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MagerØy

De
95 pages
Août. Il fait une chaleur à crever. Tout ce temps, dans la pénombre, à museler ma mémoire... Maintenant, il faut tout recommencer. Encore. La voiture m’attend, de l’autre côté de la route déserte et rôtie. Je vais repartir... Tellement de choses en si peu de temps, puis tellement rien pendant si longtemps. Maintenant qu’il faut repartir, le soleil me brûle. Il n’y a pas de souffle, pas d’air, rien pour me porter. Même respirer demande un effort violent. Mon front se mouille seulement parce que je respire. Il faut que je réussisse à accélérer encore une fois. C’est la seule manière de dépasser le temps perdu. J’inspire, le feu rentre dans mes poumons. J’y suis presque. Allez, sans me retourner, je traverse la route, je monte dans la voiture. La trouille au ventre.
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ISBN: 2-7481-0681-4 (pour le fichier numérique)
ISBN: 2-7481-0680-6 (pour le livre imprimé)Juan
MagerØy
ROMANIntroduction
Août. Ilfaitunechaleuràcrever. Unechaleurqui
saoule. Toutcetemps,danslapénombre,àmuselerma
mémoire. Le soleil me brûle plus qu’il ne m’éblouit.
Maintenant,ilfauttoutrecommencer. Encore. Lavoi-
turem’attend,del’autrecôtédelaroutedéserteetrô-
tie. Jevaisrepartir. Roter,digérer,chier,puisgrandir.
Tellementdechosesensipeudetemps,puistellement
rienpendantsilongtemps. L’accélération,puislecoup
depatin. J’aipilédanslapénombre. Maintenantqu’il
fautrepartir,lesoleilmebrûle. Jecroyaisavoiratteint
mavitessedecroisière,j’étaisàlaremorque. Cen’était
pasmavitesse. Illusion. J’airegardéàtraverslemauvais
prisme… Je ne savais même pas qu’il y en a plusieurs.
Maintenant,jemebrûlelesyeux. Iln’yapasdesouffle,
pasd’air,rienpourmeporter. Jedoistouttranspirer.
Même respirer demande un effort violent. Mon front
se mouille seulement parce que je respire. Il faut que
je réussisse à accélérer encore une fois. C’est la seule
manière de dépasser le temps perdu. J’inspire, le feu
rentredansmespoumons. J’ysuispresque. Allez,sans
meretourner,jetraverselaroute,jemontedanslavoi-
ture. Latrouilleauventre. Laclimatisationdécollemes
biceps indécentsd’énormité de la toile du t-shirt. Di-
rectionlagare. C’estledébutdurecommencement.
7OOSTENDE
Poivreetsel. Àcausedesembruns. Secs,lesche-
veux de Willem sont noirs. Les yeux encore dans les
vagues, il entre dans l’estaminet. Le comptoir est en
bois,lesmanchesdespompesàbièreencuivrebienas-
tiqué. Ilfaitsombremalgrélesfausseslampes-tempête
quisontposéessurlestablesetaccrochéesàlacasquette
du comptoir. Le froid est resté à l’extérieur. Il sourit
à la barmaid, choisit consciencieusement un tabouret.
Pastrop prèsdela porte pouréviter lescourantsd’air,
pas trop loin pour voir les gens qui entrent. La Duvel
glisse dans sa chope voluptueusement, avec un chuin-
tement feutré de bulles explosives. Ses yeux se perdent
dans la mousse cette fois. La radio susurre un produit
F.M… Seule fausse note. Il est dix-huit heures trente.
Comme chaque soir de semaine, après avoir terminé
sontravail,ilsepromèneauborddel’eauavantd’aller
boire un coup dans son bar favori. Il a mis des mor-
ceaux de plastique dans des emballages en carton pen-
danthuitheures. Ilaimebiensontravail. C’estuntra-
vailquilelaisserêver. Latêtepleined’eau. Pleinedela
merduNord,degristellementgrisetdecesoleilpâle.
Desdépartsdansdesmatinsmornesetfroidsetdesre-
tours devant des chopes ambrées, celles qui délient les
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