu’elle écrit dans Les Carnets d’une institutrice, 1931-1948.

 

C’est en lisant ses Carnets, qu’elle ne cessera de rédiger tout au long de sa vie – trente-sept carnets de 1931 à 1980 –, tout en menant de pair la rédaction de ses autres écrits – poèmes, romans, nouvelles, essais, récits de voyage –, que se mesure la force créatrice de Marie-Louise Vaissière. Au jour le jour s’y tisse une œuvre au cœur de laquelle son roman Le Temps du pain noir prend tout son sens.

 

Et c’est grâce à sa nièce, Claudette Lavabre, à qui l’auteure a confié ses manuscrits que l’œuvre de Marie-Louise Vaissière existe aujourd’hui.

Première partie

I

PARVENUE À LA LIMITE DU PLATEAU, avant d’aborder la descente, Aimée s’assit sur l’herbe grise et gelée. Elle était lasse. L’agneau pelotonné dans le sac tyrolien bêlait, misérable, appelant la mère dont on venait de le séparer. Aimée fit glisser les deux bretelles qui lui meurtrissaient la chair. L’animal, d’un pauvre regard mouillé de larmes, semblait l’interroger. D’une main compatissante, elle lui caressa le front, les douces oreilles et même ce museau tout humide, on ne savait pas trop de quoi : de rosée ou de morve.

Ses pieds gonflés lui faisaient mal, elle ôta ses chaussures aux raides semelles de bois. Elle s’allongea de tout son long, face au ciel. Pas un souffle ne passait sur la roide verdure des pins. Une douce chaleur, insolite pour la saison, pénétrait ses membres fatigués.

Aimée restait là, immobile, goûtant la rémission de cet instant. Prise d’une bizarre tentation, elle se retourna et, rampant sur le ventre, prudemment, elle s’avança jusqu’à l’extrême limite du roc. La corniche calcaire, sur laquelle elle s’appuyait, surplombait la vallée de plusieurs centaines de mètres. Comme un aigle dans son aire, la jeune fille, d’un œil ébloui, contemplait le paysage qui s’ouvrait en éventail sous ses yeux. Dans une atmosphère comme irisée, les champs s’étageaient en parcimonieuses terrasses. Au fond, le village escaladait un étroit ravin, avec sa rue en z, ses maisons paysannes couvertes de lauzes, ses courettes, ses appentis, ses étroits jardins. Elle distinguait l’église et ses clochetons d’ardoise, le pont métallique posé comme un trait noir sur l’épaisseur glauque de la rivière. Celle-ci, verte et luisante, sinuait entre les peupliers, telle une grosse couleuvre parmi les herbes. Mais nul feuillage n’égayait le paysage. C’était l’hiver : dans quelques coins ombreux sur l’avers brillaient de grandes plaques de gelée blanche.

– Comme on est bien ici ! soupira la promeneuse ; dire qu’il va falloir retrouver, tout à l’heure, l’humide froidure de nos rues, le visage soucieux de ma mère… nos misères.

Si seulement ses pieds n’avaient pas été si douloureux : la plante en était brûlante et de brusques élancements parcouraient ses chevilles cent fois tordues et retordues sur les pistes caillouteuses du causse.

Aimée regardait les lourdes galoches posées à ses côtés : il lui avait fallu des prodiges d’astuce pour les obtenir. Un charron en avait façonné la semelle, un sien cousin cordonnier avait là-dessus cloué l’empeigne avec le morceau de cuir qu’elle lui avait apporté. Sa mère n’en était pas peu fière et, ma foi, on avait là-dedans les pieds chauds. Quant à pérégriner longuement avec…

Aimée se disait que, l’hiver fini, elle les troquerait dans une des fermes où ces confortables chaussures faisaient l’envie des fermières démunies.

Elle les remit en soupirant, songeant à l’emploi du temps de sa matinée : le départ au petit jour, sur une bicyclette vétuste. La crevaison, réparée tant bien que mal : comment ne pas crever, avec ces pneus usés jusqu’à la corde et malgré l’ingéniosité qui poussait certains à en glisser deux l’un dans l’autre pour qu’ils se soutiennent mutuellement ?

