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Mes jours avec et mes jours sans

De
303 pages
Julie a quinze ans et les problèmes de son âge : ce livre, prend la forme de son journal secret pour brosser avec ironie et tendresse son univers et la galerie de personnages qui gravitent autour d'elle : sa mère psychomaniaque, sa meilleure amie passionnée de chiromancie, sa soeur obsédée par son physique, et surtout Enguerran, son amour secret. Mais cette année va voir Julie changer au gré de ses interrogations et de ses amours : comment devenir adulte, quand, et pourquoi ?
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Alice Abhervé
Mes jours avec et mes jours sans
JOURNAL/ CARNET(FICTION)
© manuscrit.com, 2001 ISBN: 2748112954 (pour le fichier numérique) ISBN: 2748112946 (pour le livre imprimé)
Avertissement de l’éditeur
Découvert par notre réseau de Grands Lecteurs (libraires, revues, critiques littéraires et de chercheurs), ce manuscrit est imprimé tel un livre. D’éventuelles fautes demeurent possibles ; manuscrit.com, respectueuse de la mise en forme adoptée par chacun de ses auteurs, conserve, à ce stade du traitement de l’ouvrage, le texte en l’état. Nous remercions le lecteur de tenir compte de ce contexte.
manuscrit.com 5bis, rue de l’Asile Popincourt 75011 Paris Téléphone : 01 48 07 50 00 Télécopie : 01 48 07 50 10 www.manuscrit.com contact@manuscrit.com
PREMIERE PARTIE
MES JOURS SANS
Dimanche 23 novembre
Voici donc le nouveau QG de mes pensées en tous genres. Ça fait au moins deux ans que je n’ai pas « tenu » de journal. J’écris « tenu » entre guillemets, parce que la tenue et moi, c’est un cocktail plutôt corrosif. À treize ans, j’ai décrété qu’il n’y avait rien de plus idiot que de se confier à une feuille de papier blanche. C’était du gâchis d’encre, de papier et de temps, voilà tout. C’était mon époque « Moi j’aipleind’amispourdiscuter », et je me trouvais stupide de me sentir plus à l’aise face à un misérable blocnotes. Aujourd’hui, c’est différent. Je me suis rendue compte que les amis, c’est comme l’acné : dans la plupart des cas, ça passe. J’ai quinze ans (si vous êtes un tantinet meilleurs que moi en maths, vous l’aviez deviné de vous mêmes), depuis le 11 novembre. Je trouve ça hor rible de naître en novembre, avec la pluie et les pre miers bulletins de notes. J’aurais préféré arriver en plein mois de juillet. Au moins, on m’offrirait des robes à mon anniversaire, pas des gros pulls dif formes. Maman dit toujours que je ne suis satisfaite de rien. Moi, je trouve que c’est le contraire qui n’est pas normal : être satisfait d’absolument tout. Je m’ennuie.
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Mes jours avec et mes jours sans
On est dimanche, un dimanche de novembre qui plus est, il pleut, il fait froid, j’ai un rhume et je suis seule dans une immense maison vide. Maman est partie rendre visite à une lointaine cousine, et je suis seule dans ma chambre, à regarder le ciel lourd de nuages. La totale pour faire déprimer. Mais je ne me sens même pas l’envie de déprimer aujourd’hui. En fait, je suis une optimiste née. Je vis dans la perpé tuelle certitude que tout est couleur pastel et que les petits oiseaux gazouillent dans les vertes prairies. Je n’y peux rien. Même quand il m’arrive les choses les plus affreuses, je survis, courageusement, virile ment. Bon, évidemment, il ne m’est jamais arrivé de choses vraiment affreuses, mais je sais qu’il m’en faut beaucoup pour flancher. Comme dit mon père, je suis « blindée au Plexiglas » espression sans doute héritée de sa jeunesse, où il ramait à laver les vitres des magasins pour arrondir ses très anguleuses fins de mois. Je m’appelle Julie Delamare et j’ai quinze ans (et je radote et je vous l’ai déjà dit et…). Mon physique, je m’en satisfais sans pour autant en faire un éloge dithyrambique, même si je me trouve un peu gras souillette. C’est normal, je carbure aux Carambars. Il vaut mieux ça que de suivre l’exemple de millions d’adolescents de mon âge qui, eux, carburent à la ci garette. A mes yeux, rien n’égale l’irremplaçable sa veur du caramel qui colle aux dents, un vrai bonheur qui supplante aisément la nicotine. D’ailleurs, peu de choses me tentent vraiment dans la vie, si ce n’est de la réussir. Mais je m’égare à nouveau. Mon esprit qui di vague, comme d’habitude… Je suis blonde aux yeux noirs. Avant, j’avais une immense crinière qui me faisait consacrer quotidiennement une demiheure au coiffage sans une once d’exagération. Maintenant, j’ai les cheveux courts. Et si je voulais me valori ser, je dirais que j’ai des yeux de jais en amande,
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