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LES REVES BRISES

De
223 pages
Certaines sociétés africaines à la fin du 20ème siècle gardent encore les séquelles de la colonisation. Le clivage Loumgou-Ngou avait été orchestré par les colons européens qui les avaient divisés et opposés pour mieux les exploiter. Ce clivage avait provoqué des conflits meurtriers que l'on avait assimilés à des génocides entre ces deux peuples de la province Ngou en Africanie. Le dernier conflit du genre remonte au 14 avril 1994. En effet, ce jour-là des génocidaires Ngou armés de machettes et de gourdins avaient attaqué et incendié tout les villages Loumgou de la région laissant derrière eux la mort et la désolation. Balambo, ce village Loumgou où vivait la famille Bizima reçut le même traitement.
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2 Titre
Les Rêves brisés

3

Titre
Jean-Bernard Tianou
Les Rêves brisés
Le génocide du peuple Loumgou
Roman
Éditions Le Manuscrit






















© Éditions Le Manuscrit, 2007
www.manuscrit.com
ISBN : 2-7481-8302-9 (livre imprimé)
ISBN 13 : 9782748183023 (livre imprimé)
ISBN : 2-7481-8303-7 (livre numérique)
ISBN 13 : 9782748183030 (livre numérique)

6 Dédicace

À tous ceux dont les guerres ont brisé les rêves ou
détourné le destin à travers le monde.
À tous les enfants soldats qui ont sacrifié leur avenir
et même leur existence pour satisfaire les instincts
guerriers des chefs de guerre des régions les plus pauvres
de la terre.
À ma feue mère Njonang Nzohkouh Jacqueline
lâchement assassinée par des êtres jaloux et incapables.
À mes parents adoptifs, Jacqueline et Zacharie
Fando, ce couple d’éducateurs, qui par la rigueur au
travail, m’ont donné une éducation positive.




. .
8 Les Rêves brisés

AVANT-PROPOS
Les rêves brisés n’est pas de l’huile que je jette
au feu du conflit Tutsi-Hutu, pardon je voulait
dire le conflit Loumgou-Ngou. C’est une fiction
qui essaye un peu de caricaturer les atrocités
que de nombreuses familles Tutsi ont connues
pendant le génocide de 1994, non pas pour
susciter leur vengeance contre la communauté
Hutu, mais surtout pour mettre en garde la
communauté internationale pour la passivité
qu’elle observe devant certains conflits qui
déchirent les peuples les plus pauvres de la
planète. Il peut arriver que l’histoire de la
famille Bizima et de bien d’autres ressemblent à
l’histoire réelle de certaines familles Tutsi. Cela
me réjouirait et me choquerait à la fois. Cela me
choquerait parce que de nombreux adolescents
ont disparu dans ce conflit insensé, assassinés
par ceux qui sont supposés les protéger. Et je
me réjouirais si cette fiction pouvait susciter la
compassion de la communauté internationale
pour le peuple Tutsi et un élan de solidarité
pour les autres peuples marginalisés de la terre.
9 Les Rêves brisés

Les vents d’est ont suscité beaucoup d’espoir
chez les peuples africains dans les débuts des
années 90. Mais ces espoirs ont été vite éteints
avec le retour de la dictature dans certains pays
qui avaient déjà connu une relative ouverture
démocratique. C’est les cas du Cameroun, du
Togo, du Gabon et dans une certaine mesure la
Côte-d’Ivoire, pour ne citer que ceux-là.
Eyadema et Bongo, deux chefs d’État qui ont
passé déjà plus de la moitié de leur propre
existence au pouvoir, tripatouillent la
constitution et truquent les élections pour s’y
maintenir indéfiniment sous le regard complice
de la communauté internationale qui deviendra
pompiers lorsque ces pyromanes au pouvoir
auront mis le feu.
Que peut encore proposer un chef d’État à
son peuple après plusieurs décennies de
dictature si oui le conduire à la guerre civile !
L’ONU doit sortir de sa torpeur pour
s’impliquer davantage dans la prévention des
conflits. Elle doit arrêter cette attitude qui
voudrait qu’elle commence à détruire un arbre
par les feuilles alors qu’elle a les moyens de le
détruire par les racines. Qu’a-t-elle déjà initié
pour intimider certains dictateurs qui préparent
le génocide d’une partie de leur peuple avec une
politique centrée sur le tribalisme, le clanisme, la
marginalisation, l’exclusion et des pseudo-
processus électoraux. Si les prochaines élections
10 Les Rêves brisés

