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Les Deux Héritiers

De
346 pages

Pierre-Henri de Montalroc et Julien Lebrun sont deux amis d’enfance. L’un est héritier de la fortune de ses parents, l’autre hérite de l’amour des siens.
Louise-Marie Varuellles, également amie d’enfance, est la source de la rivalité qui va naître entre les deux garçons.
Le sort confirmera-t-il l’avenir auquel tous trois étaient destinés ?


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175, boulevard Anatole France – 93200 Saint-Denis

Tél. : 01 41 62 14 40 – Fax : 01 41 62 14 50

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Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction,

intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-78910-5

 

© Edilivre, 2014

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La France des Mous

Y’a qu’à, Faut qu’on

Rendre les armes au Peuple

VerticaCity *

VerticaCity **

Nom de code : Totem

Dix propositions pour la France

La Vétax, histoire d’une PME

Le Capitaine de pédalo

OOO

www.mlevert-ecrivain.fr

mlevert.ecrivain@orange.fr

OOO

Chapitre 1

Jean-Charles de Montalroc se dirige lentement vers sa femme et lui tend un verre de Brandy :

– À votre santé, ma chère, lui dit-il un large sourire aux lèvres.

Le feu crépite dans la cheminée et répand une douce chaleur dans ce coin du salon que les deux époux occupent chaque soir avec plaisir. Les rideaux ne sont pas encore tirés et l’on distingue, au loin, les pentes aux neiges éternelles du superbe massif montagneux qui fait face à leur luxueux chalet de vacances.

– À la vôtre, lui répond-elle avec le même sourire de connivence. Jean-Charles est le tendre époux dont elle partage la complicité depuis les lointaines années de leur union, lorsque leur mariage a associé sa position sociale à la fortune de M. de Montalroc. Fille de bourgeois notables, Elisabeth Norpoix avait toujours rêvé de cette alliance qui, aujourd’hui, ne laisse pas de la combler sans retenue.

Tous deux sont lovés chacun sur son canapé habituel, même si Elisabeth aimerait qu’il vienne partager le sien.

– Trinquons, dit-il en s’approchant car il a deviné les pensées de sa femme aux grands yeux aussi noirs que ses longs cheveux lui couvrant la naissance des épaules.

Les verres se choquent et le Brandy coule lentement dans la gorge des deux époux qui, maintenant l’un contre l’autre, se regardent droit dans les yeux où ils trouvent les preuves de leur constant amour réciproque.

Mais ce doux moment de connivence ne dure qu’un instant. Jean-Charles est de mauvaise humeur. Réintégrant son sofa, il déplore, désabusé :

– Ce climat est devenu malsain.

– Nous sommes en montagne, répond Elisabeth, il est normal qu’il fasse un peu frisquet. Vous n’en souffrirez plus lorsque nous serons de retour chez nous.

– Je ne parle pas du temps, je parle des nouvelles.

– Bah ! Les socialistes ont gagné. Et alors ?

– Et alors ? Alors, le peuple vient de décider de s’offrir cinq ans d’ultra socialisme. C’est une situation entièrement nouvelle à ma connaissance. Cela ne s’était jamais produit dans le passé récent de notre patrie.

– N’exagérez pas. Il ne s’agit que d’une simple péripétie dans notre histoire. La République a besoin d’alternance politique pour mieux évoluer.

– Vous rendez-vous compte, Elisabeth, que le PS détient maintenant les Conseils Municipaux de presque toutes les grandes métropoles, la quasi totalité des Conseils Généraux, ainsi que des Conseils Régionaux, le Sénat, le Conseil Economique Social et Environnemental, le Gouvernement, la Présidence de la République, la plupart des médias, toutes les chaînes de « Gauche Télévisions », tous les syndicats, la Cour des Comptes, un syndicat de la Magistrature, les fonctionnaires et, en général, le Personnel des Services publics. En un mot, tous les corps constitués et l’essentiel des partenaires sociaux, lesquels d’ailleurs n’ont plus désormais de partenaires que le nom.

– Oui, en effet, cela fait beaucoup.

– Et le Parti Socialiste détient également la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Comme dit l’adage « la continuité dans l’absurdité tient lieu d’esprit de suite » : après avoir choisi leur Président, les Français lui ont donné tous les leviers de commande dont il a besoin pour réaliser son programme.

Quittant son canapé et rejoignant son mari sur le sien, Elisabeth clame avec humour :

– Vive l’ultra socialisme !

Ce à quoi Jean-Charles répond sur le ton de la dérision :

– J’ai récemment lu dans la presse : « La sagesse populaire s’exprime par le vote majoritaire du suffrage universel. » Mais sachez qu’on pouvait lire sur les murs de Mai 68 à Paris : « Mangez de la merde sans crainte car un million de mouches ne peuvent pas se tromper ».

