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Les paradisiaques

De
304 pages
« Un diptyque Les deux volumes, Les Paradisiaques, Sordidissimes, forment un diptyque. D'un côté le lieu enchanté, de l'autre côté l'objet d'épouvante. Comme dans les contes, c'est l'objet sordide qui permet de s'introduire dans le lieu le plus doux. Il s'agit d'un couple indissociable. Face au monde utérin qu'on quitte dans la naissance, le monde souterrain où on entre dans la mort. Face au lieu perdu involontairement, l'objet qu'on perd activement en le plaçant auprès de la dépouille. Face au site introuvable où le corps se fabrique, la tombe qu'on cherche à signaler à la communauté avec des pierres qu'on amoncelle. Les paradisiaques Les trois premiers tomes de Dernier royaume étaient consacrés à un temps étrange, le jadis. Le jadis est un temps mystérieux qui s'oppose au passé. Inorienté, il travaille le présent comme la foudre le ciel, comme la lave le fond de la terre, comme le big bang le fond de l'univers, comme la pulsion inconsciente le fond de l'âme. Les Paradisiaques - le tome IV de Dernier royaume - est consacré à un espace étrange, le paradis. L'espace où le temps mystérieux du jadis jouit est le paradis. C'est le lieu sans faute, humide, doux, vert, perpétuellement printanier. C'est le lieu immobile, irradiant, où a lieu le coup de foudre de l'amour. Dans ce lieu on ignore tous ceux qu'on avait cru connaître. Dans ce lieu on reconnaît sur-le-champ celui ou celle qu'on ignore. C'est la définition du coup de foudre. « Frappé par la foudre » se disait en latin « fanatique ». Les amants sont les seuls vrais fanatiques. Les Paradisiaques contiennent 42 contes sur la reconnaissance impossible de ceux qui se sont aimés. Pascal Quignard
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