dans ces pays ne sont pas justes, équitables et
transparentes, elles risqueraient les « ivoiriser »
ou même de les « rwandaliser ».
Pour moi, il serait plus économique sur le
double plan financier et la préservation des vies
humaines pour la communauté internationale
de détruire toutes les dictatures à travers le
monde que de déployer des forces
d’interposition une fois le conflit né. Ne dit-on
pas très souvent que prévenir vaut mieux que
guérir.
Ne maîtrisant pas le Rwanda, encore moins
les us et les coutumes Tutsi et Hutu, je
demande aux lecteurs de Les rêves brisés et à ces
deux communautés de bien vouloir m’en
excuser. Pour contourner ces lacunes, j’ai
transposé les traditions Bamilékés dont je suis
originaire, aux traditions Tutsi et Hutu.

11 Chapitre 1.

CHAPITRE I
Dankwa Bizima, rêveur, était assis sur le seuil
de la porte de leur case. Cette petite case de
fortune, à la forme cylindrique était bâtie en
terre battue. Sa toiture en chaume, avait une
géométrie conique. Elle avait été construite à la
hâte avec l’aide du chef Ndzundja et des autres
villageois après leur arrivée dans ce petit village
Loumgou de moins de cinq cent âmes non loin
de la frontière d’avec la province autonome de
Grand Batanga.
Les images atroces de l’assassinat de ses
parents hantaient fortement son esprit chaque
fois qu’il se retrouvait seul et inactif. Il n’avait
jamais pu oublier ce samedi noir d’avril 1994. Il
était 20 heures ce jour-là lorsqu’une bande de
loubards Ngou armés de machettes et de
gourdins défoncèrent la porte centrale de leur
maison et atterrirent dans leur petite salle de
séjour alors que les enfants Bizima étaient assis,
très attentifs autour de leur père qui leur
racontait qu’une autre guerre tribale avait éclaté
entre les Loumgou et les Ngou. Homme trapu,
13 Les Rêves brisés

à la cinquantaine révolue, aux cheveux blancs et
aux yeux fortement enfoncés dans les orbites,
pourtant toujours aussi robuste et solide qu’un
jeune homme de trente ans, Bizima Moulongo
se leva brusquement de la chaise dans laquelle il
était paisiblement engoncé pour tenter de
rejoindre sa chambre où il avait gardé son fusil
de chasse. Mais il fût vite rattrapé par un
assaillant qui lui trancha d’un coup de machette
la tête. Celle – ci alla s’écraser à un coin du
salon. Le reste du corps fit un tourniquet,
vacillant avant de s’écrouler dans la marre de
sang qui jaillissait encore du cou qui était
devenu une sorte de gros robinet. L’épouse
Bizima sortit de sa cuisine en émettant des cris
d’horreur. Ces cris réveillèrent les grands-
parents qui reçurent l’ordre des assaillants de ne
point bouger de leur chambre.
À l’aide d’un couteau, un autre assaillant
ouvrit la robe de Maman Anne Bizima et coupa
son slip avec la même fureur. À tour de rôle,
tous ces loubards la violèrent et le dernier la
poignarda au niveau du cœur après sa macabre
besogne.
Agnès Bizima, fille aînée des Bizima reçut le
même traitement. Dankwa, d’abord paralysé,
puis révolté par ces actes ignobles, poussa la
lampe tempête posée sur la table, lorsqu’il
constata que le bandit qui le tenait à distance à
l’aide d’une machette était distrait. Celle-ci
14 Les Rêves brisés

