LES DOCKS EN FOLIE
LES DOCKS EN FOLIE.
En ce temps pas si lointain, le docker rustique s’avérai aussi indispensable à la survie du port, que le chef de tribu à celle de la famille CROMAGNON.
Il est des jours comme çà, où le simple mortel ressent l’étrange sensation de se trouver
momentanément au mauvais endroit au mauvais moment, mais avec le sentiment fugace que
ce mauvais aiguillage momentané puisse finalement servir au lent cheminement de la
conscience humaine vers la connaissance universelle …
A mes copains de galère, mes amis, ma famille, et à tous ceux qui phosphorent ad
patres, sous d’autres cieux…LES DOCKS EN FOLIE.
Pérégrinations burlesques d’une modeste famille de dockers rouennais et de ses
satellites, dans les drolatiques années soixante-dix...
Synopsis
Pile poil onze cents ans après le tout premier débarquement du chef viking ROLLON
dans ce coin de Neustrie qui allait devenir le port de la capitale Normande - un de
leurs lointains aïeux hâbleurs et plutôt chahuteurs de chausses royales, qui avait fini
par signer le traité de Saint-Clair sur Epte en 911- le baron et ses frangins, aidés
d’une vague fratrie élargie de dockers aussi anars que délirants, gravitant autour du
groupe solidaire, genre frères de la côte de la flibuste, découvrent en ce début d’année
1974, un trafic de drogue et d’armes sur un vieux rafiot grec en chargement à quai.
Plus allergiques, encore, aux affreux trafiquants sans âmes et aux politicards ripoux,
que de cette basse-cour locale plutôt jugulaire, avec laquelle ils n’entretenaient pas
vraiment de bons rapports jusqu’alors, les « docks » s’allieront néanmoins avec cette
dernière pour confondre les précédents, grâce aux retrouvailles entre le « beau
Serge » devenu commissaire es poulagas et son vieux copain d’école, un docker aussi
futé que rigolard, connu sur le port sous le facétieux sobriquet de : « l’avocat ». 1974 : Cet hiver-là, le mercure avait chuté d’un coup…
La spéciale 50 : le Mustang du cowboy de banlieue des années 60
Par un de ces frisquets matins de brume au vent sec balayant les quais et muant les
grues en girouettes à stalactites, une mobylette montée par deux dockers, luttait
désespérément contre les lois d’inertie et d’apesanteur…
Mi-destrier infernal de l’apocalypse rectifié 49,9, genre métal hurlant de par sa
ferraille déglinguée, mi-rossinante valant mulet à prolos des années soixante-dix, tout
équipée décalcomanies qu’il était, l’engin s’élançait dans le climat figé par le frimas
ambiant. Déboulant d’on ne sait quelle planète à martiens, « v’là-t’y point » qu’une
pourpre mobylette pétaradante, déambulait sur les quais de la rive droite, dans un
nuage de fumée bleutée sentant l’huile de ricin, l’éther de basse pression à froid et le
gadin imminent.
Il était six heures et demie du mat’ au sablier de l’horloge givrée du marégraphe
dégueulant sa dentelle de givre et moins dix-huit au mercure du thermomètre à tête de
Saint Christophe riveté sur la potence du guidon portant photo de famille estampillée
DOM TOM sur fond de cocotier, tandis que la pétoire bringuebalante, fendait l’air
glacé des quais en cette matinée de janvier 74. La meule zigzaguait en hurlant du
piston à près de 60 à l’heure, pour éviter à l’engin de se prendre la roue avant dans les
rails. Exercice pour le moins périlleux tenant du style Circus culbuto, surtout quand le bitume se trouve, de surcroît, gratifié d’une pellicule de glace virant patinoire à
casse-gueule.
Chevauchée par Lolo et Bérard, deux intrépides antillais bien connus sur le port pour
le fréquenter depuis une bonne décennie en tant que dockers professionnels, la mob’
et son équipage d’apparence démoniaque restaient d’ailleurs bien en adéquation de
pied en cape avec le toutim. L’étrange meule, digne représentante de la bande des
anges sauvages homologués blousons noirs du secteur, et les deux lascars cintrés dans
leurs blousons en skaï à rivets, jean’s délavés années cinquante croisé bleu de chauffe
à l’ancienne et boots pointues ferraillées à l’avenant, s’élançaient d’un bloc vers le
bureau d’embauche dans un bruit d’enfer, vibrant de tous ses chromes scintillants. Le
copilote inquiet :
- Eh ! Lolo fait gaffe-là dis donc, t’appwoche le twottoir là. Aïe ! Ça y est, on va se
pouande une gamelle bon sang ! Oh ! Mais oueudouesse mewde !
