Lewis, il a tout d'un homme mais pas que…

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"Je revenais peu à peu à moi, m'éveillant doucement et bougeant non sans difficultés.

Chaque fois que je tentais de me lever, je n'y parvenais point ; à peine debout je m'écroulais ! Jusqu'à ce que je réalisasse que je goûtais à des sensations tout à fait inédites !

A dire vrai, je ne me reconnaissais pas ; j'étais en train - me semblait-il - de me transformer, tandis que je ne me sentais pas foncièrement différent d'avant de perdre connaissance. J'avais beau m'examiner, en vain. Toujours égal à moi-même..."

Publié le : samedi 1 juillet 1905
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Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782954508306
Nombre de pages : 102
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Chapitre premier: Mercure – L’émancipation
 Je me souviens avoir passé la majeure partie de mon adolescence, à me demander pourquoi les adultes croient toujours avoir raison. Preuve s’il en est, que je me suis presque convaincu d’être un être-humain… Aujourd’hui encore je voisDelphin, un copain de lycée – d’un an mon cadet - me parler de ses problèmes avec son père, des crises de nerfs de sa mère, de l’attitude volage de sa petite-amie, de son patron avec qui il n’entretenait pas non plus d’excellents rapports. Il travaillait également dans une sandwicherie. Le pauvre, il me faisait parfois de la peine. Mais il faut croire que ses problèmes me paraissaient déjà quelque peu dérisoires.
De mon côté toujours le même cauchemar : la pluie, l’accident, la voiture qui passe par-dessus le pont, les cris ; je n’arrive pas vraiment à distinguer mes souvenirs. Seulement des flashbacks, comme si j’essayais de remonter le temps. En vain. Cela remonte si loin – justement je n’arrive pas à restituer les faits, de plus qui me croirait ? Je ne sais même pas comment je m’en suis sorti vivant ! Je m’appelleLewis,du moins c’estle prénomque je portais lors de ma première adoption.Il me plaît, alors jel’ai gardé. Depuis l’accident les choses allaient bien, mieux. Je n’avais pas de réelles raisons de me plaindre. Pas autant que Delphin en avait, mon amnésie mise à part. C’est du moins ce que je pensais…
 C’était pendant le mois de décembre, un peu après Noël en 2007, il faisait un froid inhabituel, tellement glacial que je faillis m’éteindre. Etrange pour quelqu’un qui n’avait jamais craint le froid auparavant. D’après les experts en météorologie, les températures n’avaient pas autant baissé depuis cinquante ans à peu près. – 50 par endroits, beaucoup de personnes étaient mortes d’hypothermie ainsi que des carcasses d’animaux découvertes un peu partout ; faute de prévention. Quant à moi j’avais fait une découverte capitale : je ne suis
pas immortel, seulement plus résistant. C’est d’ailleurs depuis cette époque que je me demande quel âge j’ai, réellement. Il y eut quand même une bonne nouvelle – moins farfelue, j’avais été rappelé par la directrice du Quick près du lycée que je fréquentais. Je n’aurais qu’à sortir des cours, pour aller servir des frites et des sandwichs à la chaîne. « Ah il était temps ! » M’étais-je dit.
Ensuite la rentrée eut lieu au lycée international Léonard de Vinci. Suite aux fêtes du nouvel an, je retrouvai mon ami Delphin lequel avait l’air moins triste qu’avant d’aller en vacances.Ça y est je l’ai quittée,me lança-t-il en riant. Je lui demandai de quoi il me parlait, il me réponditBah ma copine, on est plus ensemble !Puis il me regarda l’air de direTu sais, on se connaît depuis deux ans mais j’ai vraiment l’impression que parfois t’es absent.Mais non ! Il se faisait des idées, forcément. C’est vrai qu’il m’arrive d’être distrait, mais je le saurais si j’étaisabsent.Pas vous ? Il alla en cours après m’avoir tapoté l’épaule. Delphin n’avait pourtant pas tort. J’avais quelques absences. Aussi loin que remontaient mes souvenirs, j’avais toujours vécu seul. Non seulement seul, mais de façon nomade. J’ai toujours vécu dans des familles d’accueil, changeant sans cesse d’endroits. Quand je n’étais pas expulsé des écoles que je fréquentais, je devais faire face à des problèmes familiaux. Parfois les deux. Même les psychiatres chez qui j’avais souvent été envoyé s’accordaient à ne pas trouver de diagnostic probant.Je ne sais pas, il ne parle pas,avait dit l’une d’entre eux.En quinze ans de pratique, c’est la première fois que je rencontre un cas pareil ! Ajouta un autre. Qui sait, peut-être que je ne suis tout simplement pas extraverti, y a-t-on pensé ?
