Made in China

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Jeune haut fonctionnaire, Gao Changhe est nommé secrétaire du Parti à Pingyang, une grande ville en plein essor. Il y succède à Jiang Chaolin, arrivé à l'âge de la retraite. La tâche s'avère difficile car ce dernier a su administrer la ville avec un tel succès que personne n'oserait mettre en doute sa réussite et son dévouement. Des ombres obscurcissent pourtant bientôt le tableau : une lettre anonyme révèle une grave affaire de corruption.
Avec franchise et lucidité, Zhou Meisen soulève les grands problèmes auxquels est confrontée une Chine en devenir. Nous voyons les différents protagonistes s'adapter aux bouleversements qu'entraîne un développement économique sans précédent – et les allusions critiques ne manquent pas. Car Pingyang est aussi le type même du modèle "made in China" de planification urbaine qui menace l'environnement.
Ce récit d'une grande richesse est un excellent moyen d'appréhender le visage actuel de la Chine, les mœurs intimes de son administration et les espoirs d'une génération parvenue au pouvoir suprême au début du millénaire.
Publié le : jeudi 17 mars 2016
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EAN13 : 9782072491856
Nombre de pages : 640
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Collection dirigée par Geneviève Imbot-Bichet
Zhou Meisen Made in China
Roman Traduit du chinois et annoté par Mathilde Mathe
Avertissement
Parce que les noms propres chinois sont difficiles à retenir pour un Occidental, que l’ouvrage met en scène un certain nombre de personnages et de lieux, et qu’enfin les systèmes administratif et territorial chinois diffèrent des nôtres, nous avons cru utile de donner le nom des principaux personnages, leur fonction et leur subordination hiérarchique ; pour quelques lieux, le lien administratif qui les relie ; enfin, une indication succincte précisant l’organisation administrative en Chine afin que celui qui le souhaite puisse s’y reporter. Nous avons retenu la transcription dite pinyin pour transcrire les noms propres, hormis quelques noms plus connus en France sous une autre orthographe, comme Pékin, afin de ne pas dérouter le lecteur.
M. M.
Personnages principaux
CH E N HONGHE : une femme, gouverneur de la province et membre du Comité permanent du Parti au niveau provincial, elle est à la province ce que le maire est à la municipalité et ce que le chef de district est au district. GENG ZIJING : secrétaire (du Parti) à Lieshan. GAO CHANGHE : directeur adjoint auprès du Comité provincial du Parti. À ce poste il est sous les ordres directs de Liu Huabo, le secrétaire provincial ; il sera promu ensuite secrétaire (du Parti) à Pingyang. HE ZHUOXIAO : directeur du laminoir. HU ZAOQIU : ami de Tian Liye, adjoint au maire du bourg de Jinhu et chargé des affaires générales. JIN HUA : fille de Liu Yiju, membre du Comité du Parti à Lieshan et secrétaire adjointe du district chargée des affaires générales. JIANG CHAOLIN : secrétaire du Parti à Pingyang, puis président de l’Assemblée populaire de Pingyang. LI XINGXIANG : jeune femme journaliste à l’Agence Chine nouvelle de Pékin. LIU HUABO : secrétaire provincial du Parti, il est le premier magistrat de la province. Il a le pas sur tous les autres dirigeants, du Parti comme de l’Administration. LI U YIJU : assistante du secrétaire du Parti à Pingyang et chef de son secrétariat particulier. MA WENLI : secrétaire provincial adjoint. SU N YADONG : secrétaire à Pingyang de la Commission de discipline et secrétaire adjoint du Comité du Parti. Il a le même grade que Wen Chunming, le maire de Pingyang. TIAN LIYE : directeur administratif adjoint au Comité du Parti à Pingyang. Il assume diverses tâches suivant les directives des membres plus importants du Comité. Son titre correspondrait en France à celui d’un attaché principal d’administration. WANG SHAOBO : secrétaire de Pinghai. WE N CHUNMING : maire de Pingyang et secrétaire adjoint du Comité du Parti. Membre du Comité permanent, il a le même grade que Sun Yadong. ZHAO CHENQUAN : maire de Lieshan et chef administratif du district de même nom. Le chef de district correspond à un directeur territorial français. ZHOU JIUYI : maire de la commune de Weiyan, un bourg du district de Jinhu, et chef du canton du même nom.