Et patatras ! Arriva forcément le moment où nos deux antillais s’emballèrent le
macadam façon cascadeur en rappel, dans une culbute sans filet, se terminant en
pirouette avec salto arrière par éclatement du blair sur le bord du trottoir.
Pourtant, il n’en était pas peu fier, le Lolo, de sa spéciale 5O rouge métallisée,
chromée et astiquée au Mirror au point d’en délaver ses fragiles décalcomanies. Six
mois de salaires foutus en l’air et sa rossinante bonne pour la ferraille.
Tout ça parce qu’il était à la bourre après avoir fait un crochet pour passer prendre
son pote Bérard et qu’ils avaient surtout pris le temps de tester le nouveau rhum blanc
que ce dernier avait ramené de sa Martinique natale. Ils allaient certainement rater
l’embauche et se prendre une absence, pour le cas où celle-ci n’aurait pas été
entièrement couverte par le nombre de dockers présents, auquel cas ils pèteraient sur
le pointage et risquaient même le tapis vert en cas d’absence en récidive. Une sorte de
Fallot n’ayant rien à voir avec celui en feutre vert des casinos, où le docker devait se
justifier entre patrons et syndicat, tel un jeune potache mis sur la sellette pour avoir
séché les cours ou s’être fait poiré en flag avec une revue porno entre les mains.
Lolo n’allait pas tarder à se lamenter sur les dégâts subis par son signe extérieur de
richesse le plus tape à l’œil qui soit, dès qu’il sera sorti du léger coma qui l’amenait
jusqu’à yoyoter tout haut en créole. Bérard, tombé lui aussi, dans le coltard en
s’emballant la bordure du trottoir, commença à émerger en faisant l’inventaire de son
intégrité physique. Jetant au passage un œil sur son entre-jambe, histoire de voir si
son service trois pièces n’avait pas morflé dans la cascade, il se rassura en se tripotant
fiévreusement le braquemart puis les deux orphelines encore toutes choses :
- Ouf ! Tout est encowe là ! Hein mes chéwies ? On a eu peuwe mais çà va…
Joignant le geste à la parole, pour le poursuivre d’un signe de croix énergique virant
circulaire au point de finir en croix celtique, il remercia le ciel de lui avoir conservé
un minimum d’intégrité physique. Puis il se mit à se lamenter en voyant son futal
explosé et le sang chaud qui ruisselait sur sa guibole ayant servi de pare-buffle.
- Houlala ! Manman, j’ai les guiboles en fwomage blanc. Il termina l’inventaire en se tâtant les babloches :
- Mais bon sang ! Mais je pisse le ouésiné paw la bouche, moi. Houlà là, ma mèwe
eh ! Lolo, va chewcher l’hôpital, mon fouèwe.
Remis de ses émotions, il se redressa tout à coup comme frappé de plein fouet par
une de ces grâces foudroyantes vous transformant un légume végétatif en miraculé
bondissant. Bernadette SOUBIROUS en pleine phase d’apparition devant le peintre
de la grotte de LASCAUT en visite à celle de LOURDES. Le demi-mort se leva d’un
coup, tel un zombi intégral, le regard fixe et hagard, tâtonnant dans l’incertitude pour
être dirigé entre nulle part et n’importe où, portant au bout de sa myopie, à quoi ?
Deux bons mètres au bas mot. Et voilà que d’un seul coup et d’un seul, il se leva en
sursaut et se mit à courir après la roue avant de la mobylette qui avait eu le temps de
traverser les dix mètres du terre-plein, puis de franchir dangereusement les cinq
mètres restant, pour l’amener au bord du quai, avant de risquer de voir finir sa course
dans la seine.
