Les hautes traversées

De
L’innocence d’une enfance bientôt troublée par un maître d’école pervers. L’adolescence. L’amour. Le départ en Afrique au Mali...

Les événements de la vie d’Elise se succèdent en s’intensifiant : le passé rejaillit sur le présent et ce dernier sur le futur ; le vécu de chacun s’épaissit.

D’abord, parachutés en pleine brousse, les voici, Elise et Paul, à Bamako, à Missira. Les naissances rythment la vie, lumineuse au-delà des ombres et des clair-obscurs.

Ils sont affrontés non seulement aux affres du sous-développement mais aussi à une autre forme de pensée : leur logique en sera pour un temps relativisée par la toute-puissance du fétichisme ambiant.

Que retiendront-ils de cette expérience ? N’est-ce d’ailleurs qu’une expérience ?

Grâce à la distance prise, Elise, en dépit de l’adversité, pourra-t-elle échapper à un certain obscurantisme ? Elle pénètre en effet dans ce « Mali des profondeurs » comme un plongeur de fond. Pourtant, l’approche véritable des hommes et des femmes de ce pays ne se réduit pas à une somme d’aventures exotiques... Les Maliennes et les Maliens lui feront voir la beauté du geste, l’hospitalité offerte, la tradition orale, et la flamboyance des mots écrits et parlés.

Si, sur un plan personnel, elle « traverse » des épreuves, disons que les « hautes traversées » la hissent au-dessus d’elle-même, en lui montrant la fécondité des chocs de civilisations.

Alors que le Mali n’a cessé de se développer depuis, le voilà à présent assailli et miné par le terrorisme... Elise décide, malgré tout, de ne retenir que le meilleur.
D’un continent à l’autre les traversées demeurent : elles font surgir des ponts et tissent des liens de plus en plus profonds entre les êtres.
Publié le : mardi 1 septembre 2015
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EAN13 : 9791031001722
Nombre de pages : 324
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Ee pensaît qu’î est décîdément pus que dîIcîe d’envîsa-ger de pouvoîr recommencer à zéro. Même a page banche, à, ne ’étaît pas. Qu’est-ce quî dès que ’on se mettaît à penser, réléchîr, dès que ’on essayaît de comprendre, qu’est-ce quî décîdément étaît vîerge ? Le souvenîr e pus précîs quî uî revenaît à ’esprît, au dé-tour de ces consîdératîons vaporeuses pour sa trente-huîtîème année, remontaît à ses sept ans. Cet âge où es petîtes ies jouaîent à a bae contre un mur grîs, surace banche, îsse et sans aîe, sur aquee a bae, es baes quî s’entrecroîsaîent, n’en inîssaîent pas de rebondîr… De même à a maree, « au paaîs » en d’autres termes – que ’on trouvaît tracés partout dans es rues, es cours, es jardîns – ees jouaîent à ancer e caîou, devenu sî îsse à cause de cet exercîce qu’î en avaît acquîs une sorte de pouvoîr magîque. ï gîssaît presque tout seu, dans es cases soîgneusement pré-parées et vîsées. En un sens, c’étaît ’âge du rebondîssement… Maîs pour en revenîr au jeu de a Maree, ceuî-cî non pus n’învente pas un « paaîs neu » ; jouer au paaîs ou au reste c’est aîre « comme sî » es cases étaîent îbres, en sachant très bîen cependant qu’ees ne e sont pas… et que, par exempe, de un
