Les Aventures de Jack Aubrey T2 (N.ed.)

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Deuxième volet des aventures de Jack Aubrey et de Stephen Maturin.








Jack Aubrey, devenu un personnage important dans la hiérarchie de la Royal Navy, est chargé de se rendre à Botany Bay (dans l'actuelle Australie) pour régler le problème délicat posé par le célèbre capitaine Bligh qui, après avoir provoqué une première mutinerie sur la Bounty, est maintenant responsable d'une révolte des colons britanniques. Mais, avant de toucher les antipodes, il lui faut affronter une épidémie de typhus, puis, au large du cap de Bonne-Espérance, combattre un énorme bâtiment hollandais qui l'oblige à descendre très au sud et à faire relâche aux Kerguelen, l'île de la Désolation. Dans le cadre du Blocus imposé par l'Angleterre à la France napoléonienne, et de la guerre l'opposant aux Etats-Unis qui veulent continuer de commercer avec la France, les aventures du capitaine Aubrey et du docteur Stephen Maturin, chirurgien, ornithologue et agent secret de Sa Très Gracieuse Majesté se poursuivent ici du Pacifique à la Baltique, des côtes de Nouvelle-Angleterre aux rivages méditerranéens.
Un dossier historique de Dominique Le Brun et des cartes complètent ce second volume de la grande suite romanesque de Patrick O'Brian (1914-2000).







Préface de Dominique Le Brun



Cartes de François Le Guern





L'Ile de la Désolation



Fortune de guerre



La Citadelle de la Baltique



Missien en mer Ionienne






Publié le : jeudi 20 novembre 2014
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EAN13 : 9782258108264
Nombre de pages : 1250
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couverture
Patrick O’Brian

Les aventures
de Jack Aubrey
**

L’Ile de la Désolation
Fortune de guerre
La Citadelle de la Baltique
Mission en mer Ionienne

Présentation de Dominique Le Brun

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CARTES

Le grand périple de Jack Aubrey et Stephen Maturin

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Kerguelen, dite île de la Désolation

Kerguelen, dite île de la Désolation

Les parages de Boston

Les parages de Boston

Fortune de guerre

Les parages de  (n.b. : Patrick O’Brian ne la situe pas.)

Les parages de La Citadelle de la Baltique

(n.b. : Patrick O’Brian ne la situe pas.)

Le naufrage de l’  ( ) n.b. : les lieux mentionnés en italique ont été inventés par Patrick O’Brian.

Le naufrage de l’Ariel (La Citadelle de la Baltique)

n.b. : les lieux mentionnés en italique ont été inventés par Patrick O’Brian.

Le périple méditerranéen ( ) (n.b. :   désigne le site de La Goulette, près de Tunis.)

Le périple méditerranéen (Mission en mer Ionienne)

(n.b. : Medina désigne le site de La Goulette, près de Tunis.)

Les îles Ioniennes

NAVIRES DE GUERRE ET NAVIGATION AU TEMPS DE JACK AUBREY

par Dominique Le Brun

Repères chronologiques

En 1815, quand la défaite de Waterloo fait de Napoléon Ier un proscrit, deux possibilités s’offrent à lui. S’enfuir pour les Etats-Unis à bord d’un petit navire qui saurait échapper au blocus de la Royal Navy ; ou bien se livrer à l’amiral commandant cette flotte. Parmi ses proches, plusieurs insistent : « Ne vous rendez pas aux Anglais, majesté, car ils vous haïssent ! Ils vous doivent, pour la première fois de leur histoire, vingt ans de défaites militaires et la mise à mal de leur commerce. »

Pour ces motifs et comme tous les militaires britanniques, le capitaine Jack Aubrey déteste Napoléon. Stephen Maturin a, quant à lui, d’autres raisons de haïr l’empereur : celles d’un démocrate convaincu qui ne supporte pas la chape de plomb sous laquelle Buonaparte le liberticide a écrasé l’Europe. N’oublions pas que le chirurgien de marine-espion possède la double origine irlandaise et catalane. A ce titre, il prône en toute connaissance de cause la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, philosophie qui exacerbe d’autant plus son ressentiment. Ajoutons au passage que la deuxième Guerre d’Indépendance (1812-1814) entre l’Angleterre et les Etats-Unis tourmente sa conscience dans la mesure où ces derniers mènent une guerre juste contre le comportement ignoble du gouvernement auquel il a proposé ses services.

Les quatre romans réunis dans ce volume ont pour toile de fond les guerres napoléoniennes et une de leurs conséquences : le deuxième conflit anglo-américain. De quoi retourne-t-il ?

