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Les chroniques d'Oey

De
95 pages
La morphologie de la planète Oey ressemble à celle de l’œil. La vie qui s’y développe, toute entière au service de la vue et servie par la vue, est révélée à un terrien aveugle auquel un sage oeyen choisit de communiquer ses messages interplanétaires. La transcription de ces informations sur les coutumes, les légendes, les croyances, l’Histoire, les mœurs politiques ou l’art de cette planète révèle le jeu inventif d’un vocabulaire oeyen.
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www.manuscrit.com
contact@manuscrit.comLeschroniquesd’Oey© manuscrit.com, 2001
ISBN: 2-7481-0721-7 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-0720-9 (pour le livre imprimé)Anne-MarieLeNgoc-Hue
Leschroniquesd’Oey
Affabulation
JOURNAL/CARNET (FICTION)Prologue
Leschroniquesd’Oeyregroupentunensemblede
faits arrangés pour tisser la trame d’un ouvrage d’ima-
gination, qui se définit comme une affabulation. Il ne
s’agit donc ni d’un récit réaliste, ni d’une fiction ro-
manesque, ni même d’un roman. L’affabulation per-
metdelaisserlibrecoursàl’inventioncapabledeplaire
àl’enfantquisubsisteentoutadulte,etautorisel’usage
de la connaissance et de l’observation qui ont mûri les
années. Elle appartient au domaine de l’illusion qui
neveutpass’affublerdusérieux,docteetsévèrelinceul
qui enterre le rêve. Elle se complait dans le décalage
del’ailleurs,elles’autorisequelquesdérapagescontrô-
lés,ets’évertueàdésobéirauxsacro-saintesrègles. Elle
ne se met pas la bride sur le cou pour subir les ordres
de quelque cavalier invisible. Elle aligne les mots de ce
qu’elle a à dire et vogue la galère !
L’auteurdeschroniquessigneSkopein. Aufildu
tempsilaccumuledesnotesgrâceauxquellesillivreune
véritable oeyoscopie. Il regrette parfois de ne pouvoir
changerquelquesélémentsquisuscitentsadésapproba-
tion,maisiln’estnidanssanature,nidanssafonction
de s’investir dans l’action. Il lui faut conserver intactes
ses objectives qualités d’observateur et éviter l’effrite-
ment d’une part de lucidité dans l’acte d’engagement.
La visionpurefonde son idéalprofessionnel.
7Les chroniques d’Oey
Skopein appartient à la race des chroniqueurs
toujours à l’affût des bruits de sa planète. A l’aide des
mots il leur bâtit une réalité palpable.
Quisansceschroniquesimagineraitl’existencede
tels faits ?
Quelnatifd’Oeypourraitpercevoircombientra-
ditionsethabitudesontmodelél’innéitéapparente?
Skopein se fie à son aptitude d’étonnement pour
segarantirune vuelibreetintacte. Ceschroniquesre-
latentlesévénementsmajeursd’uneplanètequ’ilserait
bonpournous,terriens,degarderenlignedemire.
Oeyestuneplanèteparticulière,commedureste
chaque planète de l’univers. Il n’en existe pas deux
identiques,carleplusextraordinaireconstat,quenous
imposelavie,tientdanslamultiplicitédel’unique. Oey
présente donc une belle originalité, mais nous éclaire
sur le second constat que nous impose la vie : les inté-
ressantesressemblancesdechaqueentitéaveclesautres.
Rien n’est identique, mais tout se ressemble. Ainsi les
comportementslesplusétrangespeuventévoquerlesat-
titudeslespluscommunes,etlesaléasdel’existencesur
Oey ont l’implacable logique du destin.
Cependanttoutrapprochementaveclesconduites
quotidiennes terrestres serait fortuit et l’allusion non
fondée.
8LARENCONTREDEFULBERT
Ce jour-là, sans espoir particulier, Fulbert
l’aveugle partit promener son bâton blanc sur le
chemin de ses randonnées habituelles. La fraîcheur
matinale le ravigotait et le cliquetis de sa canne contre
les cailloux enchantait son oreille. Il s’abandonnait au
gré de sa confiance coutumière. Chaque bosse, chaque
nid de poule ou tissage de racines sur le terrain lui
offrait des signes de reconnaissance.
Parfoisunpashâtifledépassait,accompagnéd’un
salut amical à la voix identifiable. Mais les marcheurs
pressés par leurs activités ne s’arrêtaient que rarement
pour un brin de conversation.
Il ne se plaignait pas de la solitude, accompagna-
trice silencieuse qui ne trahit jamais. Au contraire,
grâceàelleilavaitapprisàpenser,àapprofondirsaré-
flexion. Elle n’engendrait en lui aucune mélancolie et
parfoisluiprocuraitmêmeuneréellegaieté.
Ce matin-là, Fulbert se sentait au mieux de sa
forme, comblé par une multitude de sensations, d’im-
pressions, d’odeurs, de sonorités. Il ne se sentait pas
aveugle. Lemondeétaitbeau,lavieétaitbelle,ilnelui
manquait rien.
C’estalorsqu’unevoixétrange,àl’accentindéfi-
nissable, placée justeen face, lui demanda
- Où allez-vous ?
- Bonjour. Qui êtes-vous ?
-Skopein. Jenesuispasd’ici. Oùallez-vous?
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