Lola & Décembre blanc

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Lola, Charlie, Yoann et les autres ont un point commun, ils ne savent pas réellement vivre. Ils vont devoir apprendre à avoir confiance en eux et en la vie. Peut-être alors pourront-ils trouver l'amour au bout du chemin ...
Publié le : mardi 22 mars 2016
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EAN13 : 9791026204480
Nombre de pages : non-communiqué
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Marie Leix

Lola & Décembre blanc

 


 

© Marie Leix, 2016

ISBN numérique : 979-10-262-0448-0

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Lola

 

 

CHAPITRE 1

 

Le jour se levait sur Paris, une légère brise fraîche balayait les feuilles d’automne sur les pavés. Déjà les klaxons retentissaient dans la capitale laissant le calme de la nuit s’évanouir dans le vacarme quotidien.

Il était 7h et Lola courait déjà. Elle courait après le temps, après Hugo qui ne voulait pas enfiler son pull, après Marine qui voulait emmener ses peluches à l’école et après les clés de voiture de Nathan, son mari, qui les cherchait chaque matin en hurlant.

Lola courait tout le temps, cherchant désespérément à satisfaire les besoins des membres de sa petite famille. Cherchant sans cesse ce qui pourrait leur faire plaisir.

Lola s’était mariée, jeune, très jeune, trop jeune sans doute. Son père ne lui avait guère donné le choix, elle avait 17 ans, et était enceinte de Marine, une erreur de jeunesse sur la banquette arrière d’une vieille 205 avec Nathan. Elle avait cru qu’elle serait heureuse avec lui et que l’amour serait éternel. Très vite elle avait déchantée, passant du statut de jeune et belle femme, à mère et épouse dévouée à son mari, à la limite de la soumission.

A bientôt 27 ans, elle ne travaillait pas, et passait ses journées à effectuer les tâches ménagères et à préparer chaque repas de la semaine. Les sillons sur ses joues trahissaient sa jeunesse trop vite envolée et sa fatigue.

Lola : Marine, Hugo, on y va maintenant, je vais finir par me fâcher, vous allez arriver en retard à l’école.

Et comme chaque matin, Marine et Hugo continuaient leurs interminables caprices, obligeant Lola à courir et se répéter pour les faire obéir. Nathan finissait toujours par crier sur Lola, lui rappelant qu’elle n’avait aucune autorité sur ces enfants, qu’elle était trop faible et qu’il fallait qu’elle se fasse plus respectée si elle voulait obtenir un résultat.

Et comme chaque matin Nathan sommait les deux enfants d’obéir et de monter en voiture.

Après avoir déposé les enfants à l’école, Lola se dirigea vers le supermarché, il lui fallait faire des courses pour la nouvelle semaine. Arrivée dans le centre commercial, l’effluve d’un parfum la submergea, elle se dirigea alors vers la source de cette odeur et se retrouva devant l’étal d’une parfumerie à humer les senteurs. L’un des parfums l’avait attiré comme un aimant, alors qu’elle cherchait hâtivement, un nouveau vent de parfum la submergea de nouveau, excitant ses sens.

Lola se retourna doucement et tomba nez à nez avec un homme. Surprise elle laissa échapper un bref cri. L’homme sourit et s’excusa doucement de lui avoir fait peur. D’abord stupéfaite, puis confuse, Lola bafouilla quelques paroles inaudibles avant de se reprendre et d’articuler plus clairement ses excuses.

Lola : Pardonnez-moi Monsieur, je ne vous ai pas entendu arriver. En me retournant j’ai été stupéfaite de trouver quelqu’un derrière moi.

Lola repéra sur le torse de l’homme l’étiquette épinglée indiquant son prénom.

L’homme : Ne vous excusez pas, Mademoiselle, puis-je vous renseigner ? Recherchez-vous quelque chose de particulier ?

Lola : Euh,.. Je… je. Votre parfum, depuis le hall d’entrée, je le sens, et je pensais que c’était l’un des produits que vous vendez, mais je crois que finalement c’est celui que vous portez.

L’homme : Oh, je vous en prie, vous pouvez sentir.

L’homme s’inclina présentant sa gorge au nez et à la bouche de Lola. Troublée, tant par le geste que par la beauté de cet homme, Lola resta quelques secondes interdite, avant d’approcher de sa gorge nue. Elle vit les veines pulsées dans son cou et se retint de justesse de baiser la nuque de cet inconnu. Elle ferma les yeux, et inspira profondément se laissant porter délicatement par l’effluve. Le bien-être qu’elle ressentit à ce moment là, lui fit oublier le lieu et les gens. Pendant ces quelques secondes qui lui parurent des heures, Lola eut envie de tout envoyer valser.

Elle rouvrit les yeux, et se rendit compte que sa respiration saccadée s’accordait au rythme effréné des battements de son cœur. L’homme la regardait, dans ses yeux ambre se lisaient un mélange d’étonnement et de trouble.

Lola recula confuse et honteuse, se reprochant intérieurement cette comédie vulgaire. Elle voulu s’excuser mais ne parvint qu’à laisser échapper un soupir.

L’inconnu ne lui laissa pas le loisir de se rattraper, il recula de quelques pas, lui souhaita une bonne journée et s’en retourna.

Encore émue et sous le choc, Lola tenta de reprendre ses esprits, et disparue dans la foule.

Vincent repensait à cet instant en la regardant s'éloigner, et, du plus profond de lui-même comprit que sa vie venait de changer.

 

CHAPITRE 2

 

Après cette brève rencontre, Lola mit plusieurs jours avant de se remettre complètement. Par contre, son attitude auprès de son mari et de ses enfants n’en fut guère mouvementée, à peine plus pensive.

