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Les lunettes du caméléon

De
121 pages
La vie est si simple que certains, pour la vivre, préfèrent l'entacher de cupidité et de coups bas afin d'édulcorer leur normes d'évasion. Heureusement, la main de la providence est là pour dévier leur malfaisances. Prémonition ou protection divine ? De toutes les manières les innocents ont toujours cette main providentielle-là qui les protège et par effet boomerang travestit les consciences des méchantes gens en charpie pour panser les remords. Ce recueil de textes à caractère "anticipation sociale" traite des remous et travers de la société, notre société, ce pandémonium de l'égoïsme qu'est ce monde, tel que vécu par l'Homme.
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ROMAN











Le Manuscrit
www.manuscrit.com












© Éditions Le Manuscrit, 2004
20, rue des Petits Champs
75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-4543-7 (fichier numérique)
ISBN : 2-7481-4542-9 (livre imprimé)





Dédicace

J’ai depuis toujours rencontré des hommes dans ma chienne de vie.
Ceux qui m’aiment et ceux qui me haïssent.
A toutes ces créatures aux mœurs moirés, je dis merci. Merci
pour cette mirifique contradiction de la vie qui m’a toujours
inspirée et me donne cet imputrescible courage de cracher à travers
ma plume, ce florilège tissé sur fond de tremblote.

Et pour vous, chers amis lecteurs,
je dis ceci :

Tout ce que je raconte ici n’est pas destiné à vous irriter. Non !
Mais si vous vous obstinez à croire que les faits relatés dans ce
recueil et ceux dont vous faites allusion sont indissociables, alors
retenez que le hasard est passé par ma maison avant la mise en
forme de cet ouvrage. Et puis ça se pourrait que ce n’est même pas
à vous que je m’adresse: Le monde est si vaste et illimité que je
peux m’offrir des voyages ... du moins en pensée.


LAOUMAYE MERHOYE Michel
MERHOYE LAOUMAYE





CHAPITRE PREMIER

LA POISSE


La belle Aïcha savait que lorsqu’elle avait la
vessie pleine, elle devait en vidanger le contenu à la
nature. Lorsqu’elle urinait, elle aimerait que cela durât
assez longtemps pour lui permettre d’essorer l’extase
dans toute sa grandeur. Une jouissance muette qu’elle
accomplissait docilement en fermant les paupières.
C’était une délectation naturelle. Après s’être soulagée
de ce fardeau bénin, elle avait l’impression de renaître.
Pour elle, pisser avait des vertus qui surpassaient les
vulgaires plaisirs tels que: déguster de la quinine
lorsqu’on a la malaria, boire du scotch pour se
dégourdir les sens ou vomir pour se débarrasser de
quelque indigestion. Elle haïssait d’ailleurs le
vomissement, car lorsqu’elle le faisait, elle avait
l’impression de se rompre les muscles oculaires, elle
poussait fort, elle haletait bruyamment en émettant un
ou deux pets selon la gravité. Elle interpellait un certain
« hug ! hug! » qui ne répondait jamais. Et lorsque la
respiration devenait courte, elle mourait un peu, que
dis-je ? ... elle goûtait pendant quelques secondes aux
délices du trépas, avant de revenir très rapidement, les
yeux hagards retrouver ses vieilles traces dans cette
chienne de vie qui allait sans se retourner. Oui ! elle
9 LES LUNETTES DU CAMELEON
revenait toujours les yeux pleins de larmes, de cette
pénible épreuve de mise en condition; des larmes de joie
amère qui roulaient sur ses joues. Non ! ce n’était pas le
cas avec la séance d’urine d’où elle revenait
généralement en sifflotant ou même en mimant une
chanson de sa jeunesse. Plus jeune qu’avant, plus
dégourdie et prête à sourire pour rien. La joie de pisser
n’est pas pareille à celle de vomir. Mais, il faudra savoir
préserver ce don du ciel, car s’il parvenait à glisser hors
de son être, elle en perdrait son contrôle et cet acte
deviendrait félon, grincheux et régnerait en maître
absolu.
Aïcha la belle savait également que si uriner
parvenait à devenir involontaire, incontrôlable, on serait
comme une sauce extrêmement salée; une nuit sans
étoile, une femelle dont on a enlevé le sexe devant un
mâle en rut: un étranger à son propre corps, voilà ce
qu’on deviendrait.
Lorsqu’on devait traverser une rue, on aurait
l’impression d’être épié par tout. Les maisons et les
arbres sembleraient vous crier: « Oh! là, que fichez -
vous dans le coin ? On ne serait plus qu’un « pisse-sans-
boire »; le sexe se transformerait en un tamis qui n’aurait
pour seule mission que vous déshydrater en
permanence et la vessie travestie en un bol fendu. Une
pisseuse incorrigible et rien d’autre.
Aïcha descendit du taxi en plein quartier des
roses où habitait sa nouvelle amie Huguette, berceuse
de profession. Elle était aussi surnommée: « La belle
lune » à cause de sa splendeur.
Elle était d’une beauté de colombe. Sa fine
carrure de chatte était comme un poison sucré
emplissant par son parfum ésotérique, la fraîcheur du
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