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Lorsque les amours s'emmêlent

De
76 pages
Il fait froid dans cette pièce. Elle a la chair de poule, son corps tout entier se glace. La pénombre y est trop forte, cela lui fait peur soudain. C'est la peur de soi, de ce qu'elle ressent. Le noir de ses désirs, de sa chair, rouge comme le sang. Que doit-elle penser, de cette mort si près d’elle tout à coup. Ce peut-il qu’il y ait une échappatoire à l’irréductible, au renoncement d’une vie qui pourrait donner sens à cet événement. L’absence et l’oubli sembleraient peut-être pouvoir résoudre cet inévitable affrontement. F… l’envisage un bref instant. Comme si l’inconscient pouvait faire croire à la jeune femme que tout ceci n’est qu’un rêve. Que cet homme n’avait jamais existé qu’à travers ses propres fantasmes.
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Nathalie Barribaud

I


Le téléphone sonne, l'appartement semble désert.
Dans la pièce, un rai de lumière filtre à travers les
persiennes laissant apparaître une table en bois, un vieux
fauteuil en cuir, au fond duquel un chat dort paisiblement,
deux vieilles toiles posées à même le sol, un tapis rouge
défraîchi, quelques livres et bibelots posés sur une chaise.
Seuls témoins d'une existence dans cet endroit, ces
objets obligent à la désuétude d'un silence, que cette
sonnerie dérange, brutale et persistante.
Au fond du couloir une porte s'ouvre…
Une jeune femme apparaît. Elle semble sortir de
l'obscurité, d’un long sommeil. Elle est vêtue d'un peignoir
de satin beige. Sous l’étoffe, on devine son corps nu, la
forme de ses cuisses, rondes et musclées, donnant à ses
déplacements une élégance lascive. Son visage est pâle, sa
chevelure défaite ; elle est encore à demi endormie. Sa
démarche est languissante, les semelles de ses mules
raclent le sol alternativement et avec peine tout le long du
couloir, traînant la jeune femme vers l'appareil.
Elle est maintenant devant le téléphone. Impassible,
elle laisse la sonnerie retentir une dernière fois, puis elle
décroche, secrète…
Une voix lui dit qu'il vit ses dernières heures, que les
médecins n'ont plus aucun espoir, qu'il faut qu'elle vienne
maintenant si elle souhaite le revoir une dernière fois.
Qu’il l’attend, elle, la jeune femme.

Au-dehors, on entend le vrombissement
ininterrompu des voitures qui roulent sur l'asphalte
mouillé. Au loin, à peine perceptible, un homme joue de
l'orgue de Barbarie. Plus près d’elle, dans la cour de
l’immeuble, on entend des cris d'enfants. Ce sont des cris
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