Les Enfants de Tatan

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L'histoire se déroule au début de la Seconde Guerre mondiale. Antoine, Yvette sa soeur cadette et son petit frère Marius se trouveront démunis face à la grave maladie de leur mère. Son état de santé s'aggravant, elle sera hospitalisée. Si pour les hommes Dieu existe, pour les enfants ce Dieu est leur mère. La contagion condamnera aussi leur petit frère Florent seulement âgé de six mois. L'absence de la mère, le père travaillant la nuit, ces jeunes enfants ne pourront rester seuls. L'Assistance Publique les prendra en charge et les confiera à un orphelinat marseillais. Ensuite ils seront conduits vers un village drômois dans des familles d'accueil peu scrupuleuses du devenir des enfants.

Ces dernières, âpres au gain, n'auront pas la tendresse et ni l'amour qu'auraient dû recevoir les jeunes orphelins en pareil cas. Ils seront brimés, privés et même brutalisés. Que vont-ils devenir ?

Cependant, après les tristesses suivent les joies, comme après les averses le soleil brille à nouveau. À quatorze ans Antoine connaîtra la première gaieté de son coeur.

Publié le : samedi 1 janvier 2005
Lecture(s) : 23
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9999998739
Nombre de pages : non-communiqué
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Préambule Antoine était un garçonnet de huit ans. Petit pour son âge, il appartenait à ce genre d’enfant à l’allure gavroche que l’on voyait trop fréquemment hélas dans les grandes villes, dans Marseille en particulier, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Le visage maigrichon était ensoleillé par son regard pétillant. Une lourde mèche de sa chevelure noire, abondante et hirsute, tombait sur son front. Quelques petites taches de rousseur fleurissaient autour de son petit nez et sur ses joues creuses. Il était assez mal vêtu. Un pantalon suranné, trop long, entravait ses jambes frêles ; ses bottines, souvent délacées, n’étaient pas à une juste pointure. Il portait un veston de couleur moutarde, râpé aux coudes. D’un revers, on avait retroussé aux poignets les manches trop longues. Louis, son frère aîné maintenant âgé de quinze ans, en avait fait usage avant lui. Yvette, d’un an la sœur cadette d’Antoine, était à la maison, un petit appartement, assez mal entretenu, au premier étage situé dans la rue Guibal. C’était une jolie fillette à la che-velure rouquine dont les longues mèches tombaient déjà sur ses maigres épaules. Une clarté lumineuse jaillissait de ses yeux bleus. En l’absence de Jeanne, la mère, toujours égro-tante, cette fillette de sept ans était là à garder Florent, le dernier né de la famille Dubois, pendant de longues heures. Elle s’acquittait malaisément de cette tâche. Il est impossible de remplacer une maman. Le bébé ne tétait pas à des heures régulières. Sans grand appétit, il refusait toujours une moitié de son biberon. Ses langes étaient souillés également. Florent s’égosillait et toussait. Yvette répugnait à changer les couches ; elle attendait le retour de la maman absente une heure et parfois plus. Marius, le quatrième enfant, n’avait pas encore atteint cinq ans. Vif et malicieux il mettait en rage son frère Antoine. De cette espièglerie naissait alors de continuelles disputes.
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Le médecin de la famille avait ordonné à la pauvre femme poitrinaire un repos complet de trois semaines à l’Hôtel-Dieu. Quant à Florent, âgé de cinq mois seulement, il avait été donné en nourrice chez une voisine. Lucien, le mari de Jeanne, était boulanger. Il travaillait pé-niblement la nuit, dormait peu le jour. Il ne pouvait se permettre de se dérober, même pour une courte période. Dans ces temps-là l’ouvrage était recherché, difficile à trouver. Lorsqu’on était en place, il n’était pas question de se faire licencier pour quelque cause que ce soit. L’absentéisme était banni, non rétribué. Lucien donc, pour faire vivre passablement sa famille, était dans l’obligation de travailler dur et ce durant dix à douze heures par nuit.
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