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Le voyage extraordinaire du roi Anua Motua

De
183 pages
L'océan Pacifique : une immense étendue piquetée d'îles exotiques. Au XIIe siècle, des territoires encore inconnus qui s'offrent aux rêves des chefs de tribus. L'un d'eux, le plus glorieux, le plus brave, Anua Motua, engage son peuple dans une extraordinaire migration, à la découverte d'un espace encore vierge, jusqu'à son ultime destination... Entre terre et ciel, au milieu de la mer, dans des paysages éblouissants de sable et de forêt, le jeune roi guide son peuple, à la rencontre des tribus étrangères : et si les guerres et les famines menacent la paix d'un peuple, le charisme d'un chef, les fêtes d'une tribu unie galvanisent les migrants. Un voyage tribal exaltant, porté par la poésie d'une écriture retraçant avec habileté le parcours d'une figure légendaire.
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Titre
Le voyage
extraordinaire du roi
Anua Motua Titre
Loïc De Kermadec
Le voyage extraordinaire
du roi Anua Motua

Roman



Éditions Le Manuscrit























© Éditions Le Manuscrit, 2006
www.manuscrit.com

ISBN : 2-7481-7906-4 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748179064 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-7907-2 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748179071 (livre numérique) Titre Chapitre 1

CHAPITRE 1
Il était une fois…

Une mer immense, profonde et bleue ; un
ciel géant, sans fond et bleu.

Il était une fois…

Un continent mystérieux, occupant une
surface gigantesque, peuplé d’une foultitude de
petites îles vertes et noires.

Il était une fois…

Le cinquième continent de la planète Terre,
mystérieux, gigantesque, peuplé d’une
foultitude de petites îles vertes et noires, au
milieu de la mer immense, profonde, et bleue,
sous le ciel géant, sans fond et bleu. Toutes ces
îles étaient minuscules sur ce Grand Océan, et
tellement éparpillées qu’il était bien difficile de
les y distinguer. Elles étaient vertes parce
qu’une incroyable végétation les recouvrait.
9
Le voyage extraordinaire du roi Anua Motua
Elles étaient noires parce qu’elles
appartenaient à une grande chaîne de volcan.
Certaines cependant avaient la couleur de la
lumière, elles étaient blanches, parce qu’elles
étaient constituées de la poussière du corail.

Il était une fois…

Un homme. Un homme jeune, beau et fier.
Un chef. Ce chef se nommait Anua Motua. Il
vivait là, sur une île toute verte, sous le chaud
du soleil, les pieds dans l’eau bleue, verte,
lumineuse et chaude de la mer, entre l’ombre
des cocotiers, des bananiers, et le sable de
corail blanc.

En ce temps-là,…

Christophe Colomb n’avait pas découvert
l’Amérique. Magellan n’avait pas encore
découvert cet immense océan bleu qu’il appela
océan pacifique. Roggeween était encore loin
de découvrir l’île de Pâques.

En ce temps-là…

La civilisation occidentale n’avait pas encore
pollué cette population mystérieuse, et toutes
ces îles du Pacifique : les îles Tuamotu, les îles
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Chapitre 1

Marquises, les îles Gambier, les îles sous le
vent…
e eNous étions entre le XII et le XIII siècle.

En ce temps-là…

Personne en Europe ne soupçonnait
l’existence de ce personnage, Anua Motua, ni
de ces jolies îles vertes sur fond bleu.

En ce temps-là…

J’étais encore très jeune. Je fis la
connaissance de cet homme qui s’appelait
Anua Motua, et je l’accompagnais durant sa
longue vie. Il vint d’une contrée lointaine, là-
bas dans les brumes de l’horizon. Il vint d’un
pays que jamais nous ne sûmes situer. Anua
Motua fut l’un de ces personnages à la fois
conquérant et explorateur qui sillonnèrent le
Grand Océan, des îles malaises aux îles Hawaii
et l’île de Pâques.
Je vais te conter ici sa longue histoire, te
livrer ses pensées, celles que j’ai pu connaître,
celles que j’ai pu deviner. Je vais tenter de te
faire découvrir cet homme pour qui j’ai, et
pour qui nous avons, nous son peuple, la plus
grande admiration.

11
Le voyage extraordinaire du roi Anua Motua
Ce chef régnait sur une nombreuse famille.
Il était jeune. Anua rêvait de voyages et
d’aventures. Il vivait avec sa famille dans un
pays qui s’appelait Avahiki. Il avait en ce pays
tout pour être heureux.
Ses guerriers étaient braves et robustes, les
femmes belles comme le jour. Les enfants
jouaient au milieu de leurs éclats de rire dans
l’eau tiède baignant les rivages. Pour tout
vêtement, ils avaient un pagne de feuilles de
bananier ou de palmier. Ils n’avaient pas
besoin de plus, il faisait toujours chaud.

Et pourtant, chaque jour, Anua Motua
venait s’asseoir sur un rocher de lave noire que
la mer faisait luire de son écume d’argent. Là, il
regardait l’océan prodigieux, l’horizon où l’eau
et le ciel se caressaient tendrement. Ses yeux
cherchaient à percer cette ligne pâle qu’il
imaginait pleine de mystères. Là, au bout de
l’océan, au bout de l’horizon, il voyait des
montagnes noires illuminées de neige crever
un ciel étincelant, des plaines hérissées de
forêts luxuriantes peuplées d’animaux
fabuleux, des rivages lumineux tout
empoissonnés de créatures phosphorescentes,
vives et délicieuses.
Alors, il lui prenait des envies de voir plus
loin, d’aller plus loin, de partir. Il désirait
devenir l’oiseau qui vole et franchit les
12
Chapitre 1

distances d’un battement d’aile. Il avait envie
de devenir l’oiseau magique, l’homme-oiseau.