On savait que la peur pouvait donner des ailes et que tout corps plongé dans un
liquide subissait une pression de bas en haut revenant proportionnellement vers le
haut des bas d’Archimède et vice et versa, en lui faisant finalement une belle jambe
pour lui retomber dans les chaussettes, mais on pouvait aussi désormais noter que
tout risque d’immersion de roue détachée d’un avant de mobylette, continuant de
rouler après collision, pouvait même redonner des jambes à un moribond. Nos
scientifiques n’avaient donc pas fini de se pencher sur le phénomène, afin de
découvrir le niveau de doute et de ressource cachée, contenus dans la nature humaine,
pour si peu évidente qu’elle apparaisse. Un vieux réflexe dû, sans doute à des
réminiscences infantiles de course au cerceau, hérité de sa prime jeunesse. Arrivant
enfin après une bonne demie heure, l’ambulancier ne fut pas le moins surpris de voir
les deux supposés comateux, qu’il était venu charger, courir derrière la roue en
pissant le résiné à gros bouillon, détalant en zigzag comme deux canards rouennais
sans tête.
BCMO du port de ROUENLes deux marathoniens éclopés allaient donc rater la grand-messe de l’embauche du
matin du fameux Bureau Central de Main d’Œuvre, constituant le hall d’embauche
des dockers où chacun cherchait un boulot au quotidien comme à la criée, le BCMO
où les attendait une faune tout aussi curieusement asymétrique que paradoxalement
en fragile symbiose, composée qu’elle était, de copains bonnes pâtes et d’ennemis
potentiels plus ou moins déclarés. Sur ce port-là il y avait, en effet, quelques cliques
bien en cour, pour être autant courtisans avec le syndicat que fayots avec les patrons.
Et puis, il y avait aussi tous les autres, les « insupportables nécessaires », du moins
Tant qu’on ne pouvait toujours pas s’en passer. De joyeux effrontés politiquement
incorrects et obstinément irréductibles, forcément majoritaires en nombre, qui
continuaient à se coltiner les tâches ingrates et mal payées en ronchonnant, mais en
les accomplissant tout de même bon gré mal gré.
Ces groupes hétéroclites de tracassins ronchonneurs, étaient souvent créés à partir de
familles, auxquelles venaient se « coller » des électrons libres jouant les pièces
rapportées, pour s’être trouvé certaines affinités avec les groupes de quarante, voir
cinquante insoumis ainsi formés. Le genre tribu gauloise version viking, tenant de
l’armée mexicaine en bivouac permanent dans une auberge Espagnole.
Les rockeuses années soixante étant déjà porteuses de mutations mentales à la sauce
tutti frutti, dessinant en pointillés la frontière ténue existant entre vieux aigris post
pétainistes, résistants et Zazous rebelles émergeant de la dernière guerre, puis vinrent
les jeunes rockers à la banane révoltée virant vite fait pelure de rockman’s
vieillissants, débectés à leur tour par la touche androgyne qu’ils dénonçaient chez les
nouveaux yéyé échevelés, traités de gonzesses. Le cap de cette nouvelle année 1974
passé, semblait donner à cette époque plutôt olé-olé, de nouvelles perspectives de
corridas post soixante-huitardes qui étaient prêtes à donner leur pleine mesure par la
libération sexuelle tant attendue et un côté bon enfant, bien qu’elles soient pourtant
déjà bien en gestation dans ce milieu ouvrier plutôt particulier, depuis une bonne
décennie. Soixante-huit n’ayant fait qu’amplifier la tendance qui attendait le moment
propice pour éclore.
Génération rebelle des années soixanteMalgré une hiérarchie générationnelle plutôt alambiquée, certains spécimens qui
auraient dû « raisonnablement » se retrouver en logique avec la majorité de vioques à
la quarantaine dépassée, nostalgiques pour la plupart du Maréchal, et au tempérament
plutôt grégaire, voir un poil servile, restaient au contraire emprunts de résistance et
donc aussi indomptables que les jeunes anars du dernier arrivage. Un mélange subtil
de générations spontanées s’entremêlant en s’entrechoquant.