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à huît, a détermînatîon chîfrée, rend împossîbe toute évasîon, car sî ’on enreînt a îmîte, à savoîr e « traît » passé à a craîe banche ou încrusté dans a terre, on sera e perdant en renon-çant à contînuer. Le but à atteîndre en dépît des renoncîatîons successîves et acceptées – c’est a rège du jeu – e but à atteîndre n’est autre que « e cîe », surace pus vaste, aux contours arrondîs, où ’on doît pouvoîr évouer et se mouvoîr seon ses antaîsîes grâce à ’aîsance d’un espace vérîtabe. Le « cîe » ou « paradîs » des paaîs de marees, on en rêvera toute a vîe peut-être... ? Sept ans, c’étaît aussî ’âge où es gar-çons jouaîent en courant derrîère un cerceau sans jamaîs avoîr ’audace de e dépasser en s’envoant devant uî, et, où, déçus de cet échec, îs vîsaîent à mort es petîts oîseaux avec une ronde armée de « mîcocoues ». Une – deux… Une – troîs… Une – quatre… Une – sîx… Une – huît… Et de pus en pus vîte… De a bae à a maree, de a maree au cerceau, du cerceau à a ronde, de a ronde à a ronde, es petîts enants jouent aussî entre eux à d’autres jeux. ïs entendent tout, écoutent tout, devînent tout, sous ’escabeau du Petît Poucet, maîs en son-geant aux caîoux bancs qu’îs sèmeront pour retrouver eur chemîn… Sî ’on est perdu déjà à cet âge, ce n’est jamaîs très grave car es caîoux sont bancs dans a nuît, et ’on y avance, coniants dans e rythme ou a cadence que ’on a su înventer à propos, au ur et à mesure des nécessîtés heureuses et maheureuses de a vîe. L’enance est rîche des bras d’une mère quî ’a bercée, quî a berce encore, heureuse du rythme dont ee a hérîté et qu’ee
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împrîme à tout ce qu’ee touche, à tout ce quî a touche, comme ça, par chance, c’est-à-dîre par pur amour… et c’est à son chant, sa grâce, a égèreté et ’întîmîté secrète de sa îberté et de son îvresse, quî ressembe tant à ’înstînct de ’anîma, aant au but sans encombre et comme par enchantement…
La pace du vîage où es enants et es vîeux, inaement et sans e aîre exprès, se retrouvent toujours, ressembe à un îmmense cerceau. D’autant pus îmmense aux yeux de ’enant de sept ans, que précîsément, ce soîr-à, ee a décîdé de tout remettre en cause et de recommencer à vîvre. Le cerceau de a pace du vîage, pour une oîs, sera peut-être rattrapé et même dépassé par es deux roues de a bîcycette de a grand-mère, aux guîdons reevés împérîeux, à a see trop haute pour des jambes trop courtes et trop rêes. La course de a bîcycette bat au rythme extraordînaîre des désîrs înous de ’enant : sept ans, î est grand temps de recommencer à vîvre, et à bîen vîvre, et cea absoument, sur tous es pans, à tous es nîveaux, c’est-à-dîre avec tous es eforts quî s’împosent. ï est grand temps d’ouvrîr une page neuve, î est grand temps de se remettre en cause, soî-même, es autres aussî, et tous es jeux quî ne sont nî ceux de a bae nî ceux de a maree, nî ceux d’aucune sorte.
Ne pas manquer une seue oîs e chapeet du Rosaîre de ce moîs d’Octobre débutant : te étaît e devoîr concret que s’împo-saît dans ’aégresse Eîse, quî avaît cessé pourtant depuîs ong-temps de croîre au Père Noë et aux contes de ées… L’Ogre et e Petît Poucet étaîent oîn derrîère ee, sembaît-î, maîs es caîoux éterneement bancs demeuraîent ceux quî jaonnent es sentîers d’une route à découvrîr et où se reconnatre ; qu’îs soîent en mîe de paîn ou en graîns de chapeet, es petîts caî-oux bancs comme des poînts de suspensîon, d’înterrogatîon, comme es deux poînts de a page quî s’ouvre, rempîssaîent es poches des tabîers d’écoîers, et pus que jamaîs scîntîaîent devant es prunees noîres.