Principaux lieux
DADUN : commune rurale du district de Lieshan. DAQUAN : bourg rattaché à Pinghai.
JINHU : chef-lieu et son district rattachés à Pingyang. LIESHAN : chef-lieu et son district, rattachés à Pingyang, comme pour les districts de Pinghai, Changjiang, Jinhu. LIN HU : bourg rural rattaché à Lieshan. PINGHAI : chef-lieu et son district rattachés à Pingyang. PINGYANG : préfecture, importante agglomération qui, outre la ville elle-même, comprend l’ensemble des villes, villages et districts qui lui ont été rattachés à mesure de son extension. WEIYAN : bourg et canton du district de Jinhu.
Organisation territoriale et administrative en Chine
On distingue en Chine les institutions du Parti communiste de celles de l’État qui constituent l’Administration. L’Administration met en œuvre les orientations générales décidées par le Parti. Le Parti exerce la prééminence dans tous les domaines. Il a toujours le dernier mot. La Chine est administrativement divisée en provinces, préfectures, districts, cantons et villages. Chaque subdivision territoriale est gouvernée à l’identique conjointement par un Comité du Parti, avec à sa tête un secrétaire, et par une administration, avec à sa tête un gouverneur, un maire, un chef de district – à la fois maire du chef-lieu et directeur territorial –, un chef de village selon le territoire dont il a la charge, gouverneur pour la province, maire pour les villes, etc. Dans chaque province et ville-préfecture siège également une Assemblée populaire qui assume un travail législatif et électif. Le Parti assure d’autant plus son contrôle sur l’ensemble des rouages administratifs que les principaux cadres de l’Administration sont également membres du Comité du Parti. Selon son importance, une ville comprend non seulement sa zone urbaine proprement dite, mais aussi les zones périurbaines et rurales environnantes qu’elle englobe ou qui lui sont rattachées.
I Un coup de tonnerre
1 23 juin 1998, 19 h, capitale provinciale, siège du Comité du Parti
Il faisait déjà nuit noire quand, à 19 heures, la réunion du Comité permanent du Parti au siège de la Direction provinciale prit fin. Gao Changhe, directeur adjoint au Comité, quitta au plus vite son bureau pour rentrer chez lui. Depuis quelques jours, son beau-père, Liang Qingping, avait à nouveau été hospitalisé, et sa femme, Liang Li, avait dit qu’ils passeraient le voir dans la soirée. Elle lui avait même téléphoné pour le lui rappeler, aussi n’était-il pas question de faire faux bond. Mais alors qu’il allait monter dans sa voiture, il aperçut Liu Huabo, le secrétaire provincial, qui, les traits tirés de fatigue, lui faisait signe depuis le perron de l’immeuble. Gao Changhe savait qu’il s’était rendu tout récemment à Pékin présenter le point de vue des autorités provinciales au sujet des aides concrètes qui pouvaient être apportées aux provinces qui connaissaient des problèmes de développement. À son retour, il avait demandé à ses services de préparer une réunion de travail en vue de choisir les localités les plus pauvres susceptibles d’être aidées directement. Pensant qu’il allait lui demander où en était ce travail préparatoire, Gao Changhe prit les devants : — Camarade secrétaire, selon vos instructions le travail préparatoire à la conférence sur les aides au développement est terminé. J’allais vous en faire le rapport dès que possible. Quel jour vous conviendrait le mieux ? Liu Huabo esquissa un geste de la main : — Cette affaire relève de la camarade Chen Honghe, gouverneur de notre province. C’est elle qui a été chargée de cette tâche par le Comité permanent. C’est donc à elle que tu remettras ton rapport. Pour l’instant, j’ai une autre affaire au sujet de laquelle je veux t’entretenir. Sois demain matin à 8 heures précises dans mon bureau. Tu laisseras de côté le travail que tu es en train de faire. Gao Changhe brûlait de demander à son supérieur de quoi il s’agissait, mais il n’osait le faire puisque celui-ci ne prenait pas l’initiative de s’en expliquer. Sans trop savoir quoi dire, il ajouta : — Camarade secrétaire, il y a autre chose dont je voudrais vous entretenir. Demain, le nouveau pont sur la baie va être inauguré à Pingyang, et la municipalité souhaite vivement votre présence. Vous savez que...
