Les Péripéties d'une angoissée...

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Raphaëlle est une jeune femme de 40 ans. À un moment donné de sa vie, elle se retrouve propulsée dans l’univers si particulier du monde hospitalier. Mais comment traverser et gérer cette aventure lorsque l’angoisse, l’anxiété et l’hypocondrie sont des boulets dans son quotidien ?

Raphaëlle vous livre ses péripéties avec humour et dérision.

Bonne lecture !


Publié le : jeudi 26 février 2015
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EAN13 : 9782332867315
Nombre de pages : 96
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intégrale ou partielle réservés pour tous pays.

 

ISBN numérique : 978-2-332-86729-2

 

© Edilivre, 2015

Citation

 

 

« Toute angoisse cherche son extase ; et à défaut d’extase, son exaltation. »

André Malraux

 

 

Phobie, anxiété, peur incontrôlable et j’en passe… estomac qui se noue, tremblements, tétanie, crise de panique… voilà les quelques joyeux et extraordinaires symptômes de l’histoire d’une angoissée, voire hypocondriaque. L’angoisse est semble-t-il une réaction face à un danger. Freud pensait que l’origine de la constitution du mécanisme de l’angoisse serait la naissance. Il parle ainsi d’« angoisse originaire de la naissance ». Ce n’est pas faux. En ce qui concerne Raphaëlle c’est sûrement un début d’explication. Raphaëlle est donc notre personnage principal. Je vais vous en faire une rapide présentation. Agée de quarante ans, mère de deux enfants, femme active et indépendante, Raphaëlle se traîne littéralement un boulet au quotidien. Ce boulet accroché à sa petite personne se régale chaque jour des péripéties qu’il engendre. Un boulet pourrions-nous dire ou carrément un fardeau qu’elle porte sur son dos depuis longtemps mais qui, au final, vous le verrez peut être, peu à peu, apprivoisé, bien que cela demande du temps, de l’expérimentation, de la persévérance et des méthodes bien spécifiques afin d’en obtenir une maîtrise totale.

Les origines de Raphaëlle quant à sa naissance sont tout aussi rocambolesques. Son arrivée sur cette terre se fit dans une totale précipitation. Grossesse cachée par son adolescente de mère, accouchement à domicile sans équipe médicale, géré uniquement par la future maman, sortie avec le cordon ombilical autour du cou, panique à bord de toute la maisonnée ; en résumé, une arrivée sur les chapeaux de roues, en catastrophe et en fanfare. La théorie de Freud à ce moment-là tient la route il me semble. On peut ainsi mieux comprendre le fonctionnement de notre personnage, les états de frayeur qu’elle peut avoir et qui se déclarent par l’arrivée de pensées négatives. Il faut savoir que pour une angoissée telle que Raphaëlle, tout peut être source d’angoisse. Certains évènements de la vie courante qui pour vous, vous sembleront banals prendront une ampleur démesurée pour elle. Relativiser se révèle être d’un effort surhumain. Elle prend de pleine face les sentiments qui se bousculent dans sa tête et qui s’expriment ensuite à travers son corps. Le corps et l’esprit s’unissent à jamais car l’un ne va pas sans l’autre et réciproquement.

Nous n’imaginons pas à quel point l’esprit peut influencer notre corps et la prise de contrôle qu’il peut avoir. Raphaëlle a déjà expérimenté les fameuses crises de spasmophilie. C’est effrayant la perte de contrôle de soi tel un navire en dérive, l’impuissance face aux manifestations qui submergent l’organisme et qui le laissent dans un épuisement total.

L’hypocondrie chez Raphaëlle est à double dose, en piqûre de rappel. Elle la gère relativement bien car celle-ci reste mesurée et non névrotique. Comme tout hypocondriaque, le moindre symptôme inhabituel va déclencher immédiatement un sentiment d’effroi.

