Les promesses d'avril (Harlequin Prélud')

De
Publié par

Les promesses d'avril, Margaret Watson

Un coup de foudre...Gideon Tate demande à lui parler, Zoe est préparée à tout sauf à l'attirance physique réciproque qui vibre aussitôt entre elle et cet homme qu'elle rencontre pour la première fois. Pourtant, pour elle, la colère et la méfiance ne devraient-elles pas plutôt l'emporter, face à Gideon Tate, si séduisant soit-il ? Car Gideon n'est autre que le frère de Derrick - cet ex-mari brutal contre lequel Zoe a dû se défendre pour sauver sa peau - , il porte le nom honni des Tate, sa belle-famille qui ose mettre en doute la violence de Derrick. Cependant, troublée, Zoe se surprend à convenir que rien, chez Gideon Tate, n'évoque le tempérament de son frère. Et, si elle le croit, il n'est pas venu l'accuser, mais chercher des réponses...

Publié le : lundi 1 février 2010
Lecture(s) : 8
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782280288569
Nombre de pages : 320
Voir plus Voir moins
Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Prologue

— Zoe, si ta mère et moi divorcions, avec qui resterais-tu ?

L’estomac noué, se sentant piégée, la fillette de onze ans regarda fixement devant elle. Enfermée dans la voiture avec son père, elle ne pouvait pas se dérober.

— Je veux pas choisir.

— Mais si tu étais obligée ?

— Maman et toi vous allez divorcer ?

— Bien sûr que non. Jamais ta mère ne me quitterait. Elle m’adore. Comme vous m’adorez, tes sœurs et toi. Pas vrai ?

Elle savait qu’il l’observait tout en conduisant.

— Oui, papa.

N’était-ce pas ce qu’elle était censée répondre ?

— Alors, tu resterais avec moi ?

il tira sur sa queue-de-cheval tout en posant la question. Elle se dégagea et sa longue touffe de cheveux noirs vint caresser sa joue.

— Tu as dit que vous n’alliez pas divorcer.

— Mais imaginons, s’impatienta son père.

— Je resterais avec mes sœurs. Des triplées, ça reste ensemble

Elle regarda son père à la dérobée. Cette réponse ne lui plaisait sûrement pas.

— Ce n’est pas ce que je t’ai demandé, fit-il en haussant le ton.

Zoe avait la nausée à cause de l’odeur que dégageait le tabac de sa pipe.

Pourvu qu’on arrive vite à la maison !

— Je poserai la question à tes sœurs. Elles resteraient sûrement avec moi.

— Alors, maman serait toute seule.

— Ce serait sa punition pour m’avoir quitté.

— Tu as dit qu’elle ne te quitterait jamais, marmonna la fillette.

— Je te trouve bien insolente, aujourd’hui ! Je n’aime pas les petites filles insolentes ! Tes sœurs ne sont pas comme ça.

Zoe savait déjà ce que ses sœurs que répondraient à leur père. Bree dirait qu’elle resterait avec lui, Fiona avec leur mère. Fiona ne se laissait jamais impressionner par leur père lorsqu’il se mettait à crier ; elle se contentait de prendre un air lointain.

Zoe avait tellement mal au cœur qu’elle craignait de vomir dans la voiture. C’est pour le coup que son père se mettrait dans tous ses états !

— Tu resterais avec moi, hein ?

il avait changé de ton pour se faire convaincant, comme chaque fois qu’il voulait lui extorquer son approbation.

— Tu n’aimes pas ton papa ?

— Si, papa, dit-elle docilement.

— Alors tu resterais avec moi ?

Son père venait de s’engager dans l’allée devant leur maison. La voiture était à peine arrêtée que Zoe s’élança dans le jardin et s’engouffra en rampant sous le fouillis de chèvrefeuille, près de la clôture.

Elle resta accroupie là jusqu’à ce qu’elle ait la certitude que son père ne l’avait pas suivie. Puis elle s’assit et s’adossa à la clôture, respirant le parfum du chèvrefeuille et laissant les larmes couler sur ses joues.

Dix-huit ans plus tard

Lorsqu’elle poussa la porte, Zoe fut accueillie par une odeur de renfermé. Bree la suivait à pas lents, avec son fils Charlie qui arborait la mine renfrognée typique des préadolescents. Bree fit deux pas dans l’entrée et s’arrêta.

— Ça n’a vraiment pas changé, fit-elle remarquer en passant le doigt sur la console en marbre que surmontait le miroir au cadre doré.

— « Home, sweet home », ironisa Zoe.

Elle alluma la lampe pour dissiper les ténèbres.

— Tu es sûre que ça va aller ? poursuivit-elle. Tu sais que tu pourrais venir loger chez moi.

— Ça va aller.

Bree entra dans le salon. Le portrait de leur père, portant la grande tenue de remise des diplômes à l’université, trônait toujours au-dessus de la cheminée. Des cadres où l’on voyait des photos des fillettes avec leur mère étaient posés sur un guéridon, dans un coin de la pièce.

— Bon courage, marmonna Zoe.

— J’espère qu’il y a au moins une télé, dans cette baraque pourrie, fit Charlie en refermant la porte d’entrée d’un coup de pied.

— Charlie Mcinnes ! Je te prie de surveiller ton langage ! s’exclama Bree.

Le garçon leva les yeux au ciel derrière ses lunettes.

— Désolé, m’man. Est-ce qu’il y a une télé, dans cette maison ?

— Oui, il y en a une, répondit Zoe.

Pauvre Charlie ! A sa place, la perspective de passer plusieurs mois dans cette maison hantée par le malheur ne l’aurait pas réjouie pas non plus.

— Je t’apporterai la console de jeu que j’ai à la maison, proposa-t-elle. Tu veux ?

— O.K.

il semblait légèrement rasséréné.

— Ça va prendre une éternité de tout trier, dit Bree, hésitante. A moins que tu n’aies déjà commencé ?

Soyez le premier à déposer un commentaire !

17/1000 caractères maximum.