La voiture du secrétaire provincial vint alors s’immobiliser devant le perron. En se dirigeant vers sa voiture, ce dernier répondit : — Mon cher Changhe, il me semblait que l’affaire était décidée, n’est-ce pas ? Un responsable du Comité du Parti et le vice-gouverneur de la province représenteront les instances provinciales. Je n’ai donc pas besoin d’y aller. J’ai beaucoup de choses à régler. Mon agenda est plein, impossible de quitter mon bureau en ce moment. Gao Changhe le suivit jusqu’à sa voiture et crut bon d’insister : — En fait, Pingyang nous a appelés trois fois cet après-midi. Liu Huabo pointa un doigt vers son subordonné et lui dit en plaisantant : — Changhe, je trouve que tu prends leurs affaires bien à cœur. Tu n’y aurais pas quelque intérêt par hasard ? Je devrais t’envoyer travailler à Pingyang. D’ailleurs, il n’est pas impossible que tu changes de poste ! Puis, il ajouta sérieusement : — J’insiste pour demain : n’oublie pas, à 8 heures précises dans mon bureau. J’ai un rendez-vous important à 10 heures, je dois recevoir un chef d’État européen. Gao Changhe le rassura sur ce point et le secrétaire provincial monta dans sa voiture. Gao Changhe la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle passe le portail, puis en hâte, prit place dans sa propre voiture qui l’attendait. En chemin il se mit à penser au rendez-vous du lendemain. Plus il y pensait et plus il trouvait cela étrange. De quoi son supérieur pouvait-il bien avoir à l’entretenir ? Se pourrait-il que quelqu’un se soit plaint de lui derrière son dos ? L’an passé, alors qu’il était affecté à la mairie de la capitale provinciale, les deux articles qu’il avait rédigés sur le développement économique au regard du droit pénal lui avaient valu certaines inimitiés. Au point que ceux qu’il avait ainsi contrariés avaient fait courir un surnom à son sujet : « le superviseur ». Cette appellation désobligeante le faisait passer pour un ambitieux. Mais cela faisait plus d’un an, et, qui plus est, il ne travaillait plus pour la capitale provinciale. Ils n’allaient tout de même pas l’ennuyer indéfiniment avec ça. Dans son poste actuel de directeur adjoint au Comité provincial, il lui serait impossible de jouer au « superviseur », quand bien même il le voudrait. Il lui fallait suivre en tout point les instructions de ses supérieurs, de sorte que les probabilités que naisse une controverse étaient nulles. Il se rasséréna et porta son attention au spectacle nocturne qui défilait à travers la vitre de la voiture. L’illumination des monuments et des bâtiments officiels de la ville était une réussite. Les choses avaient été faites en grand et l’ensemble était du plus bel effet. Les gratte-ciel qui se succédaient, illuminés de la tête aux pieds, l’éclat des enseignes lumineuses, et les fenêtres éclairées de tant de foyers qui s’ajoutaient à la lueur d’un ciel constellé d’étoiles, donnaient à cette cité historique un éclat presque féerique. Mais lorsque la voiture traversa la place Sun Yat-sen, dont il avait présidé à la construction, Gao Changhe remarqua qu’elle était mal éclairée. Des lampes manquaient et des petits groupes de gens étaient as sis sur la pelouse malgré l’interdiction. — Une si belle place ! dit-il, mécontent, à son chauffeur. C’est incroyable, ces gens-là abîment tout et ne respectent rien. J’en toucherai un mot à la préfecture. Je vais demander de faire renforcer la législation et de la faire appliquer. Il faut traduire en justice et punir de façon exemplaire ces sauvages qui n’ont aucun sens du bien public. On verra bien si après ça ils oseront encore passer outre la réglementation. — Vous n’êtes pas le secrétaire provincial, à quoi bon vous en soucier ?