Du village, elle avait escaladé les pentes du causse par d’invraisemblables sentiers, l’estomac déjà criant famine… Elle était arrivée à cette ferme inconnue que tenaient de vagues cousins de sa mère et dont les malheurs du temps les avaient fait se rapprocher.

Quand donc cela finirait-il ? Elle se revoyait frappant à la porte des paysans soupçonneux. Elle évoquait ce ton mi-goguenard, mi-renfrogné avec lequel ils l’avaient accueillie. L’homme, un gros rougeaud, plein de soupe et de faconde, l’avait flairée et lourdement plaisantée sur son « courage ». La femme sèche, mal peignée, une lointaine parente de sa mère, avait continué à vaquer à ses occupations, sans même penser à lui offrir de s’asseoir. Quant au fils, un long gaillard de dix-huit, dix-neuf ans, il l’avait, de son coin, lorgnée d’un œil sournois, en marmonnant des phrases aigres-douces sur ces « quêteurs » qui n’arrêtaient pas de frapper à leur porte :

– Eh oui ! constatait-il, avant la guerre, on ne nous reconnaissait pas, quand on nous croisait dans la rue. Pardi, nous, on n’est pas frisés, pomponnés, comme les petits merdeux de la ville. Des paysans, quoi ! Pas habillés à la mode, ça sent la bouse et la sueur… maintenant, cher cousin par-ci, mon bon oncle par-là. On se souvient de nous, on nous écrit, on vient nous voir, on nous embrasse. Et des sourires et des compliments…

Et le lourdaud s’esclaffait en se tapant les cuisses.

Le père était intervenu :

– Tais-toi ! Tu ne sais pas ce que tu racontes.

Mais Aimée, gênée par cette philippique, résidu sans doute de vieilles rancunes familiales, restait là, plantée devant la table, se demandant si elle devait rire ou essayer de se justifier, partir ou rester. Les larmes lui brouillaient la vue… Mais on avait faim là-bas : il fallait tenir bon, essayer de batailler contre l’inertie, l’égoïsme, l’injustice des paysans.

Elle ouvrit la bouche :

– Est-ce que vous n’auriez pas quelques œufs à me… ?

– Ah ! non ! riposta la femme tirée de son mutisme.

La voix aigre sonnait encore aux oreilles d’Aimée.

– Ah ! non ! les poules ne pondent pas. Et puis, si on en récolte quelques-uns, on les garde pour faire l’échange. Qu’est-ce que vous avez à me donner en échange ? Des pantoufles ? Du tissu ?

– Hélas ! Que voulez-vous que nous ayons ? s’excusait Aimée. Nous ne sommes que des ouvriers, nous autres…

– Je sais, je sais ! Mais si vous pouviez me trouver un tablier ou des bas, je ne dis pas que la prochaine fois…

– Je peux essayer, avait promis Aimée, pleine de bonne volonté, sachant bien cependant combien il était difficile de se procurer à présent quoi que ce soit.

– Et du fromage ? insistait la jeune fille. Que voulez-vous qu’on fasse avec les soixante grammes mensuels que nous alloue le ravitaillement ?

– On vous le loue, intervint bêtement le galopin… D’ailleurs, avait-il ajouté, vous ne voudriez pas le manger, notre fromage ! Il sent fort et y a quelquefois des vers dedans, le meilleur, je vous assure.

Aimée avait pris le parti du rire :

– Qu’est-ce que ça peut bien faire ? Les vers dans le fromage, les haricots charançonnés, et les œufs pas frais et le lait tourné et la viande un peu trop noire, on s’habitue à tout, allez. On nous fait manger des choses qui, autrefois, auraient été refusées par le service d’hygiène…

Et, prise d’un amer besoin de confidence, elle avait ajouté :

– Voulez-vous que je vous raconte une histoire ? L’autre jour, notre voisine arrive devant la cage de ses poules, deux poules qu’elle nourrit, on se demande avec quoi. L’une des deux était là, inerte sur le plancher, les pattes en l’air, morte à n’en pas douter. Elle la tâte, la trouve encore tiède et se convainc qu’elle doit être encore comestible. Vite, un couteau. Un sang noir, épais coule. Elle ne s’en formalise pas. Elle la plume, la vide, la rôtit et la fourre dans la saumure en expliquant : on sera bien contents de l’avoir un jour de crise. Est-ce que ce n’est pas malheureux tout de même ! avait-elle ajouté.

