Mauvaises Relations

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Le colonel Bill, doté d'infinies ressources intérieures qui pouvaient l'empêcher pendant des années de tomber dans le filet de la manipulation du président, un bâillon efficace capable de tuer toute forme de liberté en l'homme, est un homme libre, mais son entourage déteste sa conscience humaine : « Bill aide son âme à respecter la justice, et le mensonge ne peut s'échapper de ses lèvres." Il sait que le pouvoir, la corruption, l'avidité éloignent du bonheur de l'homme simple, droit et fort.Dans un régime dictatorial on ne peut rien faire si on n'est pas sale. Or, Bill ne fait rien dans sa vie s'il n'est pas sincère. Sale-Sincère, à Radiosca, est une combinaison absolument impossible. Il le sait, mais...
Publié le : mercredi 15 juin 2011
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EAN13 : 9782748123043
Nombre de pages : 179
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Mauvaises Relations
King Jr. T.M
Mauvaises Relations
ROMAN
© manuscrit.com, 2002 ISBN: 2-7481-2305-0 (pour le fichier numérique) ISBN: 2-7481-2304-2 (pour le livre imprimé)
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Arrivés à vingt heures très exactement, comme prévu sur les cartons dinvitation, les cent cinquante invités, hommes en smoking, chemise de soirée et nud papillon, femmes rayonnantes de beauté, délégance et de fierté, se trouvaient dans le luxueux salon du colonel Bill, laîné de la famille Kemdjo ; son père Sam, soixante ans, debout près du buffet bavardait avec sa femme Olivia, cinquante-cinq ans, leur fille Mélissa, seize ans, et Bill lui-même, qui se trouvait à côté de sa fiancée Clarisse Zo. Légèrement plus basse que Bill, elle portait un fourreau rouge fraise au bustier constellé de brillants et une superbe Rivière de diamants. Son visage, ob-servé de si près quil pouvait laisser voir dans ses yeux noirs une presque imperceptible mélancolie, était incroyablement beau. Vingt-cinq ans. Femme parfaitement proportionnée, mûre de poitrine, vo-luptueuse des hanches ; presque semblable à Naomi Campbell. Quelque chose en elle nallait pas et elle faisait tout pour contrôler sa peur sans éviter cepen-dant de se ronger les ongles bien entretenus, un geste machinal lorsquelle était nerveuse. Son diamant en bague brilla sous la lumière des lustres. Elle fixa son futur et eut un vague sourire. Lorchestre jouait une musique de fond et les ser-veurs, plateaux dargent chargés de verres dapéritifs
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et de petits gâteaux sur la paume de la main, circu-laient parmi la foule élégante. Pour Bill, mélangeant une impétueuse gaieté à un spleen voilé qui ne manquait jamais de le séduire, le sourire de Clarisse était une merveille qui se renou-velait continuellement. Un homme moins amoureux peut-être aurait imaginé que ce sourire de façade ca-chait un problème. Mais Bill nétait pas malheureux en ce moment. À trente ans, il était déjà colonel de larmée de terre et faisait cette fête pour sa nomina-tion surprise. Une promotion fulgurante quil nar-rivait pas lui-même à accepter facilement. Laisance et la fermeté de caractère paraissaient sur les traits de son visage et sur toute sa personne, mais il se sentait trop jeune pour cette responsabilité. Deux ans plus tôt, grâce à ses compétences particulières en matière dexplosifs, il avait été le seul à désamorcer plusieurs charges placées sous la tribune présidentielle lors du défilé du 1er mai. Était-ce pour cette raison quil avait été promu à ce grade ? Le prestige de sa fa-mille avait certainement contribué à accélérer la pro-cédure. Le néo-colonel, qui avait grandi avec très peu de motifs dappréhension et de colère, était donc laîné des deux enfants dun père exigeant, secrétaire dEtat à la Présidence et ami personnel du président Jonas Sav. Pendant presque vingt-huit ans, il avait vécu dans lombre de Sam, mais, depuis deux ans, même sil avait un grand respect pour les ambitions de celui-ci, il suivait surtout les siennes. Il y avait eu ce changement brusque quand sa mère avait subi un malheur - un gros malheur - qui sétait manifesté comme une calamité dans lexistence dOlivia. Dès lors, un conflit, jamais expliqué en famille, lopposait à son mari. Ils avaient très vite fait chambre à part, sitôt quOlivia sétait aperçue que Sam était un homme insensible. Leurs relations avaient changé complètement. Toute trace damour
