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mépapasonlà
Alain Pierre Boisvert mépapasonlà
Chroniques rurales d’une famille acadienne heureuse. Très heureuse. Et de ces tristes hasards qui viennent éprouver son bonheur.
ROMAN
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives Canada Boisvert, Alain Pierre, 1970, auteur  mépapasonlà / Alain Pierre Boisvert. (Indociles) Publié en formats imprimé (s) et électronique (s). ISBN 9782895975359. — ISBN 9782895975618 (pdf). — ISBN 9782895975625 (epub)  I. Titre. II. Collection : Indociles PS8603.O369M47 2016 C843’.6 C20169004384  C20169004392
Les Éditions David 335B, rue Cumberland, Ottawa (Ontario) K1N 7J3 Téléphone : 6138303336 | Télécopieur : 6138302819 info@editionsdavid.com | www.editionsdavid.com
Tous droits réservés. Imprimé au Canada. e Dépôt légal (Québec et Ottawa), 2 trimestre 2016
Les Éditions David remercient le Conseil des arts du Canada, le Bureau des arts francoontariens du Conseil des arts de l’Ontario, la Ville d’Ottawa et le gouvernement du Canada par l’entremise du Fonds du livre du Canada.
À la mémoire de Melina Walanda. À la septuagénaire de l’épicerie qui a su protester sans faire de bruit. À une juge de bonne foi pour qui le bon sens fait encore loi. À notre Angela enjouée et futée dont la juste intuition a su à jamais transformer nos vies, nos vocations.
Nuit caniculaire. À cette période de l’été, presque tout le voisinage plie bagage : avec lui, part la brise du fleuve. Nul feuillage n’ose frémir. Chaud. Très chaud. Au point où les huards se plaignent autrement : médiocre imitation du coït entre une anche de hautbois coin cée et la culasse d’un basson désaccordé. Calme plat sur l’eau. Miroir scintillant d’un ciel de début d’août endiablé. À l’apogée des Perséides, la seule pluie à l’horizon en est une d’étoiles filantes venues embraser le rideau de velours ébène qui recouvre notre vallée. Les pleurs de Jacob font soudain contrechant à la complainte des plongeons. Notre fiston a fêté ses quatre ans aujourd’hui. Et, quelque part entre le coucou de vingttrois heures et de sa demie, son estomac s’annonce aussi à l’envers que mon hangar de jardinier. Catastrophe annoncée à laquelle nous avons bien malgré nous contribué… — PaPAaaAaaAA… À la différence des enfants de nos voisins du bout du chemin — les Cormier — qui tartinent de circonflexes toutes les voyelles quand ils parlent, les « A » dema sauterellesont pointus comme la tour Eiffel. — Oui, Jacob ? — L’AUTRE PApaaaaa…
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Me voilà comblé ! Pas besoin de bouger sous cette chaleur infernale. Quand le petit a mal au ventre ou à la gorge, seul Ricky peut le réconfor ter. Moi, je ne suis l’élu que pour les éraflures, les échardes et les maux de dents : qu’on ne vienne jamais argumenter que les bobologues n’ont pas de spécialités ! Sur le dos, nu, se dévoilant sans pudeur dans toute sa cuirasse lustrée et basanée, Ricky s’aban donne peu à peu aux bras de Morphée, après une longue journée sous un soleil de plomb. Nuit si humide que même les draps satinés ont pris le poids de cette moiteur d’été. Je lui murmure que son oiseau pourrait dégobiller d’une seconde à l’autre, soufflant sur son nombril à découvert pour le cha touiller. Ma statue de bronze s’anime lentement, roule hors du lit, en me réservant sa bouille de dégoût accentuée d’un rictus en coin. Il grommelle tendrement vers la chambre du petit : « J’arriiiiivemon hibooouuu. » Trop tard. On entend contre le bois franc, sur un fond de râles de délivrance, cette distincte écla boussure de vomissure… que j’imagine orange et mauve…
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Six heures trente du matin, brumaille de prélude automnal. Je me glisse sous la douche. Ricky, vieux boxercarreauté à demi décousu suspendu bon gré mal gré à sa ceinture d’Apollon, s’affaire dans la
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