Mais ni la femme ni les deux hommes n’avaient paru compatir à ces malheurs citadins.

Alors elle avait enchaîné :

– Peut-être en auriez-vous une à me vendre, une bien vieille qui ne pond plus… ou un poulet… ou un lapin.

– Non ! Inutile que vous insistiez. Les poules, les poulets, je ne les élève pas pour les autres. Nous, à la campagne, on a un travail pénible. Il nous faut de la viande à tous les repas, tous les jours. Et l’année est longue. Le déjeuner, le dîner, la collation, le souper, chaque jour, vous vous rendez pas compte !

Aimée avait eu de la peine à arrêter dans sa gorge un cri de protestation : de la viande à tous les repas et quatre fois par jour ! C’était de la provocation, de quoi pousser les gens à la révolte. Une boule nauséeuse montait et descendait dans sa gorge. La faim lui tenaillait l’estomac, depuis l’aube où elle avait quitté l’appartement familial, un mauvais café d’orge, avalé en toute hâte.

Rien que la vue de la grosse miche de pain blanc étalée sur la table lui chavirait le cœur. Le beau pain blanc ! Moelleux, odorant, sous sa grosse croûte brune ! La naïve ! Elle avait escompté qu’on lui offrirait, connaissant leur misère, une bonne tasse de lait, une tartine… Et pourquoi pas ! Ô miracle ! Une belle tranche de ce jambon qui pendait, là, dans l’ombre de la cheminée.

À ce moment, la femme, voyant le regard de convoitise d’Aimée, quitta sa place près du feu et, s’emparant de la miche, alla la renfermer dans le buffet.

– Vous prendrez bien quand même une tasse de café. Vous devez avoir pris soif, après cette longue montée.

– Ce n’est pas la peine, protestait la malheureuse. Je n’ai besoin de rien. D’ailleurs, il va falloir que je reparte, on m’attend à la maison.

Sa mère, pourtant, lui avait recommandé : « Tâche de te faire inviter à midi, ça sera toujours tant de pris. » Mais à présent, découragée, elle ne songeait qu’à repartir. Et pourtant ! Alors elle était revenue à la charge :

– Je n’ai pas de chance. Mon petit frère m’avait tant recommandé de lui rapporter quelques friandises : deux ou trois œufs, un litre de lait… Il a eu une mauvaise grippe cet automne et nous n’arrivons pas à le remonter. Est-ce que, par hasard, un demi-litre de lait… ?

– Pauvre ! Vous tombez mal, je viens juste de le mettre à cailler…

Et la femme était passée dans la pièce à côté, de l’air de celle qui vous donne congé. Prise d’un entêtement désespéré, Aimée, alors, avait joué son va-tout : non ! Il ne serait pas dit qu’elle reviendrait bredouille. Elle avait relevé la tête.

– Que voulez-vous, les gens seront bientôt lassés de souffrir. Savez-vous ce qu’on disait, l’autre jour, dans mon atelier : « Si on ne peut pas se venger sur les Allemands, ce sont les paysans qui prendront. On ira les voir avec des haches et des fusils. Et les bons paieront pour les mauvais. Ils devraient pourtant se souvenir que nous sommes des Français comme eux. »

– On voit bien que vous n’êtes pas à notre place, avait rétorqué la femme revenue se justifier. Pas d’argent, pas de main-d’œuvre, pas d’engrais. Et des réquisitions en veux-tu, en voilà. Tenez, un exemple, les œufs. Savez-vous qu’ils viennent de m’imposer pour cent vingt douzaines ? Où veulent-ils que je les prenne ? Et ils vous menacent des pires malheurs si vous les refusez.

– Et refusez-les donc ! s’était écriée hargneusement la jeune fille. Pour ce que nous en voyons, nous, les Français. Tout pour les Boches. Pour leur permettre de tenir, un an, deux ans de plus…

– Allons ! allons, avait dit le fermier, conciliant. J’ai peut-être votre affaire. Je m’en voudrais, moi, de vous laisser repartir sans rien. Tenez, nous avons une brebis qui vient d’avoir deux jumeaux. D’habitude, on en tue un, pour que l’autre puisse profiter. Oh ! il n’est ni bien gros ni bien gras, mais si ça peut vous intéresser.

