Mère de glace

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Barbara et Pascal ont le même âge, dans ce même monde, cette année-là… Ils ne se ressemblent pas. Mais face à l'horreur d'une découverte, au cœur de la montagne jurassienne, s'entremêlent les images qu'ils portent en eux, images de mères insensibles et toutes-puissantes. Dans cet espace secret, chargé de non-dits, où le temps se compte en soupirs, les rôles se confondent. Elle devient sa mère et il est son enfant. Elle devient celle qui ne l'aimait pas, il représente celui qu'elle aurait aimé.
Publié le : dimanche 19 juin 2011
Lecture(s) : 131
EAN13 : 9782748195026
Nombre de pages : 161
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Titre
Mère de glace
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Titre Lydie Jaillon
Mère de glace
Journal d’un hiver
Roman
5 Éditions Le Manuscrit
© Éditions Le Manuscrit, 2007 www.manuscrit.com ISBN : 2-7481-9502-7 (livre imprimé) ISBN 13 : 9782748195026 (livre imprimé) ISBN : 2-7481-9503-5 (livre numérique) ISBN 13 : 9782748195033 (livre numérique)
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A mes filles, mes soleils, et à toi, mon ange
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Mère de glace
PREMIÈRE PARTIE
J’ai froid. Petit à petit, l’hiver est entré en moi. Il a sclérosé mon cerveau, il a glacé mon cœur. Ma vie s’est figée. Je vis dans un appartement, petit îlot de paix en dehors du monde, petit havre de chaleur au cœur d’un hiver perpétuel. Sanctuaire aux murs blancs, décorés de peintures chaudes représentant des paysages du Sud, de coquillages accrochés à des filets de pêche bleus comme la mer, de petits bateaux en bois blancs et bleus, dont la coque usée semble conter les aventures tumultueuses. Refuge peuplé de tournesols. Le soleil pour vaincre le froid. Le feu face à la glace. Une lumière dans ma nuit. Le tournesol, pour voir le monde dans ce qu’il a de divin et non plus comme cet univers hostile et implacable qui me paralyse. Le tournesol et son capitule, que je fixe durant de longues minutes, jusqu’à faire pleurer mes yeux, jusqu’à
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Mère de glace
apercevoir les spirales, la « divine proportion ». Je suis le dessin de sa courbe de vie pour déceler l’harmonie, trouver l’accord avec le monde qui m’entoure. Mais le feu s’éteint et il me faut sans cesse trouver la force de le ranimer. Le tournesol pour ne pas tourner folle. Mes filles dorment dans des lits vagues, bleus comme leurs nuits, pendant que j’essaie de trouver le repos sur le sable jaune de mon canapé-lit. Sur le mur, face au lit, une reproduction d’un tableau de Dali. La main de Dali retirant une toison d’or en forme de nuage pour montrer à Gala l’aurore toute nue très, très loin derrière le soleil. Un nu allégorique dans une scène portuaire. L’aube, un jour qui commence et le soleil, éblouissant, qui capte mon regard. Mes yeux ne peuvent se détacher de cet astre qui semble tridimensionnel, mon corps entier est attiré par ce paysage idéal, envoûtant. Je deviens Gala, la muse, pour me fondre dans le décor chaud de la peinture. Mais la nuit revient, épaisse et glacée. Et avec elle revient la petite mort qui étouffe. J’utilise mes seules armes, petites pilules rondes et roses, petites douceurs pour supprimer la douleur. Mais elles ne font que l’endormir un temps. Elles ne donnent droit
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