Quoiqu’il en fût, il fallait que je m’émancipasse.
 Après les cours donc, un jeudi, vers 17H30 je me présentai au dit Quick. Bonjour, j’ai reçu un coup de fil de la part d’une certaine Madame Brody, ce serait pour…me fit signe d’attendre un instant. Puis une jeune femme On apparut, la trentaine à première vue. Rousse, sûre d’elle, dans un tailleur couleur noire qui lui donnait l’allure de ces quelques femmes puissantes, au charme aussi ravageur que fascinant. Elle m’invita cordialement à la suivre dans son bureau. Marchant derrière moi, s’arrêtant de temps en temps, chuchotant des mots à son personnel, Madame Brody ne me quittait pas des yeux. De mon côté je la regardais aussi, tout en pensantAh au moins ici je ne risque pas grand chose !me sentais déjà dans mon élément, à portée d’autant de chaleur. Je J’étais du reste rassuré de voir l’ambiance bon enfant, dans lequel le restaurant
semblait fonctionner. Une patronne plaisantant avec ses salariés, comme s’il s’agissait d’amis de longue date.Par ici, m’interrompit la patronne, tout en m’invitant à la suivre dans une pièce – sans doute son bureau – puis à prendre une chaise.Alors comme ça vous voulez travailler chez nous ?demanda-t- Me elle avenante, tout en ne me perdant pas de vue.J’ai jeté un œil à vos lettre de motivation et CV, mais j’aimerais en savoir davantage sur vous - En effet madame,répondis-je en souriant, essayant d’être le plus naturel possible, un brin tendu,d’ailleurs je vous remercie de m’avoir rappelé si viteCommençons par nous tutoyer tu veux bien ? M’interrompit-elle à nouveau. Je me dis que ce devait être vraiment agréable de travailler avec cette dame, qui encourageait les gens à la tutoyer. Elle me demanda pourquoi je tenais tant à travailler dans la restauration, quelles étaient mes motivations. Un stylo à la main, elle écrivait tout ce que je racontais. De temps en temps elle m’interrompait d’un signe de la main, à la manière d’un chef d’orchestre, quand il dicte la cadence aux musiciens. Puis on continuait. Parallèlement je ne cessais de faire tourner mon regard dans la pièce, le ramenant d’un bout à l’autre du bureau. A quoi pouvais-je penser ? A dire vrai j’avais peur, peur que les gens se méfiassent de moi ou fussent simplement mal à l’aise à mon contact. D’autant plus que je m’engageais pour une durée indéterminée.Et au niveau des horaires ?Me demanda Madame Brody. Elle sut à l’expression de mon visage quelque peu hagard, que je ne saisissais pas ce qu’elle voulait dire. Alors elle m’avertit que les horaires qu’elle me proposerait risqueraient parfois de gêner, mais que dans l’ensemble nous serions tous deux satisfaits.Pas de problème,répondis-je presque sans lui réfléchir.Ça ne me dérange pas du tout, j’aménagerai mon emploi du temps en fonction des horaires.Parce que j’avais besoin de travailler, il fallait à tout prix que je parusse normal, comme un humain lambda, en attendant de remplir les pages blanches de mon passé. Une heure plus tard, via unLewisque je déposais sur la feuille, je paraphais mon contrat d’embauche. Ensuite Madame Brody chargea Mélissa ; une future collègue, de me faire découvrir les locaux, afin que le lendemain à mon retour, je ne me perdisse pas. Les premiers jours furent si bons, résonnant comme un renouveau dans ma vie ! 2008 débutait sous de beaux hospices. Enfin je n’avais plus personne pour me dire à quelle heure rentrer, quoi manger ou que sais-je encore ?! J’étais libre ! Dorénavant je gagnais un salaire. Je gagnais d’autant plus d’argent que je me rendis vite compte de ma singularité. De nouvelles responsabilités apparaissaient, en même temps que cette soudaine liberté. Mais il fallait que je restasse prudent, au début.
