Les Miroirs intérieurs

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Mais je vous le disais! Comment être libre avec un autre" toujours là pour vous influencer ou vous dissuader? Comment être libre sans le choix de "venir" et celui de "partir"? Je m’explique: dès que vous mettez le premier pas dans ce segment de vie, on vous assigne votre "Autre"… Pour être libre il faut s’en débarrasser, non! Pour s’en débarrasser il faut quitter le segment! Vous voyez combien c’est problématique cette situation! La liberté, on la laisse dehors avant de pénétrer dans ce segment et on la récupère à la sortie. Autrement, réfugiez-vous dans la folie… Vous serez peut-être libres?"
Publié le : jeudi 29 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748382495
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748382495
Nombre de pages : 98
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Hamady Zéramdini LES MIROIRS INTÉRIEURS Monologues des folies ordinaires
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0117485.000.R.P.2012.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2012
À Samia Sehili, mon épouse, à Myriam, Omar et Sarah, mes enfants. Je les remercie de mavoir soutenu et davoir constitué mon premier comité de lecture redoutable et averti. À ma feue mère Halima, à mon père Ameur qui nont jamais été à lécole mais qui ont aimé lécole. Je les remercie davoir peiné pour le bonheur de me voir instruit.
Sommaire Lhirondelle blanche..........................................................................9Le fou cest l « Autre » ....................................................................21 Elle me regardait dans les yeux ! ...................................................59 Le scorpion.......................................................................................65La chose ............................................................................................87
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L’hirondelle blanche Aujourdhui, jai soixante-dix ans. Je suis assis, en ce moment, sur un fauteuil confortable chez mon coiffeur. Jai eu lenvie de me raser la barbe et de me faire une coupe de cheveux. Ce soir, après le coiffeur jai décidé de moffrir un dîner en tête-à-tête avec moi-même. Jai déjà réservé une table dans un restaurant très chic de la banlieue nord de Tunis. Jaime ce restaurant au bord de la mer.  Pourquoi dîner seul ? Je suis veuf depuis, bientôt, deux ans. Mes enfants, ma fille et mon fils, sont mariés et travaillent à létranger. Ils se sont contentés de me téléphoner ce matin pour me souhaiter un bon anniversaire. Cest déjà bien quils naient pas oublié et pourtant, au fond de moi-même, jaurai bien aimé quà partir de cette année on oublie mes anniversaires. Mes amis, ceux de mon âge, je ne les vois plus. Ils sont morts ou bien fous, sinon quelque part dans un hospice pour troisième âge où on les avait déposés là en pensant les réunir ensemble, entre personnes âgées, comme de vieilles valises en-combrantes qui ne servent plus à rien. Des valises quon dépose dans une consigne, on jette la clef et on les oublie. Pour les plus optimistes parmi eux car lespoir, contrairement à ce quon croit na rien à voir avec lâge, pour ceux-là ce rassemblement dans cette caserne différente de la caserne de leurs vingt ans, repré-sente un lieu de solidarité humaine pour atténuer mutuellement le froid de la solitude et lamertume de loubli avant lextinction des dernières lumières de la vie. Leurs rôles sur scène sont fi-
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LES MIROIRS INTÉRIEURS
nis ? Le casting est, malheureusement, toujours renouvelé par celui qui a écrit cette vielle comédie. La pièce continue avec dautres qui occuperont la scène. Aujourdhui, je suis encore moi-même dans les coulisses de ce théâtre de la vie. Je fais de la résistance. Jai encore assez de force et de lucidité pour adoucir ma soli-tude par la lecture, lécriture et un bon verre de vin. Ce sont les seules choses qui ne sennuient pas de vous quel que soit le nombre des années passées ensemble. Après ma femme jai eu deux courtes liaisons, elles mavaient quitté parce que, disaient-elles, je suis trop ennuyeux ? Lune détestait mes livres lautre préférait sa liberté. Jai la tête un peu baissée, en ce moment, pour donner une meilleure position de coupe à mon coiffeur. Cette position a le privilège de me permettre davoir les yeux baissés pour éviter de me regarder dans le miroir devant moi. Je préfère éviter de croi-ser le regard de cet autre moi-même qui change avec le changement des saisons et sachemine de plus en plus vite vers la déchéance et la décrépitude. Finalement, cest lui qui me fait de la peine ! Il est en détresse et je ne peux rien faire pour lui ? Vu la fréquence de mes visites dans ce lieu, une fois au moins par mois, pendant toutes ces nombreuses et courtes an-nées, jai pu observer la courbe de ma vie tracée sur le tablier que me fait endosser le barbier avant chaque coupe. Ce tablier noir est devenu, depuis quelques années, mon véritable miroir auquel je ne pourrai échapper. Il est le tableau noir affichant le nombre des années parcourues et répertoriées selon deux ou trois nuances de couleurs, allant du noir au sel et poivre jus-quau blanc. Lâge nest plus ce nombre quon peut cacher ou ignorer mais ce glissement tranquille dune saison à une autre sur une pente qui ne mène nulle part ! Ce passage subtil dune couleur à une autre couleur. Ce noir ou blanc quon arbore, bon gré mal gré, bien haut sur nos têtes. Je naimais plus le blanc
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