Recommencer à vîvre à sept ans, avec devant soî tous es espoîrs du monde, avec, par devers soî, tout ’încompréhensîbe
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du monde. Te étaît e projet. Faîre e poînt non pas e bîan ; ’esprît n’en est pas e même… Et pour se repérer, égrener des caîoux noîrs sur un chapeet de Rosaîre. Premîer Mystère… Deuxîème Mystère… Troîsîème Mystère… Quatrîème Mystère… Cînquîème Mystère… On aaît bîen découvrîr queque chose au bout de tant de mystères… Maîs es roues de a bîcycette sur aquee se hîssaît a petîte ie, sî ees avançaîent, ne cessaîent de tourner sur ees-mêmes pour avancer encore, et a bîcycette de tourner autour de a pace, te un cerceau âché entre es maîns du hasard, de a pro-vîdence ou de ’absurde, cerce îndéinîment vîcîeux où es caî-oux bancs et noîrs commençaîent à se méanger. Pourtant, ce soîr, ’égîse Saînt-Etîenne quî appeaît au Ro-saîre ne verraît poînt parmî ses jeunes idèes a petîte Eîse. Brusquement a roue de a bîcycette de a grand-mère s’étaît îmmobîîsée, arrêtée par un stop îmagînaîre ; es reîns avaîent crîssé d’abord et, ravagée par une înquîétude înconnue, a grand-mère avaît surgî : es mépats de son vîsage tîré, en dîsaîent ong sur sa concentratîon et sur son angoîsse... Toute à ’éan de recommencer à vîvre, ’enant n’avaît pas comprîs tout de suîte que queque chose d’însoîte arrîvaît. D’aîeurs, qu’est-ce quî pouvaît bîen se passer entre a maree, a bae ou e véo ? Avec cette rénésîe ou cette envîe de recommencer e monde rîen de grave ne pouvaît arrîver : rîen ou tout. La grand-mère restaît à, igée. Statue sans voîx d’abord, quî inît par prononcer tout en prenant e guîdon du véo aît pour ses maîns à ee :
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Vîens. Ah non ! it ’enant idèe à son engagement premîer, je vaîs chercher Annîe. Vîens ! répéta a grand-mère dont es musces tendus tra-hîssaîent toute ’émotîon. Vîens chez tes parents ! reprît-ee. Ma-Vous savîez bîen que… Pourquoî ? J’avaîs dît que… man e saît d’aîeurs, mon amîe m’attend… On avaît dît qu’on partîraît ensembe : juré craché ! Maîs à ce moment-à, a poîgne douce et orte de a vîeîe dame prît a maîn de sa petîte-ie. On avaît déjà quîtté e rond magîque de a pace du vîage, on abordaît a route où se trou-vaît a maîson, quand Eîse aperçut une voîture putôt grosse, putôt noîre, quî statîonnaît devant e portaî. Quî est-ce ? dît ’enant N’aîe pas peur ma petîte, répondît a grand-mère, ce n’est rîen, mets-toî sous a protectîon de a Saînte Vîerge… Maîs grand-mère, je n’aî pas peur ! Maîs enin pourquoî tout çà ? Qu’est-ce qu’î y a ? Décîdément, es événements prenaîent une tournure putôt excîtante, et sî de toute açon es cîrconstances aîsaîent qu’î aaît se recommander à Marîe, ee ne pourraît pas, dans ce cas-à, nous en tenîr rîgueur, et tant-pîs-tant-mîeux pour e Rosaîre, on s’arrangeraît après… Hâtons-nous de voîr quî est à. La mère approchaît, ee étaît jeune, svete et bee ; ’înteî-gence de ses yeux et de tout son comportement annonçaît qu’î y avaît queque chose à éucîder et qu’ee étaît décîdée, dans tous es cas, et quoî qu’î en coûte, à aer jusqu’au bout. N’avaît-ee pas posé certaînes questîons pus ou moîns « îndîscrètes » ces dernîers temps ? Hîer, justement… Le père ? Le père étaît jeune aussî, auprès de deux mes-sîeurs quî sembaîent venîr de a vîe, vu eur tenue et eur açon d’être. Le père paraît et on pouvaît ’entendre dîre : Eh bîen, a voîà !