A son niveau, afin de se rassurer, Raphaëlle a toujours LA bonne idée. Elle se jette dans une consultation privée via le net. Facile, rapide, et pas chère. Je me doute de ce que vous pensez. Sur le net, on y trouve de tout et surtout du n’importe quoi. Des personnes, qui ne sont pas des médecins, préconisent à leur façon, différents remèdes les plus farfelus les uns que les autres. On y trouve aussi des témoignages souvent effrayants et dramatiques. Rien qui ne puisse faire baisser la tension de Raphaëlle mais malgré cela c’est une réelle addiction. Dans ce moment-là, elle sent son estomac faire des bonds et son cœur s’emballe subitement.

On respire à fond ! On se masse le plexus solaire, on prend une tisane à la camomille et on se fait couler un bon bain chaud et relaxant. Raphaëlle se détend mais c’est toujours de courte durée. Son cerveau fonctionne à cent à l’heure et hop, en moins de temps qu’il n’en faut, c’est reparti ! Alors que fait-elle ? Mais oui, elle a LA solution. Elle se plonge à nouveau sur le net, en espérant cette fois-ci lire des témoignages positifs et trouver des réponses à ses interrogations qui pourront modérer ou diminuer son état de stress. Il y a sûrement des pages ou des témoignages qu’elle a dû rater ! Au bout de quelques heures de recherche, c’est pire finalement. Raphaëlle est encore plus à cran. Jamais à court d’idées, l’autre solution qui s’impose à elle est de prendre directement un rendez-vous avec son médecin généraliste qui est devenu un véritable ami au fil du temps et elle peut le séquestrer tant qu’il n’a pas répondu à toutes ses questions. Elle se fiche éperdument de l’attente pour les autres patients. Plus rien ne compte. S’il y a des personnes âgées, des enfants, qui attendent eh bien ! Tant pis. Elle n’a aucun remord car après tout, ELLE est sûrement atteinte d’une pathologie grave, voire très grave ou fatale. Son cas est prioritaire.

SON docteur est à elle, tout à elle.

Aussitôt dit aussitôt fait. Le rendez-vous est calé mais souvent, hélas, pas le jour-même et les négociations qu’elle tente d’entamer avec la secrétaire pour avoir une place entre deux patients (qui eux ne présentent aucune urgence évidemment) ne change rien. Il faut donc qu’elle patiente et essaie, comme elle le peut, d’adoucir son état.

… Courir dans un champ, nue comme un ver,… en criant !, est souvent l’idée qui lui traverse l’esprit.

Ce serait le bon moyen pour la calmer mais en réalité elle finirait à la gendarmerie, nue en plus, et direction les services psychiatriques avec la camisole de force, qui n’est pas très sexy mais un rien l’habille notre Raphaëlle et puis la pudeur n’est plus sa priorité.

La pudeur, parlons-en ! Raphaëlle est une personne dans une normalité correcte en ce qui concerne le domaine de la pudeur mais là, inexplicablement, elle se découvre une âme d’exhibitionnisme lorsqu’elle est dans ses états de crises.

Son corps ne lui appartient plus. Il y a une déconnection totale. Il devient une chose qu’elle n’arrive plus à comprendre et à contrôler. Ce corps devient un étranger et elle n’a plus aucune appréhension à dévoiler même les parties les plus intimes de son anatomie afin de découvrir si tels ou tels symptômes, rougeurs, boutons ou autres bizarreries, ne sont pas en phase de devenir une maladie horrible, incurable l’entraînant dans d’atroces souffrances. Evidemment, Raphaëlle se positionne toujours dans l’extrême. C’est souvent comme un yo-yo. On passe d’un extrême à un autre en quelques secondes. Mais je vous rassure, elle a une vie bien remplie et finalement on pourrait penser qu’elle s’ennuierait presque si elle n’avait pas tout cela ! En y réfléchissant bien, Raphaëlle a même sa propre théorie sur le sujet. Elle pense que c’est comme pour conjurer le mauvais sort. Une analyse psychologique à l’envers. Plus elle nage dans ce méandre plus elle se protège. Une complexité d’auto-analyse bien à elle qui peut faire sourire. Elle en sourit d’ailleurs car elle sait très bien que cela n’a aucun sens mais, nous cherchons tous, un jour ou l’autre, des réponses aux mystères qui entourent notre propre personne. N’y a-t-il pas, finalement, en chacun d’entre nous un hypocondriaque qui s’ignore ou qui ne veut pas se l’avouer ! Est-il facile de rester serein dans n’importe quelle situation ?