Tous deux vident leur verre mais Jean-Charles, contrit, se lamente avec dérision :

– L’ultra socialisme s’est donné pour objectif de redresser la France à l’aide des 61 propositions du Prophète de 2012, en ligne avec les 110 commandements de feu Dieu de 1981.

Elisabeth, éternelle amoureuse, enlace Jean-Charles et lui déclare doucement :

– Mon dieu à moi, c’est vous, Jean-Charles. Oubliez tout cela et embrassez votre femme. Si les Français n’ont plus aucun moyen constitutionnel de se débarrasser du socialisme avant cinq ans, je souhaite de tout cœur que vous-même resterez encore attaché à moi et à notre fils pendant bien plus longtemps.

Jean-Charles se livre avec enthousiasme à l’invite de son épouse et, la prenant tendrement par le cou, lui couvre avidement les lèvres d’un long baiser. Puis, tous deux se lèvent et quittent le salon pour disparaître dans la chambre…

Mais tout a une fin et les vacances ne peuvent durer cinq ans. Il faut rejoindre Versailles où Jean-Charles doit réintégrer son poste de Directeur Général au côté de son père, Président de la Manufacture de Montalroc, entreprise qu’il a lui-même héritée de son propre père, son fondateur. Les affaires sont prospères en dépit des difficultés quotidiennes que lui fait subir la bureaucratie tatillonne des administrations fiscales et sociales. Proche de l’âge de la retraite, M. de Montalroc-père confiera bientôt la Présidence de la SA à son fils Jean-Charles, désormais rompu aux règles de gestion d’une entreprise et à toutes les astuces à opposer aux tracasseries qui en freinent trop souvent le développement.

Au cours du trajet de retour, à bord de leur puissante Mercedes, la discussion entre Elisabeth et Jean-Charles est animée. Elisabeth, au volant, évoque la scandaleuse attitude publique de la copine du nouveau Président.

– Vous rendez-vous compte, Jean-Charles, qu’elle s’est sans vergogne octroyée les privilèges habituellement réservés à l’épouse du Président, alors qu’elle n’est pas mariée. On dit qu’elle a des bureaux à l’Elysée et du Personnel à sa disposition. Et, déjà, les journalistes lui confèrent le titre de « Première Dame ».

– Vous avez raison de vous indigner. En droit, le titre de Première Dame n’est pas prévu par la constitution. Il n’est qu’un usage qui vient du monde politique anglo-saxon et dont, en général, bénéficie l’épouse légitime du Président de la France. D’ailleurs, les Américains l’ont baptisée, non sans humour, «Première girl friend de France ».

Elisabeth reste pensive quelques instants, attentive à sa conduite sur l’autoroute, puis, confirmée dans son droit à être offusquée, elle complète :

– En tant que copine du Président, elle n’a aucun droit particulier à bénéficier des dépenses publiques. Va-t-elle squatter les locaux de la République ? Allons-nous revivre le scandale longtemps étouffé du précédent Président socialiste qui y a illégalement et secrètement hébergé sa maîtresse et sa fille pendant quatorze ans ?

Jean-Charles approuve après un instant de silence laissant Elisabeth dépasser, en troisième position, des voitures qui circulent sur la voie médiane :

– Vous avez raison. Espérons que les socialistes hésiteront, cette fois, à détourner nos impôts à leur profit personnel.

Après qu’ils aient, à grande vitesse, parcouru de longs kilomètres sur cette autoroute souvent obstruée par les habituelles files de camions, Jean-Charles de Montalroc revient sur le sujet et insiste sur la discrimination avec laquelle les journalistes relatent les évènements :

– Ce qui me semble déloyal, c’est l’indulgence avec laquelle la presse traite le nouveau Président comparée au harcèlement dont l’ancien a été victime. J’en veux pourexemple l’affaire du «Fouquet’s» dont il a été victime cinq ans durant. Souvenez-vous : alors que, maladroitement, l’un, en 2007, cherchait sa femme pendant que ses électeurs l’attendaient pour l’ovationner, l’autre, en 2012 nous a gratifiés d’un happening conjugal totalement déplacé !

– Je ne comprends pas. Que voulez-vous dire ?

– Rappelez-vous : la nouvelle copine du Président a osé le défier en soutenant un candidat aux élections législatives qui, bien que socialiste lui aussi, s’opposait à son ex-copine, par ailleurs mère de ses enfants ! Par jalousie, la « nouvelle » poignarde twitament « l’ancienne » pour lui faire perdre des voix car la laisser devenir députée puis Présidente de l’Assemblée Nationale, c’était risquer que son amant ait fréquemment l’occasion de côtoyer son ex-copine. Grand adepte de la démocratie, le nouveau Président, affublé d’une nouvelle copine et d’une ex-copine, a donc renoué avec les traditions monarchiques qu’il est censé détester : Madame de Maintenon n’était-elle pas devenue Madame de Maintenant ?