1792-1798

Développement d’une coalition des Etats européens contre les gouvernements révolutionnaires français. Après l’exécution de Louis XVI en janvier 1793, la Prusse, l’Autriche, l’Angleterre, l’Espagne, la Hollande, la Sardaigne, le Portugal, les Etats pontificaux, le royaume de Naples s’unissent contre la République. Mais les victoires des armées révolutionnaires font qu’en 1797 seule l’Angleterre est toujours en lutte.

Parmi les succès évoqués ci-dessus figurent les exploits d’un certain Bonaparte, qui a mené une campagne victorieuse en Italie (1796-97). En 1798, ce même Bonaparte conduit une expédition en Egypte dans le but d’affaiblir la puissance anglaise en Méditerranée orientale. La France est vainqueur sur terre, mais sa flotte est défaite à Aboukir, détruite par le fameux Nelson.

1799-1804

En 1799, Bonaparte rentré d’Egypte réussit le coup d’Etat dit du 18 brumaire). D’abord premier consul, puis consul à vie (1802), Bonaparte finira par s’autoproclamer empereur Napoléon Ier en 1804.

Entre 1799 et 1802, une seconde coalition européenne se dresse contre la République française, réunissant l’Angleterre, la Russie, l’Autriche, la Turquie, le royaume de Naples et la Suède. Bonaparte conduit une seconde campagne d’Italie demeurée célèbre par le franchissement du col du Grand-Saint-Bernard et la victoire de Marengo. Une nouvelle série de victoires militaires françaises aboutit avec l’Angleterre à la signature de la Paix d’Amiens (25 mars 1802). Ce traité est particulièrement humiliant pour l’Angleterre, qui doit restituer l’ensemble de ses colonies à la France.

C’est en 1800 que Stephen Maturin, en sa qualité d’Irlandais, souffre de l’Acte d’Union par lequel l’Irlande se trouve intégrée à l’Angleterre.

1804-1812

Après avoir rompu la Paix d’Amiens en 1803, l’Angleterre forme en 1805 avec l’Autriche et la Russie une troisième coalition contre la France, incluant également Naples et la Suède. La grande victoire sur terre d’Austerlitz ne suffit pas à effacer le désastre sur mer de Trafalgar (21 octobre 1805). Ne disposant plus de flotte de guerre, la France ne peut s’opposer au blocus des côtes imposé par la Royal Navy à tous les ports européens situés entre Brest et Hambourg, à partir de 1806. Napoléon réagit en interdisant toute relation avec les îles Britanniques. Dans les années qui suivent, chacun des deux belligérants aggrave ses mesures : tout commerce international devient pratiquement impossible pour les pays d’Europe.

En 1806 : Formation d’une quatrième coalition réunissant cette fois la Prusse, la Russie, l’Angleterre. Les victoires françaises d’Iéna et d’Eylau la désagrègent. En 1808, la cinquième coalition ne réunit plus que l’Autriche et l’Angleterre ; elle est défaite par la victoire de Wagram.

1812 : Une sixième coalition réunit la Russie, l’Angleterre, la Suède contre Napoléon et ses alliés du moment : l’Autriche et la Prusse. La campagne de Russie tourne au désastre.

1812-1814 : La guerre anglo-américaine

Depuis leur indépendance acquise en 1783 (Traité de Versailles), les Etats-Unis d’Amérique se sont imposés comme une nouvelle grande puissance économique. Du point de vue politique, ils restent neutres, et c’est pour sauvegarder leur neutralité par rapport aux guerres napoléoniennes que les Etats-Unis se trouvent contraints d’entrer en guerre contre l’Angleterre en 1812. Dans le cadre du Blocus, cette dernière prétend en effet leur interdire de commercer avec la France, tandis que des navires de guerre anglais arraisonnent des navires de commerce américains afin d’enrôler de force leurs équipages, devenus indispensables à une Royal Navy exsangue. Pendant les deux années de ce conflit qui demeurera strictement maritime, l’Angleterre subit défaite sur défaite. Ces défaites ne sont pas seulement dues au fait que les premiers bâtiments de guerre construits en Amérique surclassent les Anglais (la frégate Constitution étant le plus célèbre de ces navires). Les Américains mènent aussi une redoutable guerre de course à bord de goélettes ultra-rapides, qui viennent s’emparer de navires anglais jusque dans la Manche ! En définitive, le Traité de Gand, fin décembre 1814, met fin au conflit.

1813-1815

En 1813, une coalition générale regroupe l’Europe entière contre Napoléon. Cette fois, la France est envahie, et l’empereur abdique (6 avril 1814, à Fontainebleau). Louis XVIII prend le pouvoir et relègue Napoléon sur l’île d’Elbe. Cette première restauration dure jusqu’en 1815, quand Napoléon quitte l’île d’Elbe.

