Les cages humaines

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Lian vit à Hong-Kong avec son ami Fushi et il fait un ennuyeux travail de sollicitation téléphonique. Pour se détendre, il se rend souvent au Revolving Café où il est si obsédé par des strip-teaseuses électroniques qu’il se demande si elles ne sont pas réelles. Mais cette obsession est bientôt remplacée par une autre quand il rencontre Mei, dans un bordel, une jolie blonde qui sent la fleur de prunier et qui danse pour les clients. Lian développe aussi une passion pour les oiseaux quand, après avoir perdu de l’argent à l’hippodrome, il se rend au marché aux oiseaux de la rue Yuen Po pour y dénicher le spécimen qui lui apportera chance et fortune. Là, il fait la rencontre de Mianzi, un marchand d’oiseaux engagé dans un étonnant rituel de destruction avec qui il a un face-à-face aux conséquences imprévisibles. Le marché aux oiseaux n’est pas le seul lieu fascinant de ce roman où l’île de Hong-Kong est très présente. À la suite des personnages, on découvre le trou à rats qu’a loué un médecin canadien pour qui Mei danse, on entre dans un bar de chiens et de chiennes sacrés, on traverse le Victoria Park, où des personnes âgées dansent sur du disco, on s’égare dans l’inquiétant district de Mong Kok, sillonné par les triades, une puissante organisation criminelle, on admire les grandes tortues vertes de l’île de Lamma, etc. Pour tout dire, on est subjugué tout autant par les lieux que par les personnages et l’on est troublé par l’univers singulier que nous propose Émilie Andrewes.
Publié le : jeudi 28 octobre 2010
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782892616279
Nombre de pages : 198
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Émilie Andrewes
Les cages humaines
roman
Romanichels
Extrait de la publication
La collection ROMANICHELS est dirigée par Josée Bonneville.
Extrait de la publication
Les cages humaines
de la même auteure
Les mouches pauvres d’Ésope, Montréal, Les Éditions XYZ, coll. « Romanichels », 2004. Eldon d’or, Montréal, Les Éditions XYZ, coll. « Romanichels », 2006.
Émilie Andrewes
Les cages humaines roman
éditeur
Extrait de la publication
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada Andrewes, Émilie, 1982-Les cages humaines : roman (Romanichels) ISBN 978-2-89261-594-4 I. Titre. II. Collection : Romanichels. PS8601.N45C33 2010 C843’.6 C2010-941924-3 PS9601.N45C33 2010
La publication de cet ouvrage a été rendue possible grâce à l’aide financière du ministère du Patrimoine canadien par l’entremise du Programme d’aide au développement de l’industrie de l’édition (PADIÉ), du Conseil des Arts du Canada (CAC) et du ministère de la Culture et des Communications du Québec (MCCQ) par l’entremise de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC).
L’auteure remercie le Conseil des arts et des lettres du Québec pour son soutien à l’écriture de ce livre.
Conception typographique et montage : Édiscript enr. Maquette de la couverture : Zirval Design Photographie de la couverture : © Simon Marcus/Corbis Photographie de l’auteure : Martine Doyon Calligraphie originale : Pei Yuan Han
Copyright © 2010, Émilie Andrewes Copyright © 2010, Les Éditions XYZ inc.
ISBN 978-2-89261-594-4
e Dépôt légal : 4 trimestre 2010 Bibliothèque et Archives Canada Bibliothèque et Archives nationales du Québec
Diffusion/distribution au Canada : Distribution HMH 1815, avenue De Lorimier Montréal (Québec) H2K 3W6 Téléphone : 514 523-1523 Télécopieur : 514 523-9969 www.distributionhmh.com
Diffusion/distribution en Europe : DNM-Distribution du Nouveau Monde 30, rue Gay-Lussac 75005 Paris, France Téléphone : 01.43.54.49.02 Télécopieur : 01.43.54.39.15 www.librairieduquebec.fr
Imprimé au Canada
www.editionsxyz.com
Ça va devenir de plus en plus diffi-cile pour nous, oiseaux du paradis. Reiner Werner Fassbinder
La faculté de voler est apparue indépendamment plusieurs fois au cours de l’évolution. […] Cette faculté est passible de réapparaître au hasard des accidents, dans les cendres refroidies.
Hubert Reeves, Oiseaux, merveilleux oiseaux
1
Lian n’a pas assez de sous pour amener la fille à se dévêtir entièrement. Dans sa robe, elle est aux prises avec ses doutes. Enlève, enlève pas. Son regard louche vers le verre de bière de Bao Lian. Quel sourire modèle il a, ce garçon. Aujourd’hui encore, la fille sans âge a les mêmes gestes : sa main glisse vers sa culotte, en tire l’élastique, et son index fait non. Lian pose ses lèvres chaudes sur son verre de bière. Une mèche de cheveux lui tombe sur le nez. Il souffle dessus pour ne pas rater une seconde du spec-tacle. En serrant ses dents blanches sur le verre, il attend. Il ne quitte pas la jeune femme des yeux. À Causeway Bay, sur l’île de Hong-Kong, dans la section privée du Revolving Café, il semble bien qu’il n’y ait que des filles des îles. Lian est dans le huitième cubicule, et les néons qui éclairent la fille sont bleu de mer. Le décor surréaliste derrière elle représente la tour Eiffel sur le Victoria Peak, sous un couvert de feux d’artifice et de feuilles de palmiers. Tout ça a un air de vacances. Quand la fille apparaît, le jeune homme sent l’avion décoller. Il voudrait partir avec elle. L’emmener loin d’ici. Il souhaiterait vivre une vraie belle histoire d’amour. Lian approche une dernière fois son visage du ventre parfait de la fille, puis de son visage pâle couvert de poudre, des deux traits noirs de ses yeux,
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les cages humaines
de la bouche en cœur qui semble dire à peu près tout ce qu’on pourrait imaginer de pire. La musique s’arrête, c’est toujours comme si on lui arrachait son sérum. Dans un soupir, il prend sa bière. Il sait que la fille va alors lui tour-ner le dos et ramasser ses vêtements en soulevant les fesses, pendant que vont défiler au milieu de l’écran, juste sous la rondeur de ses hanches, des carrés jaunes où il sera écrit : «Put more. I need more money, baby. Good bye.» Lian se frotte les yeux en riant un peu. Il est fou de cette fille. Avec plus de pièces, elle aurait peut-être enlevé son sous-vêtement, peut-être qu’elle aurait aimé ça. Peut-être qu’elle aurait libéré une odeur d’encens si forte que Lian l’aurait perçue à travers l’écran. Il voudrait tant qu’elle enlève ce petit morceau de pixel vert autour de ses han-ches. Il voudrait tant sentir cette odeur de bois de santal dont tout le monde parle. Mais il faut plus d’argent. Et beaucoup de chance. C’est toujours la même histoire dans ce café à Hong-Kong. Mais ce ne sont pas toujours les mêmes personnes.
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