Sourire entendu d’Elisabeth qui néanmoins s’interroge :

– Et alors, où est la discrimination de traitement des journalistes ?

– Je crains tout simplement que cette affaire sera vite oubliée alors que celle du « Fouquet’s » a fait régulièrement le potage de la presse pendant toute la durée du mandat de l’ancien Président, à l’image du capitaine Haddock ne parvenant pas à se défaire d’un collant sparadrap.

De nouveau, les kilomètres défilent dans le silence des deux époux qui se sont relayés au volant. Versailles n’est plus loin et chacun intègre mentalement la perspective de retrouver leur enfant, le manoir familial et les habitudes quien font leur paisible vie de tous les jours.

À leur arrivée au manoir, Jean-Charles et Elisabeth sont accueillis avec respect par le vieux jardinier ainsi qu’avec force aboiements par les deux gros chiens noirs.

Bertrand, le majordome, s’empresse de monter les bagages et Germaine, la cuisinière, apporte déjà un plateau sur lequel sont disposés des rafraîchissements que les deux voyageurs vont pouvoir engloutir dès qu’une bonne douche les aura délassés de leur long trajet.

En début de soirée, bien reposés, tous deux se rendent dans l’aile Ouest du manoir pour y saluer M. et Mme de Montalroc, père et mère de Jean-Charles. Les retrouvailles, bien que peu démonstratives, sont agréablement ressenties par tous les quatre, après ces quelques jours d’éloignement. Elisabeth Norpoix, bien intégrée dans la famille, y est admise avec une cordialité toute protocolaire comme il sied chez les de Montalroc ; l’admiration qu’éprouvent les parents pour leur fils n’est elle-même manifestée qu’avec une certaine retenue, mais ils sont fiers de la grande maturité avec laquelle Jean-Charles aborde la vie et se réjouissent que le couple a déjà garanti, avec sa descendance mâle, l’avenir de leur honorable famille que d’aucuns, d’ailleurs, préfèrent qualifier de dynastie.

Et en effet, quelle belle lignée que celle des de Montalroc : l’ancêtre, Eugène-Alphonse, audacieux fondateur de la Manufacture de Montalroc, transmet son œuvre à son premier descendant mâle dès le début du siècle dernier. Etienne-Emile, ingénieux visionnaire, la fait vite prospérer et compte la livrer, très prochainement, à sonpropre fils, Jean-Charles. Celui-ci, sans attendre d’en être le seul dirigeant, la transforme en une moderne Société Anonyme après en avoir témérairement ouvert le capital à quelques étrangers alliés de la famille. Et, prochainement, ce sera au tour de son unique enfant, Pierre-Henri, encore étudiant en sciences économiques, de se montrer capable de piloter la manufacture face à l’âpre concurrence des marchés mondialisés.

Chapitre 2

De retour dans leur aile du manoir, Jean-Charles et Elisabeth s’empressent de raconter à leur fils, Pierre-Henri, les heures qu’ils viennent de passer à la montagne.

– Alors, Pierre-Henri, que penses-tu de cette crise que nous traversons ? demande Jean-Charles lorsque, le dîner avalé, le récit du séjour à la montagne raconté, tous trois se détendent au creux des fauteuils, cigare à la main pour le père, chaude infusion pour la maman et le fils.

– Bah ! Je pense, Père, qu’une fois de plus, c’est le peuple qui va souffrir de l’inconduite des banquiers. Les banquiers spéculent et les gens payent les pots cassés. Je suis, quant à moi, fort aise de les savoir en difficultés.

– Je suis d’accord avec toi, dit Elisabeth. Ce n’est pas leurs pertes financières qui doivent nous empêcher de dormir.

– Vous avez tort, rétorque Jean-Charles. Si les banquiers perdent de l’argent, c’est du nôtre qu’il s’agit. N’oubliez pas, Elisabeth, qu’ils ne font que prêter l’argent de leurs clients à d’autres clients, ces derniers étant emprunteurs des fondsnécessaires au financement de leurs activités.

– Oui, mais ce n’est pas le peuple qui doit réparer leurs erreurs. Qu’ils se débrouillent !

– N’oublie pas, Pierre-Henri, que la crise est à nos portes. Elle nous menace tous.

– Pour le moment, nous ne voyons aucun symptôme de crise nous affecter en France, confirme Elisabeth en jetant un discret coup d’œil à son fils qui, à peine sorti de sa tendre adolescence, s’engage dans sa vie d’homme. Tout juste apprenons-nous ici et là qu’une entreprise concocte un plan social ou même dépose son bilan brutalement. Ce n’est pas la fin du monde. On dit quel’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse.