Quatre mois s’étaient écoulés depuis mes débuts dans le fast-food. Au lycée nous entamions la période des examens blancs, je n’avais plus une minute pour moi. Mes journées se résumaient en boulot-lycée, en lycée-boulot puis en boulot-lycée. Même Delphin je l’apercevais, nous ne restions plus en contact que par téléphone. D’ailleurs je retrouvais régulièrement ma boîte de messagerie saturée. Car j’étais parfois obligé de manquer les cours, pour remplir mes obligations professionnelles. Par la suite mon jeune ami m’invita à son anniversaire. Vers la fin-mars. J’acceptai avec plaisir, et non sans appréhension. Car je ne n’avais jamais été proche de quelqu’un au point d’être invité à son anniversaire. Delphin étant le premier, j’étais surtout curieux, tranquille au sein même de mon inquiétude. Qu’allais-je lui offrir ? J’avais remarqué cette étrange coutume humaine qu’est célébrer le jour de sa naissance, et que sont les présents prévus en cette occasion. Sauf que je n’avais aucune idée quant à la logique de cette fête. En plus qui d’autre y aurait-il, vu que Delphin était le seul que je connaissais ? Allais-je apprécier ? Autant de questions évidentes pour d’autres.
Le soir de l’anniversaire venu, je me retrouvai devant chez Delphin. Puisque le fêté habitait dans la périphérie de la ville, presque en dehors, j’avais dû m’y rendre en bus. L’endroit ne fut pas très difficile à localiser, il m’avait suffi de demander si ledit bus allait jusqu’au quartier connu sous le nom de La bastille. Les parents de Delphin étaient visiblement absents. Car il y avait une pléthore de musique, de boissons, de nourriture et d’invités ; il n’y avait que l’embarras du choix. Sans oublier une décoration qui me fit penser « Ah quand même ! Mais pourquoi Delphin travaille-t-il, s’il vit dans un endroit pareil ? » Néanmoins avec l’odeur d’alcool qui régnait, je pris vite conscience que c’était une erreur de me trouver là, du reste Delphin m’avait visiblement abandonné. Mais je ne pouvais pas vraiment lui en tenir rigueur, c’était son jour, donc il pouvait tout se permettre… Il était même suffisant qu’il eût pu m’accueillir, et me présenter à quelques amis. Vu l’état d’ébriété avancé dans lequel il se trouvait.
 Au bout d’une heure environ, plus ou moins lassé, j’allais m’éclipser… Lorsqu’une jeune femme m’explosa littéralement les sens. J’eus le sentiment qu’elle criait, tant il me semblait l’entendre ; pourtant, au moins dix mètres nous séparaient tandis que ses lèvres ne bougeaient pas. Malgré tout je distinguais clairement, venant d’elle unRegarde-moi Mercure.Je ne comprenais pas ce qui m’arrivait, alors qu’elle me fixait du regard ! J’avais tellement chaud que je dus
bientôt m’éloigner d’elle. Et comme si je fondais littéralement dans un brasier torride, j’avais le sentiment de brûler sans pouvoir crier. Plus je m’éloignais de cette femme, plus il me semblait l’entendre me dire d’arrêter de soutenir son regard. Un instant je me crus même consumé. Alors dans un geste aussi instinctif que désespéré, je pris la première échappatoire. Par une fenêtre derrière moi. Ne sachant pas trop où aller dans un premier temps, avant de me découvrir allongé sur mon lit plus tard dans la soirée. Les heures qui suivirent paraissaient des siècles, des siècles aux années tout aussi interminables. Finalement, à bout de force, je crois que j’ai dû perdre connaissance ; je ne sais pas en fait. La seule chose dont je me souviens est qu’à mon réveil, il me semblait encore voir ses yeux verdâtres flamboyants. Perçants, magnifiques !
Je me doutais bien que Delphin m’en voudrait d’être reparti sans le prévenir, tant pis. Il fallait à tout prix qu’il me renseignât à propos dema rencontre.Qui était-elle bon sang ? Et que pouvait bien signifier ceRegarde-moi Mercure ?
Chapitre deux: L’amitié mise à l’épreuve
 Alors comme ça on part sans dire au revoir ? Tels furent les mots que m’adressa Delphin, au téléphone. Une semaine s’était déjà écoulée depuis son anniversaire. A peine couronné de ses dix-huit ans, le jeune homme pensait sans doute avoir gagné le droit de me côtoyer davantage.Doucement bonhomme,lui répondis-je en plaisantant,tu croyais peut-être que j’allais t’attendre… ? Au fait, tu n’avais pas trop mal à la tête le lendemain ?Il me dit que si. Et là, j’éclatais de rire. Je riais en me demandant dans quel état j’aurais été à sa place, après quoi le son de ma voix fit place à un silence interrogateur. Heureusement que j’étais seul à ce moment-là. Heureusement que j’étais seul d’ailleurs, lorsqu’une chose aussi anodine que le rire me semblait subitement déplacée, étrange. Car alors, qu’aurais-je fait, qu’aurais-je répondu à Delphin, s’il avait été là avec moi ? Sans doute n’aurait-il pas apprécié que je risse autant de lui. Pire, comment
aurais-je réagi si j’avais été avec d’autres personnes ? Ne serais-je pas passé pour un marginal ?