Des révoltés pissant royalement sur l’ordre établi et la bienséance bourgeoise, encore
embusquée dans l’attitude engoncée de quelques suceurs à la mentalité de fayots
d’usine, souhaitant muer servilement ce petit coin de liberté ouvrière ayant conservé
une âme de viking indomptable, en hall à cire-pompes. Certains de ces faux
aventuriers du trimard se voyaient volontiers en loufiats du divers, voir en
fonctionnaires de hangar avec bureau à heures fixes et charentaises attitrées, brodées
au blase de sézigue. Le témoin valant antidote était donc régulièrement repassé entre
générations pour éviter ce genre de déliquescence prolétaire, et ça n’était pas
vraiment fait pour plaire à un patronat resté un poil régimentaire qui attendait son
heure, en se désolant devant l’excentricité de certains spécimens qu’ils jugeaient issus
d’un autre temps et d’un autre monde. Il s’agissait pourtant d’esprits plutôt bien
tournés, allant des seigneurs du trimard aux poètes du plumard, n’oubliant cependant
jamais de rendre hommage à Odin en baldaquin et à Bacchus en décubitus, entre deux
rototos sublimés depuis le fond du tonneau des Danaïdes mis en perce. Le genre
décalé bourré d’anachronisme prétendu utopique, mais tutoyant tout de même parfois
les anges, en taquinant boutanche et muse. Comme aurait pu dire AUDIARD.
D’amaf
ia !
Quai rive droite, Tente HERPINAinsi, Jean l’Américain, comme on l’appelait affectueusement entre les mille quatre
cent copains de la plèbe portuaire qui le côtoyaient au quotidien - sur les deux milles
que comptait la profession – Voilà bien un spécimen faisant partie de la bande de ces
drôles de gus jugés hors temps et pourtant si faussement hors -jeux. Il avait, en effet,
passé la presque totalité de la guerre entre 1941 et 1945 en taule, en Angleterre.
Profitant de ce stand-by imposé, il avait appris à jaspiner le rosbif des bas-fonds en
cellule, le tout mâtiné d’irlandais révolté, pour avoir refusé de suivre le général de
Gaulle, ulcéré qu’il fut, de n’avoir pu apprendre à nager qu’à partir du moment où
son croiseur à strabisme, surnommé « LE GALIPETANT», pour les seuls ronds dans
l’eau qu’il passait à faire en cette époque troublée de la drôle de guerre, fut coulé par
une torpille alliée. Ce coup du sort venait de la dragueuse de fond surnommée la
« MARIE SALOPE » qui sauta sur une mine logée dans la vase de la Tamise.
Canardé par les alliés, ce Lorrain frondeur plus marqué par le « compte là-dessus »
que du « malgré nous » avait trouvé plutôt baroque d’aller se faire trouer la peau pour
une France qu’il jugeait déjà fourguée aux fridolins, dès l’année trente-six, de la part
d’un haut patronat ayant justifié son choix collaborationniste par peur inconsidérée
des soviets, alors que de nombreux fils à papa de son âge lui avait semblés attendre la
fin de la guerre - planqués ou fayotant avec l’ennemi – pour finir par jouer les
résistants de la dernière heure, en espérant médaille et renvoi d’ascenseur en cas de
retournement de situation. Il se revendiquait néanmoins comme l’un de ces vrais
résistants révoltés avant l’heure, pour avoir anticipé la suite hypocrite émanant de la
pagaille de la libération, où tous les vrais héros ne furent pas honorés et les vrais
salauds châtiés, comme ils auraient dus l’être.
Il affichait une de ces cinquantaines anachroniques oscillant entre le presque vieux
par une relative résignation mal contenue et l’encore trop jeune pour ses coups de
sang à l’emporte-pièce qui le maintenait malgré tout en phase avec cette jeunesse
quelque peu énervée qui le faisait tant marrer. Laquelle le lui rendait bien, tant il
s’entêtait à refuser de rentrer définitivement dans le moule de cette fameuse société
de consommation qu’on prétendait idéale et devenue phare d’un progrès radieux
forcément incontournable.