– Ecoutez, tous les deux ! Ne vous cachez pas derrière votre petit doigt. La crise est grave. Elle est certes à peine arrivée en France mais elle va prochainement nous toucher dramatiquement. Elle est en ce moment financière ; elle sera bientôt économique et inéluctablement sociale.

Nous n’en sommes pas responsables, s’écrie Pierre-Henri. Ce sont les Américains qui nous la font subir.

Jean-Charles pompe avidement son cigare, en secoue la cendre et approuve doctement :

C’est en partie exact. La crise financière est née de la décision de leur ex Président démocrate Clinton de créer deux banques, Fanny Mae et Freddie Mac, chargées de prêter des fonds aux Américains pauvres pour acheter des habitations. Les prêts étaient à taux variables et garantis par une hypothèque prise sur le bien acheté. Or, les deux banques ont prêté non pas en fonction des capacités de remboursement des emprunteurs mais en fonction de la plus-value dont les maisons achetées étaient censées bénéficier. Et ceci est le premier mauvais coup des banquiers.

– Ah ! Parce qu’il y en un deuxième ?

– Oui, ce serait trop simple. La bulle immobilière s’annonçant aux Etats Unis, les banques ont titrisé leurs créances afin de mutualiser leur risque financier, disséminant ainsi la toxicité financière dans le monde entier, dont l’Europe. Et c’est le deuxième mauvais coup des banquiers. C’est ce qu’on a appelé la crise des subprimes.

– Donc, on est bien d’accord, jubile Pierre-Henri, ce sont les banquiers les grands responsables. Nous n’y sommes pour rien. Ce n’est pas de notre faute si leur grande banque Lehman Brothers a fait faillite.

– Entièrement d’accord avec toi pour cet aspect de la question, répond Jean-Charles. Mais, pour cet aspect-là seulement. Car, en France, mais aussi en Europe et dans le reste du monde occidental, nous sommes en train de vivre la faillite de l’Etat-Providence, c’est-à-dire du Socialisme. Nous vivons à crédit depuis plus de 35 ans. La dette publique est telle, presque 2000 milliards d’Euros, que les prêteurs extérieurs, les fonds souverains, vont prochainement ne plus vouloir nous prêter ou le feront à des taux d’intérêt tout à fait exorbitants. La subventionnite et l’assistanat nous ont tués.

C’est au tour de Elisabeth d’intervenir :

– N’oubliez pas, Jean-Charles, que c’est le Gouvernement récemment désavoué qui nous a achevés avec toutes ses exonérations d’impôts accordées aux plus fortunés, dont nous faisons partie, d’ailleurs !

– C’est exact. Les allocations, indemnités, pensions, redistributions sociales, aides financières diverses et autres niches fiscales ne sont responsables que d’environ 1000 milliards d’Euros de la dette publique, soit la moitié ; les autres 1000 milliards sont des lignes de crédit qui ont été ouvertes pour aider les banquiers à ne pas s’effondrer, ce qui aurait provoqué une panique généralisée du peuple et d’interminables queues aux guichets des banques, dégénérant vite en émeutes sanglantes lorsque les petits épargnants auraient constaté qu’ils avaient perdu leur argent.

Pierre-Henri est convaincu de la culpabilité des banquiers. Il exige que la faute soit réparée par eux :

– Puisque les liquidités ont disparu dans les tiroirs des banquiers, qu’ils en créent de nouvelles ! C’est la solution de l’inflation. De nombreux pays y ont eu recours dans l’histoire et les problèmes ont disparu.

– Oui, mais en entraînant la ruine des épargnants et du peuple en général, observe Elisabeth.

– Et, de toute façon, cette solution est impossible de nos jours, objecte Jean-Charles. Les statuts de la BCE le lui interdisent et les pays membres de la zone Euro de l’UE ne peuvent émettre leur propre monnaie. Par définition, l’Euro est la monnaie unique de l’Union Européenne et donc aucune autre monnaie ne peut s’y substituer.

– Quoi de plus simple, s’écrie Pierre-Henri ? Qu’ils modifient les statuts de la BCE ! Qu’ils l’autorisent à créer de la monnaie et tout s’arrangera !

– Objection encore, mon cher fils, rétorque Jean-Charles d’un air condescendant. N’oublie pas que la crise actuelle est moins celle de l’Euro que celle du surendettement des Etats. Les pays sages de l’Union, ceux qui ont su limiter leurs dépenses sociales, l’Allemagne en particulier, refusent le recours à l’inflation. Eux ne souffrent d’aucun déficit chronique et catastrophique. Leur endettement est normal.

Elisabeth interrompt avec humour :

– Nous, nous n’avons de « normal » que notre nouveau Président !! C’est en tout cas ce qu’il se prétend être et c’est en tant que « Président normal » qu’il dit vouloir exercer son mandat.

– Donc, reprend Pierre-Henri, ignorant l’ironie moqueuse de sa mère, l’idéal serait de réduire les dépenses publiques.

