Mais ceci est une autre histoire

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Un tigre, des nains, un amour télécommandé, une mort probable, voici les mots clés des quatre nouvelles de cet ouvrage. Ce livre n'a pas d'autres buts que d'essayer de vous divertir et de vous surprendre, ne cherchez pas autre chose, ce serait peine perdue.

Publié le : jeudi 16 juin 2011
Lecture(s) : 47
EAN13 : 9782748131703
Nombre de pages : 107
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Mais ceci est une autre
histoire
Gilbert Solet
Mais ceci est une autre
histoire
















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Mais ceci est une autre histoire


ISBN PDF : 2-7481-3171-1
ISBN papier : 2-7481-3170-3
6Gilbert Solet

LE TIGRE



C'était au petit matin, quelque part au nord de l’Inde,
un village, isolé au milieu de la jungle, se réveilla en
sursaut, au feulement d'un tigre. En l’espace de quelques
secondes, la place principale se couvrit d'hommes en
armes, qui sous les ordres du chef du village, se
précipitèrent vers les cris affolés des bêtes attaquées par le
félin. Seul Shafiq resta sur la place désolée où la poussière
soulevée par les hommes retombait doucement. Les
femmes inquiètes sortirent à leur tour et regardèrent
s’éloigner le nuage de poussières qui suivait leurs
hommes. La belle Malvika passa devant Shafiq,
indifférente à sa présence, alors qu’il la dévorait du regard.
Cette indifférence qu'il prenait pour du mépris, lui déchira
le cœur. Il se croyait rejeté à cause de son infirmité à la
jambe causé par le fameux tigre que le village chassait. Et
cette même infirmité l’empêchait de participer à la capture
du tigre, et de montrer son courage à Malvika. Il s’assit
devant sa maison qu'il occupait avec sa mère et attendit le
retour de la chasse. Au milieu de la matinée, la troupe
revint fort dépitée. Le chef du village était très en colère. Il
jeta un regard brûlant à Shafiq étonné et il convoqua
immédiatement un grand-conseil sur la place du village. Il
commença :
- Ce matin, trois nouvelles bêtes viennent d'être
tuées par le tigre et ceci sans les manger. Comme à chaque
fois, il feula à la mort de la troisième bête. Quand nous
arrivâmes, il était déjà parti. Depuis deux ans il nous
harcèle, sans raison apparente, nous qui avions toujours
vécu en paix avec les tigres et parfois même, nous nous
croisions sans haine. Mais maintenant, on ne laisse plus
les enfants sortir du village, les femmes n’osent plus aller
7Mais ceci est une autre histoire

au champ et les hommes se déplacent toujours avec une
arme. La peur s’est emparée de notre cœur et de nos
conversations. Cette situation n’a que trop duré. Tous les
hommes célibataires, et je dis bien tous les hommes, dit-il
en s’adressant à Shafiq, devront partir chasser ce tigre et
ramener sa dépouille avant la mousson.
- Pourquoi mon frère Shafiq devrait chasser, n’a-t-il
pas déjà donné une partie de ses jambes, s’éleva Shilmar
qui avait remarqué le regard du chef vers Shafiq.
- Parce que depuis cette attaque, le tigre rôde autour
du village.
- Il n’a été malheureusement que la première victime
de ce tigre qui est devenu complètement fou et qui tue
seulement par plaisir.
- Mais jamais personne, autre que des bêtes ne furent
attaquées.
- Parce que nous étions sur nos gardes.
L’assemblée acquiesça.
- Bien, s’il ne veut pas participer, personne ne lui en
fera grief, qu’on se le dise. Pour donner plus d'ardeur aux
jeunes chasseurs, j'offrirai ma fille Malvika à l’homme qui
tuera le tigre.
Cette annonce eut l’effet d'une bombe, des clameurs
s’élancèrent dans le ciel, tous les jeunes gens célibataires
trépignaient en regardant la belle Malvika qui était très
courroucée par cette annonce. Peu après les jeunes
guerriers regagnèrent leurs maisons pour se préparer à
cette chasse de longue haleine. La femme du chef
s’approcha de son mari et lui glissa à l’oreille.
- J'espère que tu sais ce que tu fais ?
Le chef ne lui répondit pas. Il croisa les yeux pleins
de colère de Malvika qui s’enfuit dans la maison, suivie
par sa mère. Shafiq était troublé, il avait été humilié
devant toute l’assemblée pour son supposé manque de
courage, bien que justifié par son handicap. Puis il ne
8Gilbert Solet