s’écrasa avec violence au sol et s’éteignit.
L’obscurité aidant, le brave garçon et
Chikankou qui avait compris les intentions de
son frère eurent juste le temps de disparaître
dans un bosquet derrière la maison. Ces
extrémistes Ngou assassinèrent les deux
premiers petits-fils de Bizima, mirent le feu sur
la case et s’en allèrent.
Philippes et Richard Bizima étaient les
jumeaux de la seconde fille des Bizima qui avait
trouvé la mort dix ans plutôt lorsqu’elle donnait
naissance à ces jumeaux. Philippes et Richard,
tétanisés par ce qu’ils avaient vu, n’avaient pas
pu s’enfuir comme Dankwa et Chikankou
surtout qu’ils avaient été vite maîtrisés par leurs
bourreaux. C’est donc avec beaucoup de plaisir
que les extrémistes Ngou qui rêvaient de
détruire toute la progéniture Loumgou les
assassinèrent en leur tranchant la tête.
Toutes les cases du village reçurent des
visites similaires. Après le départ des assassins,
les deux frères Bizima retournèrent à la maison
pour tenter de sauver leurs neveux et leurs
grands-parents. Dankwa ne put s’empêcher
d’éclater en sanglot lorsqu’il découvrit les têtes
de Philippes et de Richard. Qu’avaient fait ces
deux innocents pour subir un tel sort ? S’était-il
demandé. Il maudit le ciel et la terre et promit
de venger le moment venu, tous ceux des siens
15 Les Rêves brisés

qui sont tombés sous les coups des machettes
des Ngou.
Dankwa se ressaisit et courut vers la chambre
de ses grands- parents. Seul grand-père était
encore éveillé, mais toussait avec une violence
inouïe. Grand-mère quant à elle avait perdu
connaissance, mais son cœur battait très
lentement. Après avoir sauvé les deux
survivants les deux frères bravèrent les flammes
et en sortirent les morts pour tenter de leur
donner une sépulture digne.
Tout le village était en flamme. On entendait
des cris et des pleurs de tous les coins de
Balembo. Tous les survivants de cet assaut
nocturne et lâche des Ngou quittaient le village
pour des destinations incertaines. Dankwa et
son frère, dépassés par ses tristes événements
ne cessaient de pleurer. Le village devenant
désert, il fallait pour ces deux gamins, dépasser
leurs émotions et se dépêcher de quitter ces
lieux de la mort.
Ils creusèrent des tombes pour inhumer sans
cercueil bien sûr les assassinés. Ils réussirent à le
faire avant 3 h du matin.
Le village était désert, on entendait au loin
des explosions provenant des cases en flammes.
Dankwa put identifier les cris d’un enfant de
leur voisinage et alla le chercher. Les parents
encore jeunes de Doudou avaient également
péri sans avoir eu le temps de se défendre.
16 Les Rêves brisés

Doudou, âgé seulement de trois ans était le seul
survivant de cette famille. Il était ainsi devenu
une autre épine dans les pieds des frères Bizima.
C’était un miracle qu’un enfant de cet âge
soit le seul survivant d’une large famille de sept
personnes. Doudou n’avait pas vu mourir ses
parents. Cet enfant courageux et turbulent était
en train de faire les selles loin derrière leur case
lorsque les assaillants Ngou avaient surpris ses
parents. Doudou qui s’amusait à ramasser les
fourmis pour les griller sur la tête de la lampe
tempête pendant qu’il faisait les selles n’avait
pas entendu les bruits de bagarre qui
provenaient de leur maison. Après s’être
soulagé et s’être amusé pendant près d’une
demi-heure, il se résolut à rentrer à la maison
lorsqu’un coup de vent éteignit la flamme déjà
vacillante de sa lampe. Il vit de larges flammes
jaillir de leur maison. Il était comme paralysé et
se mit à pleurer et à appeler ses parents. Il
n’entendit aucun bruit et se remit à pleurer de
plus bel. Il pleura longtemps à cette position, la
lampe éteinte à la main jusqu’à ce que Dankwa
vienne à le chercher.
Tous les rescapés avaient disparu. Dankwa,
Chikankou, Doudou et les grands-parents
étaient pratiquement les seuls survivants encore
dans ce village.
Grand-père qui avait été victime d’un
accident de circulation dans sa jeunesse sur la
17 Les Rêves brisés