– Oui, mais à condition que les peuples acceptent de réduire leur niveau de vie, même s’ils n’en bénéficient qu’à crédit. Et les peuples refusent de se serrer la ceinture.

Elisabeth, attentive à détendre l’atmosphère, raconte une blague un peu éculée mais qui provoque le rire des deux hommes :

– C’est l’histoire de Mao Tsé Toung qui envoie un câble à Kroutchev : « Révolution en marche. STOP. Communisme vaincra. STOP. Peuple dans le besoin. STOP. Prière envoyer vivres. STOP ». Réponse de Kroutchev par télégramme : « Serrez-vous ceinture ». Nouveau câble de Mao Tsé Toung : « Prière envoyer ceintures ».

Tous trois redevenant sérieux, Pierre-Henri fait une nouvelle proposition :

– Il reste le recours à plus de prélèvements fiscaux. C’est d’ailleurs ce que le nouveau Gouvernement envisage de faire.

– Mais la rue va s’y opposer, conteste encore Jean-Charles. Très vite, les Français qui ont voté « pour le changement », vont s’apercevoir qu’ils ont en réalité voté pour plus d’impôts et moins de pouvoir d’achat.

– Hélas, c’est fort probable, dit Elisabeth. Finalement, il ne subsiste que l’espoir du retour de la croissance.

– Certes, consent Jean-Charles. Mais, hélas encore, le retour de la croissance ne se décrète pas : le nouveau Ministre du « Redressement Productif » peut toujours le proclamer, du haut de ses certitudes : le retour de la croissance n’interviendra qu’avec le retour de la confiance. Et la confiance résulte d’une situation générale saine, surtout en matière économique.

– Mais il se trouve que la situation n’est pas saine, déplore Elisabeth d’un air abattu en remplissant les tasses.

Avec une intonation dont on ne sait s’il faut détecter de l’inquiétude ou un soudain espoir, le jeune Pierre-Henri interroge :

– Père, la révolution ne serait-elle donc que la dernière possibilité ?

– La révolution, mon fils, est en effet un risque important, prévient Jean-Charles. N’oublie pas que plus d’un Français sur deux a choisi de confier 100 % des manettes politiques aux fidèles de celui que ses propres alliés ont surnommé «Capitaine de pédalo ». C’est donc à la sauce de l’ultra socialisme que nous allons tous être mangés. Gageons que l’autre (petite) moitié des Français va veiller à ce quetoutesles promesses faites pendant les campagnes électorales soient honorées. Emises en toute connaissance des crises mondiales dont souffre la France, les socialistes n’auront aucune légitimité à prétendre que la conjoncture est un obstacle à leur réalisation : Ils savaient ! Et nul n’hésitera à les accuser d’avoir été menteurs. Quitte à le faire en manifestant bruyamment dans les rues, voire en se faisant comprendre àcoups de barres à mines dans les devantures des magasins.

La conversation s’éternise jusqu’à une heure avancée pour finir par revêtir la forme d’un monologue de Jean-Charles, mère et fils abandonnant progressivement tout espoir de voir l’avenir avec optimisme.

Peu après, allongé sur son lit dans le silence de sa chambre, Pierre-Henri réfléchit intensément à cette discussion qui a occupé toute sa soirée.

Peu lui importe la situation, se dit-il assez égoïstement, il est protégé, son avenir est assuré, son père va peu à peu l’intégrer à la Manufacture de Montalroc dont il sera l’héritier le moment venu.

D’ailleurs, se dit encore Pierre-Henri pour se convaincre d’être à l’abri de tout souci futur, outre la Manufacture, dont le capital est presque entièrement familial, leur fortune se compose d’un confortable portefeuille boursier ainsi que de nombreuses possessions en terres agricoles et biens immobiliers et il en dresse la liste mentalement : six cents hectares exploités par leurs cultivateurs et éleveurs ; le manoir qui est leur résidence principale, mais également le chalet de vacances à la montagne où ses parents viennent de passer quelques jours ; divers appartements situés en centre ville et loués par les soins de l’agence immobilière dont ils sont propriétaires ; mais aussi : à proximité, deux grands bois à l’abondant gibier où s’organisent de fréquents rendez-vous de chasse auxquels participent les clients de son père et ses relations d’affaires ; enfin, un haras où douze chevaux attendent patiemment d’être montés après les soins quotidiens du palefrenier.

Sur le point de s’endormir, Pierre-Henri de Montalroc a conscience du cynisme avec lequel il vient de faire l’inventaire de la fortune qui l’attend. Mais il s’efforce de ne pas comparer son niveau de vie au sort de tous ces malchanceux qui vont subir la crise économique et sociale qui s’annonce et que vient de prédire son père.

