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Lignes brisées

De
178 pages
Les questions restées sans réponse se transforment parfois en souvenirs obsédants. Deux frères, Alfred et Richard, tentent de comprendre le passé, mais seules restent les sensations. La douceur des vacances d’été en famille dans le Jura des années 50, les premiers émois amoureux. Et l’affrontement féroce des deux adolescents pour conquérir une jeune vachère. C’est le rêveur, Alfred, qui emporte la préférence de Claudine. A l’image de la relation interdite entre son arrière-grand-tante et un jeune paysan du temps jadis, leur bonheur sera de courte durée. Les images défilent et les souvenirs se surimpriment sous la plume de Philippe Chéron. Dans Lignes brisées, les incertitudes de l’amour se confondent avec l’histoire et la géographie d’une Franche-Comté mystérieuse et rebelle.
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Titre
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Titre Philippe Chéron
Lignes brisées
Trente tableaux sur certains parallélismes et autres bifurcations
Roman
5 Éditions Le Manuscrit Paris
© Éditions Le Manuscrit, 2010 www.manuscrit.com ©Illustration de couverture : Marta Obregón.ISBN : 978-2-304-03490-5 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304034905 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-03491-2 (livre numérique) ISBN 13 : 9782304034912 (livre numérique)
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Lignes brisées
Aux mânes de mes ancêtres « On ne recommence plus, mais se souvenir,c’est presque recommencer. »Charles Nodier La neuvaine de la Chandeleur
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Lignes brisées
LA LIGNE DROITE
Au sortir des dernières courbes, l’autocar s’engage poussivement dans la longue ligne droite bordée de champs qui mène au village en traversant un large plateau dans lequel serpente une rivière qui va, après quelques pertes et résurgences, grossir l’Ain de manière imperceptible, plus au sud. L’horizon est fermé à l’ouest par des collines basses derrière lesquelles s’étend la plaine de la Saône, et vers l’est par une succession de paliers : gigantesques marches formant un formidable escalier s’élevant progressivement jusqu’aux monts du haut Jura ; alignés les uns derrière les autres en une sorte de tôle ondulée, ils s’étirent en un croissant très allongé entre le Rhin et le Rhône. Avant de continuer sa route, le car va bientôt faire une halte dans ce village pour permettre à la petite famille de vacanciers de descendre et de s’ébattre sur la place principale. Les enfants courront à la fontaine, s’éclabousseront les uns les autres sous le regard indulgent de leur mère, pendant que le père s’occupera de récupérer
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Philippe Chéron
leurs bagages en les énumérant à voix haute, tout en pensant à la lourde malle envoyée par train de marchandises deux jours avant et qu’il lui faudra venir récupérer le lendemain : valises – six petites en carton, cabossées, et deux grosses en cuir – sac à provisions, panier à chats, filets à papillons, cannes à pêche… Que de « aaah » ! s’étranglera-t-il comme chaque année en imitant le cri caverneux du patient dont on écrase la langue pour vérifier l’état de sa glotte. C’est la dernière étape du long voyage depuis la banlieue parisienne, à pied, en bus, en métro, en train, en micheline – ce nom qui fait rêver les plus jeunes, comme s’il s’agissait d’une fée ou d’une sirène –, en car enfin. Dans l’attente de cette arrivée toute proche les enfants sautent sur leur siège, se bousculent aux fenêtres pour mieux voir, tandis que leurs parents, harassés, sans force pour les calmer, capitulent et échangent un sourire résigné face à tant d’énergie et d’enthousiasme. Ils sont émus à l’idée de se retrouver d’ici peu entre les murs épais du « manoir », le père tout particulièrement qui y a passé de nombreux étés dans son enfance. Ainsi désigne-t-on, depuis toujours semble-t-il, cette maison de famille, avec un orgueil discret de la part des propriétaires et un respect légèrement suranné de celle des villageois. La vénérable bâtisse
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