Les Rescapés du Flamme

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Le Flamme, ancien navire d'exploration transformé en musée, se retrouve éjecté de son orbite à la suite d'une catastrophe sur une station toute proche. Pour les survivants commence alors une lutte pour leur survie. Pénuries et avaries précèdent l'apparition d'un phénomène spatial inconnu vers lequel se dirige le navire hors de contrôle... Serine Perpa, une serveuse timorée du musée, et Sen Meiney, petit garçon débrouillard d'une dizaine d'années en visite avec un groupe d'enfants, vont vivre chacun à leur manière cette aventure qui va bouleverser leur vie et celle des autres survivants.
Publié le : mardi 22 mai 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748370027
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748370027
Nombre de pages : 460
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Nicolas Motnueq
LES RESCAPÉS DU FLAMME
La saga du masque figé – 1
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0116786.000.R.P.2011.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
À mes enfants, Quentin et Tom
Routine Orbite de Terra 8c Le 8.7.2342  Calendrier universel
Les très légères vibrations cessèrent en quelques secondes universelles, aussi soudainement quelles avaient commencé. Seul le personnel de bord habitué parvenait à les percevoir. Les visiteurs, eux Le petit transporteur effectuant la navette quo-tidienne venait dachever de sarrimer à la coque du navire, au niveau du sas qui avait été ajouté à cette fin. Encore des touris-tes, très certainement en provenance du paquebot spatial en escale sur la station O112. Serine avait pu ladmirer à travers le panoramique du réfectoire, lors de son arrivée, la veille. Elle avait toujours aimé le spectacle véritablement féerique de ces immenses navires de plaisance, filant entre les différents systè-mes du secteur, entre Sol 7, 8 et 9. Elle ne se lassait jamais de les voir approcher, tous feux allumés, réduisant leur vitesse, se positionnant avec une grâce formidable au vu de lénormité de leurs coques blanches ou grises. Certains mesuraient presque un quart de la station, pouvaient accueillir des milliers de passagers en plus de léquipage. La jeune femme sétait toujours promis quun jour, une fois quelle aurait réussi à mettre suffisamment dargent de côté, elle soffrirait elle aussi un voyage Sur Terra Prime, pourquoi pas ? Elle, une native de lespace qui navait jamais posé les pieds sur le sol dune planète et encore moins sur celui de la mythique Terre Quel beau rêve à réaliser ce serait.
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En attendant, il lui restait encore à préparer le vaste réfec-toire en vue de la fin de la visite, à mettre les couverts, à lancer les programmes des servo-cuiseurs. Elle navait pas pris la peine de vérifier le planning sur lorganisateur informatisé des cuisi-nes. Rien dindispensable, après tout. Comme toujours, il allait sagir au mieux de retraités en voyage et pas trop râleurs, au pire de ces touristes bruyants et irrespectueux qui lui faisaient hor-reur. Elle avait appris depuis longtemps à éviter leurs regards méprisants ou dédaigneux, à ignorer leurs rires grossiers, à faire fi de leurs remarques. En règle générale, ils se montraient tout de même moins entreprenants que les ouvriers ou les mineurs du cru. Pour lheure, elle contemplait par la longue et basse fenêtre de la cuisine limmense salle vide où le calme régnait encore. Immense et laide, se redit-elle. Murs uniformes dun bleu pastel où séparpillaient reproductions de photos dépoque, données techniques et commentaires didactiques. Bardoléum vert pâle ayant trop vécu, tâché et usé, que la direction serait bien avisée de faire changer prochainement. Un sol certes pas aussi ancien que le navire lui-même mais peu sen fallait. Et surtout, oui sur-tout, un mobilier couleur chocolat, avec ses plastiques de basse qualité qui empêchaient quon puisse seulement songer donner à ce lieu le terme de Restaurant. Cantine ou Réfectoire lui col-laient bien mieux en définitive. Serine disposait dun peu de temps devant elle. Dabord, il y aurait la visite du navire. Le Flamme, rafiot vieux dune centaine dannées universelles, ves-tige de lépoque glorieuse des découvreurs, des colonisateurs, des balbutiements de la terra-formation. Oh, il avait été à la pointe de la technologie, par le passé. Et la jeune femme devait bien lui concéder quil résistait correctement aux outrages du temps. Poutrelles de métal vingt fois repeintes, murs en alliages plastiques, systèmes de régulations estampillés « inoxydables et imputrescibles ». Mais quen restait-il, sinon un navire destiné aux touristes, quils soient passionnés par lHistoire ou simples