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Ouî, me voîà ! Qu’est-ce quî se passe ? reprît ’enant vîsîbement întrîguée. Rîen de grave ! reprîrent en chœur toutes es voîx, d’une seue voîx. – A quoî répondît en écho un sîence ourd, gêné, équîvoque enin ; puîs de açon à neutraîser e tout, ’un des deux hommes s’exprîma : Nous venons parer un peu avec toî et tes parents, dît-î enin. C’étaîent des poîcîers, dont ’un îmmédîatement afabe dès e départ, proposa à a petîte ie des bonbons « cachou », petîtes pastîes noîres à ’anîs, destînées sans doute à encoura-ger e bavardage. La ampe du « studîo » écaîraît une étagère où es îvres rangés, éparpîés même, dîctaîent déjà eur oî… Un dîvan au dessus de ît leurî accueîaît es vîsîteurs, tandîs qu’en ace une bee armoîre, un peu grande pour a pîèce, aîsaît a ierté du jeune coupe, surtout de a jeune emme quî aîmaît et savaît apprécîer es bees choses. Aînsî, a conversatîon aaît commencer. Conversatîon par-tîcuîère pour ’enant, quî s’évertueraît à répondre avec ’exactî-tude requîse, aux questîons posées, étant donné eur précîsîon. Eîse sauraît très vîte que ce genre de dîscussîon où es ques-tîons appeent es réponses très vîte, et es détaîs d’autres détaîs, se nommaît une « enquête ». On étaît donc venu enquêter à do-mîcîe, chez ee, et c’étaît pour cea que a grand-mère uî avaît demandé de se mettre sous a protectîon de a Saînte Vîerge… ? C’étaît inaement a chose qu’ee arrîvaît e moîns à saîsîr ! Car sî ’on se réère à ce quî s’est passé, en se contentant de répondre « juste » à des questîons « justes », on est bîen assez ort comme cea. A ’époque ee ne connaîssaît nî taîsman nî grîgrî, maîs î est sûr qu’îs eussent été bîen superlus. Ee com-prendraît aussî, très vîte, que ceuî quî ment est en perpétuee recherche de ce qu’î va dîre pour ne pas se couper, être coîncé,
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’esprît traqué, ayant abandonné déinîtîvement « es jeux du hasard », au proit de ceux du chat et de a sourîs ; aors que ceuî quî dît ou répète es événements tes qu’îs se sont passés réeement, ne trouve a chose nî dîIcîe nî dangereuse, nî sur-tout mérîtoîre.
C’est du moîns ce qu’ee aaît ressentîr très sîncèrement au ond d’ee-même, tout e temps que dureraîent ces enquêtes, conrontatîons ; et même au jour du jugement… Maîs de quoî s’agîssaît-î, enin ?
L’enquête, puîsque enquête î y avaît, se poursuîvaît donc. Tout se passaît à « ’écoe ». Ce n’étaît pus ’enant quî y étaît înterrogé, maîs e matre ; e matre à travers ’enant. Encore une oîs, a sîtuatîon sembaît renversée, sans qu’Eîse ne ’aît remarqué… Car, entre a maree, a bae et tout e reste, î y avaît ’éternîté du présent dont a vîe peîne à ee seue annue es aux ordres. C’est pourquoî î étaît à peîne gênant de ré-pondre aux questîons concernant a açon dont a conjugaîson, e vocabuaîre, es dîvîsîons, s’apprenaîent à ’écoe. Ces satanées dîvîsîons ! e matre assîs à son pupître et ’enant à côté de uî, pour montrer ses exercîces ou attendre es expîcatîons. Le matre, se îvraît aors à une méthode pédagogîque partîcuîère ; « méthode » c’est bîen e terme, car ee ne s’appîquaît pas à un seu cas, ceuî de ’enant de sept ans, maîs à toutes es ies de a casse (sau peut-être deux sî ’on respecte ce qu’ees dîrent à ce moment-à).
La méthode consîstaît à être très proche de « Monsîeur », quî avaît ’âge du père, de ce Monsîeur quî détenaît ’autorîté du savoîr et ’autorîté tout court, et à se aîsser « trîpoter » pendant tout e temps que dureraîent ’expîcatîon et a correctîon de a dîvîsîon. Lentement e matre souevaît a robe de ses écoîères et întroduîsaît ses maîns aux doîgts banchâtres, ongs et trans-parents, dans es cuottes des petîtes et grandes ies. Et cea se répétaît à chaque oîs, rîtue étrange et troube, des mathé-matîques. Le mécanîsme d’un certaîn cacu, devenu désormaîs împénétrabe aux mécanîsmes de sa petîte tête, où ee venaît
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d’aîeurs de e décîder ormeement : « ï étaît grand temps de recommencer à vîvre », c’est-à-dîre vîvre « autrement » pour écaîrer tout ce qu’î aaît comprendre, en tout cas à partîr de « ça »...