Aggravant son cynisme sans s’en rendre compte, il se promet mentalement de ne pas oublier de verser des oboles aux diverses associations caritatives qui lui en feront la demande lorsqu’il sera devenu héritier officiel. Surtout, il devra s’assurer que, pour la rendre publique, les autorités locales médiatiseront abondamment sa contribution aux œuvres de bienfaisance.

Chapitre 3

Au réveil, Pierre-Henri de Montalroc va faire son habituelle promenade matinale dans le parc du manoir et ses pas le mènent, comme à l’habitude, sur l’aire du haras où il rencontre Julien Lebrun, le fils du palefrenier. Julien et Pierre-Henri se connaissent depuis longtemps et sont de bons copains d’enfance, les Lebrun travaillant au service de la famille de Montalroc depuis de nombreuses années. Pourtant, Pierre-Henri a toujours maintenu ses distances vis à vis de Julien sur conseil de ses parents qui veillent, en permanence, à éviter les familiarités avec le petit Personnel.

Les deux garçons, âgés chacun de bientôt une vingtaine d’années, ont fréquenté les mêmes écoles primaires et secondaires pour ne se quitter que lorsque Pierre-Henri a entrepris de longues études supérieures à la Faculté des Sciences Economiques alors que Julien entrait au service d’une petite entreprise locale, en qualité d’employé de bureau. Et si Pierre-Henri est d’un naturel plutôt réservé, voire hautain, Julien est un aimable jeune homme, toujours prêt à rendre service à autrui. Il sait vaincre les obstacles qui se dressent devant lui et se sent capable de lutter contre ceux qui, inéluctablement, rendront difficile sa réussite sociale. Il n’éprouve aucune jalousie envers le fils Montalroc, même s’il regrette un peu qu’avec l’âge, leur amitié d’autrefois se soit sensiblement estompée. En effet, Pierre-Henri, depuis récemment, a pris l’habitude de fréquenter de préférence les étudiants de son milieu et a tendance à traiter Julien avec une certaine condescendance, si ce n’est un apparent mépris. Leurs conversations, autrefois marquées d’une affabilité complice, se résument maintenant à quelques propos ordinaires, sans chaleur et souvent teintés, de la part de Pierre-Henri, d’un intellectualisme pédant manquant de sincérité. La fortune pécuniaire dont il héritera et dont il jouit déjà a façonné son caractère et dicté son attitude face aux autres, en particulier envers ceux qui n’ont reçu en héritage que l’amour de leurs parents, ce qui est le cas de Julien.

Car Julien, en effet, évolue dans un milieu familial où règne une grande harmonie même si la maisonnée est peu à l’aise financièrement. Son père et sa mère l’ont élevé dans l’amour et continuent de lui donner toute l’affection que peuvent réserver des parents à leur unique enfant. L’espérée petite sœur n’ayant jamais vu le jour, la maman a reporté toute sa tendresse sur ce fils dont elle est fière et en lequel elle a toute confiance : Julien, elle en est persuadée, assurera les vieux jours de ses modestes parents car, sérieux et travailleur, il n’hésite jamais à se révéler digne de l’amour qu’ils lui donnent.

– Bonjour Julien, il y a bien longtemps que nous ne nous étions pas vus.

– En effet, Pierre-Henri, tu te fais rare.

– Bah ! C’est mes cours à l’Université qui m’absorbent. Je ne peux plus maîtriser mon temps comme autrefois. Et toi, que deviens-tu ?

– Moi, je travaille toujours dans ma petite boîte. Mon patron est sympa. Tout va bien.

À ces mots Pierre-Henri ne peut s’empêcher de déplorer le manque d’ambition évident de son ex-complice de jeux. À l’époque, tous deux étaient toujours prêts à faire des bêtises, protégés qu’ils étaient par les domestiques des de Montalroc qui n’hésitaient pas à réparer ce qui avait été cassé afin de neutraliser le courroux du maître et protéger le palefrenier, père de Julien.

À l’époque, Pierre-Henri ne se préoccupait nullement de l’avenir ou même du temps présent, pas plus que Julien qui n’avait de pensées que pour les chevaux dont son père était et est encore responsable. Aujourd’hui, Pierre-Henri s’intéresse à l’évolution de la société et ne manque pas de faire l’analyse des évènements qui pourraient modifier sa situation future. Julien, d’apparence, semble bien moins impliqué dans le fait sociétal et plus à l’aise dans sa modeste vie quotidienne.

– Je suppose que tu as voté socialiste, lui demande Pierre-Henri à brûle-pourpoint ?

– Oui, bien sûr, j’ai voté socialiste, répond Julien soudain sur la défensive. Ils sont les seuls à pouvoir améliorer la situation des pauvres et lutter contre le chômage.

– Oh ! Je crois qu’ils feront beaucoup plus : ils vont très vite mener le pays dans le mur. Cela ne modifiera en rien le sort des pauvres et le chômage va s’aggraver.

