Les Amours mortes

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J’avais huit ans quand j’ai fait sa connaissance. C’était pour l’enfant que j’étais une vieille femme, habillée en noir, que je jugeais désagréable. Madame la comtesse, patronne de mon père, prit en charge les frais de mes études. Et puis, je suis revenu sur mon jugement initial. Cet être inaccessible se révèla être une femme, une femme merveilleuse qui marquera ma vie.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748360271
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EAN13 : 9782748360271
Nombre de pages : 76
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Pierre Chocquet
LES AMOURS MORTES
 
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IDDN.FR.010.0115836.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Première partie
Chapitre 1 Javais huit ans quand je la vis pour la première fois. Mon père venait dêtre embauché comme jardinier du châ-teau des Hautes Flammes. Nous venions de Riom, cette petite ville du Puy de Dôme où jétais né, et depuis que nous étions arrivés dans cette magni-fique région du Haut Comtat, quelques mois auparavant, mon père ma mère et moi ne pouvions que nous féliciter de la bien-veillance du destin. Mon père avait répondu à une annonce passée dans La Montagne, et je dois dire que ma vie, comme la leur, avait changé du tout au tout. Le château était situé en pleine campagne à quatre kilomètres de Grillon et une dizaine de Valréas, le chef-lieu de canton. Javais très rapidement fait la connaissance de garçons de mon âge, dont certains nétaient déjà plus des copains, mais des amis. On se lie très facilement à cet âge. Durant les vacances, je nétais que très rarement à la maison (qui dailleurs était celle de lancien gardien, et nétait pas particulièrement confortable, ni spacieuse). Javais trois activités principales. Mon jardin, la pêche dans le Lez, et la chasse. En fait, la chasse consistait es-sentiellement à aller dénicher des nids de geais dans lesquels, au moment où ils étaient « vouloous » (cest-à-dire, prêts à prendre leur envol), nous prenions les oisillons pour leur apprendre à parler. Il paraît que cest possible, mais je nai jamais eu loccasion de le vérifier, car nous nourrissions nos captures avec du pain trempé dans du lait, et par une malchance inouïe, nos
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LES AMOURS MORTES
oiseaux mouraient tous étouffés au bout de deux ou trois jours Je me trouvais un jour dans la grande cour, et dans lencadrement dune fenêtre ouverte, au premier étage, je la vis, très droite, immobile, le regard lointain. Elle me paraissait très grande, mince et assez vieille. Jai su, depuis, quelle avait alors vingt-huit ans, mais pour moi, les femmes qui shabillaient en noir étaient obligatoirement vieilles. Ma mère portait toujours des robes aux couleurs vives parce quelle nétait pas très âgée, alors que ma grand-mère était invariablement en noir. Lorsquelle abaissa ses yeux sur moi, je levais timidement la main pour dire bonjour, et elle ne me répondit pas. Jen ai con-clu quelle nétait pas polie, et, pour moi, ce jugement resta collé à madame de Lignac durant des années. Ce soir-là, mon père me dit que je ne devais pas aller dans la grande cour. « Ce nest pas ta place », me dit-il. Cette vieille femme non seulement nétait pas polie, mais cétait une rapporteuse. Mon opinion à son sujet était arrêtée, et je navais pas à mattarder sur cette personne peu intéressante. En revanche, quavait voulu dire mon père en me disant que dans la grande cour, je nétais pas à ma place ? Dans mon esprit denfant, ce sont les objets qui avaient une place. On mettait les assiettes dans un buffet, un lit dans une chambre, et évidem-ment, les assiettes nétaient pas à leur place dans les W-C, ni le lit dans la cuisine. Mais moi ? Pourquoi ne pouvais-je aller jouer dans la grande cour ? Par la suite, et durant des années, je neus aucun contact di-rect avec celle que mon père appelait la patronne. De temps en temps, je la voyais lorsquelle allait se promener avec son chien, un yorkshire, dans le petit bois truffier, derrière la maison de gardien que nous occupions, mais même lorsque nous nous croisions, je me gardais bien de la saluer, ce dont elle ne soffusquait pas, son regard passait sur moi sans me voir.
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