Les mémoires de l'épouvantail

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1939 : la drôle de guerre commence. Courtange, un petit village comme il y en a tant dans les Ardennes. Un épouvantail accroché à la cime d'un noyer pour en éloigner les corbeaux. L'auteur en le dotant de deux longues oreilles et de deux grands yeux en fait le témoin indiscret de la vie du village. Il devient naturellement le confident involontaire du père Jules, son Geppetto, d'Elfried poursuivie par la haine de quelques femmes qui lui reprochent ses origines germaniques, de Pierre et de Nicole aux portes de l'adolescence et qui découvrent l'amour. L'évacuation, l'occupation avec ses drames et ses règlements de compte : dans un style alerte, avec humour souvent, avec émotion toujours, le pantin de paille raconte...
Publié le : lundi 2 juin 2008
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EAN13 : 9782304004861
Nombre de pages : 155
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Titre
Les mémoires de l'épouvantail
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Titre Bernard Totot
Les mémoires de l'épouvantail
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2008 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-00486-1 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304004861 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-00487-8 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304004878 (livre numérique)
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A Quentin En avant toujours, repos ailleurs.Le père Jules.
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AANT-PROPOSV
Une envie soudaine, irrésistible et irraisonnée de raconter sa vie. C’est le premier symptôme de cette maladie que bien savamment je vous l’accorde, je nommerai « autobiographitose neu-ro-dégénérative aigüe ». Cette affection qui ne frappait jusqu’alors que les vieux - pardonnez-moi, je n’ai pas trouvé d’autre vocable - cette affection, dis-je, atteint aujourd’hui tous les âges et à mon grand désespoir, je n’y échappe pas. C’est un mal incurable et qui, même si son ca-ractère contagieux n’a pas été scientifiquement prouvé par l’académie de médecine, peut pro-voquer chez l’entourage immédiat du patient, dans sa forme la plus pénible bien entendu, une certaine lassitude qui, si on n’y prend garde, peut devenir chronique. Enfin, ce ne sont que paroles d’épouvantail et il appartient à chacun de leur donner l’importance qu’il juge oppor-tune !… Une chose est sûre : c’est au contact du père Jules que j’ai contracté cette maladie. Je m’explique : il avait vécu des événements dra-
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Les mémoires de l'épouvantail
matiques dans les tranchées du premier conflit mondial et il en avait rapporté sur un petit car-net noir le récit succinct à partir duquel il comp-tait bien écrire ses mémoires de guerre d’abord, ses mémoires tout court ensuite. Ambition res-pectable s’il en est. Le jour où il me donna forme humaine j’eus l’impression qu’il me transmettait en même temps que l’ouïe et la vue cette sorte de rêve flou qu’il n’avait su ou pu réaliser par manque de culture littéraire peut-être ou tout simplement parce que les circons-tances de la vie l’en avaient empêché. C’est sans doute la raison pour laquelle je me suis sentis investi de la mission de raconter à qui voudra bien m’écouter sans craindre la contagion, ce que du haut de mon perchoir, le noyer du jardin, j’ai vu et entendu en toute in-discrétion bien sûr.
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