Le Tueur se meurt

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Les trois personnages de ce roman que tout sépare vont se retrouver réunis par les circonstances, la communication sur la Toile et leurs rêves qui se mêlent à la réalité de leur quotidien de manière troublante. Grand Prix de Littérature policière 2013.
Publié le : mercredi 1 mai 2013
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782743625788
Nombre de pages : 272
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Le tueur se meurt de James Sallîs Traduît de l’anglaîs (États-Unîs) par Chrîstophe Mercîer et Jeanne Guyon Édîtîons Rîvages
À Phoenîx, Arîzona, un tueur à gages en in de vîe traque celuî quî a tîré sur l’homme qu’îl devaît abattre, et l’a manqué. Avec son coéquîpîer Graves, le polîcîer Sayles enquête sur le meurtre avorté. Quant à Jîmmîe, jeune garçon d’une dîzaîne d’années, îl a tout sîmplement été abandonné par ses parents et tente de survîvre seul en faîsant du commerce sur Internet. Dans cette vîlle de scîence-ictîon au cœur du désert, les troîs personnages vont se trouver réunîs par les cîrconstances, la communîcatîon sur la Toîle et… leurs rêves quî se mêlent à leur quotîdîen de manîère troublante.
Le tueur se meurta reçu le Grand Prîx de Lîttérature polîcîère en 2013 et a été élu Meîlleur polar de l’année par le magazîne LIRE la même année.
« Le lecteur est hypnotîsé par ce roman magîstral, d’une mélancolîe poîgnante. » Télérama
Du même auteur chez le même éditeur
Chester Himes : Une vie Drive Driven
James Sallis
Le tueur se meurt
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Christophe Mercier et Jeanne Guyon
Collection dirigée par François Guérif
Rivages/noir
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payot-rivages.fr
Titre original :The Killer Is Dying (Walker Publishing Company, Inc., New York)
© 2011, James Sallis © 2013, Éditions Payot & Rivages pour la traduction française © 2015, Éditions Payot & Rivages pour l’édition de poche 106, boulevard Saint-Germain – 75006 Paris ISBN : 978-2-7436-2959-5
À Karyn, pour à peu près tout
1
Il est de nouveau éveillé, sans aucune idée de l’heure qu’il est, sans même savoir s’il a vraiment dormi. Ces temps-ci, il dort mal. C’est étrange, comme tout devient flou. Au départ, on commence à perdre le sens de l’heure, puis les jours eux-mêmes cèdent, et finalement ce sont les années. Jusqu’au moment où seuls les changements de sai-son marquent un nouveau passage, un nouveau déclin. Pour se souvenir, il doit se rappeler les endroits où il a vécu, une chambre de location, ou un appartement minable, à Gary, à Gretna, à Memphis, à Seattle. Il n’y a pas de lampadaires dans cette partie de la ville. Ils sont réservés aux zones plus aimables, plus policées, du nord et de l’est. Ici, il ne pourrait pas faire plus sombre. La lumière de l’enseigne publicitaire de l’autre côté de la rue, avec un slo-gan en espagnol qui vante un véhicule de luxe der-nier modèle, pénètre obliquement dans la chambre. Elle brouille à peine l’obscurité, se dit-il. Périodiquement, il soulève dans cette lumière une main, la gauche, serre le poing, rouvre la main, regarde jouer ses muscles, ses tendons, ses cicatrices.
9
Quand la main s’ouvre, elle se met à trembler. C’est dû aux médicaments. Les médicaments le font trembler. Mais sans les médicaments, il trem-blerait encore plus. Les médicaments l’abrutissent, aussi — et il ne peut pas se permettre de se laisser abrutir. À l’extérieur deux personnes qui se disputent. Sur le balcon de l’étage au-dessus, d’après ce qu’il entend. « C’estmonde fric  putain ! – Et c’estmade bagnole  putain ! » Puis le choc de quelqu’un qui se trouve projeté contre un mur ou une porte. Dans la chambre voisine, une radio, ou une télé-vision, bourdonne, comme elle le fait depuis quatre jours qu’il est là. Elle est réglée sur une chaîne de débats, et on ne distingue pas les mots, seules la cadence et les inflexions changeant selon les ani-mateurs, les gens qui appellent, les invités ou les spots publicitaires. De temps en temps s’y mêle une autre voix, celle de l’occupant de la chambre, comme dans une conversation. Il se lève et, les pieds enflés, avance à pas feutrés jusqu’à la salle de bains. Un cafard qui a bu dans le lavabo remonte en glissant le long du flanc de la vasque et disparaît par-dessus le rebord quand la lumière s’allume. Avec une lame de rasoir, il coupe un des comprimés en deux. Ils font cesser les tremblements pendant un moment. Une heure, deux heures. Et s’ils n’agissent pas contre la dou-leur, ils amollissent le monde de façon intéressante.
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