Il était déjà tard, mais Lola rechignait à aller se coucher, redoutant les envies sexuelles de Nathan. Chaque vendredi soir se ressemblait, d’abord elle s’occupait des enfants, les baignant et les couchant après leur dîner. Puis, elle servait à Nathan son dîner devant son match de foot, accompagnant ses cris par quelques bières. Enfin il rejoignait le lit alors qu’elle bouquinait, la forçant à s’interrompre et à répondre à ses avances.

Cela faisait de nombreux mois voire quelques années qu’elle ne prenait plus aucun plaisir aux assauts sexuels de Nathan. Restant aussi stoïque que possible et se contentant du minimum afin de ne pas déclencher la colère de Nathan et des gestes plus violents.

Ce soir, encore, elle savait que Nathan allait l’embêter et elle redoutait ce moment encore plus que d’habitude. Elle sentait poindre en elle la honte de ressentir du dégout pour son mari. Mais les années avaient eu raison de l’amour qu’elle lui portait. Elle savait au fond d’elle même que les torts n’étaient pas de son côté, elle avait fait de son mieux espérant que les choses s’arrangeraient.

Il y a avait eu des problèmes financiers au départ, ce qui avait bouleversé Nathan et leur vie de famille. Puis, quand la situation s’était rétablie, elle avait cru que leur relation serait plus forte. Mais hélas, elle avait dû reconnaître que Nathan s’échappait de plus en plus de la maison, la laissant seule avec les enfants aussi souvent qu’il le pouvait. Il la fuyait et elle le savait. Les choses avaient encore empiré après la naissance de Hugo, bien malgré elle.

Longtemps, elle avait craint qu’il ne la trompe, puis elle s’était faite à cette idée, le souhaitant au fond d’elle même, ce qui lui permettait de ne plus se sentir coupable chaque vendredi soir de rester frigide.

Nathan : Lola ? Lola !

Lola : Oui, Nathan, que veux-tu ?

Nathan : Où es tu ?

Lola : Dans la cuisine, je nettoie l’évier, que veux-tu ?

Elle n’avait pas terminé sa phrase qu’elle sentit l’effluve de l’alcool dans son cou, et les mains de Nathan se poser au creux de ses reins. Sentant son corps se raidir sous ses doigts, Nathan l’étreignit plus fort, serrant en étau, le corps frêle et sans défense de Lola. Elle comprit que ce vendredi soir ne serait pas différent des précédents et qu’elle devrait encore serrer des dents.

Lola : ok ok, Va dans la chambre, je te rejoins dans quelques minutes.

En disant cela elle espérait que sous l’empire de l’alcool, il s’endormirait avant qu’elle n’arrive.

Nathan : Non, maintenant, ici.

Tout en parlant il la souleva et la posa sur le meuble à côté de l’évier, envoyant valser d’un revers de main, les quelques ustensiles présents. Il défit sans tendresse les boutons de son chemisier et posa avec vigueur ses mains sur sa poitrine. Sa bouche vigoureuse força les lèvres de Lola alors qu’il entreprit de remonter sa jupe sur ses hanches.

Ne pouvant résister, Lola laissa son esprit s’envoler hors d’elle alors que Nathan la pénétrait sans ménagement.

Une dizaine de minutes plus tard, encore hébétée, Lola se rendit compte qu’elle était seule, des larmes roulèrent alors sur ses joues, laissant libre court à son chagrin. Elle ramassa sa culotte et alla se blottir dans son lit.

Arrivée dans la chambre, elle ne vit pas Nathan et comprit qu’il avait du retourner devant la télévision pour voir la fin de son match.

Une fois installée confortablement, elle repensa à son envol alors que Nathan s’emparait d’elle, elle fut surprise de constater qu’à ce moment là, elle avait repensé à l’inconnu de la parfumerie. Cette pensée la tint éveillée une bonne partie de la nuit, même si elle fit mine de dormir quand Nathan la rejoignit.

Durant cette nuit, elle vit défiler sa douleur devant ses yeux. Petit à petit des sentiments nouveaux s’insinuèrent en elle. La colère et la frustration emplirent ses veines noyant ses derniers doutes et écroulant les dernières barrières derrière lesquelles Lola s’était retranchée depuis ses 17 ans. Depuis que son père avait décidé de sa vie.

Décidée, elle s’endormit, prête à retourner à la parfumerie pour comprendre.

 

CHAPITRE 3

 

Le matin pointait ses premières heures, quand Lola ouvrit les rideaux du salon. Un jean et un pull en laine enfilés, elle s’apprêtait à sortir quand Nathan, la voix groggy, et la démarche mal assurée, lui demanda où elle allait si tôt.

Lola : Un rendez-vous, chez ma gynécologue, la routine. J’irais faire quelques courses avant de revenir. Mangez sans moi. J’irai aussi voir mon père à l’hospice cet après midi. Le poulet est dans le frigo.

Sur ce, elle claqua la porte ne laissant pas à Nathan le temps de la retenir. S’il l’avait fait, elle savait qu’elle n’aurait pu mentir davantage et que son courage se serait effondré, laissant s’envoler son nouvel espoir.

Marchant d’un pas décidé, Lola décida de prendre le métro, des années qu’elle n’était pas descendue dans ces interminables tunnels, envahie par les odeurs et les bruits, elle prit soudain conscience qu’elle était vivante.

Portée par un sentiment d’insouciance et de liberté, elle n’hésita pas un seul instant lorsqu’elle franchit le seuil de la parfumerie, cherchant du regard celui pour qui elle avait traversée une partie de la ville.

C’est alors que l’odeur lui parvint aux narines, sans même se retourner elle comprit qu’il se tenait derrière elle. Ressentait-il lui aussi ce trouble physique qui comprimait son cœur et exacerbait ses sentiments ?

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