Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Ma vie pendant la crise de 2009

De
129 pages
Ma vie pendant la crise de 2009 ou comment on peut se souvenir d'une année marquante et des autres moments antérieurs, lointains, qui en avaient planté le décor, à partir d'un point futur, mystérieux, et qui pourtant s'ancrait déjà dans cette année-là. Le monde des hommes et l'ancien système, digérant alors ses dernières rations de milliards de dollars, ayant ingurgité davantage encore de monnaies fiduciaires qui n'étaient plus fondées que sur le surendettement, torpillant même la capacité des états à pouvoir rembourser les intérêts de leurs propres dettes, en étaient arrivés à un moment de vérité historique où il fallait, où il aurait fallu faire montre d'audace et d'un désir collectif de restructuration.
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Marie, un peu de biais

de Mon-Petit-Editeur

Cyber-rencontres

de les-editions-belle-feuille

2
Titre
Ma vie pendant la crise de 2009
3
Titre Frédéric Delalot
Ma vie pendant la crise de 2009 Gravitation III
Nouvelle
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02708-2(livre imprimé) ISBN 13 : 9782304027082(livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02709-9(livre numérique) ISBN 13 : 9782304027099(livre numérique)
6
8
Ma vie pendant la crise de 2009
J’avais du temps devant moi. Les immenses miroirs du café reflétaient des murs bruns, les étudiantes perdues dans leurs lectures. Un écran s’ingéniait à détailler les facettes de la crise. L’idée en vogue, au début de cette année-là, c’était que la récession ne durerait pas trop. Par-fois, on avait plutôt droit à du sport. Sous un plafond très haut, les journées commençaient de la sorte, près des plantes vertes, grimpantes. Je me tenais loin de l’entrée, dans un coin repo-sant, le regard dirigé vers la fenêtre qui donnait sur la rue enneigée. Je pensais : laisser de la place à l’univers. Dans l’esprit, à l’univers qui affranchit et résout. Réalité latente, derrière l’Illusion, la matière de-vient. La force crée la forme. Durée : aller de site en site, de page en page. Économie, nudi-tés, informations variées, des conversations et des bribes de phrases s’invitaient en plusieurs langues, autour de moi, vite, comme les jeux envahissaient certains endroits. D’autres s’envoyaient des messages, d’autres encore mul-tipliaient leurs envies. Je pensais : plus tard,
9
Frédéric Delalot
après ce moment-là, détente initiatrice et lieu médian. Il y avait des abat-jour géants, des journaux sur une table carrée. L’ampleur des phénomè-nes diffusait une lumière atténuée. Je voyais de jeunes nonchalances, leurs réflexions. Plus bas, de l’autre côté de la rue, l’époque faisait ressur-gir une petite foule qui vendait ses onces à un négociant de pièces d’or. À vrai dire, ces mon-des se croisaient en s’ignorant. Il y avait là aussi des acteurs inconnus, tout un théâtre et des ha-bitués. Je me souvenais : un fiacre trottait, nous transportait au Cercle des persona grata, avec ses chevaux lisses, où nous décidions d’une po-sition, des irremplaçables va-et-vient. Nous conversions avec les nomades que nous avions connus aux astéries. Dans ce genre de course anachronique, nous n’étions pas décelables. Je la retrouvais à travers des rangées de vê-tements. Les horaires étaient variables et ils avaient la forme d’un trouble étrange et exci-tant. Toujours des tissus fluides, lorsqu’on ne sait pas ce qu’on manque, des distances passa-gères, puis tout enlever. Après l’errance de la ville intérieure, elle allait dans l’autre pièce. Ça
10