D’évidence, les retrouvailles des deux garçons vont plutôt les diviser que les rapprocher. Elles commencent mal.

Mais Julien est large d’esprit et prêt au dialogue. Il se sent en position de force puisqu’il est positionné dans le camp des vainqueurs mais il ne veut pas profiter abusivement de sa situation :

– Je ne suis pas de ton avis, Pierre-Henri, tu le sais. Et je ne suis pas le seul à penser ainsi puisque les Français se sont prononcés majoritairement en faveur de la gauche.

– Certainement, mais cela ne prouve pas qu’ils ont raison. L’avenir, hélas, te le montrera.

– Ne sois pas pessimiste, laisse le nouveau régime faire ses preuves et tu auras le droit de juger lorsque les résultats seront disponibles.

Pierre-Henri, attentif à ne pas envenimer ses rapports avec le fils d’un employé de son père, tente l’humour :

– C’est l’histoire du pessimiste qui se lamente : « Quel malheur ! La situation est catastrophique. Ça ne peut vraiment pas aller plus mal ». Et l’optimiste, de répondre aussitôt : « Mais si ! Mais si ! »

Julien, familier des bons mots, conclut du tac au tac après avoir ri de bon cœur :

– Moi, je suis l’optimiste. Je dis que ça ira de mieux en mieux. Et, d’ailleurs, comme il l’avait promis, notre nouveau Président, vient de convoquer tous les partenaires sociaux à une grande conférence nationale dont la mission consistera à diagnostiquer tous les problèmes de notre société afin d’y porter remède.

– En ce qui me concerne, rétorque Pierre-Henri d’un ton volontiers acerbe, je ne vois dans cette idée de conférence qu’un moyen détourné de ne rien décider ; le Président fuit ses responsabilités.

– Pas du tout, s’emporte Julien. Le Président ne fait que solliciter les corps constitués et les syndicats qui demandent depuis fort longtemps à être consultés avant que les décisions ne soient prises et que, trop tard, elles se révèlent inappropriées.

– Mais, Julien, ne sois pas naïf ! Cette conférence ne sera que celle du bla bla ! Les propositions vont fuser de toutes parts, aussi irréfléchies voire aussi saugrenues les unes que les autres.

– Mais non ! Ce sera au contraire un large débat public révélant toutes les aspirations et besoins du peuple qui les a toujours toutes et tous refoulés faute d’avoir eu la possibilité de les exprimer ou de proposer ses propres solutions. C’est ce qu’on appelle le partage des responsabilités.

– Mon pauvre Julien, tu rêves. Tu devrais savoir que multiplier les responsables, c’est ne plus avoir qu’une molle responsabilité collective. Lorsque tout le monde est responsable, personne ne l’est vraiment car chacun se repose sur l’ensemble. La dynamique d’une foule n’est pas la somme du comportement de chacun des membres qui composent cette foule. En collectivité, les individus sont victimes de mimétisme : leur personnalité s’efface, ils s’agglutinent aux autres. La responsabilité individuelle est dominée par la responsabilité collective, chacun se dédouanant de la sienne propre. Crois-moi, Julien, le pays va souffrir d’une véritable dilution des responsabilités qui conduira à prendre des décisions dont personne ne revendiquera la paternité.

– Je suis d’accord avec toi, mais j’insiste : les Français se plaignent de n’être jamais consultés, que ce soit par leurs employeurs lors de la réorganisation de leurs entreprises ou par leurs représentants politiques pour l’élaboration des lois. Pour une fois, nous avons voté sur la base d’une liste de 60 propositions concrètes. Ce n’est pas une véritable consultation détaillée mais, au moins, nous savions ce que l’élu allait entreprendre.

Cette argumentation est celle Pierre-Henri attendait pour mieux contester le point de vue de Julien :

– Objection, Julien ! Souviens-toi des 110 propositions du Président socialiste de 1981 : beaucoup d’entre elles ont été abandonnées dès 1982/1983 car inapplicables ou à conséquences catastrophiques pour le pays.

– Ça, c’est de l’histoire ancienne !

– Certes, mais plus récemment, souviens-toi de la « démocratie participative » proposée par la candidate à la précédente élection présidentielle de 2007.

– L’idée était bonne ! Le peuple avait enfin le droit à la parole.

– Oui, mais elle a débouché sur un fiasco, précisément parce que les meetings naissaient spontanément sans véritable contrôle et les délibérations portaient sur tous les sujets à la fois, ne générant aucune véritable décision réaliste.

Sur ces entrefaites, Jean-Charles de Montalroc apparaît juché sur son étalon préféré, de retour d’une chevauchée matinale à travers le bois ceinturant le manoir.

– Bonjour mon fils, dit-il daignant à peine jeter un regard sur Julien.

