Le tri sélectif des ordures et autres cons - épisode 22

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22e épisode

Richard laisse passer sa chance d'avoir des réponses et se retrouve dans le coffre d'une voiture.
Où l'on voit qu'un tueur en série professionnel a de la ressource...





Publié le : jeudi 19 décembre 2013
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782823811872
Nombre de pages : 11
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couverture
Sébastien GENDRON

Le tri sélectif des ordures et autres cons

22e épisode

Pocket

31

Retour en forêt

Toutes les tafioles en costume à paillettes, tous les « emmusqués » (endurcis) de l’arène, tous les camés de la banderille, bref tous ces imbéciles qui voient dans la tauromachie un moyen d’aller boire de la bière ailleurs que dans leur canapé Conforama vous le diront : quand on se décide à bondir sur le taureau, on n’y va pas avec le dos d’une pelle à tarte. Lorsque, du coffre, j’atterris dans l’habitacle par la banquette arrière, je n’ai qu’une seule idée : neutraliser, atomiser, dissoudre, pulvériser. L’adversaire est au volant. Il fait une brusque embardée en se retournant vers moi, qui nous dirige droit sur un arbre. Je révise donc mon jugement. J’ai le temps d’apercevoir dans la lumière des phares, outre le tronc du pin qui se précipite sur nous, un paysage qui, évidemment ne me rappelle rien et pour cause.

Soit je le tue et je me perds. Soit nous poursuivons cette trajectoire et, dans une seconde quatre centièmes, nous nous enviandons et je nous perds, tous les deux. Et comme cet idiot semble plus préoccupé par mon étrange délivrance que par sa propre survie, il faut que je réagisse très vite. Mais très vite, c’est déjà trop tard. Je n’ai le temps que de passer entre les banquettes avant pour tendre la main vers le volant. Le jeune en costume italien prend ça pour une agression et m’envoie son coude dans les mâchoires. L’instant d’après, c’est l’impact. L’air à l’intérieur du 4 × 4 se compresse brutalement, larsen dans mes oreilles, tout plane autour de moi, à moins que ça ne soit moi, un court instant en apesanteur comme dans un vol parabolique. Puis je percute, tout, dans tous les sens, membres décanillés, plafond, sol, aller-retour, appuie-tête, sellerie, pavillon aviation. Et tout s’arrête.

C’est étrange comment, en ces moments-là, on pense d’avantage à ceux qui nous accompagnent qu’à soi-même. J’ai les yeux clos et je me dis que dans une voiture aussi coûteuse, le conducteur, pour peu qu’il soit un peu conscient du code de la route – ce qui doit être à mon avis le commun du gangster qui veut se faire oublier de la maréchaussée – aura pris soin d’attacher sa ceinture de sécurité et, le cas échéant, il aura été sauvé par la complexité d’un airbag haut de gamme. Je peux donc cesser de me faire du mauvais sang pour mon hôte et prendre quelques secondes pour faire le compte de mes osselets.

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