Les escaliers

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Après nous avoir fait découvrir dans «Les fossoyeurs», premier volume de la série «Dans la mémoire de Québec», un visage méconnu de la vieille capitale, celui de sa communauté chinoise, André Lamontagne nous entraîne cette fois-ci dans les arcanes des escaliers de Québec, véritables métaphores de l’ascension sociale et des rites de passage.
Les lecteurs retrouveront avec plaisir Olivier, le journaliste enquêteur, Rachel Ng, sa compagne d’origine chinoise, et leur ami Jérôme, qui vit le deuil de son père. En faisant une recherche sur l’histoire du syndicalisme dans la ville, Olivier découvrira l’étonnant passé de sa famille et sera vite partagé entre les racines militantes de son arrière-grand-père paternel et l’héritage obscur de son aïeul maternel, un puissant industriel anglophone.
«Les escaliers» : un récit identitaire magnifiquement construit, lieu de mémoires croisées et d’étranges filiations.
Publié le : mercredi 1 avril 2015
Lecture(s) : 20
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782895975083
Nombre de pages : 210
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ANDRÉ L AMONTAGNE
Dans la mémoire de Québec Les escaliers
RROOMMAANN
DA NS L A M É MOIR E DE QU ÉBEC L E S E SC A LIER S
DU MÊME AUTEUR
Roman Dans la mémoire de Québec. Les fossoyeurs, Ottawa, Éditions David, .
Nouvelles Le tribunal parallèle, Ottawa, Éditions David, .
Études Le roman québécois contemporain : les voix sous les mots, Montréal, Fides, . Bibliograpie de la critique de la littérature québécoise au Canada anglais (-), (avec Réjean Beaudoin et Annette Hayward), Québec, Les Éditions Nota Bene, . Les mots des autres. La poétique intertextuelle des œuvres romanesques d’Hubert Aquin, Québec, PUL, .
Traduction he Gravediggers, Victoria, Ekstasis, . Traduction des Fossoyeurspar Margaret Wilson Fuller.
André Lamontagne
D    Q Les escaliers
ROM A N
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada
Lamontagne, André, 1961, auteur  Les escaliers / André Lamontagne. (Voix narratives) Publié en formats imprimé(s) et électronique(s). ISBN 9782895974475. — ISBN 9782895975076 (pdf). — ISBN 9782895975083 (epub)  I. Titre. II. Titre : En tête du titre : Dans la mémoire de Québec. III. Collection : Voix narratives PS8623.A486E83 2015 C843’.6 C20159013720  C20159013739
Les Éditions David remercient le Conseil des arts du Canada, le Bureau des arts francoontariens du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
Les Éditions David 335B, rue Cumberland, Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 6138303336 | Télécopieur : 6138302819 info@editionsdavid.com | www.editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 2 trimestre 2015
Mon fils, observe le temps et garde-toi du mal
Ecclésiastique, 4 : 20
Du palier d’arrivée à la contremarche de départ, l’escalier Lépine offre une vue plongeante sur les gens qui l’em-pruntent : les étudiants moins fortunés qui fréquentent les écoles de la haute-ville, les travailleurs à l’air affairé, les hommes et les femmes qui s’arrêtent sur un palier pour souffler et contempler au nord le paysage laurentien. Très peu de flâneurs, car on escalade rarement un escalier de cent dix-huit marches sans but précis. En cette fin d’après-midi de septembre, Olivier Dumais montait l’escalier d’un pas lent, insatisfait du travail qu’il avait accompli ce jour-là. Il peinait sur une histoire du syndicalisme dans la ville de Québec et passait ses journées à la bibliothèque Gabrielle-Roy. Quelques heures aupa-ravant, Rachel Ng avait descendu l’escalier pour aller le retrouver à la pause déjeuner. Les recherches de son com-pagnon lui semblaient échevelées, partagées entre l’histoire officielle et son histoire familiale, mais elle se gardait bien de lui dire. Chaque midi, avec une fidélité qu’Olivier qua-lifiait amoureusement de « toute chinoise », Rachel appor-tait des victuailles à partager sur un banc public devant la bibliothèque. Elle ne passait pas inaperçue dans les rues de Québec, où les citoyens d’origine asiatique n’étaient pas légion. Son histoire secrète, difficile à deviner d’après ses traits, révélait pourtant que son père était né à Québec à une époque où les immigrants chinois avaient fui la Colombie-Britannique et son racisme exacerbé. À la mort du grand-père, la grand-mère et le père de Rachel avaient regagné
DA NS L A M ÉMOIR E DE QU ÉBEC
Vancouver, et c’est là que cette dernière avait vu le jour. Elle y avait grandi et travaillé comme traductrice et inter-prète puis était tombée amoureuse d’Olivier, son voisin et journaliste radio-canadien qu’elle avait accepté de suivre à Québec, le temps d’un congé sabbatique. Olivier partageait une histoire similaire d’exil et de déplacement entre Québec, sa ville natale, et Vancouver, sa ville d’adoption, mais cela n’occupait pas ses pensées. En montant l’escalier Lépine, il avait plutôt une conscience aiguë du temps. Il s’était donné un an pour écrire un livre et se sentait parfois dépassé par la vastitude du sujet avec tous ces conflits ouvriers qui avaient marqué la progression du capitalisme et du syndicalisme. Olivier avait obtenu un congé sans solde de son employeur et s’était installé à Québec, convaincu que la proximité des lieux facilite-rait son travail. Il avait jeté son dévolu sur la bibliothèque Gabrielle-Roy, même si d’autres bibliothèques offraient davantage de ressources, parce qu’il lui semblait naturel et cohérent d’établir ses quartiers dans un milieu prolétaire, qui plus est à l’emplacement même d’une manifestation e ouvrière violente à la fin du  siècle. Olivier n’avait pas poussé le mimétisme jusqu’à habiter le quartier Saint-Roch. Il ne cachait pas sa préférence pour la haute-ville et avait loué un appartementintra-muros. Il jugeait le Vieux-Québec plus stimulant pour Rachel, qui travaillait depuis la maison à de sporadiques traductions. Olivier justifiait également l’appartement de la rue des Grisons par le besoin d’exercice physique. Cela lui faisait deux kilomètres de marche à l’aller et au retour et un trajet des plus agréables par les rues du Quartier latin, la côte d’Abraham, l’escalier Lépine, la rue Saint-Vallier, la rue Dupont et la rue Saint-Joseph. Il avait songé à varier son itinéraire, par exemple en 1
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