– Bonjour Père. Avez-vous fait une bonne promenade ?

– Oui, très agréable. J’ai repéré quelques traces du passage des sangliers. Nous allons bientôt pouvoir organiser une belle chasse. Prépare-toi.

– Vous n’ignorez pas, Père, que je suis un piètre chasseur.

– Je sais, Pierre-Henri, mais il faut te forcer ; c’est pour nos clients ; il faut les recevoir dignement et veiller à ce qu’ils aient une bonne opinion de notre savoir-faire ; il y va de la pérennité de notre Manufacture.

– Bien compris, Père. Je vais m’y préparer.

– Et n’oublie pas notre Conseil d’Administration de cet après-midi.

– Faut-il vraiment que j’assiste à cette réunion ?

– Tu dois te montrer présent dans l’entreprise le plus souvent possible en ta qualité de Responsable du marketing.

L’allusion est claire : Jean-Charles de Montalroc a imposé la nomination de son fils à ce poste alors même qu’il n’a pas encore obtenu ses diplômes de fin d’études. Ses associés, bien que très minoritaires dans le capital de la Manufacture, n’ont pas manqué de s’étonner d’une telle précipitation. Il convient, dans ces conditions, que le fils montre sa capacité à être le futur manager de tous les collaborateurs afin qu’ainsi le père ne soit plus subrepticement accusé de népotisme.

– Bien, Père, dit Pierre-Henri d’un air résigné, j’y serai.

D’un petit coup de cravache, Jean-Charles fait comprendre à sa monture qu’il est temps de regagner l’écurie et son box attitré après avoir été brossé et soigné.

– Salut ! Julien, à plus tard.

– Salut ! Pierre-Henri, bonne journée.

Après avoir observé son père, palefrenier, se précipitant pour accueillir le cavalier et l’aider à descendre de cheval en se saisissant de sa bride, Julien tourne les talons et chemine à grands pas dans la majestueuse allée bordée de somptueux sapins vers le portail du domaine où se trouve la loge des gardiens dans laquelle sa famille est domiciliée.

Chapitre 4

À 14 heures précises du même jour, les douze administrateurs de la Société Anonyme Manufacture de Montalroc sont réunis dans la grande salle de conférence, autour de la table ovale sur laquelle la secrétaire a servi du café. Le Président prend la parole et déclare ouverte la rituelle séance mensuelle du Conseil d’Administration. Deux représentants des salariés se sont joints au groupe. Jean-Charles de Montalroc, Directeur Général, et Pierre-Henri de Montalroc, son fils, ont pris place de part et d’autre du Président-patriarche, Emile-Etienne de Montalroc.

Selon l’usage, le Directeur Financier présente son rapport périodique sur la situation de l’entreprise. À sa suite, le Directeur Commercial vente le carnet de commandes et fait état des perspectives d’avenir en matière de chiffre d’affaires. Hochant la tête d’approbation, les Administrateurs expriment qui leurs remarques, qui leurs conseils et le Président conclut la séance sur une analyse du tableau politique du pays.

– Je suis sûr, leur dit-il, que vous êtes tous conscients des perspectives négatives auxquelles nous allons devoir faire face du fait du nouveau pouvoir politique que les Français viennent de se choisir. Vous avez tous appris que le Gouvernement s’apprête à augmenter les charges sociales et qu’il va inventer de nouveaux impôts. La compétitivité de nos entreprises, déjà bien mal lotie, va sérieusement souffrir et nous allons subir une lourde tension sur nos marges à la fois brutes et nettes. Certes, nos positions à l’exportation sont solides et il y a peu de risques que nos clients étrangers décident de nous abandonner dans l’immédiat. Mais la concurrence est de plus en plus rude et répercuter ces nouvelles charges dans nos prix de vente est une idée à écarter.

Les Administrateurs ne manifestant aucune intention de commenter ces propos, l’un des deux représentants du Personnel rappelle d’un ton triomphant que lors de la campagne pour l’élection du Président de la République, son Syndicat a proclamé que la revendication principale des travailleurs pendant le nouveau quinquennat portera sur une augmentation du SMIC à 1700 € brut.

La réponse de M. de Montalroc est cinglante :

– Sachez, mon cher Monsieur, que le SMIC est déjà bien supérieur à cette somme. Il s’élève très précisément à 2017 € par mois pour 151,67 heures de travail. Car, au SMIC brut actuel, soit 1398 €, il faut ajouter les cotisations sociales, dites « charges patronales » qui, elles, atteignent 619 €. Et ne me dites pas que les charges patronales sont à la charge de l’employeur. L’appellation « charges patronales » est un pur abus de langage si ce n’est une pernicieuse escroquerie intellectuelle puisqu’il s’agit de sommes, certes payées par l’entreprise, mais au nom du salarié au titre de sa...