route non bitumée Balambo- Sappeli était
infirme. Au cours de cet accident, il fut amputé
de sa jambe droite. Bizima Moulongo aimait à
raconter à ses enfants les circonstances de
l’accident qui avait coûté à son père sa jambe
puisqu’il l’avait vécu en direct. « C’est à cause de
votre mère que votre grand-père a perdu sa
jambe. » Aimait-il leur rappeler. En effet, grand-
père et son fils Bizima Moulongo alaient ce
jour-là à Sappeli pour rencontrer un parent de
maman Anne avec qui il devait entamer des
négociations qui allaient aboutir au mariage de
cette dernière avec Moulongo Bizima.
Grand-père, sous le double poids de l’âge et
de l’infirmité ne pouvait pas se déplacer seul. Il
fallait bien que quelqu’un le portât. Grand-mère
quant à elle n’avait pas encore repris
connaissance. Elle au moins tenait encore sur
les deux pieds, mais l’émotion et la fumée
qu’elle avait absorbée l’avait poussé dans un
profond sommeil.
Dankwa eut d’abord l’idée diabolique de
l’abandonner sur place avant de se ressaisir. Il
se rappela de tout ce que grand-mère était pour
leur famille et de tout ce qu’elle faisait pour lui
et comprit qu’ils ne pouvaient pas, son frère et
lui, la laisser mourir dans ces conditions.
Les frères Bizima cherchaient de quelle
manière ils pouvaient transporter ces vieillards
pour le long voyage incertain vers un lieu
18 Les Rêves brisés

inconnu. Dankwa avait treize ans et son frère
cadet Chikankou en avait onze. Pouvaient-ils
supporter de transporter leurs grands-parents à
califourchon dans leur dos pour parcourir
plusieurs dizaines de kilomètres ? Grand-père
lui-même n’y croyait pas.

– Nous sommes assez vieux. Laissez-nous
mourir et sauvez-vous. Vous avez aussi votre
vie à construire. Nous refusons d’être des
morceaux de cailloux dans vos chaussures,
avait-il martelé d’une voix nasillarde.
– Non grand-père ! C’est vrai que nous ne
savons pas où aller, mais nous ne pouvons pas
vous abandonner alors que vous êtes encore
vivants. Nous allons trouver le moyen de vous
transporter, lui avait répliqué Dankwa.

Le petit Doudou, à force de pleurer et
d’appeler sans succès ses parents avaient fini
par s’endormir.
Grand-père qui était couché sur des feuilles
sèches de bananier soigneusement arrangées par
Chikankou l’avait pris auprès de lui.
Les deux frères Bizima fabriquèrent deux
brancards que l’on pouvait tirer à même le sol à
l’aide deux lianes nouées et passées autour des
hanches. Ils attachèrent grand-père sur l’un et
grand-mère sur l’autre, les bras tendus le long
du corps. Cette position permettrait à ces
19 Les Rêves brisés

