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Merci l'enfance, bonjour la vie

De
185 pages
De mes trois premières années, je n’ai gardé aucun souvenir, aucune image. Ma mémoire commence à surgir comme si j’avais vu le jour à partir de trois ans. Pourtant, rien ne pourrait m’empêcher de vous raconter...et si je demandais à ma soeur aînée Liliane. Je n’ose pas lui poser certaines questions. Je préfère rester comme je suis... c’est-à-dire ne pas connaître avant. Chacun, chacune d’entre nous peut avoir un don. Quelquefois, ce don se transforme en désir. La première fois que je me suis lancée dans l’écriture, j’ignorais que l’envie me pousserait aussi loin. Je ressens, je le vis, je l’écris. II ne se passe pas un seul jour, sans que la page blanche de mon cahier de brouillon ne se remplisse. Ecrire, toujours écrire.
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© Éditions Le Manuscrit 2009 www.manuscrit.com ISBN : 978-2-304-02508-8 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782304025088 (livre imprimé) ISBN : 978-2-304-02509-5 (livre numérique)
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Titre ISBN 13 : 9782304025095 (livre numérique)
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181
Je revis aujourd’hui l’image de mes trois ans, je l’offre à mes enfants comme un cadeau. Il y a des moments de sa vie que l’on ne peut guère oublier, alors quoi de plus naturel que de les transmettre afin qu’ils ne meurent jamais ! Je restais au côté de ma mère : je l’écoutais parler, sa présence me rassurait durant nos longues journées à la campagne. Quelquefois elle chantonnait ; je m’en souviens encore aujourd’hui. Maman savait comment utiliser les mots magiques pour chacun de ses six enfants. A l’automne les paysans laissaient des grappes de raisins sur les pieds de vignes ; ma mère, un sécateur à la main les coupaient une à une ; elle remplissait ses seaux, les déposait à la cave en attendant que papa écrase les grappes, pour en faire de la piquette. Ma mère connaissait une chanson que je repre-nais en chœur avec elle plusieurs fois : ils sont dans les vignes les moineaux, ils sont dans les vignes les moineaux, ils ont mangé les raisins, ils ont cagué tous les pépins !
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Merci l'enfance, bonjour la vie
J’étais la cinquième enfant de la famille, je n’avais pas l’autorisation de m’éloigner de la maison : à l’époque c’était plutôt dangereux. Mes parents discutaient souvent avec leurs voisins, ils se tenaient au courant des derniers évènements survenus dans leur quartier ; notamment s’ils avaient croisé l’étranger avec un sac à dos sur l’épaule : ils couchaient tous à la belle étoile et personne au village ne savait d’où ils venaient vraiment ! Au cours d’un après-midi je partis me promener à la montagne accompagnée de mon frère Jean-Claude, et de mes trois sœurs. J’avançais lentement, je restais souvent à la traîne à cause de mes petites jambes, qui n’arrivaient pas à marcher aussi vite que celles de mes aînés. A un certain moment j’ai senti comme un souffle, une présence : je me suis retournée et j’ai vu apparaître derrière moi un homme que je ne connaissais pas. Il faisait de grands signes avec ses bras, il voulait que je m'approche vers lui. J’ai eu très peur, j’ai pris mes jambes à mon cou en courant aussi vite que j'ai pu… La distance qui me séparait de mon frère et de mes sœurs me parut très longue à rattraper : apparemment, aucun d’eux ne s’était inquiété de mon absence.
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