S’il y a bien une chose que j’ai remarquée dans l’homme, c’est qu’il est continuellement plein de questions. Qu’il rit ou pleure, de la curiosité mouvante cet être-là !
T’es là ?rappela Delphin, comme s’il me ramenait subitement à la réalité. Me Ah encore absent à ce que je vois !Me fit-t-il remarquer. Depuis quelques mois, quelque chose dans sa voix me faisait penser qu’il en avait assez que je fusse… Secret ? Je décidai donc d’essayer d’y remédier. Je lui proposai d’échanger quelques balles avec lui, je savais qu’il aimait beaucoup le badminton. Dans l’espoir de ménager son amitié, en attendant d’en savoir moi-même davantage à mon sujet. Nous nous mîmes d’accord pour le lendemain, nous nous retrouverions à la salle de sports voisine du lycée. Celle-ci servait également d’espace-détente public. Quand ce n’était pas le lycée qui l’utilisait, on y retrouvait tout type de personnes ; du médecin généraliste du coin à l’agent d’entretien venus se détendre, à la fin d’un labeur hebdomadaire harassant.
En attendant chacun retourna vaquer à ses occupations. J’avais pour ma part un examen d’histoire à préparer. J’étais un élève disons moyen, ni attentif ni distrait. Je me décrirais plutôt comme intéressé, quand je le voulais vraiment. Et mes cours préférés étaient sans doute la biologie, la chimie, les langues, l’histoire, l’éducation civique, les mathématiques et la géographie. J’avais espoir d’y trouver quelqu’indice physique ou autre, pouvant me renseigner sur mes origines. Quant au sport, disons que je n’étais pas au mieux de ma forme. Un autre domaine accaparait mon temps.Le cinéma.doute Sans un moyend’oublier ma différence, l’apprivoiser. Quoique par moments,le cinéma était simplementun moyende me faire plaisir, me divertir, rêver.
Je passais énormément de temps à voir et à revoir des films. Des classiques tels queThe Usual Suspects, Man from Earth,du grand l’épopée Judah Ben-Hur,la trilogie duParrainaux autres commeRosario Tijeras,quelquesJames Bond, Save the last dance, Seven, Attila, Pretty woman, Machete, Twilight, Les visiteurs, 300, les aventures deJason Bourne,encore celles de ou Maximus dansGladiator, Smallville, La faillepassant par des chefs- en d’œuvre commeLe roi lion (le premier volet demeurantmon préféré), Le comte de Monte-Cristo, La guerre des étoiles, Serpico, Peur primaleet bien
d’autres dontje n’aime pas trop me souvenir. A dire vrai j’aime bienengarder un souvenir vague, afin delesrevoir avec autant de plaisir que s’il s’agissait de la première fois.
Il m’arrivait de me demander comment Delphin m’aurait traité, s’il avait su pour quelle raison j’étais souvent caché derrière une paire de lunettes. Pourquoi l’eau ou l’alcool ne sont pas mes matières préférées. Ou pourquoi je n’ai tout simplement pas besoin de boire quoique ce soit. Certains de ses proches en étaient même arrivés à conclure que lui et moi étions amants, tant il leur parlait de moi. Des bruits de couloir au lycée m’étaient déjà parvenus à ce propos, sans que personne n’eût le courage de me poser la question de vive voix. Je n’y attachais même pas d’importance – je ne confirmais ni n’infirmais rien, ce qui n’aidait évidemment pas à démentir la rumeur. Delphin non plus ne semblait pas s’en émouvoir plus que ça.
