Mémoires gauloises

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Il fut un temps ou plusieurs civilisations coexistaient. Les coutumes bien sûr, mais aussi les valeurs et même les modes de pensée différaient d’un peuple à l’autre. Quand émergèrent les empires, contraignant chacun au pragmatisme pour sa survie, la résistance fut aussi déterminée que désespérée. Cette histoire est une fiction, les événements qui y sont relatés ont pu se produire. À l’heure où l’empire planétaire est dans l’impasse, ce livre n’apporte pas de solution. Que celui qui est intelligent la calcule.
Publié le : jeudi 1 mars 2012
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Source : http://www.monpetitediteur.com/librairie/livre.php?isbn=9782748361391
Licence : Tous droits réservés
EAN13 : 9782748361391
Nombre de pages : 116
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Patrick Charlot
MÉMOIRES GAULOISES
 
Mon Petit Éditeur
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IDDN.FR.010.0115831.000.R.P.2010.030.31500
Cet ouvrage a fait lobjet dune première publication par Mon Petit Éditeur en 2011
Un mariage mouvementé
Toute la journée, les carnyx avaient vomi la colère et la haine sur la plaine. À présent Les bardes embouchaient leurs bom-bardes pour entonner un air joyeux. À ce son, Brennos se redressa en brandissant son épée et poussa une clameur de vic-toire. Il était entièrement nu et ses tatouages ruisselaient de sang, pas le sien ; le sol à ses pieds était jonché de cadavres. Il portait de nombreux bijoux en or, mais pas de torque, toute sa force et son courage ne lui permettraient jamais de porter ce bijou. En effet, depuis son deuxième anniversaire, sa tête était trop grosse pour laisser passer lanneau dor et son absence trahirait sa naissance modeste jusquà la fin de ses jours. Il se retourna vers Steren, son page, et lui sourit ; le gamin avait déjà dépouillé les ennemis quil avait vaincus et leurs cinq têtes pen-daient artistement à lencolure de son cheval. Il laida à charger les corps et les armes dans une charrette puis alla se laver dans un ruisseau proche. Après avoir décoré la selle avec le butin, Steren laida à lacer les braies rouges des guerriers qui avaient abandonné leur clan pour parcourir le monde, et quand il sinstalla sur sa selle, veilla à ce que les plis de son manteau tombent bien et surtout ne cachent rien de la richesse de son cavalier et de son butin, puis il prit la charrette et rejoignit la tête de la colonne en formation. Brennos, lui, Rejoignit ses compagnons derrance juste derrière les chefs il eut la joie de reconnaître Galba parmi eux. Ils avaient déjà parcouru la moitié de la Gaule ensemble et sétaient liés damitié. Cétait un Belge un peu plus petit que lui mais aux vastes épaules, toujours gai et
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qui laccueillait à présent avec des exclamations joyeuses. Son lourd accent faisait sourire, bien que personne ne songe à se moquer de lui, les rares personnes qui nappréciaient pas sa compagnie ne désirant pas rejoindre la grappe de têtes qui pen-dait à lencolure de son cheval. Le convoi traversa le village le plus proche avant de rejoin-dre le sanctuaire aménagé pour loccasion. Une foule venue don ne sait où acclamait les vainqueurs après avoir hué et lapi-dé les charrettes qui les précédaient. Les vainqueurs paradaient et saluaient. Brennos et ses compagnons derrance repéraient dans la foule les jeunes filles qui sauraient reconnaître leur va-leuret gratifiaient celles qui leur plaisaient dune cabriole équestre, déclenchant rires et cris deffroi. Ils arrivèrent au sanctuaire dédié à Morgane, la déesse mau-dite. La légende disait quelle aimait les hommes jeunes grands forts et vifs, mais dévorée par lambition, elle poussait les héros à la révolte et à leur perte. Orgueilleuse et aimant la danse, elle brisait bras et jambes de ses cavaliers au moindre faux pas. Froide et belle comme la nuit, les poètes qui la regardaient en perdaient le souffle et aucun homme navait pu réchauffer ce cur avide ni colorer le satin de ses joues. Elle détruisait ce quelle aimait et le destin lavait condamnée à emmener les hommes aux enfers sans pouvoir en retenir aucun. Ses sanctuai-res puaient la charogne à des lieues à la ronde. Là ils exposèrent les corps de leurs ennemis aux éléments et aux corbeaux pour que leurs âmes restent prisonnières de leurs cadavres, et inciné-rèrent leurs morts pour quils se réincarnent rapidement. Lors du festin qui suivit, Brennos fut abordé par un jeune homme. Il portait un torque et une épée richement décorés et, bien quil sortît à peine de lenfance et fut dépassé dune tête par la plupart des guerriers, évoluait avec assurance parmi les bous-culades. Tu es bien Brennos, le Séton ?  Cest bien moi.
