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Les DEMONS DES SUDS

De
230 pages
On déteste le pharmacien de la place. Il s’est trompé de dosage… On respecte la vieille dame riche, autoritaire, et l’on pleure sa disparition. L’accent marseillais de Ange, le facteur pas très malin, pas très courageux, pas très honnête, porte à rire. Quant à Maeva, la belle Tahitienne, tous les hommes aimeraient la rencontrer. Quoique… Ange et Maeva, les « démons des suds », nous confrontent aux difficultés d’adaptation de ceux qui sont loin de leurs racines, et nous font partager leur quotidien dans la bourgade bourgeoise des bords de la Marne de Vignet. Puis nous les suivrons en Polynésie, à Tahiti et à Moorea, pendant les fêtes du Heiva à Papeete... le paradis sur terre où les démons se retrouveront en enfer.
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Le Manuscrit www.manuscrit.com
© Éditions Le Manuscrit, 2004 20, rue des Petits Champs 75002 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com ISBN : 2-7481-4473-2 (fichier numérique) ISBN : 2-7481-4472-4 (livre imprimé)
Bien mal acquis ne profite jamais…
P A T R I C K L E L O A R E R
 Parvenant du clocher, juste sous l’horloge qui indique dix heures vingt, un tintement de cloche perce le silence régnant sur le parvis de l’église Sainte Anne. Note homophone, son lugubre qui résonne dans les têtes à un rythme lent et régulier, message de tristesse qui fait gonfler les poitrines, emballer les cœurs, couler les larmes.  Le glas annonce la mort de La Veuve Pichard, et plane sur le cercueil de chêne recouvert de quelques roses rouges, cercueil porté par quatre colosses de gris vêtus, débordant de dignité, qui pénètrent à pas lents dans l’église, après en avoir gravi la dizaine de marches de pierre. Une foule silencieuse et respectueuse attend depuis de longues minutes sous une pluie printanière. Les parapluies sont déployés. C’est déconcertant un parapluie. Ce n’est que rarement étudié pour un enterrement, et pourtant !... Il pleut souvent ces jours-là. Accessoire utile, il suit la mode. Certains de ceux qui sont ouverts aujourd’hui arborent des publicités aux slogans déplacés dans le solennel du moment, quant aux couleurs, elles jurent dans cette masse sombre. Pantalons noirs, pulls noirs, tailleurs noirs, foulards noirs. Mais parapluies bigarrés, polychromes, vivants.  Puis chacun emboîte le pas à celle qui, après une messe émouvante, ira retrouver son mari qui l’attend depuis quelques années au cimetière de la bourgade. Cercueil, croque-morts, famille et relations forment un
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L E S D E M O N S D E S S U D S
cortège ténébreux, gagnant à son tour l’intimité de la maison de Dieu.  Ils sont nombreux ceux qui sont venus rendre un dernier hommage à Madame Germaine, cette retraitée toujours tirée à quatre épingles, enfant du pays, femme autoritaire mais juste, et qui possédait à une époque, avant le décès de son mari, un gigantesque domaine. Il est à penser que si elle n’avait été qu’une simple citoyenne sans le sou, elle aurait déplacé moins de monde. Elle vivait jusqu’à sa mort dans une splendide maison de famille, située à un petit kilomètre du cimetière et du caveau – de famille lui aussi – qui allait l’héberger définitivement.  Il y a là ses amis, les vrais comme ceux de circonstance, des voisins, dont certains qu’elle ne connaissait qu’à peine, ses filles évidemment, accompagnées de leur mari et enfants, mais aussi le Maire, qui en profite pour serrer des mains et prépare déjà sa réélection, son médecin, qui la suivait depuis tellement longtemps…et qui la suit encore aujourd’hui, mais pour la toute dernière fois. Quelques commerçants ont tenu à être présents. C’est lundi. Beaucoup d’entre eux sont fermés le lundi. Alors ils ne risquent pas de perdre de chiffre d’affaire…Tous se sont agglutinés au pied des marches, de la considération plein la tête, de la courtoisie plein les mains, de l’affection plein le cœur, et pour certains même, de la tristesse plein les yeux. Ils se sont salués avec estime et pudeur, comme s’ils appartenaient à une même grande famille touchée par le malheur, un malheur auquel personne ne s’attendait, tant Germaine Pichard semblait en bonne forme. Jusqu’à ce matin où son voisin, accompagné des pompiers qu’il avait alertés, ainsi que de son médecin
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