Maurice, ouvrier-mineur et paysan

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Vendredi 16 mars 1973, le réveil sonne dans la chambre à coucher. Quatre heures, pour Maurice, il est l'heure de se lever. Aujourd'hui, c'est son anniversaire, il a cinquante ans et il doit aller prendre un dernier poste à la Mine avant de profiter d'une retraite bien méritée. Habitué à un tel horaire, il n'a aucune difficulté à se lever. Assis au bord du lit, son premier geste consiste à changer l'heure de la sonnerie afin que le réveil puisse sonner de nouveau, deux heures plus tard, pour Alice son épouse, qui doit s'occuper des bêtes à l'étable. Ce roman décrit la vie laborieuse d'une famille des Combrailles dont le père, en plus de l'occupation à la ferme familiale exerce le dur métier de mineur de fond. Sa carrière se déroule pendant les Trente Glorieuses, années au cours desquelles la vie va connaître de gros bouleversements techniques avec l'arrivée du progrès.
Publié le : jeudi 25 septembre 2014
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782342028638
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782342028638
Nombre de pages : 138
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L’Avenir de ma terre : toi Alice ma fille, Société des Écrivains, 2013
Henri-Alexis Sol MAURICE, OUVRIER-MINEUR ET PAYSAN Dans les Combrailles pendant les Trente Glorieuses
Mon Petit Éditeur
Retrouvez notre catalogue sur le site de Mon Petit Éditeur : http://www.monpetitediteur.com Ce texte publié par Mon Petit Éditeur est protégé par les lois et traités internationaux relatifs aux droits d’auteur. Son impression sur papier est strictement réservée à l’acquéreur et limitée à son usage personnel. Toute autre reproduction ou copie, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon et serait passible des sanctions prévues par les textes susvisés et notamment le Code français de la propriété intellectuelle et les conventions internationales en vigueur sur la protection des droits d’auteur. Mon Petit Éditeur 14, rue des Volontaires 75015 PARIS – France IDDN.FR.010.0119954.000.R.P.2014.030.31500 Cet ouvrage a fait l’objet d’une première publication par Mon Petit Éditeur en 2014
Chanson : « Mon Vieux » Dans son vieux pardessus râpé Il s’en allait l’hiver, l’été Dans le petit matin frileux Mon vieux. Y avait qu’un dimanche par semaine Les autres jours, c’était la graine Qu’il allait gagner comme on peut Mon vieux. Auteur : Michelle Senlis Compositeur : Jean Ferrat Interprète (entre autres) : Daniel Guichard
À mon père, À toutes ces « Gueules Noires », toutes origines confondues qui ont fait l’histoire des Mines de Saint-Eloy Avec un merci particulier à Mireille, Christiane et Karine pour leur aide précieuse
Vendredi 16 mars 1973, le réveil sonne dans la chambre à coucher. Quatre heures, pour Maurice, il est l’heure de se lever. Aujourd’hui, c’est son anniversaire, il a cinquante ans et il doit aller prendre un dernier poste à la Mine avant de profiter d’une retraite bien méritée. Habitué à un tel horaire, il n’a aucune dif-ficulté à se lever. Assis au bord du lit, son premier geste consiste à changer l’heure de la sonnerie afin que le réveil puisse sonner de nouveau, deux heures plus tard, pour Alice son épouse, qui doit s’occuper des bêtes à l’étable. Habillé d’une chemise de toile épaisse passée sur le marcel qu’il garde pour dormir (l’hiver est froid sur les Combrailles), d’un pantalon bleu de travail et d’une paire de chaussettes de laine tricotées par Alice, il s’empare de son pull, lui aussi fait maison. Il quitte la chambre discrètement, dans le noir, pour ne pas réveiller son épouse et descend l’escalier qui craque sous ses pieds. Le même cérémonial, répété depuis tant d’années, va le conduire pour la dernière fois à son poste de travail à la Mine de la Bouble. À partir de lundi prochain il sera en congés pour deux semaines, histoire de solder les jours de vacances qui lui er restent. Puis, dès le 1 avril, il sera un retraité mineur de fond. Dans la cuisine il déclenche le fonctionnement de la cafetière qu’Alice a remplie hier avant de monter se coucher puis il com-plète ce dont il a besoin pour son petit déjeuner. Pendant que le café se forme, délivrant son doux parfum dans toute la pièce il enfile son pull-over et réactive le feu du fourneau avec deux morceaux de bois bien sec et une pelletée de charbon. Son attention est alors attirée par un miaulement rauque ca-ractéristique : c’est « la Grise », chatte de race chartreuse que sa
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plus jeune fille, Renée, a ramené un jour à la maison et qui ne se laisse approcher et caresser que par Maurice. Comprenant sa demande il ouvre les persiennes de la fenêtre située sur le de-vant de la maison et laisse ainsi entrer l’animal auprès de lui. Le café est prêt, il faut se dépêcher de prendre le petit déjeuner en mettant tremper du pain dans le liquide bien chaud. La Grise saute sur la table et s’assoit auprès de son maître en émettant un ronronnement régulier signe de sa satisfaction à se trouver là, tout près de lui. Une fois le bol vide placé dans l’évier Maurice prend sonbre-lis, une vieillecanadienneet une casquette à rabats puis il quitte la cuisine pour aller chercher son vélo dans lefournage. Ainsi commence sa dernière journée d’ouvrier-mineur. Il lui faut couvrir un kilomètre avec ce vieux vélo fatigué et le laisser au carrefour des Berthons contre le gros transforma-teur EDF qui lui sert de cachette. Là, Maurice attend le passage du car des mineurs qui, venant du bourg de Servant, transite par Moureuille, Échassières et Durmignat avant d’arriver à la Vieille Mine de Saint-Eloy puis au terminus à celle de la Bouble où Maurice est affecté. Il faut plus d’une heure à ce car d’un autre temps pour faire les quinze kilomètres de trajet entrecoupé d’une dizaine d’arrêts où d’autres mineurs rejoignent le convoi. Tout est fatigué aujourd’hui, le car, le vélo et Maurice par 32 ans d’activité. La Mine, elle-même, donne des signes de fatigue. Il n’y a plus d’embauches depuis plusieurs années, la production baisse et au fur et à mesure des départs en retraite l’effectif fond régulièrement. Maurice a pris place seul sur une banquette et au lieu de s’endormir comme les autres matins il ferme les yeux et voit défiler, dans sa tête, ces trente-deux dernières années. Années de dur labeur d’un ouvrier-mineur paysan, partagé entre le tra-vail à la Mine, à la ferme et la vie de famille, sans loisirs ou si peu par manque de temps libre. La Mine, pour lui, tout a commencé en 1941
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