pouvait pas laisser à un autre la gloire de se marier à
Malvika. Demain, il partira à la chasse au tigre, sans le
dire à quiconque, son retour avec la peau du tigre n’en sera
que plus grand. Car il ne doutait pas de sa victoire, il avait
un avantage sur les autres hommes, il connaissait déjà le
tigre.
Le soir, autour du repas, son frère l’interrogeait sur
le fameux tigre.
- Je te l’ai déjà raconté une centaine de fois, répondit
Shafiq.
- Encore une fois, s’il te plaît, je dois avoir le plus
d'informations pour capturer ce damné tigre.
- Tu vas le chasser ?
- Comme tous les jeunes gens sans femme, et
Malvika n’est pas pour me déplaire !
- Et moi, je reste là comme un idiot.
- Mais non ! Raconte maintenant.
- Bon, j'étais dans la rivière en train de pêcher avec
ma lance, quand soudain je sentis une présence. J'observai
les deux rives, et ne vis rien de particulier. Soudain
j'entendis un craquement dans l’arbre qui me surplombait
légèrement. Je lève la tête et je vois le tigre à deux ou trois
mètres de distance sur une branche basse, prêt à s’élancer.
Je commence à reculer prudemment en dirigeant ma lance
vers lui. Mais je trébuche et malheureusement ma lance
m'échappe dans la chute, alors le tigre bondit vers moi, j'ai
juste le temps de l’éviter et de partir à la nage. Le tigre
nageant moins vite que moi, je le distance un peu et je
regagne la rive en appelant au secours. Mais à la course, le
tigre est plus rapide, et rapidement j'entends son souffle
rauque. Je vois un arbre avec une branche basse, j'essaie
d'accélérer, mais le tigre se rapproche, je sens son souffle,
je saute pour attraper la branche de l’arbre et le tigre fait
de même avec ma jambe. Une douleur atroce me
transperce la jambe, mais je me cramponne à ma branche.
9Mais ceci est une autre histoire

Et à ce moment précis, tu surgis avec d'autres, et tu le
blesses à l’épaule avec ta lance. Le tigre me relâcha sous
le coup et s’enfuit dans la jungle où vous perdîtes sa trace.
Je ne te remercierai jamais assez mon frère.
- Ce n’est rien, Shafiq. Bon, il est temps de dormir.
- Oui, c'est vrai.
- Tu viens chasser ?
- Non, non, mais je serai là pour te voir partir.

L’aurore éclairait à peine le ciel et déjà Shilmar
embrassait sa mère et son frère. Puis il partit sans un
regard ni un signe, l’esprit concentré sur sa proie dont il
pouvait devenir la sienne. Chaque chasseur sentait que
serait un combat à mort et dans les yeux de tous, une
crainte dilatait leurs pupilles. Les familles regardaient,
comme Shafiq et sa mère, leurs enfants s’éloigner vers la
sombre jungle où régnait dans son domaine le tigre
solitaire. Shafiq attendit que le soleil fût plus haut et
quittât discrètement la maison familiale avec un sac rempli
de provisions et une pelle ainsi qu'une pioche sur son
épaule. Il savait qu'il ne pouvait pas capturer le tigre en le
traquant nuit et jour, en cherchant dans les pistes, ses
traces de pattes et de repas. Il ne pouvait pas non plus
rester de longues heures à le guetter près d'un point d'eau
au risque de se faire surprendre. Il avait son idée, le tigre
était une vieille connaissance, et contrairement à l’opinion
du village et la férocité affichée de l’animal, Shafiq savait
qu’elle était une tigresse. Il se dirigeait vers les lieux où il
était persuadé qu’elle passerait et là, il creuserait son
piège. Le soleil était maintenant pratiquement à la
verticale et les rayons pleuvaient brûlants sur la jungle
assoupie.
Shafiq s’arrêta enfin dans une vaste clairière. Il
s’assit à l’ombre d'un grand arbre où pendaient de longues
lianes. La clairière était comme il l’avait laissée dans ses
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