Le tremble et l'acacia

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Le tremble et l'acacia fait suite aux premières « retouches » parues chez Grasset en novembre 1999 : Images, mes catins. Il s'agit de courts poèmes libres, étranges, intérieurs, magnifiques. dans un balancement de saule le mauve passe à l'ocre un papillon plié reprend l'extase despote souriante suivie de mages et d'ibis la mort efface ses rébus
Publié le : mercredi 10 janvier 2001
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EAN13 : 9782246614395
Nombre de pages : 252
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retouche à l’abandon
le fil de l’horizon
sur les rails qui s’écartent
en diabolo lance la terre vide
à quel temps revenir
l’heure n’a plus de porte
le ciel aux couleurs de tes robes
paraît se souvenir
retouche à l’absence
seule et qui brûle
dans le pays plus mince qu’une image
une rose
retouche à l’accommodement
sur ta mer torturée
douleur j’ai fait mes barques de tes cernes
retouche à l’amarrage
au fleuve atteint du mal des réverbères
le pont fait un bond de voleur
et les ondines à miroir
fleuries d’obscurs bijoux
chancellent
au clos d’une péniche noire
un homme apprend à lire
près d’une femme à sa dentelle
un étroit feu danse en lambeaux
retouche à l’âme
du noir de l’œil des masques
la porte s’entrebâille
paraît un chat de plusieurs siècles
le jour en planches
posé contre le mur
s’effondre
retouche à l’amnésie
marelle de l’oubli
des ombres posent leurs lanternes sourdes
sur les cases d’un jeu sans paradis
retouche à l’amour
torrent des corps
dans la vallée des lampes
le plaisir le remonte à bonds de truite
retouche à l’amour (2)
du livre à l’abandon
la violette entre les pages
dit le mieux en moins long
retouche à l’amoureux
le jour est simple avec ses longs cheveux
sa courte veste
son soleil à la main
au-delà de la haie la terre s’est ouverte
et la mer dans la baie me monte jusqu’aux yeux
retouche à l’atelier
mes désirs contre le mur
je ne veux plus que la toile à l’envers
et les splendeurs sans majuscules
la table où veille un verre
ton blanc maintien fenêtre à l’éternel dimanche
et le hamac du ciel entre les crépuscules
retouche à l’attente
entre miroirs qui se répondent
les mains sentent pousser leurs ongles
retouche à l’aube
enrubanné
dans les embrasses transparentes
mol et de soudaines détentes
le paysage nouveau-né
retouche à l’aube (2)
lumière au doigt
la joie en robe simple
dans la première allée du jour
passe entre les tombeaux des philosophes
qui lui apprennent comment vivre
retouche à l’aube (3)
le paysage dort dans le duvet du ciel
des maisons sont nées dans la nuit
ardoise et craie dessins d’enfant
le vent pour les flaques des cours
on devine pudique une âme de retour
de la terre promise
retouche à l’avenir
veuves en neiges mauves
sur les places qu’exalte immobile un corbeau
des hommes vous épient dans les cafés à suint de bœuf
où la lumière à chaque instant vieillit
des nains naîtront dans le pays
retouche au bassin
des statues en terrasse
le ciel usé glisse à l’épaule
devant la pie sur la chaise de fer
en garçon de café le printemps
leur porte et pose
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