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Bernard Tellez
Les amants du lac
Roman
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© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9780-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748197808 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9781-X (livre numérique) ISBN 13 : 9782748197815 (livre numérique)
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7 Éditions Le Manuscrit
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Je lève les yeux de mon livre. Par la baie vitrée ouverte sur la forêt, je vois un milan traverser l’espace… L’épervier ralentit son vol, pour tournoyer et décrire des cercles de plus en plus lents, de plus en plus étroits, avant de foncer comme une pierre, sur sa proie… J’ai pu le voir, durant quelques secondes, sur le bord de mon regard… La baie est presque coupée, en deux : elle donne, tantôt, sur le lac, dont les vaguelettes s’essoufflent sur la rive, tantôt sur les arbres de la forêt, des pins sylvestres, des mélèzes, des sapins, dont la masse s’orne, parfois, comme une chevelure ceinte d’une couronne inattendue, d’allées de palmiers, de vergers d’oliviers et de citronniers… C’est le micro-climat du lac de Côme, avec son soleil, sa douceur de vivre, sa flore… Le rapace, dans son vol, maintenait une ligne fixe, continue… Je sentais qu’il n’avait pas de marge d’erreur. Quand il commença à évoluer dans une série de cercles concentriques, avec son plumage foncé, légèrement teinté de vert, aux rémiges, il glissait en vol plané, la « main » de l’aile tenue en dessous de l’horizontale, en inclinant la tête vers
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Les amants du lac
le bas, pour scruter le sol, du regard… Il s’est s’emparé d’un poisson mort, ou à demi, qui flottait sur l’eau verte du miroir du lac, avant de reprendre son envol, de disparaître dans l’atmosphère, vers l’épaisseur des arbres… S’il évoluait selon un dessein préétabli, c’est qu’il avait faim. Si c’était une femelle, peut-être chassait-elle, pour nourrir ses petits ? L’occasion fait le larron, mais on ne peut l’imaginer, ne cherchant rien, ne faisant que passer. Son instinct lui disait, sans doute, qu’il y avait quelque chose à manger, quelque part… Il en a profité… Il n’est pas du genre à batifoler, en faisant n’importe quoi, comme font les papillons qui s’agitent, de haut en bas, de gauche à droite, si légers, issus de l’éphémère de la vie. Quelques flocons tombent sur un tapis de neige blanc, immaculé, c’est un instantané, mais ça dure peu… Si le pétale d’une fleur d’amandier vacille au-dessus du lit d’un torrent, c’est fragile, moins évident encore… J’ai le regret des choses, au moment où elles m’échappent. J’ai beau faire, j’ai toujours le cœur brisé, quand je pense à Georgia… La gamine entra dans ma vie, au cours d’une journée du début du printemps. Si je me souviens de certains détails, c’est à cause du ciel, du pépiement des oiseaux, dans les arbres, de la couleur sombre, rassurante, de l’eau du lac, du
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