derniers de bien respirer. Ils prirent aussi soins
d’emporter avec eux les deux pelles qui avaient
servi à creuser les tombes des morts.
Dankwa réveilla Doudou et celui-ci se remit
à pleurer. Pour ce gamin, le plus dur venait de
commencer. Il devait apprendre à marcher et à
oublier ses parents. Heureusement que cet
enfant n’avait jamais été choyé. Il avait déjà
appris à passer seul des journées entières à la
maison lorsque ses parents et ses frères allaient
aux champs.
Ils entreprirent ainsi leur long voyage sans
provisions et sans vêtements de réserve puisque
tout avait été consumé dans les flammes,
laissant derrière eux leur village à feu et à
flamme et, à jamais rayé de la carte de
l’Africanie. Pourtant Balambo était jadis un
village où il faisait bon vivre. Ses habitants
étaient des cultivateurs de café. Depuis
l’effondrement des cours mondiaux de ce
produit de base tropical, la vie à Balambo était
on ne peut plus difficile. Surtout qu’au temps de
vache grasse, le gouvernement central d’Azobé
n’avait fourni aucun effort pour équiper ce
village de cinq mille âmes en infrastructures
hospitalières et scolaires. Balambo, l’orphelin
venait ainsi de disparaître, laissant dans ses
cases des êtres humains consumés.
La traversée du village n’était pas du tout
facile pour ce petit groupe de cinq fugitifs. Par-
20 Les Rêves brisés

ci, il fallait sauter sur des cadavres éventrés pour
certains ou bien complètement dépecés pour
d’autres. Par-là il fallait se frayer des passages
obscurs et enveloppés de fumée. Au loin, on
entendait l’échos des voix et des pas des
rescapés qui avaient pris les chemin de l’exil les
premiers. C’est à la sortie Nord du village que
les frères Bizima et leurs bagages humains
rencontrèrent d’autres familles qui allaient dans
leur direction. En réalité, tout ce monde fuyait
sans savoir exactement où il allait. Il fallait juste
échapper aux assassins. Cette présence sur le
chemin de l’exil d’autres rescapés remonta très
positivement le moral des frères Bizima.
Surtout que parmi les fuyards, il y avait des
hommes bien valides pouvant les défendre.
Dankwa était écœuré par la forte présence de
certains rescapés ayant perdu leurs bras et qui
continuaient de saigner malgré les garrots que
l’on avait effectués au bout des parties restantes.
D’autres plus grièvement blessés mourraient
ainsi sur le chemin de l’exil après avoir été vidé
de leur sang.
Doudou qui traînait le pas, marchait
difficilement au rythme de ce cortège insolite.
Dankwa et son frère avançaient donc à un
rythme très lent surtout parce qu’il fallait réunir
à leurs âges assez d’énergie pour tirer les
brancards sur lesquels étaient allongés et
attachés leurs grands-parents. Ils furent
21 Les Rêves brisés

malheureusement abandonnés à eux seuls par
ceux qui étaient plus rapides.
Le jour se leva alors que ceux-ci ne s’étaient
pas encore éloignés de cinq kilomètres du
village. Il était pratiquement dix heures cette
matinée dominicale lorsque le petit groupe
arriva sur une grande rivière qu’il fallait
traverser à l’aide d’un tronc d’arbre qui servait
de pont. Dankwa paniqua surtout lorsqu’il vit
des cadavres d’hommes et de femmes flotter et
descendre très lentement le cours d’eau.
Doudou ne pouvant traverser tout seul ce pont
dangereux, Dankwa lui demanda d’attendre
qu’il fasse d’abord traverser les grands-parents
afin de revenir le chercher. Celui-ci bouda et se
remit à pleurer. Il s’agita et s’assit au bord de la
piste en continuant de pleurer.
Les brancards ne pouvant être tirés sur ce
genre de pont, parce que pouvant glisser et
entraîner à la fois ses occupants et les tireurs
dans la rivière. Dankwa et Chikankou se
résolurent de les faire traverser l’un après
l’autre. C’est alors que les deux frères portèrent
le premier brancard, chacun tenant les
extrémités de son côté et traversèrent sans
aucun problème. Ils revinrent chercher le
second, curieusement, à peine arrivés de l’autre
côté de la rive, Doudou qui pensait que le petit
groupe l’avait abandonné, se leva brusquement
et tenta de traverser tout seul le pont.
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