Comme pour faire un pied de nez au système, il prenait même un vilain plaisir à vivre
bien en dessous de ses moyens en restant à contre-courant. Ce furieux écolo adepte de
la « sous consommation » avant la lettre, roulait en vélo tous les jours, méprisant le
confort en dégraissant sa chaîne avec son bas de pantalon, tout en engraissant
l’écureuil qui virait même obèse. Son livret de caisse d’épargne était si bien garni,
qu’il aurait pu se payer une bagnole sans avoir besoin de faire plus de crédit en
banque, qu’il n’accordait à ce système ayant mis la charrette avant les bœufs. Il en
était même, de surcroît, resté à poursuivre ses petits trafics de clopes ou de troc de
joncaille, voire de ce si brutal « champagne » soviétique à la composition tellement
bizarroïde qu’il en avait cisaillé plus d’un en plein vol et même les plus aguerris de la
bacchanale bas de gamme. Une activité aléatoire commencée à la fin de la guerre, qui
tenait plus de la marotte perpétuée sous forme de rituel, que de réelle nécessité de
survie, comme ce fut initialement le cas.Des « affaires » qui lui coûtaient bien souvent plus cher qu’elles ne lui rapportaient,
mais qui lui permettaient surtout de manigancer en parlant « d’amafia », la bouche en
coin à la « Boggy » dans Casablanca, la casquette cassée vers l’avant pour lui
masquer les yeux et la main en paravent comme pour se rendre le plus inaudible et
mystérieux possible. Le taquin aimait, en effet, autant briser les esprits que les
conversations, pour mieux patafioler ces fameux esprits « éclairés » prenant leur
vessie pour une lanterne, au point de se brûler au lieu de s’éviter le piège tendu sans
camouflage, par une réflexion du genre :
- Quoi d’amafia ? On ne dit pas d’amafia, çà ne veut rien dire. Tu veux dire : « C’est
de la mafia ? »
Un de ces forts moments de conne certitude savouré par l’américain abattant son
carré d’as dans un sourire farceur :
- Oui c’est çà mon gars t’as raison. D’amafia, c’est comme j’te dis. Tel que.
En plus de ce trait de jactance particulier et plutôt bouffe mental, le brave dragueur de
square était aussi miro que radin, deux défauts qui en faisaient pourtant une qualité de
simple humanité. Disons qu’à sa décharge, il ne voyait pas trop à quoi pouvait bien
servir la dépense permanente pour un rien, tout en lui préférant la dispense en tout.
Un sage quoi !
Cet indicible comportement de radin l’amenant à surtout thésauriser sur tout, en
théorisant sur pas grand-chose, vint sans doute d’un traumatisme qu’il avait dû subir
à douze ans. Depuis sa première communion, où son esprit d’adolescent fut mis à
rude épreuve en cette époque instable de pré communiant boutonneux et pubère à la
pignoche aussi furtive qu'embarrassée. Epoque de doute s’il en est, où il eut à se
questionner gravement sur les incontournables obligations relatives au phénomène
séculaire du fameux cadeau attendu au pied du lavabo, dont lui avaient maintes fois
parlé les dames de petites vertus et du con promis, qui lui avaient fait attrapé le
pompon et gagner plusieurs parties gratuites. Du convenu servi dans un écrin de
certitude érigé en relique à cérémonial incontournable, cet inéluctable et pourtant
inacceptable diktat valant offense aux yeux de cet adorateur de l’incertain et grand
pourfendeur d’obligations en tous genres devant l’éternel.
Le choix fut vite fait. D’autant que cette propension radine datait de ce fameux jour,
où son pingre de parrain lui avait refilé l’image catalogue d’une tocante présentant
déjà un retard à l’allumage - pour figée qu’elle était dans l’espace-temps sur papier
glacé –, breloque qui ne vint même jamais, de par le fait. Cette découverte en forme
de circuit fermé lui arracha un slogan virant contre pétrie avariée, dont il ne se
dépareilla jamais : Chose promue, chose dite et chose promise, chose due. Il avait
jugé ce genre de marché de dupe plutôt formateur, par le fait que l’honoré du jour se
retrouvait placé en permanence sur liste d’attente vers un hypothétique présent
dépassé et no futur. Une de ces mascarades, où seul l’espoir faisait vivre et ne restait
plus en fin de compte valable, que comme simple emballage à promesse tout en
courant d’air.
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11 commentaire(s)
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stephbelami
-Plus de 4 mois
Merci Pat, c'est chouette. CC
pat76
-Plus de 4 mois
très bon roman .bravo.
stephbelami
-Plus de 4 mois
Merci Pat c'est chouette. CC
stephbelami
-Plus de 7 mois
Merci Pierre, çà encourage à continuer. Claude CARRON
pierreecra
-Plus de 7 mois
A lire sans modération !