Les mains dans le dos

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Si quelqu’un vous demande à quel point une femme peut-elle être capable d’amour... Parlez lui de l’histoire de Florence Monardier , une petite fille qui aimait à rire en tenant ses mains dans le dos ! Ce roman parle d’amour , le plus grand qu’il soit ! Il parle aussi de haine. Mais il y a aussi cette violence gratuite et sordide inspirée par la vengeance... On ne peut pas le lire sans qu’il laisse une trace, une colère. Moi-même qui l’ai écrit, je me demande parfois si je l’ai imaginé ou si c’est un drame que j’ai vraiment vécu... Elle aimait tant qu’elle dû mourir pour oublier qu’elle aimait.
Publié le : mardi 9 avril 2002
Lecture(s) : 68
EAN13 : 9782748110746
Nombre de pages : 423
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Les mains dans le dos
François Cyriaque
Les mains dans le dos
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-1075-7 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-1074-9 (pour le livre imprimé)
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PREMIER CHAPITRE
En venant de Loches en direction de Châteauroux on entre dans Buzançais. Petite ville chevauchant lIndre dont lorigine se perd aux confins du moyen âge. Quelque part dans le temps la place fut disputée entre Philippe Auguste et Cur de Lion. Après avoir traversé la rivière et laissé sur sa droite le Pavillon des Ducs on tourne à gauche pour se trouver face à la chapelle Saint Lazard. A quelques kilomètres de là sétend de part et dautres de la route : la forêt de Langevarane. Au carrefour des routes de St-Genou et dArgy au lieu-dit : « Le Dôme aux Loups » se dresse une solide bâtisse dun étage au toit de tuiles aux pentes douces, aux murs de pierres blanches et aux soubassements de meulières. Ensemble insolent au défit du temps. Lorigine de cette nomination a eu de multiples origines, sans quaucune ne puisse être retenue comme étant la vérité. Une gouttière de zinc neuf sépare dun trait luisant la toiture de la corniche La façade principale, comporte à létage trois ouvertures rectangulaires. Au rez-de-chaussée une grande porte à double battant avec de chaque coté, deux fenêtres à petits carreaux. Les volets sont peints de rouge brun. Les lieux appartiennent à la famille Pascal par le mariage et à la famille Piechal par la naissance.
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Les couvertures jusquau menton, les bras à lex-térieur, Victor Pascal examinait ses mains avec une attention particulière qui lui fronçait ses gros sour-cils gris. Ses petits yeux bleus avaient, malgré lâge, gardé leurs éclats et surtout leur agressivité. Ses che-veux blancs, épais comme une broussaille sauvage, plantés très bas lui donnait un front plat et étroit. Le visage solide, carré, avec des joues épaisses et larges, sillonnées de rides profondes, le teint fortement halé comme celui des gens de mer. Son nez, évasé et énorme lui avait valu moqueries et railleries durant sa jeunesse. Plus tard, il les avait fait cesser par la rudesse de ses poings et par ce tempérament violent qui lui était reconnu dans la région. Victor regardait donc ses mains, courtes et épaisses aux doigts dégale longueur. Il les exami-nait attentivement, les paumes, puis les dos. Il les tournait sans cesse comme le font les enfants dans une comptine : « Ainsi font, font, font les petites marionnettes» - Elles sont encore solides, murmura-t-il avec amertume pourtant on nen veut plus ! Il laissa aller sa tête en arrière sur le traversin de plumes, les yeux fixés au plafond et ses bras retom-bèrent sur lédredon de satin rose. En bas, la com-toise de la salle à manger égrena huit coups. Durant cette nuit, il avait entendu sonner toutes les heures. Il vivait ici en compagnie de sa femme Aurélie avec laquelle il était marié depuis quarante-cinq ans. Aurélie ne dormit pas non plus de la nuit, elle ne fit que semblant. Sans doute pour ne pas entamer avec son époux une conversation, et des questions auxquelles, elle aurait eu du mal à répondre. La journée qui samorçait et celles qui suivaient seraient assez longues pour celaHier, le huit Octobre à dix-sept heures avait sonné pour Victor Pascal, la dernière heure du dernier jour de travail : La retraite ! après cinquante années de
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labeur. Il ne sétait arrêté que de rares fois. La pre-mière, le dix-neuf juin 1935, trois jours, pour convo-ler en justes noces avec Aurélie Piedchal âgée de dix-sept ans. Dernière enfant dAuguste Piedchal maître ferronnier compagnon du Devoir et Franc Maçon, approchant les deux mètres et dépassant al-lègrement le quintal, fort en gueule, du coude et des poings. Et de Césarine Angignard, une solide femme forgée par les rudesses de la terre, elle avait une répu-tation de guérisseuse et pratiquait, disait-on, quelque peu la voyance et dautres choses évoquées quà voix basse. Quand un fait étrange se produisait dans la région, on appelait « la Césarine », personne ne la nommait autrement. Il lui était né quatre garçons, les uns derrière les autres, et une fille qui vint au monde dix ans plus tard : Aurélie ne tenait tempérament ni de sa mère ni du père, mais plutôt de son oncle Henry, le frère dAuguste. Un homme doux, honnête et solide au travail, bon chrétien et pratiquant. Des quatre frères, il nen restait quun, deux moururent à la guerre, un autre lors du « drame dArpheuilles. »
Ce fut beau mariage, civil et somptueux dont on parla longtemps, empreint de cette bonne humeur quon avait dans cette période entre deux guerres. Il y avait plus de cent convives. Victor Pascal lui, était un enfant de lAssistance Publique, quelquun lui avait dit une fois, alors quil avait tout juste douze ans, quil avait une demi-sur, on ne lui en avait pas dit plus, ni il navait cherché à en savoir davantage. Ce quil savait avant tout, cest quon lavait déposé une nuit du mois de Mai au guichet de lHôtel-Dieu de Caen avec un billet priant de lappeler Victor et de lui dire, quand il serait en âge de comprendre, que
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sa mère demandait à être pardonnée, et quelle pen-serait à lui toute sa vie. Il navait pas comprit et il ne pardonnait pas. Comme ce jour du mois de Mai était le jour de la Saint Pascal, lofficier détat civil le donna le patronyme de Pascal. Les Piedchal eux, avaient acquis, de génération en génération, une cer-taine opulence constituée de terres, obtenues sous le premier empire, Clément Aimé Piechal avait été ca-pitaine dartillerie en 1806, comme cétait un homme habile, en 1815 il rejoint les armées de Louis XVIII avec le grade de lieutenant, fait qui lui permis conser-ver les fermages donnés par Napoléon. Pour ses re-tournements politiques, il fut mit longtemps à lin-dex, ensuite les ragots sétaient calmés et avec le temps, les Piechal finirent par obtenir oubli et bonne réputation. Les festivités avaient duré deux jours et deux nuits sans relâche, la musique battait son plein, on avait engagé un petit orchestre régional. Il y eut même des réconciliations entre personnes sétant fâchées dans le temps et naturellement, pour des raisons quelles avaient oubliées.
Là, dans son lit, à cet instant, sans trop savoir pourquoi, Victor se souvenait de ce jour comme sil y était, il revoyait les visages des personnes présentes. Certaines étaient mortes, dautres avaient quitté la région. Il fut aux prises avec ces pensées qui sur-gissent subitement, venant dune époque que lon croit parfois enfouie par le temps. Il aimait toujours son Aurélie, mais à sa façonLes pensionnats, les placements, les humiliations, les coups, nen navait pas fait un expansif ni un démonstratif. Il murmura entre ses dents :
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