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 Salut, je suis Bellac, le frère de Cervos, du village de Har-dun. Je suis venu tinviter à son mariage. Il ma beaucoup parlé de toi et il sera très heureux de te revoir. Brennos avait connu Cervos deux ans auparavant. Son père avait levé une armée pour venir en aide aux Arvernes qui étaient en guerre contre les Eduens, et en avait confié le commande-ment à son fils pour quil fasse ses classes de prince. De lavis du mercenaire, il sen était bien tiré, bon chef même sil ne ma-niait pas très bien lépée. Ce qui expliquait son invitation à ce mariage.  En fait, il a un rival, Celtill, poursuivit Bellac.  Cest une brute mais un duelliste hors pair, et il est entou-ré par une bande dangereuse. La présence de quelques guerriers nus calmerait ses ambitions et maintiendrait la paix dans notre cité.  Quelques ?  Deux ou trois suffiraient mais il faut quils soient sûrs. Notre clan est puissant mais à perdu quelques bons guerriers ces derniers temps. Mon frère devrait accéder à la royauté après son mariage et il veillera à ce que les filles qui épouseront de grands guerriers soient bien dotées. Le saumon doit renoncer à la mer un jour. Cest vrai que Brennos avait déjà bien voyagé et vu plus de combats que la plupart des Gaulois vivants. Cétait peut-être loccasion de se ranger.  Je viendrais avec quelques amis.  Nous ferons la route ensemble. Il y a un grand druide dans les environs et jaimerais lui parler avant de rentrer. Brennos parla de cette proposition à ses amis. Galba accepta tout de suite, il avait déjà assez de crânes pour décorer un palais et il ne lui manquait que les poutres où les accrocher. À ce ma-riage il était sûr de trouver des filles et du vin. Si en plus on lui promettait les meilleurs duellistes de Gaule, il ne pouvait rater une fête pareille ! Par contre ses autres compagnons préférèrent
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remonter vers le Rhin, ou les raids germains étaient fréquents et les guerriers toujours bien accueillis. Bellac les attendait à lauberge. Il ne fit pas de commentaire en voyant quils nétaient que deux.  Partons maintenant, nous rejoindrons mon frère dans une ferme près dHardun. Steren avait maintenant quatorze ans. Un cousin de Brennos le lui avait confié six mois auparavant pour quil apprenne le métier des armes. Jusquà maintenant il navait appris quà soccuper du cheval et du matériel, ainsi quà allumer un feu de camp par tous les temps. Maintenant quil nétait plus une charge pour le voyageur, son entraînement pouvait commencer.  Steren, tu tes bien comporté lors du dernier combat. Tu es resté à mes côtés et tu as su éviter les coups, sans connaître la peur. Tu es prêt à apprendre lusage des armes.  Je vais avoir une épée ?  Ton épée nest pas près dêtre forgée, petit. Tu auras dabord une lance, et jusquà Hardun ce ne sera quun bâton. Bof, une lance Bellac linterrompit :  La lance na pas la puissance dune épée mais elle est mu-nie dun tranchant à un bout et dune pointe à lautre, et entre les deux, cest un bon bâton. Pour qui na pas la force de Bren-nos ou de Galba cest une arme plus utile quune épée. Il prit sa lance et la fit virevolter, tantôt dardant la pointe vers lenfant, tantôt faisant siffler la feuille à quelques centimè-tres de sa gorge. Personne ne contesta plus lefficacité dune lance.  Tu as de la chance. Nous sommes tombés sur un maître de cette arme. Personnellement je ne lutilise quà cheval mais il a raison : si on na pas la force de parer un coup de taille ou de fendre un bouclier, une épée ne fait rien de plus quune lance.  Si ton maître est daccord je suis prêt à tentraîner pen-dant que nous seront ensemble, ajouta Bellac
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