Souvent, trop souvent, il venait sur ce
rocher noir remplir ses yeux de la vastitude
océane et de ses rêves de voyage.

Ses guerriers et sa famille voyaient bien
qu’Anua Motua leur chef changeait, n’était
plus aussi présent. Son regard fuyait souvent
dans le cours d’une conversation vers l’océan
toujours bleu, toujours vaste.
Il oubliait de répondre à une question qu’on
lui faisait, car il était dans son rêve de voyage.

Un jour, n’y tenant plus, son entourage le lui
fit remarquer. Alors il dit :

– Il nous faut partir sur un grand radeau,
trouver une terre plus grande, pour pouvoir
nous développer, agrandir notre famille,
trouver plus de poissons, plus de nourriture.

Puis, il désigna un point sur l’horizon, et il
dit :

– Là, j’ai vu une île plus grande, plus belle,
qui nous attend. Nous irons.
13
Chapitre 2
CHAPITRE 2
Anua Motua réunit ses jeunes guerriers et
les anciens qui possédaient le savoir de leur
tribu. Les anciens avaient recueilli leurs
connaissances de leurs pères, qui eux-mêmes
l’avaient appris de leurs pères. Ainsi se
transmettait toute la sagesse de leur petite
communauté, de père en fils, de bouche de
père à oreilles de fils.

Ils pesèrent le pour et le contre. Certes, leur
île était petite ; certes, leur communauté en
s’agrandissant devait pouvoir trouver de quoi
se nourrir, vivre agréablement. Chacun émit
son opinion.

Les guerriers, jeunes, se joignirent à l’avis de
leur chef Anua Motua, consacré le plus grand
guerrier et le plus valeureux. Il fallait partir.
Ils avaient le désir de la conquête, le désir de
mesurer leur force et leur bravoure dans une
croisade. La proposition d’Anua les enchantait.

15
Le voyage extraordinaire du roi Anua Motua
Les anciens, ils étaient peu nombreux,
écoutèrent les uns et les autres. Plus long à
convaincre, ils mirent en avant les dangers
d’une telle expédition, les risques de trouver
une île occupée par des guerriers plus forts.
Anua Motua répondit que ses guerriers et lui
étaient braves, valeureux et farouches : ils
vaincraient. Les anciens dirent que leurs
ennemis pouvaient être plus nombreux. Anua
Motua rétorqua qu’à la force, ils opposeraient
la ruse et l’intelligence. Alors les anciens
reconnurent en Anua Motua leur grand chef ;
ils reconnurent la bravoure des guerriers ; ils
reconnurent l’intelligence d’Anua Motua. Ils
reconnurent la nécessité de partir pour un
autre pays. Alors pour toutes ces raisons, ils
acceptèrent de partir.

Il fallait construire un navire assez grand
pour transporter toute la tribu : les femmes, les
enfants, les anciens, les guerriers et, Anua
Motua leur chef.

De nouvelles discussions embrasèrent la
communauté. Ils optèrent pour trois navires.
Un grand et deux plus petits feraient l’affaire.
On n’ignorait pas comment les fabriquer,
néanmoins Anua voulait apporter à la tradition
quelques améliorations de son cru. Il voulait
des voiliers robustes à la mesure de son
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Chapitre 2
ambition. Il en traça lui-même les plans, en
discutant pied à pied chaque étape de la
construction avec les artisans.

Chaque navire était constitué de deux
longues coques recourbées en avant et en
arrière. Un pont vaste et plat enjambait les
deux coques. Ils prévirent une étrave pour
briser les lames de poignard de la mer. Une
case semblable à celle qu’ils occupaient sur la
terre ferme serait bâtie sur le pont ; elle devait
être solide et solidement arrimée.
Enfin un mât central placé un peu en avant,
pourvu d’une voile presque rectangulaire
devait pouvoir propulser le radeau. Une
grande godille à l’arrière servirait à le
gouverner. Des rames permettraient de diriger
le navire à l’approche des terres. En fait, il
s’agissait de gigantesques catamarans.

Les matériaux ?
Les coques furent d’abord confectionnées.
Avec des herminettes de pierre, les artisans
taillèrent des planches dans les grands troncs
des palmiers. Quilles et membrures prirent
formes. Puis les planches furent percées sur
leurs bords avec des ciseaux d’os. On assembla
alors la quille et les membrures en les cousant
avec des fils tressés.
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Le voyage extraordinaire du roi Anua Motua
Ces fils étaient réalisés avec la bourre des
noix de coco. Pour assurer l’étanchéité, les
joints furent calfatés avec un mélange de
bourre de coco et de la sève collante de l’arbre
à pain. On utilisa des bambous creux et
résistants pour le pont, l’armature de la case.
Des tresses de feuilles de palmes pour couvrir
plancher et murs de la case. Et des fibres
végétales pour tisser des liens entre tous les
troncs, les bambous, les nattes.
Lorsque les vaisseaux furent prêts, chacun
vint les admirer, en vérifier la robustesse, les
imaginer sur l’océan. Certains doutaient de leur
tenue en mer ; d’autres assuraient mordicus
qu’ils pouvaient résister à un océan déchaîné.
Les enfants grimpèrent sur leur plancher
rugueux ; ils sautaient de tronc en tronc en
criant, tombaient puis se relevaient avant de
tomber de nouveau. Les enfants étaient ravis
de leur nouvelle acquisition.

Les anciens vinrent. Ils hochèrent
gravement de la tête après un examen
minutieux. Les artisans aidés des guerriers
avaient fait un beau travail, digne de leur rang.
Anua avait montré sa sagesse et son savoir.

Les femmes vinrent vérifier le confort, la
propreté des cases. Elles avaient, bien entendu,
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