//img.uscri.be/pth/8f6005fc7d52e9b43bb3482c00a5a3a4d91a46eb
Cette publication ne fait pas partie de la bibliothèque YouScribe
Elle est disponible uniquement à l'achat (la librairie de YouScribe)
Achetez pour : 5,95 € Lire un extrait

Lecture en ligne + Téléchargement

Format(s) : PDF

sans DRM

Marthe ?

De
110 pages
Une rencontre est-elle le fruit du hasard ? L'initiative de cette rencontre est-elle dûe à l'un des deux protagonistes plus qu'à l'autre ? Est-ce Marthe qui a souhaité rencontrer Michel ? N'est-ce pas plutôt Michel qui attendait Marthe ? En un lieu précis, à un instant précis, il se passe quelque chose qui génère l'histoire qui en découlera. Mais n'est-ce pas dans l'inconscient que tout cela se situe, confusément, volontairement ou non ? Marthe et Michel nous donnent, à leur manière, une réponse aux questions que nous nous posons tous : Pourquoi elle ? Pourquoi lui ?
Voir plus Voir moins

Vous aimerez aussi

Marthe ?
Stéphan Delac
Marthe ?





ROMAN












Le Manuscrit
www.manuscrit.com  Éditions Le Manuscrit, 2005.
20, rue des Petits-Champs - 75002 Paris
Téléphone : 01 48 07 50 00
Télécopie : 01 48 07 50 10
www.manuscrit.com
contact@manuscrit.com

ISBN : 2-7481-4819-3 (Fichier numérique)
IS-4818-5Livre imprimé)



















Pourquoi s’aime-t-on ? Pourquoi ne s’aime-t-on pas,
pourquoi ne s’aime-t-on plus ? Est-ce le hasard qui fait se
rencontrer les amants, au gré des vents, au gré des sentiments ?
Existe-t-il un destin pour chacun ? N’y aurait-il point en chacun
de nous, quelque chose qui échappe à la conscience, à l’esprit, ou à
l’âme et qui nous guide malgré nous ? Marthe connaît peut-être la
réponse à l’énigme, à moins qu’elle en fasse partie…




A mes enfants, qu’ils trouvent un jour ce qu’ils
cherchent.

A ceux qui s’aiment, ou qui s’aimaient.

A ceux qui n’y croient plus et à ceux qui espèrent.

STEPHAN DELAC




CHAPITRE I

Minuit était passé. La rue était déserte. Il ne restait
à Michel qu’une ruelle sombre à traverser. Comme il
descendait le trottoir, il entendit une voix le héler
timidement:

- Monsieur? Monsieur?

Cette voix venait de l’obscurité de l’impasse
adjacente. Il se retourna, plus surpris qu’apeuré. Il
aperçut, à quelques mètres, une jeune femme d’une
trentaine d’années, vêtue de noir, qui lui souriait. Sa
chevelure brillait sous la faible lumière du réverbère à
l’angle du carrefour. Que pouvait faire cette femme-là,
ici, et en cet instant? Se demanda Michel. Il n’avait
jamais croisé auparavant en ce lieu habituel que le
regard curieux d’un voisin à qui il adressait à peine un
signe de la main en guise de courtoisie. Comme il
rentrait plus tard que d’ordinaire, il était d’autant plus
étonné.

Sans esquisser le moindre sourire Michel lui
répondit simplement:

- Oui?

La jeune femme s’approcha de lui, tout près, et droit
dans les yeux lui demanda:

9 MARTHE ?
- Vous avez un instant?

- Pour?

- J’aimerais vous parler!

- Ici? Et de quoi? Fit Michel interloqué.

Après les douceurs météorologiques d’octobre qui
avaient laissé l’été s’éterniser, novembre avait
rapidement apporté l’hiver et déjà quelques flocons
tombaient, éparses. Une petite bise les faisait virevolter
sans qu’ils aient le temps de coller au bitume. Une rafale
sembla les emporter tous au loin, d’un coup, balayant
dans le même temps les feuilles roussies qui jonchaient
le trottoir. La jeune femme rentra la tête dans les
épaules et se présenta:

- Je m’appelle Marthe, nous nous connaissons, bien
que vous croyiez ne jamais m’avoir rencontrée. J’ai
froid!

Marthe avait la voix très douce. Michel bredouilla:

- J’habite de l’autre côté de la rue. Heu… Vous
voulez boire un café?

- Je veux bien, avec plaisir.

Michel traversa la voie, Marthe lui emboîta le pas. Il
sortit son trousseau de clés de la poche droite de
l’épaisse veste de cuir qu’il portait et ouvrit la grille qui
grinça un peu. Il fit entrer Marthe dans la cour et
10 STEPHAN DELAC

s’excusa de devoir la précéder dans l’allée jusqu’au
perron. Là, il reprit son trousseau et ouvrit la porte du
rez-de-chaussée. Quatre marches y menaient. La maison
était construite en pierres de meulière. Sa construction
devait remonter aux années trente. Michel vivait là, seul,
depuis deux ans, depuis qu’il s’était séparé d’Anne et
qu’il lui semblait que le soleil ne brillait plus comme
autrefois. En fait, il y dormait la nuit d’un sommeil
tourmenté et s’y reposait dès le samedi venu en
attendant la semaine suivante.

Sur le seuil Marthe frissonna, puis entra. Michel
alluma la lumière, un lustre blafard qui pendait au
plafond et qui dispensait une lumière jaunâtre dans une
salle à manger au papier peint défraîchi à fleurs. La
pièce était bien ordonnée. Une ouverture avait été
pratiquée dans le mur afin de faciliter l’accès à la cuisine.
Il invita Marthe à s’asseoir sur l’une des quatre chaises
disposées autour de la table de bois rectangulaire. Sur la
table étaient entassés quelques journaux et prospectus
que Michel repoussa d’un revers de main.

Sous son manteau trois-quarts de laine noire, Marthe
portait un tailleur noir, fermé sur un chemisier noir
boutonné jusqu’au col. Le cuir noir de ses escarpins
était assorti à celui de son sac à main. Elle tenait
également une sacoche pesante, un peu élimée. Ses
cheveux blonds ceints d’un cordon noir étaient tirés en
une longue queue de cheval basse. Elle ne portait ni fard
ni rouge à lèvre. Son teint était clair et sa peau était
seulement rosie par le froid. De ses yeux noirs elle
observait Michel qui préparait un café cependant qu’elle
réchauffait ses mains l’une contre l’autre. Elle souriait,
11