Le tri sélectif des ordures et autres cons - épisode 24

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24e épisode

Affaire personnelle réglée : Lapelouse se livre à un grand nettoyage au château et n'oublie pas de vider les poubelles avant de partir.
Surpris par un colonel de gendarmerie, il a droit à une petite leçon sur le tri sélectif des ordures...





Publié le : jeudi 19 décembre 2013
Lecture(s) : 6
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782823811896
Nombre de pages : 11
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couverture
Sébastien GENDRON

Le tri sélectif des ordures et autres cons

24e épisode

Pocket

34

In memoriam – Eugène Poubelle (1831-1907)

Alors je les ai tous tués. Ce n’est pas tant l’impressionnante arme à feu au bout du bras de Sonia qui m’y a poussé. Depuis l’émergence du hard-boiled et des films d’Humphrey Bogart, plusieurs générations d’hommes ont appris à séparer une femme d’un pistolet, soit d’une claque magistrale, soit d’un atémi au poignet, parfois même en usant de quelques phrases démotivantes à consonance sexuelle. D’ailleurs, Sonia a rapidement posé ce pistolet d’elle-même, sur une console japonaise entre la chambre de Mapplethorpe et celle de Lawrence. Un petit meuble laqué noir qui était là, tranquillement posé sur ses quatre pieds. Sonia y a lâché son arme plus qu’elle ne l’a posée, entaillant la peinture avec le cran de sécurité, et puis elle a saisi les bords de la tablette comme si elle voulait la soulever, et elle a vomi. Pas comme une de ces douces héroïnes platine qui hoquettent après qu’un homme l’a désarmée d’une quelconque façon. Un flot ininterrompu de matières diverses s’est échappé d’elle, plusieurs salves violentes ont été nécessaires et puis, au moment où je ressortais de chez Elsimborg, je l’ai trouvée recroquevillée à l’autre bout du couloir, les genoux remontés sous le menton, une certaine confusion de teinte entre son visage et son peignoir. Elle regardait le couteau de chasse avec lequel je venais d’œuvrer sur trois de ses anciens employeurs et d’où pendouillait un mince filet de peau qui gouttait sur la pointe de Hongrie du parquet. La présence d’un rouleau de sacs-poubelles dans mon autre main ne lui paraissait pas plus incongrue. Il y eut un bruit de chasse d’eau.

D’Espieux venait se sortir d’un petit cabinet à l’autre bout du couloir. Drapé dans un kimono vermillon, il est resté là un long moment à nous considérer en renouant sa ceinture, l’oreiller avait laissé des marques sur son visage, le sommeil avait brouillé la gomina de ses cheveux qui ressemblaient maintenant à une sorte de perruque hirsute et mal mise. Il n’aurait pas pu se donner meilleure contenance.

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