Quoiqu’en y repensant, je m’étais parfois interrogé à propos de son ex-amie. Sabrina, Rebecca, Isabella ou quelque chose de similaire. Finissant en « a ». Un jour elle était venue sur mon lieu de travail, quelques minutes avant la fin de mon service. Accompagnée de filles qu’elle m’avait présentées comme des amies. Celles-ci ne semblaient pas particulièrement intéressées par moi, elles se dirigèrent à la première caisse de libre. Tandis qu’Isabella préféra attendre que j’eus fini avec la cliente avant elle, alors que des collègues lui faisaient signe de passer à leurs caisses. Elle les ignorait sans la moindre gêne. Ahquelle peste cette fille !dus rester quelques minutes de plus à cause de ses manières. Je Comme si je n’avais eu que ça à faire… Plus tard, ma patronne qui avait assisté à toute la scène me taquinerait volontiers.Faites place à l’employé du mois,dirait-elle souvent, arborant un sourire en coin. Et bien entendu il n’était pas question que je laissasse une cliente, sans m’occuper d’elle. Fût-elle la fille dont je me désintéressais le plus. Car Madame Brody était volontiers affable, mais restait professionnelle.
T’es l’ami de Delphin c’est ça ?Me lança-t-elle une fois en face de moi. Je lui dis que oui, d’un signe de la tête, tout en m’apprêtant à la servir.Moi c’est Anna,me précisa-t-elle. C’est ainsi que je me remémorai son prénom, ce n’était ni Isabella ni Sabrina ; maisAnna. J’évitais de la fixer droit dans les yeux, le sourire en échange. Surtout que je ne portais pas mes fameuses lunettes. Entre deux articles qu’elle commandait, elle se hasarda à me demander pourquoi son homme lui parlait plus souvent de moi que d’elle ? Heureusement au même instant je fus remplacé, et lui objectai juste avant de disparaîtreAh bon, tu es la
première à m’en parler ! J’avoue qu’en apprenant leur rupture, Delphin m’évitait un interrogatoire dont je me serais aisément passé. « Ouf ! » M’étais-je dit en la quittant, soulagé. Et évidemment, je m’assurai dès lors de ne plus jamais recroiser son chemin. A son grand désespoir j’imagine.
 Le jour J étant, je retrouvai comme convenuDelphin.près de cinq Pendant heures nous enchainâmes des exercices, des étirements aux matchs, en passant par un petit footing, histoire d’échauffer ses muscles. Je dois avouer que Delphin est franchement un bon badiste, vu l’enthousiasme avec lequel il me renvoyait le volant. Tout le long je l’observais en pensant, « si seulement tu savais Delphin… » En sortant de ladite salle de sports, je l’invitai à manger un morceau.Oh oui avec plaisir, j’ai une de ces faims ! S’exclama-t-il.Qu’est-ce qui t’arrive Lewis,galéja-t-il,t’as un forfait Affection à épuiser c’est ça ?Je le poussais affectueusement,tu ne vas pas remettre ça l’ami – C’est bon, j’arrête… Allons plutôt manger,conclut-il.
Il était aux alentours de vingt-et-une heures quand nous arrivâmes au Quick. Je me disais que c’était l’occasion rêvée. C’était rare que nos emplois du temps fussent en symbiose. De plus, j’étais incapable de l’expliquer mais quelque chose faisait que j’avais confiance en Delphin. J’aimais à croire qu’il était mon ami, sinon un bon copain ; un compagnon fidèle comme on disait dans l’ancien temps. Je voulais donc saisir cette occasion, pour voir si cette confiance pouvait être réciproque. Je commençais par lui parler de l’approche de sa petite-amie, il eut l’air plus ou moins surpris. Après un instant de silence, l’air peu ou prou songeur, le sourcil légèrement froncé, il m’invita à ne pas lui prêter trop d’attention.Je ne sais pas,me dit-il l’air faussement hébété,je te rappelle que je ne suis plus avec elle...de raviver de mauvais souvenirs, je préférai Craignant changer de sujet.Mais elle te plaît? Me demanda-t-il d’un ton aussi soudain que grave, le sourcil toujours froncé.Tu peux me le dire Lewis, on est amis non !?C’est là je crois, que je me trahis moi-même. Je lui dis que non, absolument non. Qu’elle ne m’intéressait pas du tout.Mais… Mais… Mais…Delphin semblait ébahi, perdu,presquepris de panique, iln’arrivait plus à dire quoique ce fût. D’ailleurs même s’il avait essayé, il n’aurait pas été capable de me cacher la frénésie avec laquelle son cœur battait. Comme si son rythme cardiaque tel une onde, faisait vibrer, entendre à mon oreille, le moindre frisson secouant mon jeune ami. C’est alors que je remis mes lunettes, interceptant dans la foulée ses pensées ;Ses yeux… ?! Se demandait-il. Paniquant de plus en plus.
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