En mars 1815, Napoléon débarqué à Golfe-Juan atteint Paris et Louis XVIII se refugie à Gand. Commencent les fameux Cent jours, du 20 mars 1815 au 22 juin 1815. Le 18 juin, Napoléon est vaincu à Waterloo. Le 22, il abdique. Le 8 juillet, Louis XVIII revient au pouvoir. Le 15 juillet, Napoléon qui se sait physiquement menacé par Louis XVIII et les Alliés se confie à la flotte anglaise mouillée devant l’île d’Aix où il s’est réfugié.

Suit bientôt l’exil définitif sur Sainte-Hélène, petite île solitaire située en plein Atlantique Sud, à la latitude de l’Angola.

La Royal Navy

En 1800, date à laquelle Patrick O’Brian fixe le début des aventures du lieutenant de vaisseau Jack Aubrey, la marine de guerre britannique apparaît comme un univers bien étrange, toujours effrayant et cruel, souvent absurde.

Le sinistre sort des matelots

Evoquer la vie inhumaine des équipages relève du lieu commun : chacun a entendu parler du fouet dit « chat à neuf queues », sorte de martinet aux lanières garnies de nœuds et éventuellement de plomb quand elles n’étaient pas terminées par des griffes, par lequel on punissait les coupables de fautes même bénignes. Pourtant aucune description, fût-elle la plus approfondie, ne suffira jamais à donner une image compréhensible de la vie quotidienne à bord d’un vaisseau de guerre. Mais quelques détails peuvent en donner une petite idée. Il suffit de savoir que la largeur de l’espace attribué à chaque homme pour dormir se compte en pouces : impossible de ne pas toucher son voisin ! Par ailleurs, le sommeil ne peut jamais, dans le meilleur des cas, excéder 4 heures d’affilée. A peine éveillé (au son du tambour) le matelot doit, en quatrième vitesse s’il veut éviter les coups, défaire son hamac, le plier, et courir le ranger dans les filets de bastingage. Profitons-en pour signaler que ce terme très exotique n’a jamais désigné une rambarde ou une main-courante ainsi qu’on le voit souvent écrit, mais un système de coffrage dans lequel on empilait ces hamacs afin de dresser un pavois autour du navire.

Le matelot ne dispose d’aucun espace personnel. D’ailleurs, il est logé dans la batterie, avec les canons... C’est là encore qu’il se nourrit de vivres infâmes : salaisons souvent avariées et biscuit de mer qu’il faut impérativement taper sur ce qui fait office de table avant de le porter à la bouche, afin d’en faire sortir les charançons qui y ont élu domicile... Ajoutons, mais c’est encore une évidence, que les matelots sont en permanence mouilllés et exposés au froid. Sans la ration de grog servie une fois par jour (une pinte d’alcool allongé d’eau) ainsi que le tabac, sans doute flancheraient-ils... En réalité, ils flanchent ! On estime que sur le nombre total de décès à bord des navires de guerre, dix pour cent seulement survenaient au cours de combats. Maladies, chutes et accidents divers faisaient les quatre-vingt-dix autres !

Et qui sont-ils, ces matelots ? Très rarement des volontaires. Certains, au jour de leur embarquement, n’ont jamais vu un navire. Ils ont été victimes d’un enrôlement forcé, ce qu’on appelait la presse. Et on découvre là le stupéfiant fonctionnement de la Royal Navy. Ainsi, quand un bâtiment de guerre part en campagne, il est rare qu’il dispose d’un équipage complet. A son capitaine de se débrouiller. Etonnant ? Le problème est qu’au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, l’Angleterre connaît une suite ininterrompue de guerres, et se trouve constamment en manque de « chair à canon ».

Ce qui explique pourquoi, à bord des navires de guerre, on trouve des enfants. Des mousses d’une part : ils n’ont parfois pas 10 ans, mais participent aux combats. Ce sont eux qui font la navette entre les canons et la sainte-barbe comme on appelle le compartiment où sont entreposées les réserves de poudre du navire. Il y a d’autre part les aspirants, guère plus âgés que les mousses pour certains. Ces « jeunes messieurs » comme on les appelle sont des fils de familles bourgeoises ou nobles, généralement embarqués sur recommandation pour apprendre le métier. On les voit donc aussi bien manœuvrer dans la mâture et faire des épissures sous la direction des maîtres d’équipage, que s’initier aux arcanes de la trigonométrie sous la férule du capitaine lui-même. L’étonnant reste que ces enfants ont le statut d’officier, et possèdent à ce titre des pouvoirs exorbitants sur les matelots.

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