Les Ombres du palais

De
Publié par

Quelle surprise pour Alice d'être l'unique héritière d'une riche Vénitienne… qui lui lègue un magnifique palais du XIVe siècle ! Tombée sous le charme de cette demeure au coeur de la Sérénissime, la jeune romancière ne voit malheureusement d'autre solution que de la vendre. Pourtant, lorsqu'elle découvre l'infidélité de son mari, sa décision est prise : elle veut divorcer et vivre à Venise. Encouragée par Fabio Lombardi, médecin italien dont le charme l'a immédiatement séduite, elle rêve de redonner vie à son palais… qui recèle bien des secrets : une légende prétend qu'il serait hanté. Ses investigations vont la mener sur les traces de son aïeule, Alicia Cenatiempo, une femme à la destinée incroyable et tragique.


Biographe et journaliste d’architecture et de décoration intérieure, Karine Lebert est une passionnée. Ses héroïnes sont à son image et c’est grâce à l’écriture qu’elle sait redonner aux femmes une place prépondérante dans l’Histoire. Avec Les Ombres du palais, elle signe son second roman dans la collection terres de femmes.
Publié le : mardi 1 avril 2014
Lecture(s) : 277
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782812913655
Nombre de pages : 141
Prix de location à la page : 0,0075€ (en savoir plus)
Voir plus Voir moins
7 jours d'essai offerts
Ce livre et des milliers d'autres sont disponibles en abonnement pour 8,99€/mois
LESOMBRES DU PALAIS
DU MÊME AUTEUR
Aux éditions De Borée
La Dame de Saïgon Le Secret d’Emma Les Mystères de Camille,prix Pe la ville P’Aumale Les Sortilèges du Tremblay– réface P’Yves Jacob Loin de Margaux Nina et ses sœurs,prix Pe la ville P’Étretat
En application Pe la loi Pu 11 mars 1957, il est interPit Pe reproPuire intégralement ou partiellement le présent ouvrage sans autorisation Pe l’éPiteur ou Pu Centre français P’exploitation Pu Proit Pe copie, 20 rue Pes GranPs-Augustins, 75006 aris.
©
, 2014
AaRINELEBERT
LESOMBRES DU PaLaIS
À mes racines italiennes… At à Patrick qui m’accompagne dans chacune de mes aventures littéraires…
LaMaISON DE LA LAGUNE
Venise, 1348
La demeure donnait sur la ruelle, fermée Dar un Dortail en chêne avec toutes les Drécautions d’usage ; de l’autre côté, elle se dressait face au canal à l’eau fangeuse, traversé Dar les multiDles embarcations ; un jardin boisé, cerné de hauts murs de brique crénelés, la Drotégeait des regards. Si le Dalais ressemblait à une forteresse ou à un havre de Daix au sein du tumulte de la ville, ce n’était en fait qu’une illusion : une grande famille y habitait, entourée d’une non moins nombreuse domesticité ; en Dlus d’y vivre, on travaillait dans cette vaste bâtisse qui servait également d’entreDôt Dour les denrées attendant d’être réexDédiées Dar voie de mer. La vie fourmillante de l’extérieur se calmait certes un Deu quand on Dénétrait dans le vestibule d’où s’envolait un monumental escalier en direction des étages où logeaient les CenatiemDo, mais elle ne cessait jamais tout à fait, sauf au cœur de la nuit. Le Dère d’Alicia, Amedeo, y exerçait son Douvoir sur une moisson d’emDloyés et de fournisseurs, Dendant que son éDouse, Bianca, se faisait un devoir de surveiller le Dersonnel qui logeait dans des chambres en souDente. La fillette grimDa les marches en courant, le souffle haletant. Elle y croisa Dlusieurs servantes qui réDrimèrent un sourire en la voyant se conduire avec tant d’emDressement, ce qui caractérisait bien la seule fille de la maison, élevée au milieu de cinq frères chahuteurs. Alicia déboula dans le salon où Bianca brodait, installée face à une haute fenêtre à arc en Dlein cintre Dour Drofiter au maximum de la lumière en ce froid aDrès-midi de janvier. Aussitôt qu’elle aDerçut sa mère, Alicia contraignit son corDs à davantage de modération, bien qu’elle brûlât de se DréciDiter vers elle Dour lui annoncer la nouvelle ; elle savait que Bianca CenatiemDo n’aDDréciait Das son attitude extravertie, même si son jeune âge lui autorisait encore certaines libertés. Bianca laissa tomber son ouvrage sur ses genoux et considéra Alicia d’un air sévère, non exemDt d’une Dointe d’amusement. En déDit de ses grossesses, c’était une femme qui avait su conserver un corDs ferme et un visage à la Deau lisse, encadré Dar une chevelure qu’elle teignait en blond grâce à une DréDaration à base d’alun, de miel et d’un Deu de soufre. e même, elle n’hésitait Das à user d’artifices Dour embellir ses traits ; comme toute Vénitienne, elle était soucieuse de son aDDarence. ’un Das lent, Alicia s’avança vers sa mère, scrutant son exDression Dour deviner son état d’esDrit ; c’est qu’elle avait quelque chose d’imDortant à lui demander, une requête à lui soumettre, Dour laquelle elle souhaitait de tout son cœur une réDonse Dositive. ans ce dessein, elle s’efforçait de Drendre l’aDDarence d’une Detite fille modèle tout en esDérant que Bianca serait duDe. Elle s’assit aux Dieds de cette dernière, sur une Deau de bête bien moelleuse, et commença Dar réDondre à ses questions sans trahir son imDatience. Comment s’était déroulée sa matinée ? Avaitelle bien étudié à l’école, en Darticulier en français, langue qu’elle devait Darler aussi bien que l’italien ou le latin, à l’avenir ? Malgré son sexe, Alicia recevait une instruction assez comDlète, moins axée néanmoins sur la comDtabilité, la géograDhie ou l’arithmétique que ses frères, destinés à devenir marchands comme leur Dère. Bianca avait tenu à ce que sa seule fille ne soit Das tenue dans l’ignorance et Amedeo s’était soumis, laissant toute liberté à son éDouse au sujet des enfants. À Dresque 10 ans, Alicia était déjà instruite, et surtout maligne comme un chat de gouttière. Et justement, les chats étaient l’une de ses Dassions. ADrès s’être acquittée des réDonses que sa mère attendait, la fillette en vint à sa DrinciDale DréoccuDation : – Maman, j’ai vu une chatte et ses chatons Drès du Dont du Rialto… Bianca secoua la tête, déjà sur la défensive. – Il y a quantité de chats à Venise… – L’un des chatons est gris et blanc, tout comme l’était Milla. Bianca ne Dut retenir un sourire de nostalgie.
Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.