— C’est vrai, mais je suis citoyen de cette ville. Et en tant que citoyen j’ai quand même le droit de donner mon avis ! Et consultant sa montre il ajouta : — Accélère. Arrivés à la maison, tu nous conduiras ma femme et moi à l’hôpital : mon général de beau-père ne va pas bien et a encore été hospitalisé. Mais il était dit qu’il n’irait pas à l’hôpital ce soir-là. En effet, il aperçut une voiture officielle arrêtée devant son domicile, rue de Shanghai, une Audi noire qui arborait le fanion de la préfecture de Pingyang. En traversant la cour, il vit de loin, avec surprise, son camarade Sun Yadong assis dans le salon en train de parler avec sa femme. Ils avaient été ensemble à l’école du Parti, et Sun Yadong avait le grade de secrétaire adjoint du Parti à Pingyang, où il était secrétaire de la Commission de discipline. Sur le coup, Gao Changhe n’y attacha pas autrement d’importance et pensa qu’il venait l’inviter à la cérémonie qui devait se tenir le lendemain pour l’inauguration du nouveau pont sur la baie de Pingyang. Pourtant, ça ne collait pas : Sun Yadong était chargé des enquêtes disciplinaires et par conséquent son travail n’avait strictement rien à voir avec l’inauguration du pont. Qui plus est, on disait qu’il s’était dernièrement assez violemment disputé avec Wen Chunming, le maire de Pingyang. Quel pouvait donc bien être l’objet de sa visite ? Les problèmes auxquels allaient devoir faire face les autorités de Pingyang lui revinrent alors subitement à l’esprit. Le tout-puissant secrétaire du Parti, Jiang Chaolin, atteint par la limite d’âge, devait quitter ses fonctions et il y avait des chances pour que le maire, Wen Chunming, soit élu pour prendre sa succession – ce que Sun Yadong, qui s’était disputé avec lui, devait à coup sûr voir d’un très mauvais œil. Gao Changhe en déduisit que la visite de son camarade n’avait d’autre but que d’en apprendre un peu plus à ce sujet et par la même occasion, sans doute, en profiter pour critiquer Wen Chunming. Cette pensée le mit mal à l’aise. Mais il n’en laissa rien paraître et salua son ami en souriant : — Yadong, on peut dire que tu te fais rare. Quel bon vent t’amène ? — Quel bon vent ? fit Sun Yadong. Je viens tout simplement faire un bon repas. Et s’adressant à Liang Li, la femme de Gao Changhe, il ajouta : — On peut se mettre à table, ton mari est rentré. — Un bon repas ! s’écria Liang Li. Tu viens sans prévenir et tu crois que j’ai quelque chose à t’offrir ? — Voilà que tu fais des politesses entre nous maintenant ! Tu as bien quelque chose dans ton frigo. Et j’ai apporté quelques spécialités de Pingyang. Changhe et moi allons boire un verre le temps que tu nous prépares quelque chose. Gao Changhe ne put qu’acquiescer. Toutefois, en apportant les verres, il décida de prendre les devants : — Yadong, ne t’imagine pas que tu vas pouvoir m’amadouer et tirer de moi des renseignements. Je te le dis tout net : je n’ai strictement aucune idée de qui sera le nouveau premier secrétaire du Parti chez vous, à Pingyang. J’ignore tout de ce que vont décider les autorités provinciales. Si tu tiens vraiment à savoir ce qui se passe, tu n’as qu’à aller trouver les camarades qui travaillent à la Direction provinciale du personnel. En venant ici, tu te trompes complètement d’adresse. — Pas du tout, répondit Sun Yadong un sourire entendu sur les lèvres, je suis bien à la bonne adresse. C’est pour trinquer avec toi que je viens ce soir, et je vais en profiter pour te rendre compte de mon travail. Tu sais, la situation n’est pas simple : de toutes les régions de la province, la préfecture de Pingyang arrive en tête sur le plan
