Cette publication est uniquement disponible à l'achat
Lire un extrait Achetez pour : 10,00 €

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Vous aimerez aussi

Regard à l'ouest

de Mon-Petit-Editeur

Le Trouble-vie

de Mon-Petit-Editeur

suivant
Franck Joseph Fouillet
LES VIES VALSES
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur :
http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits dauteur. Son impression sur papier est strictement réservée à lacquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits dauteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS  France
IDDN.FR.010.0115284.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2010
À Félix et Albert, faîtes de belles balades ensemble
Remerciements
Manu Causse pour limpulsion, Éric, Frédé, Bibiche, Mathilde, Coco et Michel pour leurs lectures attentives et leurs encouragements, Noëlle Châtelet pour la critique si constructive dun premier jet.
7
Anniversaires et repas Gaston se tourna vers Jeanne.  Bon anniversaire ma vieille ! Jeanne se réveilla sous les piques de Gaston. Il la poussait du coude en se gaussant. Jeanne avait soixante-quatre ans. Son mari, plus jeune de neuf mois, prenait un malin plaisir à lui rap-peler qui était laînée des deux. Elle vint se coller à lui, lentraînant dans le creux de leur grand lit. Elle allongea un bras pour enlacer la taille de Gaston comme tous les matins depuis plus de quarante ans.  Ne tinquiète pas pour elle. Elle tient encore debout la vieille.  Oh ! Pas autant que moi.  Ah bon ? Elle glissa une main vers le sexe chaud de Gaston. Il tressail-lit aussitôt, prenant de lampleur dans sa main. Histoire de lui prouver combien ses vux danniversaire étaient sincères et tendres, Gaston lui fit lamour avec une dou-ceur singulière. Le radio-réveil de Gaston se mit en marche. Ils sursautèrent au générique guerrier des informations de 08 h 00. Les nouvelles locales les extirpaient lentement du câlin paresseux, où ils sétaient replongés après le plaisir. Gaston prê-tait une oreille attentive. Jeanne baillait, attendant vaguement la météo.
9
LES VIES VALSES
Depuis quils étaient à la retraite, ils se laissaient aller à quel-ques loisirs bourgeois. Le vieux réveil mécanique, à la sonnerie de grelot épouvantable, fit une mauvaise chute au cours du dé-ménagement. Leur Gamine prêta aussi sec un radio-réveil flambant neuf en dépannage. Depuis trois ans, Gaston se plai-sait à écouter les informations pour débuter la journée. Jeanne attendait la première chanson du matin, celle qui laccompagnerait jusquau soir, la fredonnant sans cesse, agaçant volontairement Gaston.  Change ton disque la mémé ! Tu radotes ! Tu ne vois donc pas quil est tout rayé ? Le seul moyen de la stopper ? Sortir laccordéon. Gaston lui faisait chanter dautres choses, des airs quils partageaient, des musiques les replongeant avec bonheur dans leur histoire com-mune. Ils vivaient désormais comme des coqs en pâte. Délivrés du travail, ils aimaient se lever tard. Ils émergeaient avant que le radio-réveil ne se déclenche. Mais ils attendaient. Ils se dorlo-taient dans la chaleur des draps. Ils parlaient un peu. Ça ne servait plus à rien dêtre debout aux aurores. Ils en profitaient. Ainsi va la vie : aux jeunes de décaniller dans le noir ! Ils sétaient retrouvés debout tous les matins à 06 h 30 au plus tard pendant une cinquantaine dannées. Ils soctroyaient une heure trente de rab du coup. Ils avaient presque honte. Jeanne se mit à siffler le vieux paso-doble seriné à la radio. On annonçait un temps joli. Elle se leva en se trémoussant. Louverture des volets sur un beau ciel bleu renforça ses ga-zouillis dissonants. Elle fila vers la cuisine, dansant de façon clownesque, forçant le balancement de ses hanches. Gaston éteignit le radio-réveil en souriant. La Gamine ne lavait jamais réclamé en trois ans. Elle aimait lidée que chaque matin au réveil, son père pensait à elle en appuyant sur un petit bouton à sa gauche, côté cur.
10