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avait soudain disparu. Ils navaient plus rien à se dire. Rien à partager, hormis des regrets. Regrets qui avaient conduit Olivia dans une clinique psy-chiatrique. Le diagnostic : « dépression nerveuse ». Juste après son séjour à lhôpital, elle était devenue bigote en fréquentant laVraie Eglise de Jéhovah. Bill avait tout fait pour savoir la cause de ce revirement mais sa mère senfermait encore dans son silence. Sam et Olivia naimaient plus se montrer en public ensemble. « Ces deux-là sont là ce soir pour me faire plaisir », pensa-t-il. Lorchestre jouait plus fort. La moitié des invités était en train de danser. Des serveurs allaient et ve-naient avec les apéritifs. Homme de principe, satisfait, Bill méditait tout un plan de vie familial avec Clarisse, voulant fonder un couple heureux, serein, tendre. Ils sétaient connus trois ans plus tôt. Un véritable coup de foudre. Lors de la cérémonie des adieux au père de celle-ci, qui, devenu ambassadeur, était affecté à Washington. Ce soir-là, Bill lavait éblouie par sa courtoisie, son élé-gance. Il lui avait parlé de sa vie comme à une com-plice. Et la jeune fille, privée dintérêt paternel de-puis son enfance, lavait suivi, convaincue quavec lui, elle allait combler son besoin damour et des-time. Car elle avait grandi jusquà six ans avec une mère câline et attentionnée, morte subitement et rem-placée par une gouvernante, une femme mauvaise, dont la sévérité avait contribué à bloquer en Cla-risse tous ses besoins affectifs. Entre les deux, il y avait un grand désaccord et la pauvre orpheline avait commencé très tôt à chercher de laffection dans le bras des garçons. Ses relations avaient alors été in-stables jusquau jour où elle, revenue seule au pays après deux années passées en Amérique auprès de son père, avait retrouvé Bill. Cétait un an plus tôt. Malgré la distance et le temps, ils sétaient écrits as-sidûment.
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Clarisse faisait encore des efforts pour retrouver son calme, mais son pouls battait si fort, dans le bruit mélodieux, quelle crut entendre lécho dominer le son de la musique. Elle se vit en robe de mariée, entourée par des filles dhonneur en liesse la condui-sant jusquà lautel où se trouvait déjà lépoux. Soudain elle sursauta, au milieu de cette torpeur. Quétait-elle en train de faire ? Cétait un péché mor-tel quelle commettait. Le prêtre les avaient pourtant mis en garde lors de leur formation au mariage : ne jamais se laisser aller à ses faiblesses, soyez fidèles lun à lautre pour vivre en harmonie. Ses peurs étaient justifiées. Pendant neuf mois, elle avait joué double jeu et la perspective dépouser bientôt Bill lui avait flanqué la trouille. Dans la jour-née, elle avait dû soccuper des préparatifs de cette soirée. Puis, à vingt heures, elle sétait rencontrée avec son amant. Papa, maman, Mélissa, je vous annonce que le mois prochain je me marie avec Clarisse. Très bien, fiston, dit Sam. Le fiston était un homme très occupé, un militaire qui consacrait le plus clair de son temps au travail et à ses amis. Il passait des journées entières à la caserne, mais depuis un mois quil avait décidé de se marier, il avait changé son comportement envers sa concu-bine. Devenu plus galant, il lui offrait des fleurs, lui accordait davantage de temps et dintérêt. Soudain, cétait comme si le temps pressait. Il y avait tant de chose à faire, à organiser et à mettre en place. Sa robe de mariée, il la voulait ravissante, cousue par le meilleur couturier du monde, brodée de perle mi-nuscule ; quant au voile, il devait être confié à une modiste italienne. Rien que la liste des invités, quel casse-tête ! Ils y travaillaient depuis plus dune se-maine. Clarisse sétait montrée moins enthousiaste et Bill lui avait dit que cétait une angoisse passa-gère. « Comment pourrait-il me comprendre ? »
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