Raphaëlle envie la sérénité chez certaines de ses amies, bien que l’une d’entre elle soit pire que Raphaëlle. Lorsque les deux amies sont réunies, cela mériterait une analyse pointue d’un thérapeute qui, je pense, le pauvre, n’en sortirait pas indemne ! A elles deux, elles se trouvent toutes les maladies possibles. Elles connaissent toutes les médecines parallèles qui pourront éventuellement les sauver si, ô malheur, la médecine traditionnelle ne peut plus rien faire pour leurs cas désespérés.

Elles n’hésitent pas à parler de magnétiseur, remèdes de grand-mère, potions à concocter avec des tas de plantes (au final une mixture imbuvable), livres de sorcières (les ingrédients sont souvent impossibles à trouver ; par exemple un crâne de lapin, c’est une demande surprenante à faire à votre boucher !), et dans le scénario le plus catastrophe, se rendre à Lourdes pour y déposer un cierge voire plusieurs, pour plus de sûreté !… Faute de quoi, Raphaëlle (car pour son amie elle ne sait pas quelle technique fonctionne) se retrouverait inexorablement en train de…

… courir dans un champ, nue comme un ver… en criant !

C’est le seul moyen qui aide à l’évacuation du stress ! C’est une nouvelle méthode très tendance ! Quoi ! Vous ne la connaissez pas ? Sérieusement, vous imaginez le tableau et la réaction étonnée des voisins ! « Intéressante et extravagante cette voisine qui fait son jogging en tenue d’Eve ! » « Oui, oui, il paraît que c’est une nouvelle thérapie révolutionnaire » !

Raphaëlle a de l’humour et prend souvent le contre-pied par la dérision. Il y a sûrement un Mister Jekyl et Miss Hyde en elle. Depuis toute petite, elle a appris à faire bonne figure dans toutes les situations. Le contrôle absolu de soi vis-à-vis des autres lui permet de se protéger. Son enfance certes heureuse mais privée de la présence paternelle a joué sur sa personnalité et la carapace qu’elle a revêtue. C’est un long apprentissage qu’elle sait parfaitement piloter depuis toutes ces années maintenant. Une vraie pilote ! (pilote, avec l’accent anglais c’est encore mieux) ! Quelle classe Raphaëlle !

Comme toutes les angoissées, anxieuses et hypocondriaques, le milieu hospitalier est souvent source de frayeurs de toutes sortes mais en même temps source de réconfort. Cela peut paraître paradoxal mais après tout l’être humain est à l’origine de nombreux paradoxes et d’une grande complexité !

Raphaëlle se trouva donc, à un moment donné de sa vie, confrontée au monde si singulier du monde hospitalier, de son univers blanc et stérile, des odeurs si particulières mélange de désinfectant et d’odeurs humaines, des gens qui se pressent dans tous les sens pour un rendez-vous avec un praticien, des salles d’attente où l’on patiente souvent longtemps en attendant son tour, s’observant mutuellement ou en faisant semblant d’être captivé par la lecture d’un journal, qui n’a nul doute aucun intérêt, et souvent où il y manque des pages ; des sirènes d’ambulances au dehors, des brancards qui passent avec une personne allongée dessus à demie comateuse,… une petite ville à elle toute seule.

Tout débute un soir de décembre où lors d’un soulagement pressant aux toilettes, une pause pipi pour être précise, elle y découvre avec horreur du sang. Le malaise commence à l’envahir, la tête tourne dangereusement et le cœur s’emballe à vive allure. Maintenant que vous connaissez un peu mieux Raphaëlle, vous vous doutez certainement de ce qu’elle va faire !

Direction les urgences. Il est impensable qu’elle puisse passer le reste de la nuit avec une éventuelle hémorragie quelque part car il est évident que c’est sûrement très grave et elle se demande d’ailleurs si elle ne devrait pas...

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