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curieux ? On avait décidé den faire le centre dattraction dO112. Sans lui, qui viendrait visiter cette station minière en marge des zones touristiques habituelles, au bout dune route commerciale peu fréquentée ? Personne, à part ces fameux mi-neurs payés à prix dor et qui travaillaient sur Terra 8c dans des conditions proches de lépouvantable. Encore en train de rêvasser, Serine ? Elle se tourna vers Ingara qui entrait dans la cuisine tout en longueur, au centre du réfectoire, adossée contre linterminable paroi qui faisait face au panoramique extérieur et qui donnait à la salle un aspect en U très allongé. Une fois de plus, sa terrible beauté lui fit comme un pincement au cur. Sa collègue de tra-vail possédait les yeux verts les plus clairs quon puisse imaginer. Son beau visage, fin et régulier, sennoblissait dune bouche sensuelle, dun joli nez à peine pointu et de longs che-veux sombres. Svelte, élancée, racée, elle possédait cependant comme elle  et à linstar de la plupart des natifs de lespace  le teint très clair. Les deux préparatrices sentendaient bien depuis leur ren-contre. Serine ne jalousait pas réellement sa collègue et amie, lenviait simplement.  Beaucoup de monde ? senquit-elle. La grande brune lui répondit par un drôle de sourire puis, voyant que son amie ignorait pourquoi, affirma doucement :  Tu nas pas vu le planning.  Pourquoi ? Ingara arqua un fin sourcil dun air malicieux. Sa curiosité piquée au vif, Serine se retourna et se rendit jusquau tableau de lorganisateur. Létroitesse du lieu les obligeait à louvoyer entre les différents meubles blancs et appareils de cuisson ou de net-toyage. Du bout de lindex, elle activa le miroir de données sur la plaque de contrôle, demanda le planning du jour dun autre effleurement. Lécran de lumière clignota, projetant ses fais-ceaux cadencés tout en nuances de bleus à quelques centimètres
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dans les airs. Ce nétait rien de plus quun écran immatériel mais si pratique et peu encombrant Il nindiqua quun groupe Mais un groupe denfants en goguette dans le secteur. En voyage à bord du paquebot, sans doute avec leurs parents res-pectifs qui les avaient très certainement inscrits à un club des juniors quelconque pour avoir la paix. Ils seraient une trentaine, entre 8 et 14 ans. Un gros soupir lui échappa. Lenvie lui prit de sasseoir sur le petit tabouret gris le plus proche et de se lamen-ter.  Ça va être la pagaille ! Sa collègue lavait suivie, incapable désormais de cesser de sourire. Ingara avait toujours adoré les gosses. Serine les aimait bien, elle aussi, mais pas en groupes, vite incontrôlables. Il lui revint le souvenir assez déplaisant de la dernière colonie de va-cance pour gosses de riches passée sur le Flamme Et les quatre heures universelles de nettoyage intensif qui avaient sui-vi. Le système automatisé dentretien ny avait pas suffi !  Peut-être On verra bien. Elle garda pour elle toute réflexion intime et coupa le miroir de données. Les mots presque blancs sur fond bleu nuit dispa-rurent aussi vite quapparus. Juste un mirage Les épaules de Serine saffaissèrent, elle fit la moue et re-troussa son nez. Cette mimique avait le don de faire rire Ingara. Elle regarda encore la salle par-delà le comptoir vitré, essaya de limaginer pleine denfants turbulents et braillards.  Essaie de voir le bon côté des choses Au moins, les gamins, ils ne pincent pas les fesses ! Elle aurait bien aimé le voir, le bon côté des choses. Et de-puis longtemps. Quel bien y avait-il à se retrouver comme préparatrice de cuisine et serveuse dans lunique « restaurant » dun navire qui avait achevé sa carrière active bien avant sa nais-sance ? Parfois, linjustice de sa situation lui étreignait la poitrine si fort quelle avait limpression détouffer. Les larmes venaient alors toutes seules et elle se retrouvait incapable de les refouler.
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