Et e monsîeur afabe, pus gros que ’autre et pus brun, inaement pus assortî à sa grosse voîture noîre et aux petîts cachous, et e gros monsîeur de donner encore des bonbons à ’anîs à ’enant, tout en contînuant a conversatîon :
Ouî ! maîs aors, dîsaît-î (tandîs que ’autre pus sec et pus roîd se taîsaît ou aîsaît « du mauvaîs esprît » en ayant ’aîr de douter de tout avant même d’entendre)…
Ouî ! maîs comment se aît-î que, quand tu étaîs à côté du matre et qu’î te aîsaît « ça », es autres ne e voyaîent pas ?
ï a au expîquer à ce monsîeur împortant quî sembaît savoîr tant de choses, que e bureau du matre étaît un gros pupître grîs ou peut-être noîr – ee n’arrîvaît pas à se souvenîr – et que ’on pouvaît y entrer « dedans » en queque sorte, sî bîen que de ’extérîeur, c’est-à-dîre du pubîc de a casse, on ne pouvaît rîen apercevoîr de Monsîeur, et de son écoîère « en ma de dîvîsîon ». Les adutes pensent trop souvent que es enants ne voîent que e vîsîbe, aors qu’îs perçoîvent mîeux qu’eux « ’învîsîbe » et, ce quî est pus probant encore, qu’îs savent apprécîer e non-vu. Aînsî a questîon dont Eîse se souvenaît encore, étaît a suîvante :
Dîs-moî, puîsque « on ne pouvaît rîen voîr » du côté de a casse comme tu vîens de e dîre, comment savaîs-tu ce qu’î aîsaît avec es autres ?
On en paraît dans a cour, à a récréatîon... répondît Eîse.
Et de temps en temps e gros monsîeur brun quî ressem-baît à sa voîture et à ses cachous ponctuaît : « c’est ogîque » et encore : « c’est ogîque ! » d’un aîr de dîre : rîen à ajouter ; cea suIt ! Et comme ce mot « ogîque » revenaît souvent, î se chargeaît de gravîté en même temps qu’î étaît auréoé d’un certaîn mystère.
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Pour a petîte ie de sept ans, î ne sîgnîiaît rîen d’autre que e aît d’avoîr cessé pour ’înstant de sauter à pîeds joînts dans e paaîs des marees, pour en poser déîcatement un, avec ragîîté maîs sans angoîsse, dans e paaîs des justîces.
Logîque c’étaît ogîque. Qu’est-ce que c’est ogîque ? « Qu’est-ce que c’est dégueuasse »
Sans vouoîr méanger es pans, î est certaîn que pus tard, sur d’autres bancs que ceux de ’écoe et de a justîce, avec d’autres matres que ceux des pédagogîes partîcuîères, ee rîraît un peu, devant e Mamamouchî en songeant que inaement, comme Monsîeur. Jourdaîn, ee avaît aît de « a ogîque » sans e savoîr…
Les înspecteurs quî, on e sut après, avaîent été convoqués par Monsîeur e Maîre, es înspecteurs irent e tour de a pace du vîage, en ayant soîn de s’arrêter dans chaque maîson où une petîte ou grande ie étaît « en questîon ».
Ce quî, jusque à, n’avaît été qu’încompréhensîbe aux yeux de ’enant quî s’eforçaît tant bîen que ma de ’occuter, prenaît maîntenant es proportîons d’une vérîtabe afaîre. On en par-era ongtemps sous e nom de ’afaîre X.
Une à une, es camarades anées d’Eîse urent înterrogées et dîrent ce qu’ees avaîent à dîre. Eîse n’étaît pas à, bîen sûr, maîs ee sut au ur et à mesure, que ces messîeurs de a vîe étaîent passés chez ’une et puîs chez ’autre, es questîonnant aussî tour à tour.
Aînsî, ces Messîeurs avaîent-îs inî par reconstîtuer ’hîstoîre quî, sans être tragîque (e matre n’avaît pas vîoé ses éèves, î s’étaît contenté au i des jours de es « trîpoter », sans rîsque de crîs et à ’abrî de son grand pupître), sans être tragîque, donc, ’hîstoîre étaît grave… Et voîcî comment ee s’écrîvît entre es caîoux bancs, es graîns de chapeet maîs aussî es jours du caendrîer.
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