– Mais oui ! Allez me le chercher. Ma mère en fera sûrement quelque chose.

L’homme était sorti, puis était revenu, portant dans ses bras un agnelet presque naissant, tout en pattes et en peau, tout morveux et frissonnant.

– Je vous ai avertie. Pas bien fameux. Mais ça peut toujours faire une sauce. Et si vous pouviez le nourrir quelques jours.

– Oui ! Oui ! acquiesçait la jeune fille, heureuse de l’aubaine. Est-ce que vous voudriez le peser et me dire le prix ?

L’homme avait haussé les épaules prenant sa femme à témoin :

– Pensez-vous. Maintenant on ne pèse plus, c’est tant la bête. À prendre ou à laisser. Les agneaux d’habitude, c’est cent cinquante francs. Mais comme celui-là est un peu jeune et que vous êtes la fille de Mathilde, je vous le laisserai à cent quarante. Qu’est-ce que tu en penses, Jeanne ? fit-il en s’adressant à sa femme.

– Mettons cent trente et qu’elle ne revienne pas.

Cent trente ! calculait tristement Aimée, ce maigre paquet d’os, de laine et de lymphe. Presque une semaine de travail. Elle avait ouvert son porte-monnaie, pressée d’en finir. À quoi bon discuter ? La prochaine fois, on n’aurait rien à lui vendre. Pendant ce temps, le pot de café, un minuscule toupi de terre vernissée, chauffait doucettement dans son nid de cendres, devant le feu, un feu qui faisait plus de fumée que de braise.

Aimée surveillait avec inquiétude le liquide sombre qui peu à peu se couvrait d’une écume jaunâtre. La femme, suivant la coutume rustique, était venue tremper son petit doigt dans le pot pour juger du degré de chaleur. Enfin, elle vint verser la boisson fumante dans un verre qu’elle poussa devant Aimée.

– Je n’ai besoin de rien, je vous assure.

– Peuh ! fit la femme, ce n’est que du café d’orge. Ah ! si vous connaissiez un moyen de m’avoir du vrai café, depuis le temps qu’on n’en a pas vu.

Le garçon, galamment, avançait la boîte de sucre.

– Sucrez-vous… Oh ! Y a bien dedans le tube de saccharine, mais sans doute qu’on n’aime pas ça, à la ville…

Aimée feignit de n’avoir pas entendu et, d’un geste délibéré, elle prit deux morceaux de sucre, sous l’œil réprobateur de la paysanne. Et Aimée, ayant consciencieusement remué la mixture, se mit en devoir de la boire, malgré les choses grumeleuses : marc, cendre, débris de bois, qui surnageaient.

La femme l’observait, l’œil sévère.

– Je ne vous tiens pas compagnie. Il faut tellement faire attention, à présent, de ne rien gaspiller. Tenez, j’en connais qui boivent leur café avec un demi-morceau de sucre. À la ficelle, qu’ils disent. On met le sucre dans la bouche et on passe le café dessus. La dernière gorgée est encore sucrée, paraît-il. Faudra que je m’y mette un de ces jours.

Mais Aimée se moquait bien de ces considérations. Réconfortée, plus par le sucre que par le méchant café, elle remerciait ses cousins et s’apprêtait au départ. L’agneau installé dans le sac, elle disait à l’homme :

– Si vous pouvez m’en garder un autre, vous nous feriez plaisir. Je repasserai dans quinze jours.

Et l’homme n’avait pas dit non.

 

Maintenant, face au froid soleil d’hiver, Aimée, se remémorant ses souvenirs, prenait conscience de sa fatigue.

– Comme je suis lasse ! Et comme j’ai faim ! Le grand air et la marche vous font manger deux fois plus que d’ordinaire. Ce qu’on récupère d’un côté, on le dilapide aussitôt de l’autre.

À regret, elle sortit, d’une poche de son sac, une mince tartine de ce pain gris et gluant qui était à présent l’ordinaire d’un peuple vaincu. Elle dépiauta de son panier une de ces « pâtes de fruit » mal définie, misérable ersatz encore, et pour cause ! en vente libre.

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