économique, tant pour la production que pour le rev enu par habitant. Par contre, concernant les cadres, la situation n’est pas aussi brillante. J’ai en effet la certitude qu’il existe de graves problèmes de corruption... Gao Changhe l’arrêta car il pressentait que son ami allait commencer à critiquer Wen Chunming : — Si tu sais qu’il y a des problèmes de corruption, tu n’as qu’à diligenter une enquête, inutile de venir me demander mon avis. Allez, à la tienne, levons nos verres ! Mais Sun Yadong, au lieu de boire, reposa son verre sur la table, et déclara très sérieusement : — Très bien, camarade secrétaire, si tu vois les choses ainsi, me voilà rassuré. Je vais te dire où nous en sommes au sujet du laminoir de Pingyang et de la situation économique dans laquelle se trouve un de nos districts, celui de Lieshan, qui suscite de très vives réactions, tant des responsables administratifs que de la population. Pour ce qui est du laminoir, Wen Chunming, en tant que maire de Pingyang, en porte toute la responsabilité et ne peut la rejeter sur personne d’autre. Et il voudrait être promu secrétaire de Pingyang ? Heureusement que les autorités provinciales sont plus avisées et se sont bien gardées de le nommer. C’est pourquoi, une fois que tu auras pris tes fonctions, je te conseille de faire du problème du laminoir un cas exemplaire de lutte contre la corruption et de redressement moral en montrant à tout le pays comment ont été gaspillés en pure perte 1 milliard 200 millions de yuans... Gao Changhe comprit que quelque chose lui échappait. Il interrompit son ami : — Eh ! Attends ! On dirait que tu me fais un compte rendu officiel. Je ne suis pas le directeur de la Commission centrale de discipline ni le secrétaire de Pingyang. Je n’ai aucun pouvoir. Et de quelles fonctions parles-tu ? Sun Yadong prit une paire de baguettes qui était sur la table et, l’agitant en direction de Gao Changhe, lança gaiement : — Changhe, toi alors ! Cette fois, il me semble que tu manques à notre amitié. Tu vas bientôt arriver à Pingyang comme nouveau premier secrétaire du Parti et tu veux le cacher à ton vieux copain et futur collègue ? En fait, tu veux t’en tenir au devoir de réserve, je comprends. Buvons à ta nomination. Au nom de tous les camarades chargés d’enquêter sur les abus et de ceux qui sont chargés de faire respecter les lois, et au nom des neuf millions d’habitants de Pingyang, je lève mon verre à ta venue ! Tout s’éclaira alors pour Gao Changhe : si Liu Huabo, le secrétaire provincial, lui avait donné rendez-vous pour le lendemain 8 heures, c’était sans doute pour lui parler des mouvements de personnel à Pingyang et d’une possible mutation prochaine. Les choses se passaient maintenant d’une manière étrange : lui qui était le premier concerné ignorait tout de sa mutation à venir, alors que ses futurs collègues et subordonnés étaient déjà au courant. Et d’ailleurs, le plus étonnant était que ces bruits de couloir se révélaient souvent des plus fondés. Mais ce n’était que des rumeurs et le secrétaire provincial ne lui avait encore rien dit à ce sujet. — Yadong, dit Gao Changhe sans changer de contenance, tes oreilles traînent partout. Mais comment peux-tu être au courant d’une chose que j’ignore alors que je suis le premier concerné ? À moins, bien sûr, que Liu Huabo t’ait cédé son poste de secrétaire provincial ? Cette fois, ce fut au tour de Sun Yadong de paraître étonné : — Non, c’est vrai ? Tu n’es réellement pas au courant ? — Non. Je sais seulement que la province avait l’intention de donner le poste de secrétaire de Pingyang à Wen Chunming pour remplacer Jiang Chaolin. Et je sais aussi
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