Les Jeudis de la sanction

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Marie se souvient. À l’aube de ses vingt ans, elle se sent enfin libre. L’occasion de se laisser porter par les images, les odeurs, les sons qui lui reviennent de son enfance. Mais derrière les apparences idylliques de cette vie méditerranéenne, l’innocence doit parfois faire face à l’indicible. La réalisatrice et productrice Marie-Pierre Kohler dépeint d’une écriture instinctive l’histoire d’une jeune femme qui révèle ses passions et ses terribles secrets.
Publié le : jeudi 12 avril 2012
Lecture(s) : 40
Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748383263
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748383263
Nombre de pages : 94
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Marie-Pierre Kohler
LES JEUDIS DE LA SANCTION
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117390.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
À ma fille Jade. À mes tendres et bien-aimés aïeux.
« Nulle pierre ne peut être polie sans friction. Nul homme ne peut parfaire son expérience sans épreuve. »
Confucius
 Aujourdhui, cest mon anniversaire. Jai vingt ans ! Dans quelques heures tout sera prêt pour cette fête. Je suis très excitée mais je ne le montre surtout à personne car au-jourdhui je nai pas envie de montrer. Pour commencer, je vais passer à la cuisine pour voir si lintendance suit et pour me faire chanter « Happy birthday » avant lheure donc en sourdine, me faire servir le meilleur des cafés et filer avant la dernière gorgée retrouver mon cadeau, mon amour, mon poulain : Altaïr. Je me souviens de mon enfance comme dune couleur ocre, celle que je voyais sur le mur de la maison familiale certains soirs dété lorsque le soleil passait en deçà de gros nuages gris fer, comme peints à lhuile. Ma grand-mère appelle cela le « contre soleil ». Mon grand-père souffle toujours et lève les yeux au ciel quand elle dit cela. Le cri des martinets rasant le sol, plongeant de ces cieux tourmentés me ramène toujours aux vendanges ; le ronron du camion à plateau gris de mon grand-père chargé des comportes en bois et des hottes, les railleries des vendangeurs espagnols se moquant des retardataires et la demi de 13 heures qui sonne un coup au clocher de léglise. Les mains violettes des femmes collent du bon sucre des grappes ; mon grand-père et son éternelle casquette est en petite
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chemise bleue à manches courtes et fume sa players sans filtre. Il est laimable chef de cet orchestre. Ses vignes sont sa vie. Le village est en effervescence, cest le temps des vendanges, celui que lon a attendu toute lannée. Les vendanges sont une fête pour lâme. Les vendanges sont une permission de créer le breuvage qui sera à limage de celui qui la fait. Cest quil faut de lamour, tant damour pour endurer les épreuves de la terre. La belle récolte viendra en récompense du travail, de la pa-tience et des choix de lhomme qui la fera. Sa vie pourrait en être le résumé. La « mousseigne » sappelle Carmen. Elle est chargée de me-ner la rangée car cest toujours la plus rapide et les autres doivent la suivre. Cest aussi notre bonne durant lannée. Et pendant que les grappes dévalent dans le foulopompe qui les broie scrupuleusement, je regarde ma bonne maman. Assise sur un banc sous lombre fraîche du tilleul centenaire de la cour devant la maison, Bonne maman, parée de son cha-peau de paille de chine vieux rose, écosse les petits pois frais de notre potager. Elle peut ainsi tout entendre des bruits du départ de la vendange. Elle porte son tablier de cuisine à carreaux vio-let et une jupe grise. Depuis la mort de son mari il y a trente ans, elle na pas porté de couleur. Mais ses yeux et sa voix sont les témoins de sa joie et de sa sérénité intérieure et ses sourires sont toutes les couleurs de larc-en-ciel. Ses lunettes sont tout au bout de son nez et chaque fois quelle les remonte avec son doigt elle me jette un coup dil entendu. Ses expressions sont dune rare finesse. Cette grande dame est mon arrière-grand-mère, ma nonna, ma bonne-maman adorée. Comme je taime ma bonma, comme nous nous ressemblons et comme je nai que six ans ! Dans le jardin
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