Le visage de l'amour (Harlequin Prélud')

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Le visage de l'amour, Kathryn Shay

Qui est cette femme dans le miroir ? Depuis son accident de voiture — accident dont elle n'a plus aucun souvenir —, Clare a l'impression d'être une étrangère pour elle-même. Pire, elle ne se reconnaît pas dans le portrait d'elle que lui brosse Jonathan, son fiancé, ni dans la vie qu'il lui propose. Certes, Jonathan semble éperdument épris et l'entoure d'attentions. Mais elle le trouve ambitieux — trop pour elle —, et dédaigneux à l'égard de Brady, l'ami qu'elle chérit depuis de longues années. Clare est troublée : a-t-elle vraiment choisi un homme comme Jonathan pour futur époux ? Elle peine à le croire. Elle éprouve même le pénible sentiment que son « fiancé » l'entraîne malgré elle loin de ce qui pourrait faire son bonheur. Loin de Brady ? Soudain, le doute s'insinue dans le cœur de Clare : est-il possible que Jonathan lui mente sur la véritable nature de leurs relations avant l'accident ? A cette époque, était-elle réellement sur le point de l'épouser... ou bien laissait-elle déjà parler la voix qui, aujourd'hui, la poussait irrésistiblement vers Brady ? Dans ce cas, pourquoi Brady se murait-il dans le silence ?

Publié le : jeudi 1 octobre 2009
Lecture(s) : 14
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280275101
Nombre de pages : 320
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Chapitre 1

Encore la boîte vocale !

L’inquiétude de Jonathan se teinta de colère. Il ne parvenait pas à joindre Clarissa. En cas de problème, il était la première personne à prévenir et, si tout allait bien, elle devait répondre au téléphone, ne serait-ce que pour lui épargner ces frayeurs !

Contrarié, il rempocha son portable, et se redressa en voyant Mitch Anderson, son ami de toujours, se diriger vers sa table. Le cœur plus léger tout à coup, il se leva pour lui serrer la main et lui assener de bonnes claques sur l’épaule. Leur amitié remontait au temps où Mitch et lui faisaient les quatre cents coups ensemble à l’internat. Parfois, Jonathan pensait au garçon insouciant, spontané qu’il était à l’époque, et qu’il redevenait chaque fois qu’il retrouvait Mitch. Ils ne se voyaient pas assez souvent, et c’était une réelle joie de passer avec lui sa dernière soirée à Chicago.

— Alors, comment se passent les négociations avec Délices des Chefs ? demanda Mitch en se laissant tomber dans le fauteuil qui faisait face à celui de Jonathan. Leurs actions sont au top, en ce moment !

Conseil en investissements, Mitch suivait de près le cours de la Bourse.

— Clarissa va sans doute empocher des dividendes, répondit Jonathan.

— Tu fais une bonne affaire, alors ? observa Mitch en goûtant le merlot commandé par son ami. Dans tous les sens du terme !

— Les négociations s’embourbaient, j’ai dû faire venir nos avocats. Cela m’a retenu un jour de plus, mais ils ont fini par signer. C’est un contrat lucratif, à la fois pour la chaîne et pour Clarissa.

— Excuse-moi, mais pourquoi Délices des Chefs s’intéressent-ils autant à elle ?

— Ils sentent comme moi qu’elle ne tardera pas à jouer dans la cour des grands…

Il se pencha en avant et, sur le ton de la confidence, expliqua ses projets avec la chaîne de télé. Lâchant un sifflement admiratif, Mitch leva son verre à sa santé.

— Félicitations ! Tu lui auras vraiment tout donné !

— J’espère seulement que Clarissa ne me laissera pas en plan sur l’aire de décollage.

Mitch éclata de rire, son grand rire bruyant, si inattendu chez un homme aussi sophistiqué.

— Attends, s’exclama-t-il, c’est toi qui dis cela ? Le célibataire le plus séduisant de Rockford ?

Ce titre, décerné par un magazine local, faisait encore rougir Jonathan.

— Je suis amoureux, Mitch. Amoureux fou. Je ne veux personne d’autre.

Mitch cessa aussitôt de rire.

— Je n’avais pas compris que c’était aussi sérieux. Tu n’as plus craqué pour une femme depuis ton divorce.

Jonathan avait été marié pendant six ans à une femme charmante rencontrée au country club. Leurs parents leur reprochaient encore ce divorce, mais Marilyn et lui savaient tous deux qu’une étincelle vitale manquait dans leur relation. Heureusement, ils s’étaient quittés bons amis.

Jamais Jonathan n’avait ressenti pour son ex une parcelle de ce qu’il éprouvait pour Clarissa. Il réprima un soupir en pensant à tout ce dont l’état de santé actuel de la jeune femme les privait. Le corps de Clarissa lui manquait autant que les bons moments passés ensemble, la connivence…

— Jonathan, tu fais la grimace ! Tu crains que Clarissa te quitte, tu as une raison de le redouter ?

Mitch semblait sincèrement inquiet. Jonathan lui expliqua la situation et se sentit encore plus abattu à la fin de son récit.

— Pourquoi n’avais-tu rien dit ? demanda Mitch.

— C’est un cauchemar. Elle m’aimait et maintenant elle ne se souvient même pas de moi. Elle ne se souvient de rien.

Mitch posa son verre et se pencha.

— De rien… et de personne ?

— Pas à sa sortie de l’hôpital ; mais maintenant, qui sait ? Elle vit dans un appartement, dans une vieille maison. Les trois autres copropriétaires étaient des amis très proches d’elle, avant que j’entre dans sa vie.

— Et ensuite ?

— Elle avait pris ses distances par rapport à eux. Elle était même sur le point de déménager pour s’installer avec moi. Puis elle a eu son accident.

— Tu as su ce qui s’est passé ?

Jonathan n’avait jamais menti à Mitch, mais cette fois, il préféra écorner la vérité.

— Elle a pris sa voiture, il pleuvait, elle a dérapé.

La serveuse vint prendre leurs commandes. Dès qu’elle repartit, Jonathan lança :

— Parlons d’autre chose, tu veux ?

— Comme tu voudras.

— Parle-moi de tes gosses.

— Ils me rendent fou, plaisanta Mitch, à quarante ans l’heureux père de deux adolescents. Tu crois vivre un cauchemar mais attends d’avoir des gosses ! Je suis en train d’apprendre à conduire à Nicky !

Le reste de la soirée fut joyeux et, en retrouvant sa chambre d’hôtel, Jonathan pensait au jour où il aurait ses propres enfants — avec Clarissa, bien sûr. Il se voyait déjà montrant fièrement leurs photos à ce bon vieux Mitch. Souriant, il se laissa tomber sur le canapé, sortit son portable et composa le numéro de la jeune femme. Enfin, elle répondit.

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